‹ La faune momifiée de l'antique ÉgypteChapitre 4 sur 10 · PI-IX · texte numérisé non relu

PI-IX

Le squelette d'antilope bubale du Musée du Caire appartient certainement à un individu mâle. La forme du bassin et la forte épaisseur de la symphyse pubienne ne laissent

WP^

Fig. 6.

aucun doute à cet égard. Dans le genre Bubalis, comme chez les bœufs, les zébus, ou les gazelles, la symphyse du pubis est toujours très épaisse chez les mâles, alors qu'elle est mince chez les femelles.

Ce squelette ancien comparé à celui d'une femelle de bubale qui a vécu au Jardin zoologique de Lyon, a permis de relever plusieurs différences intéressantes : Le bassin de bubale mâle trouvé à Sakkarah présente , au niveau de la cavité cotyloïde de l'articulation coxo-fémorale, une crête supérieure saillante et fortement convexe. Chez la femelle, cette crête, bien moins développée, forme une ligne presque droite ou très légèrement ondulée. En outre, chez l'antilope femelle, l'os frontal est beaucoup moins proéminent que chez le mâle. Une règle rigide, placée en avant de la face de la femelle et s'appuyant sur la bosse frontale, porte en bas sur la convexité nasale située à la réunion des os nasaux et frontaux. Chez l'antilope mâle du Musée du Caire, la même règle appliquée sur la bosse frontale vient s'appuyer beaucoup plus bas, sur l'extrémité antérieure des os du nez, laissant au niveau des sutures fronto-nasales, une longue concavité, profonde d'environ deux à trois centimètres. Cette concavité est due surtout à la proéminence des os frontaux , très prononcée sur le mâle et, aussi, à l'absence chez celui-ci de la bosse fronto-nasale.

Le squelette d'antilope bubale du Musée égyptien est tout à fait semblable à un second exemplaire de même espèce, trouvé à Sakkarah également et conservé au Muséum de Lyon. Tous les deux se rapportent à des individus mâles; ils ont le front bombé en avant, les cornes fortes très développées à la base, dirigées d'abord en arrière, en dehors et en haut, puis les extrémités se dirigent encore en arrière, mais les pointes sont un peu infléchies en dedans. Les cornes des femelles sont beaucoup plus minces et moins noueuses.

Bubalis huselaphus a été rarement représenté sur les monuments de l'ancienne Egypte. Nous l'avons trouvé figuré deux fois seulement dans le grand ouvrage de Rosellini et encore d'une façon incomplète (/ monumenti deU'Egitlo e délia Nubia, vol. II, pi. XVIII et vol. III, pi. LXVI). Dans le volume III on voit trois têtes de bubale parfaitement reconnaissables à leur museau allongé et à la forme de leur encornure. La face est entièrement rousse et ne présente aucune tache noire. C'est donc bien Bubalis huselaphus que les artistes égyptiens ont voulu représenter et non Bubahs caama qui porte une bande de poils noirs sur le chanfrein.

On peut être tout aussi affirmatif à l'égard des deux squelettes trouvés à Sakkarah et conservés au Caire et à Lyon. Les têtes osseuses de ces antilopes étaient encore recouvertes sur le chanfrein d'une certaine quantité de poils totalement roussâtres. Ces deux squelettes appartiennent donc bien à Bubalis buselaphus. Ils ne peuvent pas être davantage attribués à Bubalis major, Blyth, cette espèce portant aussi, sur la partie antérieure de la face, une large bande noire. On sait, du reste, que Bubalis caama habite l'Afrique du Sud et ne dépasse pas au nord la région des grands lacs. Quant à l'espèce décrite par Blyth sous le nom de Bubalis major, elle ne se rencontre que dans la Gambie, le Bas-Niger et les Camerons.

L'aire géographique de Bubalis huselaphus s'étend actuellement à toute l'Afrique septentrionale, du Maroc à l'Egypte et à la Syrie; au sud on la trouve jusqu'à la limite du

désert Libyque. Les Bongos connaissent celte grande antilope sous le nom de Karia; les Niams-Niams la nomment Songoro. Les Bédouins des bords de la mer Morte (Canon Tbistbam, The Fauna and Flora of Palestine, Londres, 188/1), l'appellent Bekk'r el Wacli; dans l'Ancien Testament elle est nommée Yaclmur. Technique : Les cadavres de ces antilopes ont dû être d'abord enterrés, comme ceux des bœufs de Sakkarah et d'Abousir, afin d'amener la destruction des chairs. Les ossements ont été ensuite retirés de la fosse et badigeonnés de bitume cbaud avant d'être placés dans des tombes spéciales.

Conservation : Passable. Plusieurs parties manquantes du squelette ont été remplacées par des pièces empruntées au squelette d'un individu moderne de même espèce, notamment trois vertèbres dorsales, trois côtes, le sternum et quelques phalanges unguéales. Les vertèbres de la queue font défaut en totalité.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 72 , fig. Sg et ki.

29520. Crâne de bœuL — Longueur, du sommet du frontal à l'extrémité anté-

rieure des prémaxillaires o m. 4() cent., diamètre maximum, au niveau des arcades orbitaires o m. 2 1 cent. — Sakkarah.

Description : D'après l'état des sutures crâniennes cette tête osseuse est celle d'un individu adulte. Les cornes allongées, le front aplati, la ligne horizontale du chignon, ainsi que la face étroite indiquent que ce crâne appartient à la même race que les bœufs précédemment décrits, c'est-à-dire à Bos Africanus. Les chevilles osseuses des cornes sont recourbées en forme de croissant.

Conservation : Passable. La mâchoire inférieure manque complètement, de même que la dentition du maxillaire supérieur et les étuis des cornes.

29521. Crâne de bœuf. — Longueur, du sommet du frontal à l'extrémité des

prémaxillaires o m. hh cent., diamètre maximum o m. ig cent. — Assouan.

Description : Cette tête se distingue par son encornure de forme particulière. Le front et la face ont toujours à peu près le même aspect, mais les cornes, représentées seulement par leurs chevilles osseuses, sont beaucoup plus courtes que chez les spécimens examinés plus haut. Elles ont, de plus, une courbure et une direction différentes. Au lieu de se diriger en haut et en arrière , elles sont recourbées en dehors et en avant suivant des rayons de courbure beaucoup plus faibles. Une étude comparative détaillée , que nous n'avons pas pu entreprendre faute de temps, fera savoir si ce crâne appartient à un représentant de la race à courtes cornes, ou bien si les différences signalées sont dues à des variations individuelles et sexuelles de la race du Soudan.

Conservation : Bonne. Le crâne et le maxillaire inférieur sont en bon état. Seules les chevilles osseuses ont été légèrement brisées près de la pointe.

29522. Mouflon à manchettes. — Squelette. — Longueur du corps, de la première apophyse dorsale à l'extrémité postérieure des ischions o m. 89 c, hauteur au garrot o m. 96 cent. (pi. X).

Description : Ce squeielte provient d'une belle momie île moudon adulte se rapportant à un individu mâle de l'espèce Ammolragus (ragelaplius , Cuvier. La momie est représentée planche XI exactement dans l'état où le Muséum de Lyon l'a reçue pour en faire l'étude. Le corps entier était très bien conservé, seuls les étuis des cornes manquaient. La peau, presque complètement recouverte de son poil, ne portait aucune trace de bandelettes ni de bitume, le corps ayant été momifié à l'aide du natron et de matières résineuses. Les viscères, durcis et réduits, se trouvaient à leur place naturelle à l'intérieur des cavités thoracique et abdominale. Ce mouflon avait été placé, comme le dessin l'indi(jue (pi. XI), la tète un peu relevée, les membres complètement ramenés sous le corps, les deux membres postérieurs liés ensemble par une forte corde nouée près de l'extrémité distale des métatarsiens. Ammolragus tragelaphus se reconnaît au.\ caractères suivants : chanfrein droit ou légèrement concave; pas de fossettes lacrymales. Cornes dans les deux sexes, dirigées d'abord en haut en divergeant, elles s'infléchissent ensuite en sens contraire et se rapprochent de plus en plus l'une de l'autre vers leurs extrémités; leur section basale est presque quadrangulaire. Poil rude et court sauf à la crinière et à l'extrémité de la

queue. La crinière garnit la partie inférieure du cou et les membres antérieurs jusqu'aux canons ( fig. 7 ). Le dos et les flancs sont roux fauve ; le ventre et la face interne des membres ont la même couleur, mais plus claire. Le pelage du mouflon à manchettes est semblable à celui de l'antilope bubale qui habite comme lui, les mêmes régions de l'Afrique du Nord.

Le mouflon à manchettes se rencontre, de nos jours, dans les contrées rocheuses et montagneuses de l'Afrique septentrionale, depuis le Maroc jusqu'au delà de l'Egypte. On l'a trouvé près du Nil, en bordure du désert, des environs du Caire en Abyssinie. Son habitat s'étend, au sud, jusqu'au ik' degré environ de latitude septentrionale. Il est connu principalement dans l'Atlas , sur le versant sud des Monts Aurès. Les Arabes le connaissent sous le nom à'Aroui. On sait que ce mouflon a été regardé par F. Cuvier d'abord, puis, ces temps derniers, par quelques naturalistes suisses et allemands, comme l'ancêtre des diverses variétés de moutons africains réunies par Fitzinger sous le nom de Oiis longipes. L'étude du squelette de Ammolragus tragelaphus (ou Ammolragus lervia, Pallas) montre que ce ruminant, bien plus voisin des chèvres que des moutons, difl"ère néanmoins des espèces de ces deux groupes par d'importantes particularités crâniennes et ne peut pas plus donner naissance à des moutons qu'à des chèvres.

Fi

Le mouflon à manchelles est, en effet, pourvu de chevilles frontales simplement recourbées, très grosses, celluleuses, à section presque (juadrangulaire, tandis que celles d'Ovis loiigipes sont pleines, tordues en spirale, avec une section plan-convexe. Dans le mouflon à manchettes, les cornes sont en contact l'une avec l'autre à leur base, ainsi que chez la plupart des chèvres, alors qu'elles sont nettement séparées chez les moutons à longues jambes. Le sinus frontal du mouflon africain est très grand, surélevé au-dessus de la voûte crânienne ; l'os pariétal est assez réduit par suite du développement de l'occipital et de l'os frontal ; les sutures pariéto-frontale et occipitopariétale sont à peu près parallèles. Chez Ovis lotigipes, le sinus frontal est faible, le pariétal est grand; les sutures pariéto-frontale et occipito-pariétale ne sont pas parallèles, elles se rencontrent comme chez tous les moutons, à quelques centimètres des faces latérales du crâne.

