LAMARTINE
Elle était justement en train de dire à Tartuffe :
Mon Dieu ! que votre amour en vrai tyran agit ! Et qu’en un trouble étrange il me jette l'esprit !
Là-dessus, elle découvrit Rosario. Il avait laissé dans le campo sa cheripa, mais il avait toujours ses lunettes, les lunettes de M. le secrétaire perpétuel ! et derrière ses lunettes, il y avait ce regard qui la brüûülait... Si elle n’eût été assise, elle eût glissé sur le plateau. Elle était devenue fort pâle. Elle resta quelques secondes sans parler. puis, par un effort surhumain, elle balbutia les vers suivants :
Que sur les cœurs il prend un-furieux empire ! Et qu'avec violence il veut ce qu’il désire !
de telle sorte que l’on mit sur le compte de ce trouble étrange, le trouble réel qui commençait de l’anéantir et que le public trouva encore là l’occasion de l’applaudir pour un effet auquel il ne s’attendait pas et qui était le comble du naturel...
Quoi ! de votre poursuite on ne peut se parer Et vous ne donnez pas le temps de soupirer Pres
Il lui sembla que le spectateur qui ressemblait si singulièrement à Rosario applaudissait furieusement ces deux vers, mais elle n’en était point sûre, car elle n’osait plus regarder de son côté. Au moins elle conservait
: ’ i se tromper, et c’est dans cette es met ns Sie Fait Ja true de continuer.
probabilité qu’elle puisal RAT End
Mais Tartufte, lui, s’apercevait bien que son mire ‘ n’était point celle à laquelle il était accoutumé. Elle jouait trop bien |! jamais une femme, au théâtre, n'avait montré sur commande une si parfaite dépression, au moment où elle s’apprête à céder à un odieux séducteur pour instruire son époux caché sous la table. Molière faisait jouer la comédie à Elmire et il était d usage qu elle jouêt en effet la comédie, ce qui amusaïit mais n émouvait pas la salle, tandis que, tout à coup, une artiste venait d’inventer une chose à laqueile Molière n'avait pas pensé : elle montrait la douleur, allant jusqu’à la défaillance, : qu’une femme vertueuse peut ressentir lorsque, même dans un but honnête, elle s’abaisse à une comédie qui lui
ugne.
FR raeltie demanda tout bas à Elmire :
— Vous n'êtes pas malade ?
Et Elmire répondit entre ses dents serrées :
— Hâtons la fin de l'acte.
Tartuffe précipita son débit et cela aussi parut curieusement nouveau et tout à fait intelligent. Son Elmire | ne se défendait plus que pour la frime. Il était pressé d’en finir. Il déblayait. Et Elmire arriva à ces deux vers:
Enfin je vois qu’il faut se résoudre à céder. Qu'il faut que je consente à vous tout accorder.
— Si, senhora !... cria quelqu'un au premier rang des | fauteuils d'orchestre, du côté qu’elle n’osait plus regarder. .
Cette fois, elle avait reconnu sa voix. C’était bien lui, Rosario ! l’homme de la pampa! Lui, M. le secrétaire ; perpétuel des beaux-arts, don Manoël de Carangola, descendant du géant Adamastor, celui qui l’avait arra: chée aux serres de ce vautour des Andes : Ouénétrou, et qu’elle avait si joliment lâché sur la terre américaine, comme un objet qui a assez servi et que l’on jette au rebut.
Elle n'en put dire davantage. Le public attendait en Vain la fin du couplet, Elmire était retombée inanimée dans son fauteuil. On baissa le rideau. On se précipita
vers Irène. On dut 1 annonce au public. à porter dans sa loge. On fit une
Quand Irène rouvrit les :
elle trouva penchée sur FRE ae ne tarda guère, Sa de Tardenois qui l’avait Fine de tre
’était une : .
re fs : ne amie avec laquelle elle était liée
— Je n’y suis pour personne ! je ; pononea iène tout de suite cn mettant tout le monde
a porte, mais en garda Le :
d’une main fébrile e ns, comtés qu'elle fetetioit :— Ma chère amie, lui dit-elle, gros service ! Votre auto est en de 2 RP RE
— Ouil
— Je vous la prends ! Non, gardez-la !.. Elle pourra vous servir! Il faut qu’elle vous serve! Vous allez emmener cet homme avec vous !...
