Acte de compter des lettres une par une ; durée pour une lettre
Ecriture d'une lettre
Addition de deux chiffres
Séries de douze chiffres apprises par cœur; durée pour un chiffre . . .
Séries de douze syllabes apprises par cœur; durée pour une syllabe. .
Les nombres du tableau précédent représentent des secondes; on voit donc par exemple que, pour lire une syllabe, le sujet le plus rapide employait 0,116 seconde, le sujet le plus lent employait 0,172 secondes; pour faire l’addition de deux chiffres le sujet le plus rapide mettait 0,754 seconde, tandis que le sujet le plus lent mettait 1,533 seconde, etc. On voit parle tableau précédent que plus la fonction psychique est compliquée et plus elle prend de temps, plus la différence entre la durée minimum et la durée maximum est grande, c’est-à-dire plus les différences individuelles sont grandes.
En étudiant les variations que subit la vitesse du travail pendant qu’on l’exécute, l’auteur trouve qu’en général cette vitesse augmente jusqu’à une certaine valeur maximum et puis diminue ; on peut donc distinguer, pour un travail de deux heures, deux phases différentes, la première allant
depuis le commencement du travail jusqu’à la valeur maxima de la vitesse, c’est la phase où l’influence de l’exercice prédomine sur l’influence de la fatigue ; la deuxième phase va depuis le maximum jusqu’à la fin ; pendant cette période, c’est la fatigue qui prédomine sur l’exercice.
Il arrive quelquefois pour quelques sujets que l’une des phases manque : ou bien la vitesse augmente continuellement jusqu’à la fin, ou bien elle diminue depuis le commencement jusqu’à la fin.
Les variations dans la vitesse du travail ne sont pas très régulières; il se produit des oscillations dans la vitesse ; ces oscillations sont dues, en général, à des oscillations de l’attention. Lorsqu’on fait un certain travail intellectuel continu avec le plus de vitesse possible, on commence à mettre beaucoup de volonté, on concentre très fortement son attention ; mais, au bout de quelques minutes, on perd peu à peu cette verve du commencement, on devient plus tranquille, et bien qu’on fasse le travail avec soin, on n’y met plus ce zèle que l’on a déployé au début ; il en résulte une légère diminution de la vitesse du travail. Les expériences de l’auteur ont montré, dans plus de la moitié des cas, un léger ralentissement pendant les cinq à dix premières minutes. Après cette phase de verve, comme on pourrait l’appeler, on travaille avec plus d’égalité, on acquiert un certain exercice, et par suite la vitesse augmente jusqu’au maximum ; puis la fatigue commence à se faire sentir, la vitesse diminue, et dans cette deuxième phase on remarque souvent des irrégularités ; voici comment ces irrégularités se produisent : le sujet fait un certain travail, des additions par exemple, il sent déjà une certaine fatigue, et il commence involontairement à travailler plus lentement; lorsque ce ralentissement devient assez fort, le sujet s’en aperçoit, il se rappelle qu’il faut faire le travail aussi vite que possible, et il redouble de force pour regagner la vitesse initiale. Enfin, le sujet sait qu’on fait les expériences pendant deux heures, il sait donc toujours
VITESSE DU TRAVAIL INTELLECTUEL
s’il lui reste encore beaucoup de temps ou non jusqu’à la fin, et lorsqu’il arrive aux cinq ou dix dernières minutes, il éprouve une certaine émotion ; sachant qu’il n’y a plus que quelques minutes à travailler, il veut bien les linir, il travaille donc avec une verve analogue à celle du commencement : on remarque dans beaucoup de cas que la vitesse • de travail augmente un peu pendant les dernières minutes.
En somme, la marche générale du travail pendant deux
heures est représentée par le tracé schématique de la ligure 75 ; cette figure est obtenue en portant en abscisses la durée du travail et en ordonnées les quantités de travail de cinq minutes en cinq minutes. La courbe descend d’abord un peu ; c’est la phase de verve du commencement (AB) ; puis elle monte jusqu’à une certaine valeur maximum BC ; c’est la phase ou l’exercice prédomine sur la fatigue ; puis elle descend de G en D; c’est la phase ou la fatigue prédomine ; enfin, elle remonte un peu vers la fin, DE, c’est la phase de verve de la fin. Telle est la marche générale qui s’observe chez la plupart des sujets pour les différents travaux intellectuels étudiés par l’auteur. Voyons maintenant les valeurs numériques pour chaque travail en particulier.
La position du maximum de vitesse varie beaucoup suivant les individus et suivant le travail intellectuel ; nous représentons ces positions du maximum dans le tableau suivant ; voici comment il est obtenu : le travail a été fait pendant deux heures, on a partagé ces deux heures en huit parties de quinze minutes chacune et on a calculé la quantité de travail fait dans chaque quart d'heure. Les chiffres du tableau suivant indiquent le quart d’heure pour lequel il y a eu le plus de travail fait. Exemple : relativement au premier sujet K, on voit que le maximum de travail a été fait pendant le quatrième quart d’heure pour l’acte de compter les lettres et pour les additions ; ce maximum a été atteint pendant le troisième quart d’heure pour l’écriture sous dictée ; pendant le sixième pour la lecture ; pendant le huitième pour la mémoire des chiffres, et enfin pendant le premier quart d’heure pour la mémoire des syllabes ; ajoutons que l’expérience de la mémoire des syllabes a été faite pendant six quarts d’heure, et non pas pendant huit, comme les autres expériences :
SUJETS