THOMAS
— Eh bien, il ne manquait plus que celle-là !.… fit Irène d’une voix mourante. :
— Que dois-je répondre ? demanda la domestique.
Ce fut Mme de Tardenois qui prit la parole :
— Répondez que madame est souffrante, qu’elle ne : peut recevoir personne en ce moment.
Puis elle se tourna vers Irène :
— Et si vous le permettez, Irène, c’est moi qui la recevrai et j’essaierai de la calmer !
— Non! fit entendre la voix faible d’Irène qui était prête à se pâmer. Autant en finir tout de suite! Vous pensez que si elle est ici, c’est qu’elle guettait l’arrivée de son mari. Elle l’a certainement vu entrer. Elle doit s’imaginer qu’il est encore avec moi! Si je ne la reçois pas tout de suite, elle va se livrer à quelque éclat ! Vous ne vous imaginez pas la femme que ça est et ce qu’elle est capable de faire pour son Carangola!... Faites-la entrer ! dit-elle à la femme de chambre. Mais vous, ma petite Sarah, je vous en supplie, ne me quittez pas !..
— Comptez sur moi, Irène !
— Merci ! Ah ! si elle pouvait être partie avant qu'Octave se doute de toutes ces histoires ! Mon Dieu, je n’en sortirai jamais ! Il me semble que je suis retournée en Amérique ! a
Doña Maria entra. Elle était toujours vêtue de cette’ en vieillotte que nous connaissons.
ra un grand salut à Irène. Contrairement à ce que
B avait pensé, elle paraissait très calme. Sans doute
LA FAROUCHE AVENTURE 239 se contenaïit-elle devant ser tout à l’heure. Irène Rare FR RM dés
— Ma meilleure amie, madame ! se :
dire devant elle. Elle est au courant 4 ss Br VE ae . sans doute chercher votre mari ! Il # cs F Vous venez je l’aie invité, je vous prie de le Hors el ARS ŒUE de La nom, il a sauté par la fenêtre À +. et à l’annonce
— Je sais, 1 < RUES ER
Dane Spor 2 répondit dofña Maria de plus en P ; n'est pas la première fois qu’il ; ce coup-là ! Mais cette fois, j’ai fait nes 1 “fes “æ par mes filles qui tiennent maintenant leur père ; nil emmené et qui ne le relâcheront plus, soyez-en eh :
» Je suis venue ici, madame, sachant bien que do Manoël ne manquerait point de vous poursuivre Nos . sommes à Paris depuis quinze jours. Nous étions infor- … mées qu’il ne tarderait point à arriver, lui aussi... Depuis quinze jours nous vous faisons surveiller... J'aurais bien désiré vous voir plus tôt, mais nous avons craint de faire une démarche maladroite qui eût instruit don Manoël de notre présence à Paris. Il nous a déjà échappé deux fois. Nous ne pouvions prendre trop de précautions. Je disais, madame, que j'aurais voulu vous voir plus tôt, et je vais vous dire tout de suite pourquoi. J’ai de grandes exeuses à vous faire.
» Je sais maintenant que vous n’êtes pour rien dans tout ce qui est arrivé, et que vous vous êtes conduite avec une vertu parfaite. J’ai beaucoup souffert quand l'enquête secrète m'a révélé que don Manoël avait passé toute la nuit qui a précédé votre départ dans votre appartement. Je ne pouvais douter de mon infortune, mais je m’offrais en holocauste au Seigneur. Vous savez que j'étais préparée à tout et qu’il n’est point de sacrifice que je n’eusse consenti pour mon époux. Je me disais : « Quand il aura satisfait sa folle passion, peut-être » nous reviendra-t-il ? » Tout de même, dans le fond de mon cœur, je vous maudissais, d'autant que, cette passion satisfaite, il ne nous revint pas du tout comme Je Vavais espéré. I1 voulut même nous oublier tout à fait
et vivre d’une vie de sauvage dans la pampa. j que vous aviez réussi
» Eh bien, madame, j'ai appris à vous dérober à ses désirs par le plus habile subter-
yée et Manoël n’a tenu dans ses bras que votre
NN NE le dar MS se soit douté un insidicule conquête
pe ele peurs cela, madame ? Tout simplement par votre servante qui à pu nous rejoindre au moment même que nous quittions l'Amérique et qui se disposait elle aussi à revenir en France quelques jours plus tard. Peut-être s’y trouve-t-elie déjà !.… En tout cas, je viens m'’acquitter ici d’une commission dont elle m'a chargée. Après sa grande confidence, me voyant on ne peut mieux disposée à son égard, elle m'a dit :
« — Quand vous verrez madame, dites-lui que le roi des Patagons est ruiné, que j'ai réussi à m'enfuir et que mon unique désir est de revenir à Paris reprendre mon
service auprès de madame. Je pourrais rendre encore de.