— Emmiener un homme avec moi!... ma pauvre enfant, vous êtes tout à fait malade !... je vais vous conduire chez vous !.…
— Et lui! Il nous suivra !... il ne me lâchera plus !... je le connais !
— Mais de qui parlez-vous ?
— De l’homme qui était au premier rang des fauteuils d'orchestre et qui sera là tout à l’heure ! un homme très bien, du reste ! dont vous serez très heureuse de faire la connaissance : Son Excellence le secrétaire perpétuel des beaux-arts du Brésil... Rosario !..…. non, pardon... don Manoël de Carangola !.…..
= ah! c’est lui! mais les journaux en ont parlé !
— Trop! Cet homme, j'ai mes raisons pour ne plus le revoir !.…. enfin, pour le voir le moins possible !... Il ne saurait être à Paris pour longtemps... Moi, je file. quinze jours, un mois... le temps qu’il faudra !.. J’emmène Octave, bien entendu fi... Mais vous, ne lâchez pas don Manoël, je vous le confie... Ne le laissez que Sur le bateau qui le ramènera au Brésil !
— Mais c’est insensé !.. je ne peux pas mettre votre Brésilien dans ma poche! à
__ Emmenez-le toujours dans votre auto, ce soir !..…. faites-lui faire une promenade au bois, racontez-lui
: i in j'aurai filé avec Octave |...
FE re er se jeta dans un couloir, traversa un petit pont suspendu mer 1 hs toit,
i à un escalier de service qui conduisait ans une the cour, laquelle donnait sur le Palais-Royal.. Elle arrêta un taxi (elle n’avait pas voulu prendre son auto à elle qui avait dû être repérée par Rosario) et se fit conduire à sa maison des champs.
Octave n’était point sorti cette nuit-Ià ; ses mérovingiens l’accaparaient de nouveau... mais il s’était endormi dessus. Elle le réveilla :
— Octave, lui dit-elle, réveillez-vous !
— Bah! fit Octave, en se frottant les yeux, on ne se tutoie plus ? ;
— Mais oui, mon chéri, on se tutoie toujours. quand il n’y a personne !
— Vous amenez des invités ?
— Ne fais pas la bête !... Tu sais que j’ai maintenant le monde en horreur... que mon seul bonheur est de vivre avec toil... Et je me suis arrangée pour prendre encore un congé d’un mois !, Oui ! j’ai fait celle qui se trouvait mal en scène !... ma santé est encore fragile, comprendstu ? Les docteurs m’ordonnent le repos dans la montagne... Nous partons demain matin à la première heure pour la montagne. Qu’as-tu à dire à cela ?..
Maintenant Octave était tout à fait réveillé. Il dit :
— Ça va !... mais dis donc 1... c’est vrai que tu as l’air toute... toute chose! enfin tu n'es pas bien! dismoi la vérité ? Tu t’es trouvée réellement mal en scene ?
— Eh bien, oui!
— Parbleu, tu te surmènes! oui, oui, tu as raison, nous partons demain pour la montagne. Là, tu te remettras tout à fait et nous vivrons comme des loups !.….. Et Maintenant couche-toi, repose-toi, dors tranquille 1... moi je vais finir mon petit travail et là-bas on n’en fichera plus un clou 1. .. Plus de littérature, plus de rôles! À nous le bon laitage et l’edelweiss 1
— Mais, je ne me couche Pas non plus !.… je fais mes malles... nous Partons à l’aurore |!