Par ses os du nez droits et l'absence des fossettes lacrymales le mouflon à manchettes se rapproche plus des chèvres que des moutons. Mais il s'écarte à la fois des Ovins et des Caprins par les chevilles osseuses de ses cornes qui sont percées de grandes cellules comme celles des bœufs; il rappelle encore ces derniers par la forte inflexion du crâne presque à angle droit sur la face. Cette disposition, selon quelques anatomistes, fait passage au type bovin.

Comparé aux squelettes de deux mouflons à manchettes modernes du Muséum de Lyon , qui ont vécu longtemps au Jardin zoologique de cette ville, le squelette de mouflon du Musée du Caire ne présente pas de différences anatomiques notables. On remarque seulement des écarts de proportions assez sensibles entre divers os des membres de ces animaux, notamment entre les métacarpiens et les métatarsiens qui sont, chez le mouflon ancien, bien plus allongés relativement que chez les individus de notre époque. Le tableau qui suit donne les dimensions principales de ces trois spécimens.

Ail>IOTBAGUS TKAGELAPBVS.

Longueur totale du crâne, du sommet du frontal , à l'extrémité antérieure des prémaxillaires

Diamètre bi-orbilaire du crâne

de l'omoplate

de l'humérus

du radius

Longueur { du métacarpien

du fémur

du tibia

du métatarsien

Comme on le voit les métacarpiens et métatarsiens du mouflon momifié sont plus longs

Calai, du Musée, n° 39501. &

HOHIFIE.

hodbr:tb9.

Mâle.

Màle.

Femelle.

millimètres.

millimètres.

millimètres.

que ceux du nioudon mâle actuel, bien que les omoplate, humérus, radius, fémur et tibia soient, chez ces deux individus, sensiblement égaux. Dans le mouflon actuel le plus petit diamètre transversal de la diaphyse du métacarpien (o m. 022 mill.) et du métatarsien (0 m. 09 0 mill.) est, au contraire, plus élevé que dans le mouflon momifié chez lequel les canons, plus allongés cependant, mesurent 0 m. 020 mill de diamètre aax membres antérieurs et 0 m. 016 mill. seulement aux membres postérieurs. Les rayons des extrémités ont donc chez ce dernier une forme beaucoup plus grêle. On doit souhaiter que d'autres observations soient faites sur des individus tués à l'état sauvage, afin de savoir si la réduction des extrémités des membres est due à la vie en captivité, ou s'il s'agit plutôt de modifications de l'espèce produite par son adaptation à de nouvelles conditions d'existence. Les différences signalées sont trop élevées, semble-t-il, pour qu'on puisse les considérer comme de simples variations individuelles.

Lorsque nous comparons les proportions des membres du mouflon à manchettes à celles indiquées par MM. Gornevin et Lesbre (^Caractères osléologiques différenlieh de la chèvre et du mouton, p. 6 1 , Lyon , 1891) pour les membres de la chèvre et du mouton, nous trouvons encore que Ammotragm tragelaphus est bien plus éloigné des moutons que des chèvres. Pour citer seulement un exemple, disons que le rapport de longueur entre l'humérus et le radius est de 98 chez le mouflon momifié, de 96 et g 8 chez les mouflons actuels. Ce rapport varie, suivant MM. Gornevin et Lesbre, de 86 à 90 chez le mouton; de 90 à 100 chez la chèvre.

Le rapport du métatarsien au fémur varie de 68 à 77 chez les moutons, de 60 à 66 chez les chèvres. Il est de 65 dans le mouflon ancien, de 60 et 62 dans les mouflons à manchettes modernes.

D'après cette rapide élude comparative du crâne et des membres, on voit que Ammotragus Iragelaphus , est, en effet, beaucoup plus voisin des chèvres que des moutons. G'est donc à tort (ju'd a été désigné par plusieurs zoologistes comme la souche de certains moutons tels que Oois longipes. Le mouflon à manchettes n'est pas un mouton ; il n'a pas pu, par le croisement, donner naissance à un mouton.

La comparaison de la. tête de ce mouflon avec des restes crâniens d'un mouton ancien, 0ms longipes palœoœgijpt'iacus, trouvés dans les dépôts néolithiques de Toukh, près Négadeh, a été faite dans le Recueil de travaux relatifs à l'archéologie et à la philologie égyptiennes et assyriennes, de M. Maspero (DûnsT und Gaillard, Studien ûher die Gescluchte des œgyptischen Hausschafes , 1902, Paris). Gette étude a conduit aux mêmes conclusions: R Les recherchesostéologiques, morphologiques et physiologiques prouvent que la descendance lï Ovis pnlœoœgyplincus du Ammotragus Iragelaphus est impossible. Ce dernier ne peut pas avoir fourni des races de moutons domestiques".

En réalité le mouflon à manchettes paraît plutôt voisin de ruminants tels que Capra cylindricornis , Blyth, et Pseudois nahoor, Hodgson.

Conservation : Très bonne. Le squelette est complet, seules les chevilles osseuses des cornes, sont un peu émoussées vers la pointe.

BiBL. : La Faune momifiée, p. io3, fig. 56.

29523. Crâne de bœuf. — Longueur, du sommet du front à rexlrémité anté-

rieure des prémaxillaires, o m. 68 cent., diamètre maximum cm. 21c.

— Sakkarah.

Description : Ce spécimen se rapporte à Bos Africamis. Toutes les particularités crâniennes de la race se retrouvent sur cette tête osseuse à front aplati , chignon horizontal et face longue. Les axes osseux des cornes, brisés près de leur base, ont la forme et la direction habituelles.

Conservation : Passable. Les os du nez et les prémaxiilaires manquent en partie. La mâchoire inférieure est complète.

29524. Crâne de bœuf. — Longueur, du sommet du front à l'extrémité anté-

rieure des prémaxillaires, cm. 5o c. , diamètre maximum cm. 28 c.

— Abousir (pi. XII).

Description : Cette tête osseuse provient d'une superbe momie de bœuf, amenée au jour pendant les fouilles pratiquées à Abousir, en juillet igoa, par M. Maspero. Cette momie, longue de 2 m. 5o cent, et large de 1 mètre environ, avait la forme d'un énorme bœuf accroupi, ayant les jambes repliées, et portant, dressée, la tête entourée de linges moulés sur les os du crâne et de la face. Les bandes de toile étaient solidement collées les unes aux autres par une substance gommeuse et saline.

On espérait avoir affaire ici à une momie renfermant un seul animal. Mais grand a été

ie désappointement lorsque la pièce fut démolie. On constata, en effet, comme pour

d'autres spécimens semblables, qu'elle était formée par les ossements mêlés et

incomplets de cinq individus différents, dont un très vieux, tandis qu'un autre était

un veau de deux ans à peine.

La tête, dont les lèvres et les naseaux étaient bien indiqués, avait été modelée par de l'étoupe et dee linges collés ensemble par une malière gommeuse (pi. XII, fig. 9). Les orbites étaient formées par des couronnes de chiffons solidement entourées d'une ficelle et recouvertes d'une ellipse de toile collée. Les cornes étaient aussi entourées de nombreuses bandes de linges. Sous les bandelettes et les étoupes on trouva la tête osseuse d'un bœuf dont la mâchoire inférieure avait été solidement rattachée au crâne par des cordelettes de feuilles de palmier (pi. XII, fig. 1). C'est ce crâne qui est conservé au Musée du Caire sous le n° 2 g 5 2 4.

L'examen de la tête montre clairement qu'elle appartient, comme celles de Sakkarah, à la race du Bos Africanus typique. Ses dimensions sont les suivantes :

Longueur du crâne, du chignon à la ligne transverse sus-orbitaire o m. 20 cent.

Longueur de la face, de fa ligne sus-orbitaire à l'extrémité antérieure des

prémaxillaires o 3o

On doit remarquer, à propos de ces mesures, que, chez les vieax individus, des végétations osseuses se formant sur le pourtour des orbites, augmentent de beaucoup la

largeur de la tête par rapport à sa longueur. Chez les jeunes sujets, les dimensions transverses sont relativement toujours plus faibles. Il faut donc, lorsqu'on veut utiliser la méthode des mensurations pour distinguer entre elles les espèces animales, s'appliquer à noter exclusivement les dimensions des régions qui ne subissent plus aucune modification après l'âge adulte.

C'est pourquoi nous n'avons pas relevé le diamètre bi-orbitaire maximum de la tête, qui varie chez les bœufs jusqu'à la plus extrême vieillesse, et dont la comparaison avec la longueur du crâne ou de la face, ne pourrait donner que des indications fautives.

Conservation : Bonne. La mâchoire inférieure et le crâne sont presque complets. 11 manque seulement les étuis des cornes et les incisives.

BiBL. : La Faune momifiée, p. Sg, fig. 3G à 38.

29525. Crâne de bœuf. — Longueur, du sommet du front à i'extrémité antérieure des prémaxillaires o m. Sy c, diamètre maximum o m. ay c. — Sakkarah (pi. XIII).

Description : Ce crâne très volumineux a été étudié avec grand soin par notre savant collègue M. le docteur Dûrst , (jul en fait la description suivante : k Le crâne n'offre que très peu de différences avec celui de Bos hrachyceros. 11 possède comme celui-ci un frontal onduleux, la pointe triangulaire de l'os pariétal s'intercalant entre les deux frontaax, la suture sagittale formant souvent une crête. L'occipital seul diffère de celui de lios hrachyceros , il se rapproche un peu de celui du Bos primigenius à cause de rinduence du poids des cornes sur la forme des os du crâne. La bosse du chignon n'est presque jamais développée, la ligne qui joint la base des cornes est toujours droite ou peu courbée. Mais la base occipitale, c'est-à-dire la partie supérieure de l'occiput, s'élève fortement au-dessus de la sqtiama. C'est une différence importante avec le Bos primigenius comme l'indiquait déjà Rûtineyer. Les cornes de cette espèce sont absolument différentes, dans leur forme, de celles du Bos primigenius, au lieu d'être dirigées en avant, elles sont au contraire dirigées en haut et ont la forme d'une lyre ou d'un demi-cercle. « ( L'Anthropologie , p. 671, fig. 1 5 , Paris , 1 g 0 0 . )

La photographie de ce crâne, de profil et de face, est reproduite planche Xlll. Comme on le voit, le cliignon forme une crête parfaitement horizontale entre la base des cornes. Le front est plat ou très légèrement onduleux. Les orbites, fortement saillantes, sont bordées de végétations osseuses qui dissimulent presque entièrement les éehancrures orljitaires. La base des cornes est entourée aussi d'un épais anneau de végétations osseuses. Les os du nez complètement soudés entre eux, indiquent, avec la grande largeur de la face, que nous sommes en présence du crâne d'un individu mâle très vieux, de plus de vingt ans peut-être, en tous cas d'un âge que seuls pouvaient atteindre les animaax entourés de grands soins, comme l'étaient les bœufs sacrés.

