MODERNE
Tombeau
de Somali.
Lac Nyanza.
Zomba.
Lac Nyassa.
Tholmès 111.
Femelle. Mâle.
Mâle.
Mâle.
Mâle.
ntilliincLres, luillituèlres.
railliiuplres.
millitiiclres.
raiUimèlres.
Longueur totale de la l(5te, du bord antérieur des prémaxiliaires à i'extrdniité postérieure de l'occipital. . . .
Longueur hasilaire, du Lord antérieur du tiou occipital à l'extrémité des préniaxiilaires
Longueur de la face, du bord supérieur des orbites a l'extrémité des prémaxillaires
Longueur du crâne, du Ijord orbilaire à l'extrémité postérieure de l'occipital
Diamètre bizygomatique maximum. . .
Diamètre transverse du nmseau , au niveau de la première j)rémoIaire . . .
Longueur basilaire, du bord du trou occipital au bord postérieur de la voûte palatine
Longueur de la voûte palatine
Largeur maximum de la voûte palatine.
Longueur totale de la mâchoire inférieure
Longueur des prémolaires supérieures.
Longueur des molaires supérieures . . .
Longueur des prémolaires inférieures.
Longueur des molaires inférieures . . .
lao
ilto
lllO
ii5
ii3
laS
io3
ii5 id
Lorsque nous comparons cnlre eu\ les chiffres qui précèdent, nous voyons que le crâne de cynocéphale du tombeau de Thotmès 111 ne peut ùlre attribué ni à Papio Aiiubts, Cuvier, ni à Pnpio cijnocrphalus , Geoff. Chez ces deux espèces la tète osseuse est beaucoup plus grande et présente une conformation assez différente. La région faciale, mesurée de l'extrémité antérieure des prémaxillau'es au sommet des arcades orbitaires, est en effet beaucoup plus grande que la région céphalique, alors qu'on trouve une proportion inverse pour le crâne du cynocéphale momilié. Le développement relatif de la face et du erâne varie beaucoup d'un sexe à l'autre, dans la même espèce. Chez les individus mâles, la partie faciale de la lète osseuse est toujours plus allongée proportionnellement (|ue chez la femelle. Ces différences sont très accusées chez Papw Anubis. La tète d'un individu mâle des bords du lac Nyanza (Anderson et Winton, p. /lo, crâne n° y) mesure o m. tAo mill. pour la face avec 0 m. ii3 mill. pour la capsule crânienne, alors que chez une femelle de même espèce (p. lio, crâne n" 8) on trouve une longueur de o m. lo/i mill. pour le crâne proprement dit et o m. log mill. seulement pour la face. Ces variations sont moins accentuées chez Papio ci/»occpluilus, GeolF. ei Papio pruinosus , Thomas. Cependant ici encore la face est notablement plus développée que la capsule crânienne. Un seul exemplaire fait exception (Anderson et Winton, p. 7/1, crâne n° 1 0) , mais c'est le crâne d'une jeune femelle de Papio cynocephalus de Mombosa , dont la seconde dentition n'est pas entièrement en place et qui, par conséquent, n'a pas encore atteint toute sa croissance.
La tète osseuse de Papio pruinosus se distingue par la forme particulière de la région
orbitaire et surtout par la forte inflexion du crâne sur la face. Si nous examinons maintenant le même rapport de la face et du crâne chez Papio Hamndryas, nous constatons que, pour deux crânes modernes d'individus mâles provenant de la région des Somalis et du pays des Bogos, la région faciale (0 m. 120 mill.) n'est pas plus développée, comparativement à la capsule crânienne (0 m. 1 1 5 mill.) que chez la femelle de Papio Anuhis.
