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SUPPLÉMENT AUX MOYENS DES RAMEURS

On a vu ce que c'est qu'une passade, et l'on se souvient que ce mot exprime tout à la fois la descente et la ressource. Il reste h compléter ce qu'on a dit des ressources. Elles portent plus ou

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Fig. 44. — Les chiffres aideront ù suivre le conllil. — La prise est exprimée par P ot par la cliute. — Les esquivades sout exprimées par les petits signes.

moins Imut, selon la hauteur d'où sont* parties les descentes, et

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aussi selon la force du mouvement imprimé eu tlesceadaiit

(fig. U).

On a uonmié improprement pointe cette partie des passades qui retourne en hauteur et qu'on a mieux nommée ressource, parce que le mot resurgei'e suppose une descente antérieure. On appliquera mieux le mot pointe quand il s'agira d'exprimer cet élan machinal en hauteur qui suit une carrière véhémente, ou même une simple course horizontale. On comprendra plus facilement comment un vol horizontal rapide peut être terminé par une pointe, qu'on ne comprendrait qu'une pointe succède à une carrière. Une carrière n'aboutit effectivement à une pointe que lorsqu'elle a été de si courte haleine que l'oiseau a pu y employer toutes ses forces. Il n'eij est plus ainsi après des carrières de longue haleine, parce qu'en pareil cas l'oiseau, guidé par im instinct toujours infaillible, ménage ses forces et son haleine, en ne donnant à ses ailes qu'un mouvement régulier par oscillations égales, et qui ne détermine pas une projection assez surabondante pour produire un pareil élan. Tandis que s'il ne s'agit (|ue d'une entreprise de courte haleine et, pour ainsi dire, d'un coup fourré, il met en activité tout ce qu'il possède de forces, et, au lieu de manier ses ailes par oscillations réguhères, il leur donne tout le jeu dont elles sont susceptibles. Chaque battement projette l'oiseau, par un double ressort, à d'assez grandes distances pour qu'un petit nombre de battements fournisse sural)ondamment «à la carrière. L'aile, pendant ces élans, est plus arquée que pendant les oscillations régulières. On la voit même alterner peu sensiblement du plus au moins de repliement. C'est de la suppression soudaine du mouvement imprimé que résulte la pointe, qui sera plus ou moins relevée suivant que. la projection aura été plus forte (fig. 45).

Cette manière de voler par élans oii saccades a lieu quand le rameur se propose de faire une espèce de surprise, dans un coUrt

espace, sur des oiseaux qui traversent horizontalement les airs et ne sont pas enclins à monter verticalement ou à s'éleyer comme des voiliers.

Fig. 45. — A B fan ière fournie par élans ou saccades. — B X Pointe. — On voit que quatre saccades ont suffî pour projeter l'oiseau jusqu'en B, point où il arrête sur coup, supprime ou comprime les forces mises en activité, pour les employer de B en X.

On a vu jusqu'ici quels sont les moyens des oiseaux pour atteindre leur objet. Il va être question des moyens qu'ils ont pour le saisir, l'abattre, le contenir et le mettre à mort.

Mojenm des Rameurs. — Ils saisissent, ou, pour parler le langage de l'art, ils lient ou mettent à la main la proie qui est plus légère que vite. Ils frappent la proie qui est plus vite que légère; par ce moyen ils l'affaiblissent, la ravalent ou l'assomment. Les mains fines et déliées des rameurs ont bien assez de force pour retenir les plus grands oiseaux; mais elles ne sont pas faites pour tuer la proie par compression. On a vu que les pouces de la main liante ne diffèrent pas bien sensiblement des autres doigts, soit en épaisseur, soit en longueur. C'est dans le bec que réside le moyen de tuer promptement une proie trop forte pour être longtemps contenue vivante. Ce bec est dentelé. hi dentelure embrasse et assujettit les vertèbres des victimes, la

force du bec les brise, et peut même casser les os des plus grands oiseaux. Certaine adresse instinctive fait que ces oiseaux attaquent à l'instant la place fatale, qui, chez les volatiles, est au creux de Toccipût, et, chez les quadrupèdes, entre l'épaule et les côtes. Les plus petits des rameurs sont ceux qui tuent le plus vite, probablement parce que la proie, proportionnellement trop forte, pourrait leur échapper ou leur donner trop de peine à la contenir en vie. Les Émerillons touchent à peine à la place fatale que la mort s'ensuit dans l'instant. Peut-être en est-il le plus souvent de même pour tous les rapaces libres. Le rameur frappe non-seulement quand la proie est vite, mais encore quand elle lui paraît trop forte pour être contenue par ses mains liantes. Pour frapper ou assommer, sa main se dispose de manière à n'agir que par la direction et l'impulsion du corps entier de l'oiseau . C'est comme agissait la faux des chars armés en guerre. L'ongle du talon, qui est la faux dans ce cas, est passivement dirigé sur la partie fatale, autant que faire se peut, et il déchire, brise et meurtrit tout ce qu'il atteint. Un accident qui arrive quelquefois aux oiseaux en frappant le lièvre a fait connaître quel est l'organe frappeur. L'ongle du talon s' accrochant à la peau du quadrupède, la passade est rompue et Poiseau culbute, au risque de se blesser, de se tuer même assez souvent. On prévient cet inconvénient en émoussant les ongles des pouces aux oiseaux pour Lièvre. Dès lors plus d'accident pareil. Averti par cette épreuve que l'ongle du pouce est l'organe frappeur, on a pu, malgré la rapidité des passades, voir les deux mains de l'oiseau ouvertes ot adossées aux côtés charnus du poitrail qui remplissent alors les fonctions de coussinets destinés à amortir le coup, et le Faucon, ainsi disposé, se porter sur sa proie avec toute l'adresse dont il est capable, c'est-à-dire en faisant ses passades rasantes et aplaties; trop arrondies ou trop plongeantes, il risquerait de s'écraser lui-même contre terre en portant à faux.

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^ Moyens des Toiliers saillants. — Ces oiseaux sont remarquables par leur adresse à saisir leur proie ; ils ne frappent pas, si ce n est accidentellement. Leur grand moyen c'est de saisir et d'offenser ensuite leur proie par compression jusqu'à la mort. Quand ils ont saisi un lièvre, ils gagnent vite le cou, qu'ils embrassent tout entier dans une de leurs serres, et ils l'étouffent à force de serrer. Le bec n'est pas leur organe meurtrier; la pointe, sans crochets, déchire la peau et les chairs, mais ne casse les os que lorsque, bien découverts, elle les assujettit dans sa courbure. Dans le fourré le plus épais, ces oiseaux saisissent leur proie avec une adresse dont on ne saurait se faire une idée, même après en avoir été plusieurs fois témoin. La longueur de leurs cuisses et de leurs jambes leur donne dans ce cas une grande supériorité.

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