Voici ses dimensions principales :

Longueur du crâne, du chignon à la ligne transverse sus-orbitaire o m. 24 cent.

Longueur de la face, de la ligne sus-orbitaire à l'extrémité antérieure des prémaxillaires o 33

Chez le bœuf domestique on ne rencontre que très rarement les os du nez soudés l'un à l'autre. Un cas de cette soudure a été trouvé pourtant, dans le Musée de l'Ecole vétérinaire de Lyon , sur un crâne de taureau de sept ans de la race Durham. Mais ce spécimen ne présente aucune trace des végétations osseuses signalées, sur le crme momifié, autour des orbites et des cornes.

Conservation : Passable. 11 n'y a pas de maxillaire inférieur. Les étuis des cornes font défaut ainsi que toute la dentition.

BiBL. : DÛRST, Die Rinder von Babylonien, Assyrien und ^Egypten , pL III et IV, fig. a, Berlin, 1899; LoRTET et Gaillard, La Faune momifiée, p. 5a, fig. 3i et 82, Lyon, igoS.

29526. Crâne de bœuf. — Longueur, du sommet du front à rextrémitë anté-

rieure des prémaxiHaires 0 m. Zia cent., diamètre maximum 0 m. 22 c. — Sakkarah.

Description : L'encornure très bien conservée, offre un excellent type de la variété africaine appelée par Hartmann «bœuf à cornes en forme de demi-lune n. Tous les caractères crâniens correspondent à ceux de Bos Africanus, notamment le frontal long et aplati , la crête horizontale du chignon ainsi que la face étroite. D'après l'état de la dentition, ce crâne se rapporte à un individu adulte, mais peu âgé, on ne voit pas de trace des végétations osseuses signalées vers la base des cornes, à propos du spécimen n° 2952 5.

Conservation : Passable. La mâchoire inférieure manque. Les naseaax et prémaxillaires sont en partie brisés, mais les cornes sont intactes.

29527. Chien égyptien. — Squelette. — Longueur du corps 0 m: /i5 cent.,

haut. 0 m. 45 cent. — Assiout, Haute-Egypte.

Description : Il est semblable aux spécimens de la même variété catalogués sous les n"' 9()5o3 et 2960/1. Les dimensions des membres, indiquées avec celles du squelette n° 29603, ont entre elles à peu près les mêmes rapports que chez ce dernier.

Comme pour les deux individus déjà décrits, les longueurs relatives des divers rayons osseux se rapprochent de celles qu'on trouve chez les chiens parias, mais on sait que les animaux de la forme qui nous occupe se distinguent toujours de ceax-ci par leur crâne dont le front est plus large et plus bombé. L'angle orbitaire du n" 29027 mesure 53 degrés. La longueur de la face (0 m. 091 mill.) égale environ celle du crâne (0 m. 092 mill.).

La momie de ce chien était imprégnée de natron et enveloppée d'une étoffe grossière en partie déchirée.

Conservation : Passable. Le péroné gauche est cassé, la moitié supérieure fait défaut.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 10.

29528. Gazelle. — Squelette. — Longueur du corps o m. 52 cent., hauteur au

garrot o m. 63 cent. — Kôm-Méreh (pi. XIV).

Descbiption : La structure du crâne et l'ensemble du squelette indicpient un individu adulte de Tespèce Gazella âorcas. Les dimensions des membres sont un peu inférieures à celles des spécimens examinés précédemment. Par contre, le crâne présente des proportions inverses : il est un peu plus grand que chez ces derniers. Il s'agit là, très probablement, de différences sexuelles. Les exemplaires déjà décrits sont, en effet, des femelles alors que le squelette n° a 962 8 est d'un sujet mâle. Chez celui-ci la longueur du crâne atteint 0 m. 180 mill., de la crête sus-occipitale à l'extrémité antérieure des prémaxillaires, le diamètre maximum est de 0 m. o83 mill.

Voici les longueurs des rayons principaax des membres :

&ilELLÀ DOKCiS

(moDiiûée).

Mâle, millimètrei.

de i'omoplate 108

de l'humérus 1 07

du radius 1 33

Longueur / du 3* mëtacarpien 1 Go

du fémur 1 5 1

du libia 1 9 1

du métatarsien 166

Technique: Comme toutes les momies de gazelles provenant de Kôm-Méreh, celle-ci était entourée de deux enveloppes d'étoffe grossière, entre lesquelles des tiges de papyrus et des feuilles de dattier se trouvaient disposées sur tout le pourtour, dans le sens de la longueur du corps.

Conservation : Bonne. Quatre apophyses épineuses de vertèbres dorsales sont brisées.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 82.

29529. Crâne de bélier. — Longueur totale des cornes, d'une pointe à l'autre,

en ligne droite 0 m. ho c, diamètre maximum du crâne cm. 12 c. — Sakkarah (pi. XI).

Description : Ce spécimen est incomplet, il comprend seulement la partie postérieure et faciale d'une tête de bélier adulte, la mâchoire inférieure manque en totalité. Le chanfrein est encore recouvert d'un fragment de peau, de même que l'extrémité des prémaxillaires. L'étui de la corne gauche fait entièrement défaut; du côté droit une partie de la corne a été conservée, elle porte, sur la face antérieure, à environ 0 m. 1 2 cent, de la base, un Wasm \ / imprimé au fer chaud. Cette pratique est connue chez les Bédouins actuels, il est intéressant d'en trouver des traces sur un

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animal appartenant au moins aux dernières périodes des temps pharaoniques. La structure des os <lu crâne ainsi (jue la forme des cornes, se rapportent exactement à la race Ovis plalyura (|ui a fourni le mouton à cornes (ÏAmoii des anciens. On sait que parmi les figurations animales de l'ancienne Egypte , deux races bien différentes de moutons sont représentées. Dans l'une, les cornes dirigées perpendiculairement à l'axe du corps, sont tordues suivant une spire très rapprochée de la ligne droite; chez l'autre elles décrivent une courbe à grand rayon , leurs pointes étant tournées en avant. La première est figurée sur les plus anciens monuments égyptiens, entre autres sur une plaque de schiste du Musée du Caire, de l'époque de Négadeb, et sur le papyrus de Neb-Qed du Musée du Louvre. A celle-ci, Ovis longipes palœoœgijptmcus , Dûrst et Gaillard, appartenait le «bélier de Mendèsn, le bélier primitivement honoré à Mendès. Ovispalœoœgjjptiacus est connu seulement d'après les représentations anciennes (fig. 8. — El-Bersheh. Tombeau n° 2 , d'après Newberry, pi. XXV) et quelques fragments de crâne trouvés dans, les dépôts néolitIii([ues de Toukh par M. de Morgan.

La seconde race est communément figurée sur les monuments égyptiens des périodes thébaine et saïte. Dans une scène reproduite par Wilkinson [The Ancient Egypliam, vol. III, pi. LXIV, p. Syi, 1878), on voit Séti I", la tête ornée des cornes de cette race. Les divinités, soit à corps de bélier, soit à corps humain et à tète de bélier, sont nombreuses sur les monuments anciens; elles sont représentées tantôt avec les cornes horizontales et transversales du «bélier de Mendès», tantôt avec les cornes à grand rayon du «bélier d'Amonn. Quehpefois la divinité porte, réunies, les cornes de ces deux moutons, comme le montrent les bas-reliefs du {;rand temple d'Edfou où le dieu Har-Hat est représenté avec quatre cornes, au centre du discjue solaire. Quel([ues momies de béliers à cornes d'Amon, Ovis platyura jEgypiiaca, Fitz., sont conservées dans les collections égyptologiques des musées de Londres et de Berlin.

A cette race se rapportent plusieurs axes osseux provenant des puits à momies d'Abousir, de même que le crâne conservé au Musée du Caire sous le n° 2 9 5 2 9 . La morphologie générale de cette variété est la suivante : taille du mouton ordinaire, chanfrein convexe, oreilles pendantes de longueur moyenne. Cornes épaisses à la base, dirigées en arrière, puis recourbées en dessous et en avant, queue longue et très large dans sa partie supérieure (fig. 9).

Les béliers ont presque toujours des cornes, mais les brebis en sont ordinairement dépourvues.

Fi;

Dans cette race, la queue est couverte de poils touffus à la face postérieure. Elle s'élargit vers le bas, après un faible étranglement qui fait paraître encore plus volumineuse la masse de graisse de l'extrémité. La face antérieure de la queue est nue.

Les poils de la tête, des oreilles et des extrémités des membres sont courts. Sur les autres parties du corps le poil est assez long et touffu. Sa couleur est blanchâtre, jaunâtre ou roussâtre, ou bien rouge brun et noir. Souvent aussi, la tête de ces animaux est tachée de brun ou de noir.

Ce mouton habite l'Egypte depuis une époque reculée. H y a été amené probablement vers la XII' dynastie, depuis laquelle on le voit figurer sur les monuments égyptiens.

Comme nous l'avons déjà dit, la tête de «bélier d'Amonn du Musée du Caire est incomplète, la mâchoire inférieure manque en totalité, mais le crâne proprement dit et les cornes sont en bon état.

Les cornes ont vers la base, une forte épaisseur qui diminue rapidement jusqu'à la pointe; la longueur de chacune est de o m. 35 cent, environ, suivant la ligne externe de la courbe; leur circonférence basale mesure o m. 20 cent. Les chevilles osseuses de ces cornes ont une section plan-convexe de même que celles de la plupart des moutons domestiques; elles ne présentent pas du tout la carène qui se trouve au contraire très développée chez Ovis palœoœgyptiacus comme chez Ovis strepstceros et diverses antilopes à cornes spiralées. Quant à la structure de la capsule céphalique, elle n'offre rien de particulier; l'os pariétal a l'aspect tout à fait typique des Ovins, il est circonscrit par la suture occipito-pariétale directement transverse et par la suture pariéto-frontale qui forme un angle médian à sommet antérieur.

Technique : Les moutons ont été momifiés suivant le même procédé que les bœufs, si nous en jugeons d'après deux momies de bélier de Sakkarah examinées au Muséum de Lyon. Ces spécimens se composaient, en effet, du crâne seulement et d'un certain nombre de pièces du squelette, complètement débarrassées des parties molles. Le tout était entouré de nombreuses bandes de toile et de tiges de papyrus entrelacées.