Comme nous l'avons dit déjà, la tète momifiée de Papio Hamadn/as offre un rapport inverse : la longueur de la face (0 m. 087 mill.) est plus faible que la longueur du crâne (0 m. loA mill.). Cette particularité, qui est due surtout au faible développement des prémolaires et des canines, prouve que la tête appartient à une femelle. Quant à la dentition de Papio Hamaclrijas nous nous i^ornerons à remarquer que le talon de la troisième molaire inférieure est assez fort. Son tubercule principal est situé environ dans le même plan que les tubercules externes des deux premiers lobes, au lieu que chez Papio Anuhis, Papio pruinosus et surtout Papio cynocephalus , le tubercule du talon est plus rapproché de l'axe médian. En résumé, la tète de Papio Hamadryas présente d'assez grandes variations individuelles et sexuelles, comme celle des différentes espèces de même genre. Toutefois, elle se dislingue par la brièveté de la face relativement à la capsule céphalique. L'arcade zygomatique prend naissance plus en avant sur la région maxillaire, et les deux branches du jugal font, en arrière, un angle plus grand que chez Papio Anuhis et Papw cynocephalus.
Un second crâne de cynocéphale momifié, qui a été figuré par Andersen et Winton (^loc. cit., pi. III, fig. i), offre la même forme elles mêmes proportions que celui trouvé dans le tombeau de Tliotmès III. Il appartient donc aussi à une femelle de Papio Hamadryas. Nous avons dit (|ue les canines du cynocéphale de Thotmès III avaient été usées pour rendre moins dangereuses les morsures de l'animal. Il est intéressant de constater que la même précaution, mais bien plus radicale, a été prise à l'égard du cynocéphale momifié dont la tête est représentée par Anderson et Winton. Sur la photographie donnée par ces naturalistes on n'aperçoit en effet, aucune trace des quatre canines, elles ont donc été non pas seulement émoussées, mais arrachées purement et simplement. Cette opération a dû se faire longtemps avant la mort de l'animal si l'on en juge d'après l'obturation presque complète des alvéoles. On ne connaît pas l'origine précise de ce crâne, peut-être provient- il également du tombeau de quelque grand personnage pharaonique.
De ce ([ui précède, on peut conclure que les Egyptiens choisissaient en général, pour la distraction de leurs rois, des singes de petite taille, des femelles notamment, plus dociles, moins fortes et par conséquent moins redoutables que les mâles. Pour plus de sécurité , ces animaux étaient rendus presque inoffensifs par l'usure ou l'ablation totale de leurs canines.
Ouel((ues zoologistes pensent qu'il existe deux espèces d'hamadryas : Papio Arabicas, Thomas, et Papio Hamadryas, Linné. La première de petite taille, à camail gris cendré, habite l'Asie; la seconde, notablement plus grande, recouverte d'un camail gris olivâtre est africaine.
En 1890, Oldfield Thomas (^Proceedings oftlie Zool. Soc. ofLondon, p. y 29, iSgy) présenta à la Société zoologi([ue de Londres un crâne de babouin provenant de la région d'Aden. Ce crâne fut signalé, sous le nom de Papio Arabicus, comme représentant une nouvelle espèce alliée à Papio Hamadyras, mais se distinguant de celle-ci par ses faibles dimensions.
L'année suivante, Old. Thomas (0» (lie mammals obtained in Soutli-Weslerii Arabia. Proceedings Zool. Soc, p. ()5, 1900) donna, dans la même publication, la description détaillée de cette espèce. Elle est basée sur une femelle bien adulte capturée dans la contrée montagneuse du Subaihi, à une centaine de kilomètres environ, au nord-ouest d'Aden. Les montagnes de cette région s'élèvent à peuprèsà 2,000 mètres, mais les babouins se tiennent plus bas sur les pentes, à une altitude de 1,000 mètres environ.
Pour justifier la distinction spécifique, le naturaliste anglais s'appuie principalement sur les différences relevées dans les proportions du crâne et de la dentition , entre l'hamadryas abyssin et l'hamadryas arabique. Il montre que chez certains cynocéphales, si les dimensions du crâne varient beaucoup d'un sexe à l'autre, il n'en est pas de même pour la rangée des molaires qui garde , à peu de choses près , le même développement dans les deux sexes.
