ESCOUADES
ilyciphagus cursor.
Fig. 19. — e conservation
f, poil ou soie;
d, tarse ; e, stigmatc;
b, larve ; c, œuf
g, profil de la peau.
a, kyste à
male ;
cg,
Lu
Q, femelle
Nous avons trouvé fréquemment ces deux espèces de Glyciphages à l’état de dépouilles mortes sur tous les cadavres humains et surtout d'enfants, arrivés à l’état de momification complète à l’air libre et arrivés à la deuxième année
après la mort.
Genre TyroGzyrats. — Les Tyroglyphes ressemblent aux Glyciphages, et pour la forme et pour Ja taille, mais leurs poils sont lisses; ils sont d'une couleur de perle, avec les pattes robustes et rosées, et présentent un sillon formant ceinture entre la deuxième et la troisième paire de pattes; de plus, les mâles ont une paire de ventouses copulatrices près de la commissure postérieure de la fente anale. Ils sont aussi moins agiles que les Glyciphages.
Ils présentent la curieuse particularité de produire des nymphes adventives que nous avons nommées hypopiales, résultant d’une métamorphose particulière de la nymphe normale qui survient sous l'influence de certaines circonslances, comme la famine. Ces nymphes hypopales sont des, agents de conservation de l'espèce et de dissémination; on les {trouve souvent attachées aux téguments de toutes sortes d’animaux, mammifères, reptiles, insectes et surtout
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des mouches, par lesquelles elles arrivent sur les cadavres en voie de dessication, où elles reprennent leur forme normale et se meltent en devoir de pulluler. Elles avaient élé prises par les auteurs qui nous ont précédé pour des espèces acariennes détinies, et nommées Zypopus Homopus, Trichodactylus. Ces noms devenajent nuls après que nous eûùmes découvert qu’elles n’étaient que des larves adventives de Tyroglyphinés ; nous nous servimes du premier, transformé en adjectif, pour qualifier ces nymphes du nom de nymphes hypopiales.
Le genre Tyroglyphus comprend plusieurs espèces : le 7. siro, le T. longior, le T. farinæ, le T. entomophagus, le T. siculus, le T. mycophagqus etle T. urophorus. Nous n'avons jamais rencontré que les deux premières sur les cadavres en voie de momification.
Tyroglyphus siro (fig. 20). Corps de couleur gris-perle, brillant, avec deux vésicules jaune verdätre sous-tégumentaires de chaque cûté de l'abdomen; cylindrique, arrondi en arrière, conique en avant, aplati en-dessous, avec deux dépressions longitudinales sur le noto-gastre, en arrière du sillon transversal thoracique et de chaque côté de la ligne médiane. Soies disposées comme chez les Glyciphages, mais lisses, égalant
à peine en longueur la largeur du corps. Pattes sub-égales, la première paire plus volumineuse chez le mâle avec une apophyse conique au bord inférieur du deuxième article, et deux tubercules aplatis sur la face supérieure et au milieu des tarses de la quatrième paire. Tarses robustes sub-eylindriques lerminés par une ventouse vésiculaire à trois lobes, sessile, du centre de laquelle émerge un petit crochet.
Voici les dimensions de cette espèce dans les deux sexes et aux divers àges :
Femelle ovigère . . longueur oMm,60 largeur omm,98 D D te) ?
MEIO TS RU me /! 0 O0 EU C0 Nymphe normale, . /l dE O 2 0, 18 Nymphe hypopiale . 7 0,000. er 0,190 Larve hexapode . . 0,204 0,0 90 0:00 0, 10 ?
LA À nc er A SR /! dt 44 !! 0, 06
La nymphe normale et la larve hexapode ressemblent aux parents au point de vue de la conformation générale et de la consistance des téguments; elles ne s'en distinguent guère, la première, que par l’absence d'organes sexuels, la seconde, par le même caractère et, en plus, par l'absence de là quatrième paire de pattes.
La nvmphe hypopiale ne ressemble en rien aux autres membres de la famille : elle à les téguments entièrement coriaces et rougeàtres,
ce
e, rostre face inférieure ;
:-e, larve ; d, œuf;
niale
y. 20, — Tyroglyphus siro.
Fi
1e normale ; b, nmphe hypo
le ; ©, femelle ; a, nymp
À ma
ee,
f, une mandibule,
elle est ovale, arrondie en arrière, obtusement angulaire en avant, bombée en dessus, plate en dessous, sans rostre qui n’est représenté que par une lèvre inférieure mobile terminée par deux poils ; corps supporté par quatre paires de pattes grèles dont les trois premières sont terminées par un petit ongle et la quatrième par une soie. Sous l'abdomen, particularité caractéristique des nymphes hypopiales en général, à l'endroit où devrait se trouver l'anus qui n'existe pas, se trouve un groupe de ventouses disposées par paires, au nombre de dix, qui servent à l’acarien pour s'attacher aux Insectes, ou à d’autres êtres et pour se faire voiturer.