Conservation : Passable. La mâchoire inférieure fait défaut ainsi que les extrémités des chevilles osseuses.

29530. Milan égyptien. — Squelette. — Hauteur totale, du sommet du crâne à l'extrémité inférieure des métatarsiens cm. 97 cent., longueur, de la fourchette à l'extrémité de la queue 0 m. 1 7 cent. — Kôm-Ombo (pi. XV).

Description : Milvits jEgyplius, Gmélin, est des plus communs parmi les oiseaux de l'ancienne Égjpte. 11 a été trouvé momifié à Ghizeh, Rôdah et Kôm-Ombo. Les Egyptiens actuels le nomment Haddàyeh suivant Savigny, Hedaich (^sic) d'après Shelley.

Le milan égj'ptien se reconnaît à ses tarses emplumés en fivant sur le tiers de leur longueur environ. La partie nue du tarse est plus courte que le doigt médian sans ongle. Le tarse, écailleux devant, est réticulé en arrière. Les doigts sont courts, l'interne l'est un peu plus que le doigt externe. La cire, le bec et les tarses sont jaunes.

Longueur du tarse: o m. o56 mill. à o m. o56 mil!., longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o35 mill. à o m. o38 mill.

Milviis Â^jryptnts se rencontre de nos jours, dans tous les villages de l'Egypte et de la Nubie où on l'aperçoit perclié sur le sommet des maisons et sur les arbres. Au Caire même, nous en avons remarqué un assez grand nombre tournoyant au-dessus de la Citadelle ou perchés sur les palmiers du Vieux-Caire. Ce rapace fait son nid en mars, habituellement sur un arbre, à peu de distance des habitations.

En Egypte, le milan se nourrit des corps morts et des débris organiques abandonnés sur le sol; il a la même utilité que le milan noir dans l'Europe méridionale.

Son squelette rappelle celui de la bondrée, Pernis apivorus. Ces espèces se rapprochent l'une de l'autre par divers caractères qui les séparent toutes les deux de la plupart des autres oiseaux de proie diurnes. Leur tête osseuse est allongée, comprimée latéralement en arrière. L'aile est très grande comparativement à la patte. Le tarse est large et court chez le milan comme chez la bondrée, mais sa forme est bien différente, elle permet de distinguer les deux oiseaux à première vue : dans la bondrée apivore la crête interne du talon est longue et oblique, elle s'avance en dehors pour se réunir presque à la crête externe et former en arrière, comme chez le balbuzard, la gouttière où coulisse le tendon extenseur du métatarsien. Chez les milans, la gouttière tendineuse est toujours ouverte, par suite du développement dans des plans parallèles, des deux crêtes supérieures du talon.

Milvus Mgyptius se distingue de Milvus regalis par de légères différences dans les longueurs des rayons osseux de ses membres, notamment par le très faible développement de ses doigts. Le doigt interne des milans offre une particularité que nous n'avons remarquée chez aucun autre rapace, sauf le pygargue. La phalange basale, très réduite, a été trouvée soudée à la seconde phalange chez tous les individus examinés.

Technique : Les oiseaux momifiés de l'ancienne Egypte appartiennent à deux catégories bien distinctes : celle des Ibis et celle des Rapaces.

Les Rapaces, quelle que soit leur forme zoologique, ont été indistinctement momifiés tantôt un par un, tantôt par masses de vingt à trente et même quarante individus de toute espèce. Les milans, éperviers, aigles ou faucons embaumés séparément, ont été plongés dans le bitume liquide, puis enveloppés de bandes de toile disposées de différentes manières (pi. XLIII et XLIV); le corps est quelquefois entouré, en outre, d'une étroite bandelette vers le haut des ailes, les yeux sont figurés à l'extérieur par deux petits disques d'étoffe de ton clair. Lorsque l'oiseau est débarrassé de ses linges, il apparaît les ailes serrées contre le corps, les pattes allongées (pi. XXX, fig. 3). D'autres fois, les tarses étant repliés sur les jambes, les doigts se trouvent ramenés au niveau du sternum entre le corps et les ailes.

Les oiseaux de proie momifiés en séries, sont réunis par masses agglomérées ayant la forme de grands fuseaux plus étroits aux deux bouts qu'au milieu, longs de i m. 5o c. environ et larges au plus de o m. ^o cent. Les oiseaux qu'ils contiennent n'ont pas tous été momifiés à l'état frais, quelques-uns portent des traces de décomposition avancée. Sans doute ces grandes quantités d'oiseaux de proie ne pouvaient être

Catal. du Musée, n° 3g5oi. 5

rassemblées en une seule journée , ni par une seule personne. Ils étaient probablement apportés un à un, à plusieurs jours d'intervalle, par les liabitants du même village. Lorsque chacun avait participé à celte sorte d'offrande collective, on plaçait au milieu des rapaces un autre oiseau : ptérodès, coucou, rollier ou quel([ues hirondelles. Parfois même on ajoutait soit une musaraigne, soit un rongeur de petite taille, avec une ou plusieurs dents de crocodile. Le tout était alors arrosé de bitume puis enveloppé et serré fortement dans de larges bandes d'étoffe. Quelques baguettes, empruntées au rachis des feuilles de palmier, étaient disposées dans le sens de la longueur pardessus la première enveloppe, pour augmenter la rigidité de l'ensemble. Enfin, on entourait le tout d'une seconde et dernière série de bandelettes (pi. XXX, n° 29677), puis l'offrande ainsi apprêtée était portée dans le voisinage du temple de la divinité qu'on voulait honorer.

Lorsqu'on enlève les diverses enveloppes des groupes de rapaces, les oiseaux se présentent placés sans ordre apparent, la tête et les pieds alternent seulement de manière à former une masse régulièrement arrondie (pi. XXX, fig. 5). Les oiseaux entiers se trouvent, en général, vers l'extérieur, les spécimens déchirés ou décomposés sont au milieu.

Les oiseaux de proie de Kôm-Ombo proviennent des fosses et puits situés dans la partie sablonneuse qui s'étend à l'est du temple actuel. Ils datent, suivant M. Maspero, de l'époque romaine.

Conservation : Très bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. «ai , pi. II.

29531. Milan égyptien. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 28 cent., long.

0 m. 1 7 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Ce rapace appartient à la même espèce Milvus Mgyptius, que l'individu précédent. Toutes les particularités ostéologiques du genre se retrouvent sur ce squelette. Le bassin, très développé en avant des cavités cotyloïdes, est remarquable par ses trous sacrés largement ouverts. Le fémur présente un grand orifice pneumatique situé à la base de la crête trochantérienne, à quelque distance de l'articulation, comme dans la plupart des oiseaux de proie diurnes si l'on excepte les faucons, chez lesquels il est placé tout à fait à l'extrémité proximale de l'os. Le tarse et les doigts ont la forme et les proportions qui caractérisent le milan égyptien.

Conservation : Très bonne.

29532. Bondrée apivore. — Squelette. — Hauteur totale o m. 99 cent.,

longueur de la fourchette à l'extrémité de la queue 0 m. 19 cent, (pi. XVI).

Description : La bondrée, Pemis apivorus, Linné, est rare parmi les animaux de l'ancienne Egypte. Sur environ cinq cents oiseaux examinés, trois exemplaires

seulement ont été reconnus dont deux trouvés à Kôm-Ombo. La provenance de la momie qui a donné le squelette n" 2g532 est incertaine.

Les bondrées se différencient facilement des divers oiseaux de proie. Elles ont la tète allongée, très comprimée latéralement, les narines ellipti([ues et grandes. Leur bec est long, peu recourbé, avec une arête bien marquée et des bords ondulés faiblement. Les tarses, épais, un peu plus courts que le doigt médian avec l'ongle, sont emplumés sur la moitié de leur longueur, mais en avant seulement; ils sont réticulés sur les autres parties.

Longueur du tarse : o m. o53 miil. , longueurdu doigt médian sans ongle : o m. o/i/i mil!.

Par l'ensemble de ses caractères ostéologiques, principalement par ses tarses courts et sa tête étroite, la bondrée apivore est voisine des milans. Mais chez ceux-ci l'aspect extérieur du métatarsien et la longueur relative des doigts sont bien différents. Le tarse des milans est écailleux en avant, alors qu'il est entièrement réticulé chez les bondrées; en outre, les doigts de Pcrnis apivorus sont proportionnellement bien plus allongés que ceux des milans.

On ne connaît actuellement que trois espèces du genre Pernis : Pernis ptiloiwrhynchus, Temminck, de i'Inde et de la Malaisie, Pernis Celeberms, Walden, et Pernis apivorus, Linné, qui se rencontre dans toute l'Europe, sauf l'extrême Nord, ainsi qu'en Afrique et à Madagascar pendant l'hiver. Ces formes ont toutes la même taille, elles ne se distinguent que par leur plumage. On trouve même en Syrie des spécimens intermédiaires entre la forme européenne et la bondrée huppée de Java, Pernis plilonorhijnchus (Shabpe, Cat. of ihe Accipit. of llie Drilish Muséum, 187/1, p. Sig). Les trois bondrées ne sont peut-être que des variétés locales d'une même espèce.

Quoi qu'il en soit, les bondrées de l'ancienne Egypte appartiennent bien à la variété ou à l'espèce européenne, Pernis apivorus, car il n'a pas été possible de trouver chez ces oiseaux, assez bien conservés pourtant, des traces des quelques plumes raides et longues qui constituent la crête de Pernis ptiloiwrhynclius et caractérisent cette bondrée.

Selon Heuglin et Brehm, la bondrée apivore se montrerait de nos jours, dans l'ouest seulement de l'Afrique : on ne la rencontre pas, disent-ils, dans le nord-est de ce continent. D'après Rûppell, Pernis apivorus serait, au contraire, commune en Egypte et en Arabie.

L'étude des oiseaux momifiés établit que la bondrée vivait autrefois en Egypte, mais le petit nombre qu'on en a trouvé ne permet pas de dire qu'elle y était commune.

Conservation : Bonne. L'oiseau était imprégné d'une forte quantité de bitume, aussi le squelette a-t-il gardé une couleur brune très foncée.

BiBL. : La Faune momifiée , p. lay.

29533. Élane bleu. — Squelette. — Haut, o m. 18 cent., long. 0 m. 1 2 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Elanus cœrulcus, Desfontaines, est connu des Egyptiens actuels sous le

nom de Koiihyeh. Quatre individus de cette espèce ont été trouvés momifiés : un h Rôdah, trois à Kôm-Ombo.