Faute d'avoir à sa disposition un crâne en bon état de femelle africaine, Old. Thomas compare le crâne d'un hamadryas mâle d'Abyssinie au crâne d'hamadryas femelle
LA FAUNi; MOMIFIÉE DE L'ANTIQUE EGYPTE.
d'Arabif. Voici les dimensions de ces deux spëcimens telles ([u'elles sont données par l'auteur {^Proceediugs nf Zool. Soc, p. 97, 1 900) :
Mâle d'Aljyssinie Femelle d'Arabie.
LONGUEUR TOTALE
LONGUEUR
LONGUEUR
lo(alp du
•les 5 molaires
des
U arrière-moi.
lie la 3' mol.
crfliie.
et prém. sup.
et
prém. infér.
inférieure.
millimètres.
millimètres.
millimètres.
millimètres.
lÛO
Le crâne d'Iiamadryas du tombeau de Thotmès III a les dimensions suivantes relevées comme ci-dessus :
Femelle momifiée de Bibân-el-Molouk. .
LONGUEUR
tolale du crilne.
millimètres.
LONGUEUR TOTALE
(les 5 molaires et prèm. sup.
millimètres.
ries h arrière-mol.
et prém. infér.
millimètres.
LONGUEUR
de la 3' mol, inférieure.
millimètres.
Les cbiffres précédents montrent que les proportions de la femelle momifiée sont un peu inférieures à celles de l'exemplaire mâle employé comme terme de comparaison par le savant anglais, mais ils accusent néanmoins une forme beaucoup plus grande que l'espèce arabique.
Si, d'autre part, nous comparons la tête de cynocéphale du Yémen aux nombreux crânes et squelettes de babouins découverts par M. le professeur Lorlet, en janvier igoB, dans la Vallée des singes [Gnbanet el-Giroud), à Thèbes, nous constatons que ces documents anciens proviennent tous de cynocéphales africains [Papio Hamadryas et Papio Antibis).
Les plus petits crânes d'hamadryas femelles trouvés à Thèbes dans la Vallée des babouins , ont les dimensions suivantes ( Lortet et Gaillard, La Faune momifiée, 9' série, p. 2 1 g, Lyon, t qo5 ) :
LOSOUEUn
totale (lu crâne.
millimètres.
N° 1. Femelle adulte de Thèbes 170
N° 9. Femelle incomplètement adulte de
Thèbes i58
N" 3. Femelle adulte de Thèbes 170
LONGUEUR TOTALE
LONGUEUR
ries 5 molaires des /i arrière-moi de la 3' mol.
et prém. sup. etprèm. iufér. inférieure.
millimètres, millimètres. millimètres.
Comme on le voit, tous les crânes anciens que nous connaissons, aussi bien celui du tombeau de Thotmès III, que ceux de la Vallée des singes, appartiennent à l'hamadryas africain, aucun à l'espèce Papio Arahicus.
Probablement les naturalistes ne partagent pas tous l'opinion de Oidfield Thomas relativement à la spécificité de l'hamadryas duSubaibi, quelques-uns sans doute ne voient dans Papio Arabicus qu'une race ou variété locale de Papio Hamadryas. Mais cette question est insignifiante pour nous. Le fait important à constater est que la variété,
Calai, du Musée, n" agSoi. *2
l'espèce, ou si l'on veut, la race d'Arabie n'est pas représentée dans les hypogées égyptiens.
Cette constatation a une grande importance pour l'histoire de l'ancienne Egypte, car elle doit aider à découvrir l'origine du dieu Thot qui coïncide, vraisemblablement, avec l'origine des hamadryas amenés dans la vallée du Nil.
Les observations précédentes ne démontrent pas définitivement l'origine africaine du culte de Thot, mais, en attendant qu'on ait trouvé dans les tombeaux ou monuments de l'ancienne Egypte des restes d'Iiamadryas arabique, elles s'opposent à l'hypothèse de l'origine asiatique de cette divinité.
Papio Ambicus vil sur la côte occidentale ou tropicale de l'Arabie, dans le territoire du Yémen, jus(|u'à environ 5o kilomètres des bords de la mer Rouge. Il est connu des indigènes sous le nom de Robat ou Robba.
