‹ La Faune de la TranchéeChapitre 7 sur 11 · LAVE · texte numérisé non relu

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tré : ce qui est certain, c’est que les rats inoculés se transmettent facilement la maladie par leurs poux; maintenant ce pou (en l'espèce l'hæmatopinus) pique-t-il l'homme?

Quant au typhus exanthématique, maladie qui sévit par excellence dans les agglomérations d'individus malpropres, comme c'est le cas en guerre, la transmission par le pou est certaine. Les guerres balkaniques en avaient déjà fourni de nombreux cas; dans la guerre actuelle, les cas très rares sur le front occidental, grâce aux soins prophylactiques pris, ont été très fréquents sur les fronts orientaux. Ajoutons que la preuve expérimentale de cette infection par le Pediculus vestimenti a été faite : des poux placés sur un singe infecté donnèrent la maladie à deux autres singes de la même espèce.

A la suite de cet exposé des maladies dont la transmission par le pou est classique, nous voudrions donner une place à une maladie née de la guerre dont nous avons eu un assez grand nombre de cas sous les yeux et dont, bien qu'aucune certitude ne soit acquise à ce sujet, le pou semble pouvoir être l'agent de transmission.

Étant au 35° colonial, nous avons vu venir à la visite, surtout pendant l'automne 1914 et l'hiver 1915, des hommes qui se plaignaient de céphalée, de douleurs derrière les globes oculaires, dans le dos et surtout dans les jambes. Presque toujours, le début avait été soudain ; la température variait de 39° à 39,5; on ne trouvait à l'examen ni symptômes gastro-intestinaux, ni symptômes pulmonaires. Sous le diagnostic vague de courbature, lumbago ou névralgie, ces malades étaient envoyés à l'infirmerie régimentaire que nous possédions alors en arrière des lignes et où ils étaient soumis à un simple traitement symptomatologique (bouillon, lait, frictions, aspirine et quinine). La fièvre se maintenait cinq à six jours en moyenne, puis tombait. Quelques hommes faisaient une rechute en moins d’une semaine, mais la plupart sortaient guéris au bout de douze à quinze jours. Deux détails nous avaient frappé : d'une part, le caractère épidémique de cette affection, d'autre part, la persistance tout le long du tibia de douleurs pour lesquelles, longtemps après leur

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sortie de l'infirmerie, ces hommes revenaient à la visite. N'ayant ni le loisir ni les moyens nécessaires pour approfondir cette question, nous avions mis l’ensemble de ces symptômes sur le compte du froid, de l'humidité et de la fatigue, nous contentant de noter les faits. Des travaux récents sont venus nous les remettre en mémoire, tout en les éclairant d’un jour nouveau.

De nombreux cas semblables ont été étudiés dans l’armée anglaise; la même symptomatologie a été notée : le début soudain, le caractère épidémique de l'affection et la persistance des douleurs tibiales ont attiré tout particulièrement l'attention. Toutes les tentatives pour isoler un microorganisme ont été vaines ; en tout cas il n'appartient ni aux groupes typhoïde ou paratyphoïde et ne se retrouve ni dans les matières fécales ni dans l'urine. Le sang est toujours stérile ; pas de fluctuation au titre de l’agglutination, lymphocytose légère et basophilie pointillée des globules rouges. L’injection de sang d’un de ces malades à un autre homme réussit à produire au bout du huitième jour une attaque caractérisée : l’inoculation simple du sérum sanguin ne la reproduit pas, tandis que l'expérience est positive par inoculation des globules rouges et blancs après enlèvement du plasma par lavage et centrifugation.

Ces observations et ces expériences semblent donc démontrer l'existence dans les globules du sang d’un microorganisme dont l'évolution produirait les symptômes que nous avons décrits plus haut et à l’ensemble desquels a été donné le nom de Fièvre des tranchées.

Tous ces malades ayant présenté des piqûres de moustiques et de poux, on est ainsi amené à penser que la transmission d’un homme à l’autre se fait vraisemblablement par l’un de ces insectes. Tous les deux pullulaient dans la Woëvre où nous nous trouvions pendant cette épidémie, mais la persistance des cas pendant l'hiver semble devoir faire incriminer plus particulièrement le pou.

Le pou a donc assez de méfaits à son actif pour que sa destruction s'impose : Voyons comment nous y parviendrons.

Moyens de destruction des poux. — Les moyens dont nous

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disposons pour détruire ces parasites sont nombreux et efficaces et néanmoins les médecins de régiments se heurtent souvent à des difficultés matérielles qui rendent la lutte contre la phtiriase sinon impossible, du moins difficile et incomplète.

Le Pediculus capitis se rencontre assez rarement, pourvu que l’on veille à ce que les hommes portent continuellement les cheveux ras : si, par hasard, un soldat vient à la visite avec des poux dans une chevelure qu’il a conservée longue par négligence, coquetterie ou simplement pour ne pas faire comme tout le monde, le remède est aussi rapide que radical : les cheveux sont coupés ras à la tondeuse, puis le cuir chevelu est enduit et frotté avec l’une ou l’autre des substances suivantes :

À. Huile camphrée et pétrole à parties égales.

B. Alcool camphré.

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