Nous avons indiqué précédemment, à propos du milan égyptien, l'origine précise et l'ancienneté des oiseaux de Kôm-Ombo; ceux qui proviennent de Rôdah, Haute- Egypte, ont été rencontrés près des ruines de Klimounou, l'Hermopolis des Grecs. Selon M. Maspero, ils datent de la XIX° dynastie à l'époque romaine.

Elanus cœruleus, Desfonlaines, a le bec court et très crochu; les narines de moyenne grandeur, sont ovales et horizontales. Ses tarses sont courts, épais, couverts de plumes sur les deux tiers de leur longueur, réticulés sur les autres parties. Le doigt médian, avec l'ongle, est plus grand que le tarse. La queue est fourchue, les ailes, aiguës, sont un peu plus longues que la queue. L'élane a le front et le bec noirs, le dos bleu cendré, la cire et les pattes jaunes. Son plumage est mou comme celui des rapaces nocturnes.

Longueur du tarse : o m. o 3 3 mill. , longueur du doigt médian sans ongle : o m. o 2 6 mill.

Brehm a remarqué que ce rapace ressemble par ses mœurs, d'un côté au milan et à la buse , de l'autre au hibou : k C'est le matin et le soir qu'il chasse , on le voit chassant encore au crépuscule alors que les autres rapaces diurnes se sont déjà livrés au repos. En Egypte on le voit souvent posé sur les poutres des puits d'irrigation de là le nom de Faucon des puits qu'on lui donne parfois dans ce pays, a

La tête osseuse <ï Elanus cœruleus est triangulaire, très élargie dans la région postorbitaire. Par ce caractère le crâne de l'élane se différencie à première vue de celui des milans dont la région occipitale est, au contraire, fortement comprimée sur les côtés.

De plus, les ailes sont moins développées que dans le genre Milvus. La fourchette est plus resserrée. Le sternum porte six articulations costales seulement au lieu de sept. Le bord supérieur du bréchet est oblique de telle façon que son sommet se trouve comme chez les hiboux, à une bien plus grande dislance de la fourchette que chez les oiseaux de proie diurnes.

Le bassin, le fémur et le tibia rappellent un peu ce qu'on voit chez les milans, mais le tarse est plus large et court cpie chez ces derniers, les doigts sont différents : la phalange basilaire du doigt interne n'est pas soudée à la seconde phalange, comme chez Milvus Mgyplius et Milvus regalis.

En résumé, le grand développement du doigt interne, la faible longueur des os de l'aile et l'obliquité du bord supérieur du bréchet rapprochent nettement Elanus cœruleus des rapaces nocturnes, surtout des hulottes. D'autre part l'élane rappelle les milans par l'aspect extérieur de ses tarses et sa queue fourchue.

Elanus cœruleus habite actuellement l'Afrique entière, la péninsule Indienne et Ceylan. On le rencontre aussi en Syrie et dans le sud-est de l'Europe. Suivant Shelley {^the BirJs of Egijpl, p. 198), cet oiseau, peu commun dans la Basse-Egjpte, est très abondant au sud de Thèbes oiî il vit par paires ne s'associant jamais à d'autres rapaces. Il niche vers la fin de février.

Conservation : Passable. Deux côtes droites et une gauche font défaut. BiBL. : La Faune momijîée , p. 129.

29534. Aigle pygargue. — Squelette. — Hauteur totale o m. ^lo cent., long, cm. 28 cent. — Kôin-Omho (pi. XVII).

Descbiption : Ce rapace, que nous avons rattaché à l'espèce Haliœtus albicillus, Linné, bien que ses proportions soient un peu difTérentes, est connu des Egyptiens du Delta sous les noms de Cliomeytali et de Goukr (Savigny, Système des oiseaux de l'Egypte et de la Syrie, Description de l'Egypte, p. a58, t. XXIII, l'aris, 1828). Il est représenté parmi les oiseaux anciens, par un seul spécimen provenant de la Haute-Egjpte, de Kôm-Onibo.

L'aigle pygargue se reconnaît au bec long, haut, très recourbé au bout, presque droit en arrière. Les narines oblicjues s'ouvrent près du bord antérieur de la cire. Ses tarses épais, emplumés sur la moitié de leur longueur en avant, sont couverts d'écaillés hexagonales plus ou moins grandes sur la face postérieure; ils portent six grands écussons transversaux du coté antérieur. Les doigts, comme les ongles, sont longs et forts.

Longueur du tarse: 0 m. 080 mill., longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. ooy mill.

Le crâne du pygargue est remarquable par son allongement antéro-postérieur et sa faible largeur post-orbitaire.

L'aile est bien développée; l'humérus, le cubilus et le radius sont grands et puissants. Le sternum présente des proportions assez particulières : il est très allongé, avec une largeur aussi grande en avant qu'en arrière, alors que dans la plupart des rapaces diurnes le sternum est toujours élargi plus ou moins dans sa partie postérieure.

Ce squelette offre, en outre, un cas assez rare de dissymétrie, la face latérale gauche porte huit articulations costales, tandis que la face droite n'en a que sept; il y a du côté gauche une côte supplémentaire placée en arrière des sept premières homologues de celles de droite.

Les rayons des membres postérieurs, le tarse et le tibia surtout, rappellent beaucoup les formes et les proportions du genre Milvus. Les doigts sont plus forts, mais on remarque, pour le doigt interne les mêmes particularités que nous avons signalées chez les milans : la phalange basilaire est fusionnée en une seule avec la seconde plialange.

L'ensemble du squelette de l'aigle pygargue présente ainsi de grands rapports avec celui des milans. Les nombreux caractères anatomiques communs aux deux genres autorisent à séparer des aigles les Pygargues pour les réunir à la famille des Milvidès.

Haliœtus albicillus habite l'Europe entière, le nord de l'Afrique et la plus grande partie de l'Asie. D'après Shelley, il fréquente surtout la région des lacs dans la Basse- Egypte.

Il semble qu'il y ait, sinon deux espèces européennes de Pygargues, du moins deux variétés. Le pygargue de l'Europe centrale atteint, en effet, des dimensions bien plus considérables que celui des régions méridionales de l'Europe ou du nord de l'Afrique. Le tarse du premier mesure de 0 m. 08 5 mill. à 0 m. 100 mill. de

longueur, d'après M. Fatio (^Fmine des vertébrés de la Suisse : Oiseaux, p. io5, Genève, iSyg). Suivant B. Sliarpe, la longueur de cet os varie de à pouces i chez le mâle, à h pouces G chez la femelle, c'est-à-dire de o m. i o4 mill. à o m. 116 mill.

Le spécimen du Musée du Caire, trouvé momifié à Kôm-Ombo, a une taille beaucoup plus faible. (]omme on l'a indiqué plus haut, ses tarses n'atteignent (jue 0 m. 080 mill. de longueur. Ils ont donc des dimensions notablement inférieures à celles des plus petits individus examinés par M. Fatio. Cette observation donne raison à Savigny et Shelley qui ont regardé le pygargue égyptien comme une variété locale de l'espèce européenne.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i3i.

29535. Buse du désert. — Squelette. — Hauteur totale o m. 28 cent., long, o m. 1 6 cent.

Description : Buieo desertorum, Daudin, se trouve aussi fréquemment momifiée que Milvus Mgy-ptius. Elle est commune surtout parmi les oiseaax qui proviennent de la Haute-Egypte. Dans une collection de cinq cents oiseaux momifiés nous avons compté quarante-six individus de cette espèce dont onze de Kôm-Ombo et vingt-quatre de Hagi-Qandil (Haute-Egypte), les autres sont d'origine incertaine.

Buleo desertorum a le bec comprimé de côté, très crochu, avec des bords inférieurs ondulés; les narines, ovales et obliques, s'ouvrent vers le bord antérieur de la cire. Ses tarses sont empluraés en avant sur le tiers environ de leur longueur; la partie nue est couverte de larges écailles devant et derrière, les côtés latéraux sont réticulés. La buse du désert diffère des formes du même genre par sa petite taille, ses tarses peu épais et surtout par ses doigts très courts. Elle a, en outre, un plumage plus mêlé de roux que celui de Buteo vulgaris.

Longueur du tarse :o m. 069 mill., longueur du doigt médian sans ongle :o m. o33mill.

Le squelette de Biiteo desertorum est dans toutes ses parties moins robuste que celui de la buse vulgaire. Les pattes et les doigts surtout sont bien moins forts relativement.

Le sternum est pourvu d'une apophyse épisternale assez saillante et d'une carène médiane qui se termine un peu en avant du bord postérieur ondulé, les apophyses hyosternales et hyposternales sont anguleuses. En ce qui concerne les pièces de l'aile on les trouve semblables à celles de Buleo vulgaris, mais leurs proportions accusent aussi une plus faible résistance : l'humérus et le cubitus en particulier ont un diamètre plus réduit.

Sur le tarso-métatarsien , l'insertion du tibial antérieur se fait à une plus faible distance de l'articulation tlbio-tarsienne, ce qui indique également une puissance de flexion un peu moindre. En un mot le scpielette de la buse dû désert ressemble à celui de Buleo vulgaris, mais les divers rayons de ses membres sont notablement plus grêles.

Des trois espèces de buses qui se rencontrent en Egypte, Buteo desertorum est la plus petite; elle vit dans toute l'Afrique, la péninsule Indienne et le sud-est de l'Europe.

Les zoologistes ont noté d'assez grandes variations chez cette espèce. La forme typiuuc se trouve dans l'Afri(|iie méridionale. Vers le nord, dans les régions avoisinant la Méditerranée, on remar(|ue souvent des spécimens ayant des particularités intermédiaires à Butco vulgaris et Buteo deserlonim. Celle-ci se montre peu actuellement dans le voisinage des villes, elle habite de préférence les régions stériles et abandonnées. Tristram dit qu'elle est très rare en Palestine. De son côté Shellev ne la cite qu'avec réserve parmi les oiseaux d'Egypte ; il ajoute qu'elle est plus frikjuente en Libye.

Les nombreux exemplaires reconnus parmi les Rapaces de l'ancienne Egypte, prouvent que cette petite forme était beaucoup plus commune autrefois que de nos jours.

Buteo (lesertoritm a. été remplacé en grande partie, dans la faune actuelle de la vallée du Nil, par Buteo ferox , espèce plus forte et plus rapace.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i33, pi. III.

29536. Buse du désert. — Squelette. — Hauteur totale o m. 29 cent., long.

o m. 16 cent. — Kùm-Ombo.