grands services à madame. Ouénétrou a, le dessein de passer en Europe sous un nom d'emprunt qui le fera moins remarquer que celui qu’il tient de ses ancêtres, Cet homme est affreusement vindicatif. 11 n’admet point que l’on échappe à son joug. Après toutes les souffrances dont il a abreuvé madame, il se gardera bien de sortir de l'ombre, mais c’est dans l’ombre qu’il frappera. Quand je serai auprès de madame, nous serons deux à nous défendre ! Madame sait combien je lui suis dévouée et tout ce que je suis capable de faire pour elle ! »
» Je vous répète. textuellement, conclut doña Maria, ce que m'a dît cette pauvre fille. Elle pleurait en pensant à vous ! Elle m'a fait de vous, de vos bontés et de vos vertus, une peinture qui m'a profondément émue. Je Iui ai répondu qu’elle pouvait compter sur moi. Je crois Que vous pouvez compter sur elle! Avec ce Ouénétrou, on ne sait pas ce qui peut arriver! Le dernier mot de Sylvie a été celui-ci : « Dites bien à madame que c’est une question de vie ou de mort pour elle ! »
Prodigieusement étonnée par ce qu’elle venait d’entendre, mais nullement tentée de reprendre Sylvie à son service, Irène répondit :
— Je vous remercie, dofia Maria, du soin que vous avez pris de me rapporter les propos de mon ancienne servante. Elle est arrivée, comme vous le présümiez, à Paris, Car je viens de recevoir d’elle une lettre où elle
SRE Abe < eme cédé M
me met en garde contre les n is nétrou, qu de cette lettre de Nes . Re je conclus que Sylvie, que j d use surtout de Génétiou ae tee dou re me forcer la main. Je doute que Os si ps :
façon dont il s’est conduit à mon égard nent D pied en France et surtout à Paris, où mon art s'il 1e rencontrait, le tuerait comme un chien !... « C'est ë question de vie ou de mort pour madame is vous RE TR prié de me dire. J’estime que c’est surtout une sr art à ou de mort pour elle qui, si Ouénétrou est ruiné, oit être elle-même dénuée de toute ressource ! En tout cas, madame, je réfléchirai et je répondrai à Sylvie!
ln y eut encore quelques politesses échangées, après quoi, doña Maria prit congé, ayant accompli ce qu’elle considérait comme un devoir.
— Eh bien! fit Irène, quand elle se retrouva seule avec Sarah. J’avoue qu’elle m’a étonnée !
— Et moi aussi ! dit Sarah.
— Elle ne doute point de ce que je vous affirmais, elle ! Elle croit Sylvie ! et vous, vous ne me croyez pas Î
— Cette dame, dit Sarah, me paraît faite sur un moule qui a cessé de servir. Elle croit encore aux larmes et à la sincérité des domestiques ! Il y a beau temps que, pour ma part, j'ai jugé que votre Sylvie jouait la comédie dans la coulisse, avec un art consommé, et ce n’est point ce que je viens d'entendre qui me fera revenir sur ce jugement-là ! Voulant rentrer dans vos bonnes grâces, Sylvie s’est imaginé qu’elle ne pouvait vous rendre un plus signalé service que de prendre tout sur elle et pour elle ! Elle vous a envoyé une ambassadrice qui, en même temps, sans que cette brave dame s’en doute, vous apporte la paix ou la guerre... Je trouve votre Sylvie de nouveau prête à tous les dévouements mais singulièrement menaçante si vous ne les acceptiez pas !
__ Bref ! s’écria Irène, vous ne croyez Pas plus Sylvie que moi quand je vous affirme que don Manoël a été
ridiculement trompé ?
— En principe, je P que pourrait affirmer Sylvie; 4
rendrais le contre-pied de tout ce uant à vous, c'est une
autre affaire. Si vous voulez absolument -que je croie,
: s croirai! 4
à ve une artière-pensée | répliqua Irène sur un ton mertume.
