‹ La fascination de GulfiChapitre 24 sur 103 · SNORRI, SA VIE ET L^HISTOIRE DE SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

SNORRI, SA VIE ET L^HISTOIRE DE SES OUVRAGES

S 15. Vie , éducation et ouvrages de Snorri. ~ Snorri naquit dans l'île d'Islande , en 1178. Par son père Sturla, fils de Thôrdr, et par sa mère Gudny, fille de Bödvar, il tenait à la fois, par parenté ou alliance, aux familles les plus puissantes de la Norvège, la mèrepatrie, et aux premières familles immigrées en Islande. Il se trouvait donc déjà , par sa naissance , dans une position favorable , soit pour connaître les anciennes traditions norraines , qui se transmettaient principalement dans le sein des familles nobles (qui seules avaient intérêt à les conserver), soit pour jouer un rôle politique, par la puissance et l'influence que lui procuraient ses relations de famille. Sturla, le père de Snorri, était, par droit d'hérédité, revêtu des fonctions de Chef de district (norr. hêrads höfdingi) ; et à cette dignité, suivant l'antique usage datant du Paganisme, était attachée l'administration des affaires religieuses ou ecclésiastiques, ou la fonction de Divin (norr. godi). Aussi le jeune Snorri, dans l'expectative où il était de succéder un jour à son père dans les doubles fonctions de l'administration civile et ecclésiastique, reçut ^ il une éducation qui lui fit prendre intérêt aux traditions , tant historiques que religieuses, de ses ancêtres. Dans le Nord il était d'usage de faire élever les enfants de bonne famille chez quelque ami de la maison, d'un rang quelque peu inférieur. D'après cet usage , Snorri, dès sa troisième année, entra comme fils adoptif dans la maison de lôn^ qui était fils de Lopt et petit-fils du prêtre Sœmund , surnommé le

Savant, lôn, le père adoplilde Snorri, était à la fois riche, le plus grand érndit de son temps en Islande , et possesseur d'une belle collection de manuscrits provenant de son aïeul Sœmund. C'est dans la maison et sous la direction de lôn, que iSwomput satisfaire son goût pour l'étude des antiquités et de l'histoire norraines. Il apprit à connaître les traditions des grandes familles nobles , l'histoire politique et ecclésiastique de sa race, les anciens poëmes mythologiques et épiques du Nord, et les travaux historiques de Sœmund (f 1 133) et de son contemporain Art (f 1 14-8), également surnommé le Savant. C'est sans doute déjà dans son adolescence que Snorri conçut le projet d'écrire l'histoire ou les traditions historiques (norr. sögur) de la Norvège, la mère-patrie de l'Islande. Il réalisa, dans un âge plus avancé , ce projet , par sou ouvrage où il réunit , dans un ordre à peu près chronologique, à des sagas de sa propre composition, d'autres sagas déjà existantes, qu'il retoucha et remania en partie, pour former de leur ensemble ce recueil si remarquable , qui plus tard , a été intitulé Cercle du Monde (norr. Heims-Kringla ; lat. Orhis mundï). Or, pour préparer les matériaux de cet ouvrage, il lui fallut étudier les chants nombreux des Skaldes , qui , dans le Nord , étaient les principales sources de l'histoire. Car ces Skaldes , qui, semblables aux Poètes cycliques des Grecs ou aux Bairdd des Keltes, accompagnaient partout les rois ou les princes, leurs maîtres, chantaient, dans leurs poèmes épico-lyriques, les actions et les hauts faits dont ils avaient été les témoins oculaires. Comme la plupart de ces Skaldes appartenaient au Paganisme, leurs poésies renfermaient des expressions et des allusions mythologiques ; et même les Skaldes chrétiens, imitant leurs devanciers, faisaient de nombreux emprunts aux différentes traditions mythologiques et héroïques du Paganisme Scandinave. La connaissance de la Mythologie norraine était donc indispensable à Snorri pour comprendre les poëmes skaldiques, qu'il consultait comme sources de l'histoire. D'ailleurs , étant jeune , il dut s'intéresser à la Mythologie pour elle-même. Aussi, voyant que, de son temps, la connaissance de la Mythologie norraine se perdait de plus en plus, il entreprit d'exposer celle-ci dans son ensemble ; et c'est là ce qui lui donna l'idée de composer son trailé, intitulé la Fascination de Gulfi. Outre ce traité et les Sagas de la Heims- Kringla, Snorri a encortï laissé les ouvrages suivants : 1° Entreliens de Bragi (Bragarœdur) , ouvrage qui élait destiné à servir îV encadre'

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