‹ La fauconnerie, ancienne et moderneChapitre 5 sur 17 · FAUCON GERFAUT · texte numérisé non relu

FAUCON GERFAUT

Gerfaut de Norvège, Bufron. Falco Gyrfaleo, Schlegel. Groenland Faleon, Gierfalke,

Diagnose : Tarses vêtus dans leur moitié supérieure; l'autre moitié et doigts jaune verdâtre; moustaches très-petites; fond du plumage brun bleuâtre en dessus, blanc en dessous, tacheté au ventre et rayé sur les flancs et les soi^s-caudales (l'adulte). Semblable aux jeunes des Faucons blancs et dislande, mais un peu plus petit (jeune).

Taille : 0°»,50 à O^SS.

Le Faucon Gerfaut mâle adulte est brun en dessus, nuancé de cendré au croupion et aux suscaudales, avec les plumes bordées étroitement de blanc roussâtre à la tête, et de blanchâtre au cou, au dos et sur les ailes; blanc en dessous, avec un peu de roussâtre et des raies longitudinales brunes sur le bas du cou; des taches noirâtres à la poitrine et à Tabdomen, formant, par leur

réunion, des raies transversales sur les flancs seulement; souscaudales traversées de bandes brunes; moustaches peu étendues; bec cendré bleuâtre, avec la pointe noire; pieds d'un jaune ver- (lâtre.

Fig. 10. — Faucon Gerfaut a'après, SchlegtI.

D'après Schlegel, le dessus et les côtés de la tète et du cou sont d'un gris noir bleuâtre, plus foncé vers le centre de chaque plume. De chaque côté de la nuque, une ligne transversale blanche, formant un collier incomplet. Les prties supérieures du corps et des ailes sont de couleur de schiste foncé, les plumes présentant une ligne longitudinale noire avec bordures et taches transversales d'un gris bleuâtre. Quatorze ou quinze bandes blanches et brunes à la queue, avec de petites taches confluentes. Les parties inférieures du corps sont blanches avec des taches brunâtres, longitudinales, étroites sous le menton, la gorge et le

jabot, s élargissant en larmes sur la poitrine, plus foncées sur les flancs, où elles se présentent en forme de cœur.

La femelle ne diffère du mâle que' par une taille plus forte et des teintes plus sombres.

• Les jeunes, avant la première mue, ressemblent, par les teintes, à ceux du Faucon d'Islande. En avançant en âge, ils oflrent de la ressemblance avec le Faucon Pèlerin adulte; mais les pieds sont verdâtres au lieu d'être jaunes. Les jeunes mâles se distinguent toujours du Faucon d'Islande par la taille moins forte; les jeunes femelles ressemblent, sous tous les rapports, aux jeunes mâles de ce même Faucon. En livrée parfaite, il n'est plus possible de confondre ces espèces entre elles.

Le Gerfaut habite les hautes montagnes de la Norvège et de la Suède. Les jeunes seulement se montrent accidentellement en Allemagne, en Hollande et en France. Degland.

Comme les précédents, il suit, pour chasser, les migrations de Ptarmigans. Le Gerfaut n'est pas toujours docile; il est parfois quinteux, méchant, querelleur; il lui arrive quelquefois, pendant le vol, de chercher querelle au Faucon qui l'accompagne, au lieu d'attaquer franchement le gibier.

De tous les oiseaux de proie, dit Sonnini, le Gerfaut est, après l'Aigle, le plus fort, le plus vigoureux et le plus liardi; il ne craint pas même de se mesurer avec le tyran des airs, et, dans un engagement en apparence inégal, il prouve, par ses victoires, ce que peut la valeur contre les avantages de la taille et des armes. (Sonnini comprend, sous le nom de Gerfaut, les Faucons d'Islande,'de Norvège, Gerfaut et Sacre.) A des qualités nécessaires à un être que la nature a destiné aux combats et au carnage, cet oiseau joint la promptitude dans les mouvements, la célérité dans Texécution et l'activité qui enchaîne le succès. Aussi Fart de la fauconnerie s'est-il emparé de celte espèce puissante. Le Gerfaut tient le premier rang parmi les oiseaux de haute volerie;

ee FAUCONNERIE,

il est bon à toutes les sortes de chasse, il n en refuse aucune. Il a bientôt fatigué et pris les grands oiseaux d'eau, tels que le Héron, la Grue, la Cigogne. Il est aussi très-propre au vol du Milan, et si on remploie à des expéditions moins brillantes, mais plus productives pour la table, il réussit mieux qu aucun autre^ et avec tant d'avantages, qu'après Tavoir vu chasser, on apprécie moins les autres oiseaux de vol. Si une Perdrix, que les Chiens font lever, cherche à remonter un coteau, elle n'a pas fait la moitié du chemin, qu'elle est déjà dans les serres du Gerfaut.

Mais ce bel oiseau est aussi fier que courageux; son éducation demande des ménagements; il veut être traité avec douceur, avec patience; il exige des soins particuliers, et si on les lui épargne, il se rebute, s'impatiente et devient indomptable.

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