L'aire géographique de Papio Haniadrijns n'est pas très bien délimitée. Ce babouin ne se trouve pas à l'état sauvage en Egypte. Prosper Alpin visitant le pays en 1080 alFirme (ju'il n'y existe plus de singes ; ^ quelques-uns de ceux qu'on voit au Caire , à Alexandrie et autres villes sont amenés, dit-il, de l'Arabie n. A la même époque où Prosper Alpin était en Egypte, Alvarez qui voyageait en Abyssinie, a vu dans cette région d'innombrables troupes de cynocéphales hamadryas.
Brehm également a observé souvent l'hamadryas dans son voyage en Abyssinie , en 1 8 6 a . Il dit que ce cynocéphale habite toutes les montagnes de la Nubie méridionale et de l'Abyssinie. Vers le nord, l'espèce suit la région des pluies et y est très nombreuse. Les montagnes les plus couvertes de plantes sont celles où elle se plaît le mieux. Une condition essentielle au bien-être d'une colonie d'hamadryas c'est, selon Brehm, la proximité de l'eau. 11 a vu des bandes descendre des montagnes élevées, sur les collines du Samchara et du désert qui longe la côte, la masse restant sur les montagnes. Ces animaux vivent presque toujours réunis par troupes d'au moins cent cinquante individus. Ils se tiennent ordinairement sur les rochers, ce n'est qu'en cas de danger qu'ils grimpent sur les arbres. En traversant la vallée de Mensa, un Abyssin fit remarquer à Brehm quelques cynocéphales assis au sommet d'arbres très élevés; le gros de la bande se trouvait sur le liane opposé de la montagne (Brehm, Les mammifn-es, vol. I, p. 83). Lorsque les hamadryas se déplacent, on les voit arracher de temps à autre une plante dont la racine paraît leur servir de nourriture; ils retournent toutes les pierres qu'ils peuvent remuer, pour prendre les insectes, mollusques, vers et surtout les fourmis qui y sont cachées et dont ils font leur régal.
Blanford fournit les renseignements suivants sur l'habitat de cette espèce [Geol. et :onl. abyss.. p. 222, 1870) : f Le grand cynocéphale babouin, le singe sacré (Thot) des anciens Egyptiens est très commun dans toute la région de l'Abyssinie que j'ai traversée. Il se voit partout aux alentours de la baie Annesley, vers le plateau de Dalanta , bien qu'il soit encore plus abondant peut-être dans la partie tropicale etsub-tropicale de la contrée, n
Le professeur Schweinfurlh a rencontré Papio Humaânjas jusqu'à 3o kilomètres environ à l'ouest de Massaoua (Matschie, in SitzungbericlUe Gesells. nalurj. Freunde, Berlin, p. 25, i8(j3).
Hcugliii (^Heise >Mch /lit«.v., p. 88, loo et lyS) signale sa présence à Mensa, à Keren et le long du fleuve Takazie ou Albarah, sous le i/i" degré de latitude nord. Divers auteurs le citent également dans le Soudan oriental. C'est très probablement par la voie de l'Atbarah, ou par celle du Nil Bleu et du Nil Blanc que l'bamadryas a été le plus souvent amené en Egypte. Les Egyptiens modernes le nomment Qird et les Abyssins Hébé.
Sur les monuments de l'ancienne Egypte les figurations du cynocéphale hamadryas sont assez fréquentes. Il est représenté le plus souvent assis, les mains posées sur les genoux. Ce singe était l'emblème de Tlwt, dieu des lettres et de la science. Un temple lui était consacré à Hermopolis.
Conservation : Bonne. Le crâne, tout imprégné de résine et de substances organiques, a gardé une couleur générale jaune foncé. L'arcade zygomatique gauche a dû être brisée ou fortement contusionnée du vivant de l'animal. Elle est en effet beaucoup plus épaisse que du côté droit, ce qui indique un travail de réparation prolongé.
BiBL. : Catalogue du Musée de Ghizth , n° SaaSi; Lortet et Gaillar», La Faune momifiée, 2" série, p. Qio, fig. 86 et 87, Lyon, 1906.