—— Tu n’en peux plus ! tu vas te coucher! Tiens!
qu'est-ce que c’est que , à FA pas revenue ue Le is qui rentre ? Tu n’es pas là. on 1 Jai pris un taxi, j’ai cherché Jean, il n’était . Octave ouvrit 1 ;
L ne Jean oise tn ét dit son fait au chauffeur,
— Je n'ai pas quitté ma pla PR c'est Mme la comtesse de Tardendie m3 ns LENS que je pouvais rentrer ! RFA Sat
Octave referma la fenêtre et se tourna vers Irène :
— Qu'est-ce que tout cela veut dire 2... De quoi la comtesse se mêle-t-elle ? Tu l’as donc vue ?
de, Oui, elle était au théâtre quand je me suis trouvée
— Pourquoi n’es-tu pas rentrée dans l’auto ? Pourquoi ne t’a-t-elle pas accompagnée ? Qu'est-ce que cette histoire de taxi ? Je vois bien qu’il s’est passé quelque chose |... quelque chose que tu me caches !
— Oui! avoua Irène en se laissant tomber dans un fauteuil, lasse de ses mensonges inutiles... Il s’est passé que j’ai aperçu au premier rang des fauteuils d'orchestre. cet homme qui n’a cessé de me poursuivre au Brésil et dans la Plata.
Octave lui saisit les mains : ses yeux lançaient des éclairs :
— Ton Patagon ! l’homme qui t’a martyrisée ! Il est à Paris !.. Et iu veux partir ! Eh bien, pars ! cela vaut mieux, en effet. Moi, je reste!
— Octave! Octave ! mon chéri!... non, ce n’est pas celui-là... Il ne s’agit pas de celui-là... calme-toi!... Il s’agit de l’autre !.. Tu ne lui en veux pas, à l’autre Ke: c’est celui qui a été si gentil pour moi!
— Comment, s’il a été gentil pour toi... mais il t’a sauvée ! et tu te trouves mal quand tu l’aperçois PR
Elle soupira, exténuée, brisée :
— Tout ce qui peut me rappeler cette affreuse aventure me tue! J'avais tout oublié!... nous étions si heureux !. Partons !.…
— Qui, répliqua Octave, nous partirons l... mais ma pressé |!
les sourcils froncés, oui, intenant ça n’est plus si
__ Mais il sera peut-être là demain matin ?
: Et après ?
— Après, est-ce que je sais, moil... Je dois te dire que je me suis mal conduite avec cet homme... je l'ai quitté là-bas assez brusquement.
__ Eh bien, ce sera une occasion pour toi de lui présenter tes excuses et de le remercier !.… Moi aussi je lui dois des remerciements l... Couche-toi! tu as besoin de repos |
— Octave, tu ne m’aimes plus !... tu ne fais plus tout ce que je veux | À ie Mais si, je fais tout ce que tu veux, seulement moi, je n’ai aucune raison pour fuir cet homme !.….
Elle se coucha et ne ferma point l’œil de la nuit.
Un malheur n’arrive jamais seui.
(Vieux dicton).
Le lendemain matin, elle hâtait la femme de chambre qui faisait les malles, mais Octave, qui était retourné à sa bicoque pour mettre de l’ordre dans ses affaires et écrire quelques lettres, ne paraissait point pressé de partir. Irène ne tenait plus en place. Elle vit arriver la comtesse de Tardenois :
— Je viens vous avertir, chère amie, qu'il faut vous attendre à sa visite... j’ai fait ce que j'ai pu... mais cet homme est enragé de vous! j'ai réussi à Île ‘retenir toute une soirée | je vous jure que ça n’a pas été facile !.. je l’ai emmené souper au bois en affirmant que j'avais mission de l’y conduire et que vous nous rejoindriez là-bas... Comme vous n’arriviez point, il s’est mis à boire. Ce qu’il a pu prendre de champagne !... Je le
Jaissais faire, vous comprenez bien !... Mais alors, ce
qu’il a raconté |
— Que vous a-t-il dit ?
- Oh! à moi, rien! Il se parlait à lui-même !.. Il évoquait des souvenirs... Où il n’était question que de vous, naturellement !... Irène !... vous avez été bien imprudente avec cet homme |!
© Comment, imprudente ?
— Enfin, vous me comprenez nuit !
