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INFLUENCE DU TRAVAIL INTELLECTUEL SUR LA RESPIRATION

On possède aujourd’hui en physiologie un grand nombre de méthodes et d’instruments permettant d’étudier dans tous ses détails la fonction respiratoire. Ces méthodes peuvent être divisées en trois catégories :

1° Il y a d’abord la méthode graphique consistant à enregistrer les changements de dimension que présente le thorax pendant les actes respiratoires. Au moyen de pneumographes de différents types, appliqués sur la poitrine, on inscrit le nombre des respirations par minute, ou pour un temps quelconque, la durée des différentes périodes — inspiration, expiration et pause — composant un acte respiratoire complet, l’intensité de ces mouvements, leur forme, leurs accidents.

2° Une seconde méthode consiste à mesurer avec des spiromètres et des gazomètres la quantité d’air utilisé dans la respiration ; on distingue la quantité maxima d’air qui peut être contenue dans les poumons, la quantité maxima qu’on peut expirer avec effort après une forte inspiration, et la quantité moyenne qui entre et qui sort à chaque respiration normale, ou pendant une expérience particulière.

3° Une troisième méthode consiste dans T analyse chimique du gaz ayant servi à la respiration ; on dose l’oxy-

RESPIRATION

gène, l’acide carbonique, et on peut se rendre compte de l’intensité des combustions qui se produisent au sein des tissus.

Jusqu’ici, la seule étude qui ait été faite sur les rapports du travail intellectuel et de la respiration est celle des mouvements respiratoires du thorax pendant que le sujet fixe son attention ou exécute un calcul mental ; quelques expériences éparses ont été faites sur la composition chimique des gaz de la respiration. On \*oit par conséquent combien il reste encore à faire.

Nombre de mouvements respiratoires. — Le nombre des mouvements respiratoires varie à peu près dans le même sens que le nombre des pulsations du cœur, et il y a parallélisme des plus frappants entre les deux fonctions ; la plupart des influences qui accélèrent les pulsations du cœur accélèrent aussi la respiration ; on peut ajouter aussi, le fait est moins connu, que les mêmes iniluences retardent la respiration et le cœur.

On observe seulement quelques différences individuelles; chez certaines personnes, une des fonctions se modifie plus facilement que l’autre ; la respiration, en général, est plus sensible que le cœur aux causes d’excitation. En outre, ce qui constitue une différence générale, c’est que la respiration peut être modifiée directement par la volonté; on peut suspendre la respiration ou la précipiter, tandis qu’on ne peut pas, en général, modifier directement, par un acte de volonté, le rythme du cœur. Cette circonstance peut devenir une cause d’erreur dans les expériences sur la vitesse de la respiration.

Le nombre de mouvements respiratoires par minute varie chez les adultes de 12 à 24 ; on peut retenir comme nombre moyen 15 ou 16 ; il y a donc en moyenne un mouvement respiratoire pour cinq pulsations.

Comme pour le cœur, la respiration est plus rapide chez les enfants que chez les adultes. Voici un tableau qui con-

tient le nombre de respirations par minute pour des individus d’àges différents ; dans la troisième colonne nous donnons les noms des auteurs auxquels appartiennent les observations.

AGES

NOMBRE de respirations par minute.

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