Leeds |. On n’est pas maîtresse de ses arrière-
pensées. Cependant, si je vois que cela vous fait trop de
peine, j’arriverai bien à les chasser L.. 2: <le
__ Vous êtes vraiment la bonté même ! Je désirerais que vous me précisiez bien votre arrière-pensée |
— Ma foi oui ! Autant vous la dire et ensuite j'en serai peut-être débarrassée 1... Mais avant tout, achevez donc de lire la lettre de Sylvie.
— C’est vrai, dit Irène, nous n’en étions qu'aux premières lignes.
Elle continua de lire la lettre tout haut :
« Que madame ne s’imagine point que Ouénétrou ne m’aime plus ! Depuis que j’ai pris la place de madame sous sa tente, j’ai conquis sur Ouénétrou un empire que madame ne soupçonne pas ! I ne faisait plus rien sans me consulter, mais il ne se passait point de jour non plus qu’il ne me parlât de son ressentiment pour madame ! La fuite de madame l’avait mis contre madame dans un état terrible... de telle sorte que l’on pourrait dire que le cœur de Ouénétrou était divisé en deux parts, l’une toute d’amour pour moi, l’autre toute de haine pour madame. Quand je disais à madame, la veille de sa fuite, que Ouénétrou, au fond, n’aimait qu’elle, c'était pour ménager l’amour-propre de madame qui avait tant souffert ! Aujourd’hui, il nous poursuit toutes les deux, et nous n’arriverons à nous en tirer qu’en nous liant étroitement contre lui. Aussi ai-je jugé nécessaire de remettre les choses au point pour que soient bien départis nos rôles à toutes deux. Vous, madame, il vous déteste et rien de ce qui peut venir de vous ne saurait plus l’attendrir. Moi, il m’aime toujours, il m’aime jusqu’à me tuer, mais il me reste une arme; car, malgré ma fuite qui a été déterminée par l’état précaire où nous nous trouvions tous les deux (il n’a plus retrouvé les caisses qu'il avait cachées dans la falaise) et le désir que j'avais ps de dans la vie civilisée, je suis à peu près assurée que je n'ai point perdu tout mon empire sur lui, mais
je n’en userai point uni :
me faut faire RTE ee Pa je sente | Et s’il si ce sacrifice doit nous servir à toutes di Ve EX sait combien je lui suis dévouée ! J’ai nadia évouée ! J'ai déjà gagné à la cause de madame la plus difficile à convaincre, je parle de dofa Maria, qui a dû déjà rendre visite à madame et lui dire que je ne pense qu’à madame, à sa chère sé rité et que mon plus grand désir est de reprendre #5 service auprès de madame. Moi, étant là, madame n'aura plus rien à craindre ! Que madame y réfléchisse, D enr D a de es lettre de dévouée servante : Sylvie ». é Mr are
— L’horrible femme ! gémit Irène.
— Oui! l’horrible femme, et puisque vous avez voulu connaître le fond de ma pensée, je vais vous la dire, fit entendre la comtesse de Tardenois. Je trouve, moi, que cette horrible femme prend dans toute cette histoire une place bien importante! Ne vous fâchez pas! Pensez que c’est une étrangère qui vous parle. Cette femme vous tiendrait par ce fameux subterfuge, que vous auriez, après l’aventure, imaginé ensemble pour parer aux dangers d’une inconséquence, d’une heure de folie ou de faiblesse en ce qui concerne Carangola, et peut-être de terreur en ce qui concerne le Patagon, lequel disposait contre vous de moyens féroces, qu’elle ne parlerait pas ou n’écrirait autrement |. L’audace, je dirais même l’insolence de sa lettre, qui n’est qu’une mise en demeure déguisée, renforce bien singulièrement chez un tiers cette arrière-pensée dont je vous parle, et dont j'ai du mal à me débarrasser. Excusez ma franchise…
— C’est effrayant ! s’écria Irène, qui avait eu peine à laisser finir son amie... Si vous ne me croyez pas, VOUS, qui donc pourrait me croire 2... Nous n'avons rien inventé ! Toute l’affaire tient en quelques mots : Ce n’est pas moi, c’est Sylvie qui a été la maîtresse de Carangola et de Ouénétrou !...