Le Tyroglyphus siro et sa nombreuse progéniture foisonnent sur les croûtes des fromages secs, comme le gruyère, ou toute autre substance protéique qui a subi la fermentation caséique ; nous l’avons toujours trouvé en abondance sur les cadavres qui se dessèchent à l'air libre, ainsi que le suivant :
Tyroglyphus longior (P. Gervais). Ce Tvroglyphe à tous les caractères généraux du précédent; 1l n’en: diffère que par son corps plus allongé, ses poils dépassant en longueur celle du corps, des tarses plus longs et toutes les pattes sub-égales dans les deux sexes, la
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première paire semblable à la seconde chez le
mäle.
GENRE SerraTor. — Le genre Serrator est {très voisin du genre Tyroglyphus; nous avions mème regardé, comme appartenant à ce dernier genre, la première espèce de Serrator que nous avons découverte dans les champignons en putréfaction, et l'avons décrite dans le Jowi-nal d'anatomie de Ch. Robin, en 1873, sous le nom de Tyroglyphus rostro serratus ; mais nous avons été obligé de créer pour lui un genre spécial, quand nous avons vu combien cet acarien différait des précédents par la structure de son rostre et par celle des pattes ; en eflet, les mandibules ne sont pas en pince, comme chez les autres Sarcoptidés, mais transformées en une pelite scie avec laquelle l’animaleule déchire les fibres des tissus morts et humides ; ses tarses sont complètement privés de venlouses et terminés par de forts crochets, et la plupart des poils dont les paltes des Tyroglyphes sont munies, sont représentés ici par de courtes épines. Les poils du corps, très raréliés, sont aussi transformés en spinules plus où moins courtes.
Le genre SerrA10R comprend deux espèces :
Mécnix — La Faune des cadavres 6
le Serralor amphibius (notre ancien Tyroglyphus rostro-serratus) et le Serrator necrophaqus). C'est la seconde espèce seule qui se rencontre sur les cadavres, avec sa nymphe hypopiale, et elle y arrive même avant Îles Tyroglyphes et les Glyciphages, lorsque les humeurs déliquescentes dans lesquelles elle aime à se vautrer sont encore assez abondantes: elle doit être de l'avant-garde de la sixième escouade, avec l'Uropoda nummularia ; les Tyroglyphes et les Glyciphages en sont l'arrièregarde, car ils n'arrivent que quand Ja dessicalion est assez avancée pour n'avoir plus à humer que les dernières humeurs.
Serralor necrophagqus (fiy. 21). Corps blanc jaunàtre, opaque, presque glabre, avec un sillon-ceinture thoracique comme chez les Tyroglyphes; de forme rectangulaire à angles arrondis chez la femelle, trapézoïdal allongé, rétréei en arrière chez le mâle et les nymphes; précédé d'un rostre en boutoir. Le corps est Hisse au lieu de présenter de gros tubercules symétriques comme chez son congénère le S.
amphibius ; mais son rostre est semblable au sien ef ses mandibules en scie aussi. Quant à ses organes génitaux, ils rappellent ceux des Tyroglyphes avec cette différence que les mäles sont
dépourvus de la paire de ventouses copulatrices
anales, qui sont remplacées ici par deux paires
Fig. 21. — Serrator necrophagus.
a, femelle; b, male; €, larve hexapode; d, nymphe normale; e, nymphe hypopiale,
de petites ventouses disposées en avant du pénis et symétriquement,
Les dimensions du Serrator necrophagus
sont les suivanies :
Femelle. . . . . longueur omm,56 largeur omm,31 LIEN Cr AE TA /! D P30 2 0, CO Nymphe normale . © y 0, 190 1! BNP OTT Nymphe hypopiale . 2 6, 98 HAT EE Larve hexapode . . 1 D. .#0 I 0, 07 LE SE BL ee EE LE ER 2 0, T5 2 0, 09
La nymphe hypopiale ressemble à celle du Tyroglyphus siro, seulement elle est plus étroite et, par suite, de forme plus allongée.
Nous allons placer ici un Acarien de la tribu des Tyroglyphinés découvert et décrit par Ch. Robin sous le nom de Tyroglyphes échinopus, mais pour lequel nous avons créé le genre Coxpo- PHAGus. En effet, il se distingue des Tyroglyphes en ce que ses pattes ne se {erminent pas, comme chez ceux-ci, par une ventouse sessile, elle est complètement absente et remplacée par un fort crochet, et la plupart des poils des membres le sont par de fortes épines, comme chez les Sarrators. Le rostre est le même que chez les Tyroelyphes et les organes génitaux sont semblables, mais le corps est plus globuleux et les membres plus courts et plus robustes.
Ce genre ne renferme qu’une espèce : le Cæpo:
phaqus echinogus (fig. 22), qui a la taille un peu