‹ La fatigue et l'entraînement physiqueChapitre 5 sur 40 · LETTRE A M. LE PROFESSEUR BOUCHARD XI · texte numérisé non relu

LETTRE A M. LE PROFESSEUR BOUCHARD XI

chose où il n’y avait rien et où beaucoup voulaient qu’il n’y eût rien. Enfin les médecins eux-mêmes, peu au courant des choses nouvelles, tranchèrent avec trop de précipitation et d’assurance certaines questions d’entraînement physique. Les adversaires ennuyés et l’opinion publique rendue sceptique par la malheureuse institution des bataillons scolaires, une erreur patriotique, en même temps que par les nombreuses manifestations trop « Hippodromées » de beaucoup des sociétés de gymnastique qui, en cela, ont plus enrayé que servi la Renaissance physique, par une éducation mal comprise et mal appliquée, daubèrent avec ensemble sur les partisans delà nouvelle méthode qu’ils confondirent dans une même réprobation. On ne voulut voir que ce qu’il y avait d’un peu excessif dans les préliminaires d’une réforme sans laisser au temps le soin de tout mettre au point par une expérimentation scientifique.

Je le répète, il fallut un certain courage pour aller quand même de l’avant. Mais, à tout bien considérer, mieux vaut encore marcher en avant garde; si l'on est égratigné par les ronces de la route et si l’on reçoit quelquefois des balles, du moins on respire plus largement un air plus pur.

Considérant, d’autre part, que la suprême leçon de la vie est l’indulgence dans l’action utile ; sans illusion d’ailleurs sur le succès de l’heure présente, mais confiant dans l’avenir de la nouvelle génération, à laquelle est dévolue, croyons-nous, un rôle important dans l’histoire de notre patrie, nous avons lutté dans un coin de la France du Sud-Ouest, sachant bien ce que nous voulions, accumulant des matériaux, faisant mieux : prouvant le mouvement par le mouvement lui-même ; n’ayant souci que du fait révélé par l’observation et l’affirmant par le mot sur lequel les

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gens prudents ou sceptiquement pratiques glissent onduleusement comme un prélat sur le parquet. A vrai dire, si le fondateur de l’œuvre fut avec nous M. Ouvré, recteur de l’Académie de Bordeaux, le principal collaborateur, sinon le plus élevé et le plus ferme qui eut, premier recteur eu France, l’indépendance et le courage de s’engager dans la voie nouvelle, a été depuis sept ans M. Couat, ex-recteur de l’Académie de Lille, aujourd’hui recteur de l’Université de Bordeaux1.

Notre premier souci fut de placer la Ligue girondine sous le haut patronage des Facultés de Bordeaux. MM. les doyens de la Faculté des Lettres et de la Faculté des Sciences l’acceptèrent. Les premières réunions se tinrent dans le grand amphithéâtre de la Faculté des Lettres. M. Rabier, directeur de l’Enseignement secondaire au Ministère de l’Instruction publique, accorda son bienveillant appui à l’œuvre girondine à laquelle le regretté président Carnot

(1) Nous devons citer aussi les noms des trois premiers fondateurs, MM. James Addison, professeur honoraire au lycée de Bordeaux, premier président de la Ligue; Maurice Lanneluc- Sanson, négociant ; Maurice Martin, publiciste. Puis, par ordre chronologique, ceux de MM. William Gimet, étudiant en droit; Hausser, ingénieur en chef des ponts et chaussées, second président de la Ligue ; Ëspinas, professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Bordeaux, président du IIe Congrès national de l’Education physique que nous avions organisé à Bordeaux, en 1893 ; Denis professeur d’histoire à la Faculté des Lettres de Bordeaux ; le vicomte Pierre de Pelleport-Burète ; le baron Charles de Pelleport-Burète; Charles Cazalet, président de l'Union des Sociétés de gymnastique de France ; Jean Grossard, négociant ; Galinou, professeur à l’école primaire supérieure des garçons ; Laparra, avocat à la cour d’appel; ainsi que tous les membres, les commissaires généraux et les secrétaires des divers comités d’organisation des lendits régionaux: M. d’Iriart d’Echepare, à Pau ; M. le Dr Dupérié, à Agen ; M. Grandeur, à Mont-de-Marsan ; MM. Bergeret et Salières, à Bayonne; MM. Paradol et Dumarchat, à Périgueux.

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