Description : Ce spécimen appartient, comme le précédent, à Buteo dcsertorum. Ses caractères distinctifs sont les mêmes que dans le n" 9C)535. On remanjue toujours le faible développement de la plupart des rayons des membres, notamment de l'humérus, du tarse et des doigts. Le fémur porte, vers son extrémité proximale, deux grands orifices pneumatiques; la ligne intermusculaire antérieure, qui s'étend sur les deux tiers de la longueur du fémur, est beaucoup plus courte chez les autres espèces de buses.

Conservation : Bonne.

29537. Buse à longues jambes. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 36 cent.,

long, o ni. 20 cent.

Description : Cette espèce, Buteo ferox, Gmélin, a également été trouvée momifiée à Hagi-Qandd et Kôm-Ombo, mais en moins grand nombre que Buteo desertoruin.

La buse à longues jambes a le bec fortement crochu, très comprimé sur les côtés. Les tarses sont emplumés sur le tiers de leur longueur, en avant seulement; ils poitent devant et derrière douze à treize larges plaques écaillcuses transversales. Les doigts sont épais, relativement courts. Au pouce et au doigt interne, les ongles sont bien plus développés qu'aux autres doigts.

Les plumes de la tête et du dos sont de couleur jaune clair; celles des parties inférieures du corps sont de couleur crème.

Longueur du tarse: cm. 089 mill., longueur du doigt médian sans ongle: 0 m. olio niiil.

Le s([uelette de Butco ferox est, dans toutes ses parties, beaucoup plus fort que celui de Buteo dcsertorum et de Buteo vulgari.i. Le crâne présente néanmoins à peu près la même structure. A la face inférieure on voit toujours l'extrémité antérieure des

ptérygoïdiens s'articuler à la fois avec le basisphénoïde et le palatin , alors que dans le groupe des faucons les ptérygoïdiens s'articulent en avant avec le palatin seulement, sans s'appuyer contre le basisphénoïde.

Le sternum est un peu élargi en arrière; ses apopliyses hyposternales, plus développées que chez la buse du désert, s'étendent davantage en arrière et déterminent souvent une légère concavité sur le prolongement de la carène médiane. En ce qui concerne le bassin, sa partie postérieure porte une profonde gouttière longitudinale sur la face dorsale.

Les os de l'aile et de la patte sont épais et forts. Le métatarsien est allongé par rapport aux doigts.

De même que pour la petite buse africaine, on note chez Buteo ferox d'assez grandes variations. Il est parfois difficile, d'après B. Sharpe, d'identifier certains individus dont la taille et le plumage sont intermédiaires à ce qu'on voit chez Buteo ferox et Btileo vulgaris.

L'habitat de la buse à longues jambes est de nos jours assez étendu. Elle vit dans le nord de l'Afrique, le sud-est de l'Europe, en Perse, dans l'Inde et jusque dans les monts Himalaya. Cette espèce est des plus commune dans toute l'Egypte. Mais, suivant Shelley, elle l'est beaucoup plus sur le Haut-Nil et en Nubie que dans la Basse-Egypte. On la rencontre rarement dans le Delta et en hiver seulement.

L'étude des animaux anciens de l'Egypte montre, à l'époque ptolémaïque, une répartition différente des deux formes Buteo ferox et Buteo desertorum. La petite était plus répandue autrefois que la grande. Actuellement on trouve une proportion inverse : Buteo ferox est devenue très commune tandis que Buleo desertorum ne se voit plus que dans les régions reculées et désertes des bords du Haut-Nil.

Conservation : Passable. Le métatarsien gauche est brisé.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i35, pi. IV.

29538. Buse à longues jambes. — Squelette. — Hauteur totale o m. 36 cent.,

iong. 0 m. 2 0 cent. (pi. XVIII).

Description : Ce squelette appartient à un individu de grande taille de l'espèce Buteo ferox. Le tarse atteint la longueur de o m. 092 miil. , le doigt médian sans ongle mesure 0 m. o3() mill. seulement. Comme on le voit, le métatarsien est un peu plus allongé, par rapport aux doigts, que dans les diverses formes du même genre. De là, le nom de l'espèce.

Conservation : Très bonne.

29539. Buse vulgaire. — Squelette. — Hauteur totale o m. 82 cent. , long.

o m. 19 cent.

Description : Buteo vulgaris, Linné, se trouve momifié en petit nombre à Ghizeh, Kôm- Ombo et Rôdah. Dans cette espèce le tarse est emplumé sur près de la moitié de la

longueur, du côté antérieur; il porte en avant cl en arrière neuf à dix écussons transversaux. Les doigts sont forts et de longueur moyenne, le médian et l'externe plus grands, par rapport au tarse, que dans Buteo dcsrrlnnim et Buleo ferox. La face supérieure du corps est de couleur brune, les faces inférieure et interne sont variées de roux et de brun.

Longueur du tarse : o m. 080 mill., longueur du doigt médian sans ongle: 0 m. 089 mill.

En ce qui concerne les caractères squelelti(jues de la buse vulgaire, on les trouve identiques à ceux qui ont été indi([ués plus haut pour les deux espèces précédentes.

Buteo vulgaris habite de nos jours, la plus grande partie de l'Europe ainsi que l'Asie Mineure et l'Asie centrale. On la trouve aussi suivant Brehm et Shelley, dans le nord de l'Afrique, mais rarement et seulement en hiver.

A l'époque ptolémaïque ou gréco-romaine, cette espèce n'était pas plus fréquente en Egypte qu'aujourd'hui. Elle s'y montrait sans doute en hiver, au moment des migrations, comme le font encore la plupart des oiseaux de proie de la région paléarctique.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 187, pi. IIL

29540. Buse vulgaire, — Squelette. — Hauteur totale o m. 3o cent., long.

o m. 1 6 cent.

Description : Ce spécimen provient d'un jeune individu. Bien qu'il présente toutes les dimensions de Buleo vulgaris, on ne peut le rapporter qu'avec incertitude à celte espèce. Nous avons vu plus haut, à propos de Buteo ferox et de Buteo desertorum, que les divers représentants de ces formes offrent d'assez grandes variations et qu'il est parfois didicile d'identifier certains individus dont les proportions des membres et la couleur des plumes sont intermédiaires à ce qu'on les trouve typiquement chez l'une des deux espèces et chez Buteo vulgaris. Comme, d'autre part, on ne peut utiliser pour la détermination des oiseaux anciens, les caractères du plumage qui ont presque toujours disparu, il nous semble bon de faire des réserves sur l'identité du squelette n° 296/10. 11 peut s'agir, en effet, d'un individu appartenant à Buteo ferox, mais n'ayant pas encore atteint toute sa croissance.

Conservation : Bonne.

29541. Aigle Jean-le-Blanc. — Squelette. — Hauteur totale o m. 38 cent.,

long, o m. 20 cent. — Kôm-Ombo (pi. XIX).

Description : Circaëtus Gallicus, Gmélin, est des plus rares parmi les oiseaux momifiés. Deux spécimens seulement ont été trouvés à Kôm-Ombo : un jeune en mauvais état et un individu adulte. Le squelette conservé au Musée du Caire est celui de ce dernier.

Caial. du Musée, n° 29601. 6

L'aigle Jean -le- Blanc a la tête large et grosse, le bec crochu, comprimé sur les côtés avec des bords presque droits. Les narines, ovales et ossifiées chez l'adulte, s'ouvrent sur le bord antérieur de la cire. Les tarses, longs et peu épais, sont emplumés en avant sur un quart à peine de leur longueur; la partie nue est entièrement réticulée. Les doigts externe et interne ont environ la même longueur. La couleur de la cire et des tarses est bleuâtre; le bec est brun.

Longueur du tarse : o m. 089 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. 062 mill.

Relativement au squelette , Circaëltis Gallicus se reconnaît à son crâne triangulaire , aux cavités orbitaires très grandes, aax narines complètement ossifiées chez l'adulte. Les ailes sont fortes, l'humérus en particulier est bien plus grand que dans le genre Buteo. Le sternum est très peu élargi en arrière; la carène médiane ne le traverse pas dans toute sa longueur, elle se termine à une distance assez grande du bord postérieur.

Les proportions relatives des os de la jambe sont à peu près les mêmes que chez les buses. Toutefois, chez le Jean-le-Blanc, l'empreinte tibiale est plus rapprochée de l'articulation tibio-tarsienne, le doigt interne et le pouce sont plus faibles.

Comparé à un squelette moderne de même espèce, le squelette de l'individu momifié présente en plusieurs points des formes plus lourdes, moins spécialisées. Le bassin et le sternum, par exemple, sont plus volumineux chez l'individu ancien, alors que l'humérus, au contraire, est plus développé chez l'individu de notre époque. Ces différences et quelques autres moins accentuées , font apparaître le squelette ancien comme représentant un type moins évolué que le type actuel. Il ne s'agit peut-être que de variations individuelles ou sexuelles, mais il est néanmoins intéressant de les noter, en attendant qu'on puisse rechercher leur signification par des observations répétées sur plusieurs individus.

Circaëlus Gallicus est un rapace particulier à la région méridionale de l'Europe et au nord de l'Afrique. Il vit dans tous les pays avoisinant la Méditerranée, ainsi que dans la péninsule Indienne.

D'après Shelley, le Jean-le-Blanc est assez commun de nos jours en Egypte et en Nubie où il fréquente surtout les régions montagneuses.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée , p. i38.

29542. Aigle impérial. — Squelette. — Hauteur totale o m. ^3 cent., long, o m. 27 cent. — Kôm-Ombo (pL XX).

Description : Dea\ spécimens seulement de I'jt aigle de Thèbesn (Savigny, Description de l'Egypte, t. XXIII, p. aig) ont été trouvés momifiés :Yun à Rôdah, l'autre à Kôm- Ombo.

Aquila impcrialis, Bechstein, se reconnaît au bec long, crochu, très comprimé latéralement. Ses narines ovales, presque verticales, avec un repli à leur bord anté-

rieur, s'ouvrent à une faible distance de l'étui corné du bec. Les tarses, entièrement emplumés jusqu'à la base des doigts, sont robustes et un peu plus longs que le doigt médian avec l'ongle. Les doigts sont épais et réticulés plus ou moins finement, sauf vers leur extrémité où ils portent, en arrière de l'ongle, le doigt médian : quatre à cinq larges écussons; les latéraux deux ou trois écussons seulement.

Longueur du tarse: o m. 09/1 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o58 mill.