— Ciel ! il vous 4 raconté !.…. :
— Je vous répète qu’à moi, il n’a rien raconté du tout. I n'aurait pas osé... du moins je le suppose !.….
bien! Ilya cette fameuse
!.. moi je le trouve excusable, après tout,
Has vie es vous Ha ai jusqu'ici !... Vous
à lui faire une impression RES ‘n
por de c'est épouvantable !... mais je n’en sortirai
jamais... mais tout cela est horrible 1... mais j'ignore ce qui a pu se passer cette nuit-là LENS j
— La nuit du Palace de Rio-de-Janeiro ?
— Ouil... c’est avec Sylvie qu’il a passé cette nuit-là |
— Avec Sylvie ? L
— Ouil avec Sylvie qui avait pris ma place, pour me débarrasser de lui!... comprenez-vous !
Mmes de Tardenois regarda de côté son amie, lui sourit, -ft-: x
— C’est assez ingénieux !... Alors, puisque c’est Sylvie, n'en parlons plus !... mais je vous engage à ne pas lui dire cela à lui, car de deux choses l’une : ou il ne vous croira pas, et le stratagème est inutile, ou vous pourrez lui prouver qu’il a été en effet trompé et qu’il n’a eu que la femme de chambre de Mile Irène de Troie. auquel cas il est homme à tuer Mile de Troie et à se suicider sur son cadavre encore tout chaud !.. Vous devriez être déjà partie, Irène !…
Mme la comtesse de Tardenois n'avait pas achevé cette phrase que Rosario en personne faisait irruption dans le boudoir. Il avait dû marcher sur le corps des domestiques. Enfin, il était dans un état d’exaltation qui avait dû grandir à chaque obstacle rencontré sur sa route.
S’il avait repris un vêtement à peu près européen, il était devenu plus gaucho que jamais, dans ses gestes, dans sa façon de s'exprimer. Il ne parlait même plus Portugais, mais l’espagnol mêlé d’un français qui avait l'accent du campo. Déjà il était aux pieds d’Irène :
— Îo t’adore 1... Io te amo !….
Irène s'était reculée :
—— Ne me quittez pas! fit-elle à son amie auprès de laquelle elle s’était réfugiée
Et elle jeta à Rosario :
+ Relevez-vous, Monsieur [.. relevez-vous, et songez à Ce que vous dites. mon mari est ici !.….
— Sangué de dios ! fit l’autre en se relevant, qu'illé
LA FAROUCHE AVENTURE 235 vienné donc! jé serai R sance | comptez sur . Penie L dé fairé Sa connais- Mbriesel.… À Parisse on n'ect +. jé saurai mé ténir Paris !.. vous né savez pas ce ip dans le campo 1... den lé campot…. où vors a Sr nom est fantastiqué Rosario !... Paris et les Paris Ra por des années et des années, des Rare Mais pendant pampa ou des forêts vierges du Haut-Ch Sn A d’ouné vie dé mercenaires, met ncox travaillent : ; » mettant de côté piastre su En à mr disant tout bas, dans lé fond de leur cœur F « Un jour ! j'irai voir Parisse ! » j’ i 3 ils sont tous devenus mes Hs ne er qui étaient allés voir Parisse, qui y event prime à en oune mois, toute ouné fortune ! et qui étest 1e 16: nous dans lé campol!... Ils étaient contentes! : ‘ns ces “e uses !... Le soir, après les danses et 7 chants... et le mousique !.:. i i aimés des dues DRE Et Shine .» Et moi! jé né raconté rienne du tout !... car moi jé souis discrète |... et j'avais été aimé dé la plus belle des Parisiennés, dé la plus illoustre ! »
— Mon ami! supplia Irène qui était à la torture et qui ne lâchaïit pas la main de la comtesse.
— Vous pensez si Rosario il voulait voir Parisse ! et sa Parisienné à loui !... la femmé de tous mes rêves. le rêve del mondo !
— Ilest vraiment beau ! dit la comtesse tandis qu’Irène Jetait un coup d’œil par la fenêtre pour voir si rien ne bougeait du côté de la bicoque.
Quand elle se retourna, Rosario était retombé à ses pieds.
— Jo t'adore por la vital... Et toi aussi tu m’adores !