Alors ! alors ! je vous dis ! s’écria à son tour Sarah : l'importance de cette fille devient une chose inimaginablel.… Quoi! C’est pour elle que deux hommes sont
déenti as d'amour. + on la connaît, Sylvie!
Que P Fa ia SL ar dit Irène... et vous devez le ot mieux que moi, Vous à qui Carangola a fait ses gere RE ma petite Irène, que je vous. ai dit ce qu’une étrangère penserait… ue Se " ke affirmant que la CT de Tarden
i ous croira !.…. -
Nr laissa embrasser et ne la retint pas.
La comtesse n’était pas plus tôt partie que la porte
se rouvrait et qu'Octave pénétrait dans le boudoir. Il regarda avec une grande tristesse Irène, mais luimême paraissait aussi accablé qu elle.
. — Hl faut, lui dit-il d’une voix sourde, sauver les débris de notre amour ! Tu as reçu des visites ce matin dont tu te serais bien passée ! Je n’en aurais peut-être rien su si la femme de chambre n’était venue me trouver à la Bicoque et ne m’eût dit, tout à fait affolée : « Monsieur, une espèce d’aventurière, genre espagnol, est auprès de madame ! Elle a voulu absolument être reçue, disant que c'était une question de vie ou de mort! J’ai cru bon de venir prévenir monsieur sans retard! Cette femme est en ce moment avec madame et Madame la comtesse de Tardenois, dans le boudoir du rezde-chaussée.
» J’accourus tout de suite, très inquiet, un peu rassuré néanmoins parce que Sarah ne t’avait point quittée. En route, la femme de chambre m’apprenait que cette femme avait dit son nom : doña Maria de Carangola | Et qu’elle avait été précédée auprès de toi par un homme, un extravagant qui avait sauté par la fenêtre en entendant le nom de cette dame ! Je ne doutai point que ce ne fût son mari.
» Je fis immédiatement le tour du château pour inspecter les environs et venir sous la fenêtre du boudoir qui était restée entr'’ouverte. Je n’aperçus point le mari qui doit courir encore, mais je jetai un coup d’œil sur le boudoir pour juger de l'attitude de cette femme et surprendre un geste que vous n’eussiez peut-être point vu et qui m’eût éclairé sur ses intentions. Je dois te dire que
la conséquence de to i est A de ce que te disait énta More a one
Ici anse Hi E et regarda Irène.
re lien celle-ci i :
plus rien à t’appren st . Late ans troublée, je n’ai
— Voilà donc, contin la raison de la au te de ce ne A Pate ment pour toi et aussi de toutes ses Die ur Il a cru que tu n’avais plus rien à lui refuse cn tu lui aurais déjà tout accordé. PPS RES
— Oui, mon ami, il s’est imaginé cela !.…
— Et c'était Sylvie ?
— C'était Sylvie 1...
Il y eut un silence entre eux, puis Octave :
—— Quand doña Maria s’en est allée, je dois te dire que j'ai quitté mon poste auprès de la fenêtre... j’estimais que tu n'étais plus en danger, je n’avais plus à intervenir, je n’avais surtout plus à écouter. J'aurais été profondément méprisable de rester là plus longtemps. Je ne sais donc rien de ce qui a été dit ensuite entre Sarah et toi. Mais je désire le savoir et c’est à toi que je suis venu le demander. Qu'est-ce qu’a pensé Sarah de cette substitution de personnes, de ce subterfuge de vaudeville que Sylvie a raconté à doûa Maria ? Sarah y a-t-elle cru ?
— Non, elle n’y croit point !
— Qu'est-ce qu’elle dit ?
— Elle dit que Sylvie prend dans cette affaire une importance extraordinaire et qu’elle ne comprend point que deux hommes soient devenus amoureux fous de Sylvie! et je vois, Octave, que tu penses comme elle !.…
— Écoute, ma petite Irène, j'en serais fort excusable, car Sylvie, en vérité, n’offre rien de bien tentant et ce que nous savons de sa nature froide et indiftérente né nous prépare nullement à l’emballement successif de ces deux hommes dans le cas même où le subterfuge aurait été employé et qu’il eût réussi. L’un de ces hommes a tout quitté : femme et enfants | l’autre est allé jusqu au crime pour te garder! Or, entre nous, elle est plutôt
246 LA FAROUCHE AVENTURE terne, Sylvie !.…. Réponds-moi, Irène, je te parle avec ma raison, avec toute ma triste raison L..