Comparé au scpielette de l'aigle fauve, celui de l'aigle impérial se différencie par plusieurs caractères assez nets : le bec et la région ma.\illair(; sont proportionnellement plus développés cbez Aquila imperialis, le crâne proprement dit est, en conséquence, plus grand cbez Aquila fulva. Les rayons de l'aile sont très allongés dans les deux espèces, mais on les trouve beaucoup plus grêles dans l'aigle impérial. ■ L'humérus d'Aquila fulva, par exemple, a 0 m. 012 mill. de diamètre pour une longueur de 0 m. 1 1 8 mill. alors que chez le spécimen momifié d'Aquila imperialis cet os, long de 0 m. 129 mill., mesure seulement 0 m. 010 mill. de diamètre.

Du côté des membres postérieurs , la différence est encore plus tranchée. Le fémur, le tibia et le tarse sont bien plus faibles cbez l'aigle impérial. Les doigts surtout, dont la longueur peut servir à mesurer le degré de rapacité des oiseaux de proie, sont notablement plus courts que ceax de l'aigle fauve.

Aquila imperialis habite de nos jours le sud-est de l'Europe, le nord de l'Afrique et une partie de l'Asie. Pendant l'hiver on le rencontre assez fréquemment dans la Basse- Egypte; il est plus rare au sud du Caire.

Conservation : Bonne. Il manque seulement le doigt externe du pied gauche.

BiBL. : La Faune momifiée, p. lio.

29543. Aigle tacheté. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. ho cent., long, o m. 20 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Aquila maculata, Gmélin, est l'espèce d'aigle la plus commune de l'ancienne Egypte. Elle a été trouvée à Zaouiel-el-Aryan, à Rôdah et surtout à kôm-Ombo.

Les Égyptiens actuels nomment O'qâb les aigles en général, mais l'aigle tacheté est pour eux l'Oqàb proprement dit.

La tête d'Aquila maculata est allongée. Son bec, faiblement élevé et recourbé, présente des narines de grandeur moyenne , oblicjues et ovales , à bord antérieur non plissé. Les tarses étroits, hauts et emplumés sur toute leur longueur, s'articulent avec des doigts courts et de faible diamètre. Dans cette espèce on remarque d'assez grandes variations de la taille; elles ont servi de base à M. Faùo {Vertébrés de la Suisse: Oiseaux, vol. 1, p. 87) pour distinguer deux variétés qu'il appelle Aquila nœvia miiior et Aquila nœvia major. L'exemplaire n" 29663 appartient à cette dernière.

Longueur du tarse : o m. 099 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o5o mill.

Chez l'aigle tacheté le crâne se différencie par son diamètre antéro-postérieur élevé et sa faible largeur occipitale.

Dans son ensemble le squelette de cet aigle est peu robuste. Les divers rayons des ailes et des pattes présentent une gracilité remarquable, particulièrement l'humérus, le tibia et le tarse. Quant au bassin , il a environ la même structure et les mêmes proportions que celui de l'aigle impérial, toutefois, sur sa face dorsale, la gouttière médiane est un peu plus profonde et rappelle davantage ce qu'on voit chez les buses.

Aqiiila maculata vit dans la plus grande partie de l'Europe. En été on le rencontre jusque dans les régions boréales; l'hiver il émigré en Afrique. C'est l'aigle le plus abondant de l'Egypte actuelle. Il est bien moins fréquent en Nubie. Pendant ses visites au Fayoum, en février et mars, Shelley a souvent remarque ce rapace dévorant des poissons décomposés sur les bords du lac.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i/n.

29544. Aigle tacheté. — Squelette. — Hauteur totale o m. 89 cent., long. 0 m. 2 1 cent. — Kom-Ombo (pi. XXI).

Description : Cet individu appartient aussi à la variété appelée par M. Fatio : Aquila nœvia major. La longueur de ses tarses est de 0 m. 096 mill., celle du doigt médian sans ongle, de o m. oig mill.

Par le même nom A'Aquila maculata, Gmélin, nous désignons des aigles momifiés se rapportant respectivement aa\ deux formes Aquila nœvia minor et Aquila nmvia major de M. Fatio. 11 n'a pas été possible de distinguer ces deux subdivisions, car, entre les plus petits spécimens et les plus grands, nous avons trouvé toutes les dimensions intermédiaires. Il s'agit uniquement, croyons-nous, de variations individuelles ou sexuelles.

Chez les individus de taille élevée , la longueur des tarses est parfois aussi grande que chez l'aigle oriental (Aquila clanga, Pallas) et chez Aquila unperialis. Mais dans ces deux espèces, la tête, les ailes, les doigts et les ongles, sont toujours beaucoup plus forts. De plus, si les tarses des grands spécimens d' Aquila maculata sont souvent aussi longs que ceux AWquila clanga ou (V Aquila imperialis, si quelquefois même ils le sont plus, ils ont, par contre, toujours un diamètre beaucoup plus faible. Ainsi, pour des tarses de 0 m. 096 mill. de longueur, le diamètre minimum est de 6 mill. 5, dans Aquila maculata, tandis que chez Aquila imperiahs les tarses de 0 m. 090 mill. seulement, mesurent 0 m. 009 mill. d'épaisseur. En outre, le doigt médian de ce dernier est long de o m. o58 mill., alors qu'il n'a que 0 m. 0/19 mill. chez l'individu à tarses plus allongés de l'espèce Aquila mactilata.

Conservation : Très bonne.

29545. Aigle botté. — Squelette. — Hauteur totale o m. 27 cent., long.

o m. 17 cent.

Description : Quatre individus de celte espèce ont été reconnus parmi les cinq cents oiseaux de proie étudiés à Lyon : un seul est de kôm-Ombo, les autres, dont celui actuellement décrit, sont d'origine incertaine.

Aquila pennata, Gméiin, est caractérisé par son bec court, recourbé, ses narines obli([ues et rapprochées du bord antérieur de la cire. Les tarses, emplumés devant et derrière jusqu'à la base des doigts, comme chez tous les aigles, sont courts et trapus. Le doigt médian, avec l'ongle, est environ aussi long que le tarse.

Longueur du tarse : o m. o55 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o38 mill.

La tête osseuse A' Aquila pennntn est moins allongée que celle des aigles de grande taille, beaucoup moins notamment que la lète d'Aquila mncuJaln. Par son diamètre occipital relativement grand, le crâne de l'aigle botté rappelle la forme propre aux faucons, mais dans sa région faciale il offre fous les caractères des aquilinés, c'est-à-dire des maxillaires de faible hauteur avec des lacrymaux courts et larges.

Les os de l'aile ont les mêmes proportions que chez les aulres aigles; seul l'humérus est un peu plus fort, surtout vers l'extrémité pro.ximale. Dans la région hyposternale, le sternum est plus élargi que chez Aquila maculata, mais la carène médiane se termine toujours, comme dans le sternum de ce dernier, un peu en avant du bord postérieur.

Le fémur et le tibia ont la même forme que chez l'aigle tacheté, c'est par le tarse et les doigts que l'aigle botté s'écarte de ses congénères de grande taille. Le tarse, épais et court, rappelle en effet, les proportions qu'on remanjue chez les faucons; sa structure, toutefois, reste semblable à ce ([u'elle est chez les aquilinés. Dans ces deux groupes le métatarsien présente des différences ostéologiques constantes : chez tous les faucons examinés, le tibial antérieur, fléchisseur du métatarsien, s'insère près de la face interne de l'os, immédiatement au-dessous du pertuis interne supérieur; chez les aigles, les buses et quelques aulres rapaces, il s'insère au contraire près delà face externe, à une distance un peu plus grande de l'articulation libiale. Ce caractère différentiel permet de distinguer facilement les métatarsiens des aigles, de ceux des faucons.

Aquila pennata vit dans tous les pays bordant la Méditerranée, dans l'Inde entière et à Ceylan. Il n'est pas rare en Egypte et en Nubie oij Shelley et Brehm l'ont toujours rencontré par groupes ou par paires, jamais seul. En Egypte, on le voit souvent chasser les petits oiseaux et surtout les tourterelles, dans les forêts de palmiers.

Conservation : Très bonne.

29546. Aigle botté. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 3i cent., long.

0 m. 18 cent. (pi. XXH).

Description : Ce spécimen, tout à fait semblable au précédent est, comme celui-ci, un individu adulte de la petite forme Aquila pennata, Gméiin. Les diverses régions du

squelette présentent toutes les particularités de l'espèce. Par les proportions de ses tarses et de ses doigts, l'aigle botté ne peut être confondu avec aucun autre rapace du même groupe, pas plus ([u'avec la buse pattue, Arcltibuleo lagopus, dont le tarse atteint environ les mêmes dimensions que celui A' AquUa pennata , mais qui en diffère par sa face postérieure écailleuse, au lieu d'être emplumée.

Conservation : Très bonne. L'aigle n° 2 g 54 6 n'ayant pas été imprégné de bitume, son squelette est resté très blanc.

29547. Falco Feldeggii, Schleg-el. — Squelette. — Hauteur totale o m. 26c., long. 0 m. i5 cent. — Hagi-Qandil, Haute-Egypte (pi. XXIII).

Description : D'après Tristram, Fako Feldeggii est connu des Arabes de la Palestine sous le nom de sakkr shahine, mais suivant Sharpe et le docteur Arbel, le shahine serait Falco peregriiiator.

Dims la collection étudiée au Muséum de Lyon, Falco Feldeggii était représenté par six individus momifiés provenant : un de Zaouiet-el-Aryan, deux de Kôm-Ombo et trois de Hagi-Qandil. L'espèce se reconnaît à son bec court, à arête arrondie avec une dent latérale aiguë. Ses tarses , emplumés sur une très faible partie de leur longueur et en avant seulement, sont couverts d'écaillés réticulées sur le reste de leur surface. Le doigt externe est notablement plus long (0 m. o3o mill. sans ongle), que le doigt interne (0 m. oaB miil.). Le doigt médian est un peu plus court que le tarse.

Chez l'adulte, le plumage de la tête est roussâtre ou presque blanc; le dos et les couvertures des ailes ont une couleur sombre, gris ardoisé, les plumes sont légèrement bordées de jaune; la face inférieure du corps est de couleur crème marquée de points bruns (Shelley, Birds of Egypt, p. 1 88).

Longueur du tarse : 0 m. 0/19 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. oZi Q mill.

Parmi les faucons des régions paléarctique et méditerranéenne, deux espèces ont seules des particularités se rapprochant de celles indiquées plus haut. Ce sont Falco Babyloniens, Gurney, qui habite le nord-est de l'Africjue, la Mésopotamie, l'Asie centrale, le Turkestan et le Népal, et Falco tanypterus, Schlegel, de la Nubie et du bassin du Niger.

