‹ La fatigue et l'entraînement physiqueChapitre 4 sur 40 · A M. LE D' PHILIPPE TISSIÉ · texte numérisé non relu

A M. LE D' PHILIPPE TISSIÉ

Cher Confrère,

Je ne puis que vous remercier de l’houneur que vous me faites eu inscrivant mou nom aux premières pages de votre ouvrage et vous féliciter d’avoir donné la synthèse de votre hardie, patiente et persévérante recherche des moyens par lesquels l’éducation physique peut accroître la puissance de l’homme.

Cette dédicace, dont je suis grandement honoré, proclame la communauté de nos tendances et de notre doctrine. Elle m’est plus précieuse encore comme témoignage de nos sentiments d’affectueuse estime.

Je souhaite hou succès à votre livre pour le bien de notre pays.

Bouchard.

Nice, le 11 février 1897.

A Monsieur le Professeur Gii. BOUCHARD

MEMBRE DE L’iNSTITUT

Cher Maître,

Voici un livre que j’ai vécu pendant dix aus, il est le fruit d’observations nombreuses. Pensé dans l'action, en toute indépendance d’école; il a été écrit en toute liberté d’esprit pour les éducateurs de la jeunesse et pour ses amis, après l’école ; il est de bonne foi, ayant toujours cherché la vérité en toute sincérité.

Eloigné de la capitale, privé des moyens de recherches, n’appartenant à aucun laboratoire, ne pouvant me procurer les instruments nécessaires, j’ai dû laisser de côté toute la partie expérimentale et m’en rapporter aux travaux publiés. Par contre, j’ai étudié sur nature; je me suis mêlé aux coureurs; j’ai fréquenté les athlètes et les hommes de sport ; j’ai pénétré dans lecole ; j’ai fondé la Ligue girondine de l’éducation physique et son bulletin officiel, la Revue des Jeux scolaires qui relient entre eux, dans une solidarité régionale, les élèves des lycées et collèges par les lendits annuels du Sud-Ouest. J’ai organisé les lendits locaux pour les enfants des écoles primaires de la ville de Bordeaux, mettaut en contact

x LA FATIGUE ET L’ENTRAINEMENT

l’étudiant, ancien lendiste, devenu un collaborateur, avec les enfants du peuple.

Des amitiés sont nées sur les pelouses. Les enfants ayant pris goût aux jeux de plein air, devenus apprentis ou ouvriers continuent à s’entraîner, après avoir fondé une section de la Ligue girondine, qui les détourne ainsi des mauvais lieux, après l’école.

J’ai suivi les cours des gymnases ; je me suis mis à l’entraînement ; j’ai étudié sur moi-même ; j’ai interrogé les autres; j’ai recueilli des documents. De tous ces efforts pénibles, que des esprits, dits bien pensants, traitèrent d’agitation fébrile, indigne d’un médecin, efforts auxquels j’ai dû sacrifier des intérêts matériels, mon repos, un peu de ma santé et, trop souvent aussi, mon amour-propre, est né ce livre; il a été souffert, je vous l’offre.

Il y a huit ans l’entraînement était inconnu en France où tout était à faire en Education physique. Un grand remous de l’opinion engagea les pouvoirs publics à tenter une réforme dans l’enseignement. On fit grand bruit, on s’agita beaucoup, on parla même trop ; puis, tout à coup, après deux ans, le silence s’établit, la mobilité parisienne avait poussé les esprits vers d’autres questions : le ballon gonflé à outrance avait crevé, il ne restait plus qu’une enveloppe informe. L’opinion publique ayant été fortement attirée vers l’idée nouvelle réagit alors, crispée et lasse d’avoir été déçue, elle se détourna et le discrédit survint. Ce discrédit fut entretenu par les partisans trop imprudents de l’éducation physique qui la firent dévier vers les sports violents et surtout par des adversaires qui opposèrent la force d’inertie aux efforts des bons vouloirs. Il fallait mettre quelque

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