— Seigneur Dieu! taisez-vous !.. Revenez à vous, monsieur le secrétaire perpétuel | — Demonio ! s’écria-t-il, pas cé nom-là. Non ! Rosario ne sé taira pas à moins que tu né dises : « Tais-toi, io t'aime ! io t’aime, comme tou m'aimes ».… Ah! Irène ! Jé sais qué tou n’as rien oublié de cette nouit divine et sacrée !.. sil sil senhora! Jé né dis plus rien |... Jé souis discrète 1... Mais jé sais qué tou n’as rien oublié... ton té souvenais dans le campo, quand jé voyais tes
d’amor mé sourire commé la madone au roi Er pin that l… quand ta main pressait la mienne si tendrément !... qué tes petits pieds frémissaient dans ma poignette et qué jé té jétai en selle légère comme ouné ploume !... qué jé té rejoignais sur la selle et qué
jé té serrais sur mon cœur et que tou mé criais en tour-
vers moi tes yeux dé flammé : « En route, Rosaa Pour quellé ut jé vous lé Gemandé ! si cé n’était pas la route dé l’amor ! k ë j
— Mais vous savez bien que je suis mariée, Rosario !.. je ne vous l’ai pas caché !
Rosario se releva et la regarda sévèrement :
— Né mé parlé plous dé votre mari !... jé sérai convé- nable avec lui !... mais votre mari, je sais bien moi, qué vous né l’aimez pas!... et si jé n’avais pas raté le train dans lé pampa... vous n’auriez jamais revu votre mari |... Jé mé sérai arrangé pour lé divorcé! et jé souis venou ici pour m'’arranger pour le divorcé !... Tout sé passera convanablemente !... Et cé sérait déjà fait si jé n’avais été réténou là-bas par mon duel avec Ouénétrou!.… A propos de Ouénétrou, vous n’en entendrez plous parler ! Non ! il est mort !... Je lé toué !.….
On frappait à la porte du boudoir... Rosario, se rappelant soudain qu’il avait été homme du monde avant tout, prit tout de suite une attitude qui n’eût pas été plus correcte s’il était resté le très haut fonctionnaire que nous avons connu. C'était la femme de chambre qui apportait une lettre. En en reconnaissant l'écriture, Irène ne put retenir un cri de surprise. Elle la décacheta vivement quand la domestique se fut retirée et lut les “4 premières lignes :
« Madame excusera la liberté que je prends de lui écrire, mais je crois de mon devoir d’avertir madame. Ouénétrou, sous un nom d'emprunt et sous un faux Passeport, est arrivé à Paris !.. Prenez garde au roi des Patagons ! »
. Elle n’en lut pas davantage... elle s’affala sur un siège... la lettre glissa sur le tapis... La comtesse la
ramassa ct, sur la prière que lui adressait le regard agonisant d’Irène, elle lut à son tour. Après quoi, elle montra la lettre à Rosario :
— Je vois que ceux que vous tuez -bien, cher monsieur !
Le cher monsieur répondit froidement :
— Tienz lil n’est pas morte !.. eh bien, jé lé retouerai !
Et il se redressa sur ses talons, avec un air qui défiait l'univers.
On frappa de nouveau à la porte... Cette fois il garda l'air qu’il avait et fixa la porte d’un œil terrible, comme s’il s'attendait à voir apparaître Ouénétrou lui-même... mais c’était encore la femme de chambre.
— Madame, c’est une dame qui veut voir absolument madame... Elle dit que c’est une question de vie ou de mort |
Irène, qui avait déjà entendu cette phrase-là dans un moment des plus pénibles de son existence, demanda d'une voix tremblante :
— Elle ne vous a pas dit son nom
— Si madame !... cette dame, qui me paraît du reste une aventurière, car elle est bien singulièrement mise, m'a dit que je n’avais qu’à prononcer son nom et que madame la recevrait tout de suite... Elle dit qu’elle s'appelle doña Maria de Carangola !
— Sangue de dios ! s’écria Rosario.
Et il sauta par la fenêtre.
se portent assez