__ Oh! moi, Octave, je n’ai plus rien à te dire, du moment que tu ne me crois pas 1 Je suis lasse de lutter !.. Je vois que je t’ai perdu une fois de plus LES
— Non, Irène, non! tu ne m'as point perdu... Tout ceci est l’horrible passé... Nous venons de passer des
aines qui effacent tout |!
DE ns Mais. il n’y a rien à effacer ! gémit Irène.
— Tant mieux! achève donc tes mailles et dans cinq minutes, je reviens te chercher... et nous irons loin !.. loin !...
— Tu me fais l’aumône de ta pitié : je ne l’accepte pas,
dit Irène...
— Hélas ! dit Octave, si je fais l’aumône à quelqu'un c’est à moi-même !... Je t’adore et je suis sûr, moi, que ce n’est pas Sylvie que j'aime !... Permets-moi d’être aussi obstiné dans mon amour que ceux qui n’ont aimé que Sylvie !... Qu'est-ce que ceci ? fit-il en ramassant la lettre de Sylvie qui avait glissé sur le tapis... Ah c’est une lettre de cette fille ! Tu permets ?
— Je t’en prie !.…
T1 lut et rendit la lettre à Irène :
— C’est du chantage !... Sylvie a besoin d’un secours, on le lui donnera !... Et nous ne la reverrons plus! Elle ira retrouver son Ouénétrou, puisqu'il tient tant à elle!... Mais, grands dieux, qu'est-ce qu’elle peut bien avoir pour elle, cette Sylvie!
1 quitta Irène et dit à la femme de chambre de prévenir le chauffeur d’être prêt à partir dans le quart d'heure.
Irène n’avait même plus la force de pleurer. Tout se tournait contre elle, et elle ne pouvait en vouloir ni à Sarah ni à son mari de ne pas accepter avec la foi du .Charbonnier une histoire qui était arrivée à Byron mais Qui paraissait encore
tique. S’il restait à Irène quelque esprit de justice, elle
devait être reconnaissante à Octave de s’être montré Si plein de vraie bonté en dépit de circonstances qui
étaient plutôt révoltantes Pour son amour et ridicules pour son amour-propre. | mé
plus romanesque que roman-
Elle poussa un lon i $? :
D que ns A he exhalait sa détresse
Puis elle se laissa retomber a. Lo ae Octave. Elle était comme une noie Elle ne eue
fs A eatt-nl Ne . Elle ne se manœu- | : D us. Elle se laissait manœuvrer.
ctave n’arrivait toujours Û | on OP an Fe NRA ERReRRe rène finit par se lever et all - ’ qui eût dû être revenu au CE re riens ce ss ce PR la porte de la rue, pénétra
ns le vestibule et il lui sem 4 travail. bla entendre des voix dans le
Elle ouvrit la porte du bureau de son mari et poussa une sourde exclamation. Elle se trouvait en face d’Octave et de Sylvie qui lui parurent singulièrement troublés de son apparition.
Elle fut quelque temps sans pouvoir prononcer une parole.
.. — Vous! finit-elle par dire à son ancienne femme de chambre. Qu’êtes-vous venue faire ici ?
Sylvie reconquit vite son sang-froid et répondit : — J'étais venue voir madame... quand j’ai rencontré monsieur qui m’a dit de le suivre ici! I1 m’a offert de l'argent pour que je disparaisse et que l’on n’entende plus parler de moi | Mais je ne me nourris pas de ce painlà... Puis monsieur a voulu savoir exactement ce qui s’est passé entre don Manoël de Carangola et moi! Il m'a posé vingt questions ! Je me suis efforcée de convaincre monsieur et j'espère y avoir réussi ! | — C'est exact, Irène !... Si j'avais conservé le moindre , doute sur tes paroles, il serait effacé. Sylvie a bien voulu me raconter en détail cette extraordinaire comédie à laquelle vous avez été réduites pour vous défaire de Carangola ! Maintenant, je crois!
Les paroles d’Octave sonnaient étrangement aux oreilles d’Irène. Elle fixait Sylvie d’un regard foudroyant que cette dernière, du reste, soutenait avec une insup-
effronterie. :
portable d’elle. Il lui semblait
Irène n’osait regarder autour j avoir remarqué, dès son entrée, quelque désordre. Elle
dit simplement à Sylvie :
ce TETE
ns
ème
pen es