Tercius Pastor : / can fynde no flesh
Hard nor nesh.
Sait nor fresh ,
Bot two tome platers.
Whik catelle bot tfds, tame nor wylde,
None, ashaveiblys, as lowde as hesmt/lde»
Primus Pastor : We hâve marked amys :
I hold us begyld.
Secundus Pastor: Syr^ don.
Syr, oure lady him save^ Is y oure chyld a knove?
2. Toumeley Myst. (Soc. Surtees), Préface, p. 13 et 14. — ëbert, Jahrbuch f. Rom. und E^igl, Litt. (Annuaire de Litt. rom. et angl.], I , p. 73 et 74. — Ward, Engl. dram,. Society [Soc. dramatiq. angl.], I, p. 36. — Morley, Engl. Writers [Écrivains anglais], I, p. 361-367.
le remaniement de Reuchlin, enfin en Angleterre par la Pastorale en question. Mais pour cette pièce anglaise également on n'a que des conjectures, aussi bien sur son rédacteur que sur son auteur. La langue de la collection Towneley renvoie à la fin du xiv® siècle; cependant la date du manuscrit doit se placer au milieu du xv®, entre 1422 et 1461 environ*.
Le rédacteur fat probablement un chanoine de Woodkirk ou bien d'un lieu dit Nostel, situé dans le voisinage ; car, dans tout le Mystère et spécialement dans cette Pastorale, il se trouve de nombreuses allusions au pays de Wakefield et de Woodkirk ^
Les opinions sont partagées sur la question de savoir si les Pièces de Miracle anglaises sont d'origine française, si elles ont été composées par des Français ou par des Anglais ; mais pour ce qui est des intermèdes qui s'y trouvent intercalés, il est hors de doute qu'ils reposent sur des originaux français. « A cette époque (1258) », écrit Ward, « le « théâtre en Angleterre était encore sous le con- « trôle et la direction du clergé. Les Pièces de Mi- « racle ioiiées par les clercs ou sous leur siirveil- « lance, étaient sans doute (qu'elles aient été écrites
1. Ebert, op. cit., p. 73. Cf. par contre Ward, op. cit., I, p. 34 : « Peut-être est-il permis d'assigner [à ces pièces] une date « antérieure même au xiv« siècle. — La supposition de Douce, « qu'elles ont été composées sous le règne de Henri VI ou d'É- « douard IV [xvo siècle] semble fondée sur des considérations « [trop] générales. »
2. Toumeley Myst. (Soc. Surt.). Préface, p. 13 et 11. — Ward, 1, p. 36. — Collier, II, p, 113 et 236.
<r en latin ou en français) d'origine française et ne <( différaient en rien d'essentiel de leurs proto- « types*. »
La pièce qui nous occupe a des passages très caractéristiques qui lui sont communs avec le Patelin. D'autres cependant, comme la scène du tribunal, le recours du berger à Patelin, l'assistance de l'avocat et son salaire, font complètement défaut. Les personnages ont aussi changé de rôle : Gyll a reçu l'emploi de Patelin feignant le délire, et Mak celui de la rusée Guillemette. Maintenant surgit une autre question : faut-il attribuer ces changements à la fantaisie de l'auteur ou bien à sa connaissance incomplète de la pièce française?
Cette dernière, on en a jusqu'ici la ferme conviction, n'est pas née tout d'un coup ; mais une pièce originale inconnue, après de multiples transformations opérées par divers auteurs, finit par recevoir la forme sous laquelle la Farce se présente à nous. <i La farce de Patelin »,,... ditMAONiN,.... « ne nous <L est parvenue que dans les éditions de la fin du <( XV® siècle, après avoir subi, comme il arrive à <( toutes les pièces de théâtre, les retouches jugées « successivement nécessaires pour la rendre Intel- « ligible aux auditeurs ^. »
1. Ward, I, p. 30. — Cf. de plus, p. 31, 34 et 35. — Cf. par contre Warton, op. cit., 1, p. 32.
2. Magnin, Journal des Savants, 1856, p. 80. — Cf. de plue, p. 81, Remarque : » Ce motif [de la monnaie] joint aux autres <t raisons tirées de l'état de la langue me fait persister à regarder « les années comprises entre 1388-92 comme la date la plus pro-
On ne sait donc pas si la scène de la querelle avec le marchand et la scène du tribunal se jouaient déjà dans Patelin vers Tépoque où naquit notre Mystère. D'autre part, il est également possible que le rédacteur de la Pastorale ait craint une digression s'éloignant par trop du sujet représenté ; mais pourtant cela aurait dû l'empêcher d'admettre sans difficulté d'autres scènes caractéristiques, comme, par exemple, la scène du délire.
. Il est surprenant que l'on rencontre dans ce Mystère deux Pastorales, et encore de la même plume, comme la langue, le style, les pensées et la versification le font supposer*. Toutefois, on ne saurait assurer positivement si elles furent jouées toutes les deux l'une après l'autre ou bien chacune isolément. « L'ensemble de leur charpente, dit Ebert <f (p. 132), spécialement le manque de connexité « entre elles, aussi bien que certaines ressem- « blances dans le début et à la fin, tout cela rend « peu vraisemblable qu'elles aient été jouées « toutes les deux en même temps, dans la même « représentation... » Cependant il dit à la fin : « La composition des Mystères, de même que le « goût du public, autorise suffisamment tout[e hy- « pothèse]. » Gela peut faire présumer assez nature bable de la composition de la farce. » — Cf. aussi Ganderax, Revue des Deux Mondes, 1881, p. 696 : « J'incline avec M. Ma- « gnin pour la date de 1380, plutôt que pour 1460. » — Cf. en outre LiTTRÊ, Ilisl. de la Lang. française [t. II], p. 50.
1. Cf. par contre, Rovenhagen, Op. cit., p. 24 : « Il n'est pas « si sûr qu'il n y ait eu qu'un seul auteur pour toute la Collée^ « tion Towneley. n
rellement que la première des deux Pastorales était déjà composée quand Fauteur conçut l'idée de la seconde.
En comparant la Secunda Pagina Pastorum [seconde Pastorale] avec la Farce française, le plus raisonnable serait de considérer la première des deux comme Tébauche d'une œuvre d'art postérieurement perfectionnée.
Quant à savoir si Patelin a trouvé en Angleterre des imitations plus développées, on ne pourra définitivement résoudre la question tant qu'on n'aura pas étudié à fond les nombreuses pièces du moyen âge qui n'ont pas encore été publiées.