D'après Shelley, qui a pu étudier sur place ces faucons, la longueur du tarse de Falco Babyloniens est très voisine de ce qu'on la trouve chez Falco Feldeggii, mais, chez ce dernier, le doigt médian (0 m. 0/1 q mill.) est bien moins grand que chez Falco Babyloniens (0 m. o5 1 mill.). La brièveté relative du doigt médian permet de distinguer Falco Feldeggii de la plupart des espèces du même genre. Chez les autres faucons, notamment chez Falco percgrinns qui se rencontre dans presque toutes les régions de l'hémisphère arctique, ainsi qu'en Egypte, quoique très rarement, le doigt médian sans ongle est toujours plus long que le tarse. Ce caractère différentiel résulte des observations faites par M. Gurney (^Ibis, p. 290, 1882) sur de nombreux spécimens de Falco peregrinus d'Europe ou d'Asie et par M. Ridgway (^Land Birds of Norlh

LA FAUNI': MOMIFIÉE DE I/ANTIQUE EGYPTE. Ul

America, vol. III, p. 187, lyoo), sur ein([uante-sepl faucons pèlerins d'Amérique. Chez Falco Feldeggii , le (loi{;t médian sans ongle est, au contraire, comme nous l'avons indi([ué, un peu plus court r[ue le tarse.

Par la faible longueur du doigt médian Falco Feldegifii esl voisin des Hierofalco, mais chez ceux-ci, entre autres chez Hierofalco sakcr, Gmélm, les doigts externe et interne ont à peu près la même longueur, alors que chez le premier le doigt interne est bien plus court que le doigt externe.

Quant à Falco tanijptcrus, une étude comparative de M. Gurney, portant sur vingt mâles et vingt femelles attribués les uns à Falco lainjpterus, les autres à Falco Feldegfrii, établit que ces divers rapaces ne peuvent être distingués spécifiquement. Pour M. Gurney, Falco tanypterus n'est qu'une variété intertropicale de l'espèce Falco Feldegfpi qui est sujette à des variations considérables de la taille et de la livrée.

Le grand faucon momifié dont nous avons indiqué plus haut les proportions et les caractères morphologiques, doit donc être rapporté sans le moindre doute à l'espèce Falco Feldeggii de l'Egypte actuelle.

Son squelette est moins robuste que celui de Falco peregriniis ; les ailes et les pattes sur- ■ tout sont plus faibles. Le tarso-mélatarsien est grêle, ses extrémités sont plus comprimées d'avant en arrière; l'empreinte libiale est rapprochée davantage de l'extrémité supérieure. Ainsi, la puissance de flexion du métatarsien est relativement faible chez Falco Feldeggii, à cause des dispositions analomiques suivantes : le métatarsien étant un peu plus long et l'insertion de son fléchisseur, le muscle tibial antérieur, se trouvant à une distance plus courte de l'articulation tibio-tarsienne, l'action de ce muscle est diminuée doublement, en raison directe de la réduction du levier de puissance et, d'autre part, proportionnellement à l'augmentation du levier de résistance.

Les doigts, comparativement au métatarsien, sont également moins grands que ceux de Falco peregrinus, mais ils ont entre eux environ les mêmes proportions relatives que chez tous les rapaces du genre Falco. Falco Feldeggii paraît donc en définitive une forme moins évoluée que Falco peregrinus.

Falco Feldeggii est le plus abondant des grands faucons de l'Egypte actuelle; il habite toute l'année l'Egypte et la Nubie; il niche sur les pyramides et les monuments élevés.

Les vautours, les buses, les éperviers, quelques rapaces nocturnes, et avant tout les faucons, sont les oiseaux de proie le plus fréquemment figurés sur les monuments de l'ancienne Egypte. Le faucon représentait Râ, Horus ou Aroéris le soleil. Avec une tête humaine, il symbolisait aussi l'âme des morts. Le vautour sacré était dédié à Moût, femme d'Amon.

Quelques savants ayant pensé que les Egyptiens adoraient une seule espèce de faucon ou d'épervier, ont recherché, d'après les figurations et les textes anciens quelle pouvait être cette espèce.

Pour Wilkinson {Tlie Ancient Fgyptians, vol. III, p. 261, 1878), le faucon sacré de Râ, adoré à Héliopolis et autres lieux, serait le hobereau, Falco subbuteo, qu'il nomme Falco Aroêns.

Heuglin [Ibis, p. iog, 18G0) donne le nom de Falco Horus au Falco concolor de Temminck.

Hicrofdico saker, qui est connu des Arabes sous le nom de Sahkr-el-lwr (Tristram, The Fauna and Flora of Palestine, p. io5), a été aussi considéré comme le faucon sacré d'Horus. Il est utilisé pour la chasse de la gazelle depuis une haute antiquité. Son nom de saker, et non pas sacer, vient du mot sakkr, par lequel les Arabes désignent les faucons en général.

Pour M. V. Loret (Horus-le-Faueon, Le Caire, in Bulletin de l'Institut français, t. III,. ic)o3), le faucon sacré d'Horus est le faucon pèlerin, Falco peregrinus, que les Arabes de la Palestine nomment suivant Tristram, Ttr-el-lwr. Bien que Falco peregrinus se reconnaisse à sa livrée et, à défaut, aux proportions de ses membres, il n'a pas été rencontré dans la collection d'oiseaux momifiés étudiée à Lyon. Peut-être le Irouvera-t-on dans une autre série? Peut-être aussi cette forme très spécialisée, n'était-t-elle pas encore réalisée, à l'époque pharaonique, telle que nous la voyons aujourd'hui?

D'après M. Loret, qui a recherché dans les textes anciens la description du faucon d'Horus, cet oiseau a «le dos et les ailes verts ou bleus, ce qui est la manière des Egyptiens de rendre le gris ardoisé cendré; la tête, le cou, la poitrine, le ventre, les pattes sont blancs. Le ventre ordinairement moucheté de courtes rayures rougeâtres. Le dessus de la tête est gris et l'œil est entouré de larges taches noires n.

Cette description se rapporte certainement, non à l'épervier mais au faucon. Le faucon commun a bien, en effet, le dos et les couvertures des ailes gris ardoisé, bleuâtre ou verdâtre, les yeux entourés de larges taches noires. On ne peut faire qu'une objection à propos de la tête : au lieu d'être blanche ou grise, comme l'indique la description ancienne, elle est noirâtre chez le jeune Falco peregrinus et tout à fait noire chez l'adulte mâle. Mais, à l'appui de son étude, M. Loret donne une reproduction du faucon d'Horus, d'après une peinture égyptienne du tombeau de Ramsès IX à Bibân-el-Molouk, qui autorise mieux l'identification spécifique. Dans celte figure le dessus de la tête est gris ardoisé ou bleuâtre comme le dos; c'est bien ici l'aspect du faucon pèlerin, à la condition, toutefois, que celte dénomination soit prise avec un sens plus large que ne le permet la classification zoologique actuelle.

Dans la faune méditerranéenne, le groupe des faucons pèlerins comprend notamment: Falco peregrinus , Falco Babyloniens, Falco tanyplents, Falco Feldeggix et Falco peregrinator. Ces espèces de faucons présentent, comme les aigles et les buses, des variations telles que les naturalistes éprouvent parfois le plus grand embarras pour identifier certains de leurs représentants. Aussi plusieurs zoologistes s'appuient-ils précisément sur l'existence d'individus intermédiaires, par exemple, entre Falco peregrinus et Falco Babyloniens ou bien entre Falco Babyloniens et Falco peregnnator, pour croire que ces subdivisions ne sont point autant d'espèces distinctes, mais simplement des variétés locales du faucon pèlerin.

Avec une semblable conception de l'espèce, conforme à celle qui régnait parmi les naturalistes de l'époque de Savigny, au commencement du siècle dernier, on a raison de dire que l'oiseau d'Horus du tombeau de Ramsès IX est le faucon commun ou le faucon pèlerin. Mais cette figure ancienne ne permet pas, croyons-nous, de préciser davantage.

LA FAUNE MOMIFIKE DE L'ANTIQUE EGYPTE. /i9

Il nous semble impossible d'admetire ([ue les Anciens pouvaient choisir, comme l'oiseau d'Horus, exclusivement Falco pcrcfp-iuKs, avec le sens restreint attaché de nos jours à ce nom : la plupart des subdivisions spécifiques du genre Falco, basées sur de légères différences de coloration où les proportions variables des tarses et des doigts devaient leur échapper, comme d'ailleurs elles échappent encore aujourd'hui à d'excellents observateurs et même à des spécialistes.

Ce qui prouve bien que les distinctions morphologiques modernes devaient être inaperçues en partie des Egyptiens, ou mises sur le compte d'insignifiantes variations individuelles, c'est la figure même publiée par M. Loret. Elle présente, en effet, réunis sur le Bçiême individu, plusieurs des caractères qui ont servi aux ornithologistes à distinguer les différentes formes ou variétés pérégrinoïdes du faucon.

Falco Feldeggii et Falco Babyloniens sont différenciés de Falco peregrinus proprement dit, par la coloration de la tête, de la poitrine et de l'abdomen, ainsi que par les proportions relatives du tarse et des doigts. Comparons ces faucons à l'oiseau d'Horus de Bibân-el-Molouk.

Le dessus de la tête est roux ou brun roussâtre chez Falco Feldeggiiey Falco Babyloniens ; il est noir ou gris cendré bleuâtre chez Falco peregi-inus comme chez le faucon de Horus.

Les rayures ou taches brunes de la poitrine sont, disent les zoologistes, allongées verticalement chez /fl/co Feldeggiiçi Falco Babyloniens , tandis qu'elles sont allongées horizontalement chez Falco peregrinus. Dans le faucon de Horus reproduit par M. Loret, ces rayures sont verticales.

Falco peregrtnus a toujours le doigt médian plus long que le tarse; c'est l'inverse chez Falco Feldeggii, F. Babyloniens et surtout dans l'oiseau de Horus du tombeau de Ramsès IX.

Enfin dans Falco Babyloniens ei Feldeggii on trouve toujours, entre les taches noires qui entourent l'œil et la couleur brune ou rousse du dessus de la tête, une longue tache blanc roussâtre en forme de croissant ouvert du côté du bec. Cette tache, parfaitement dessinée dans le faucon de Horus, ne se voit jamais chez Falco peregrinus.

Le faucon d'Horus de Bibân-el-Molouk présente donc sur la poitrine et autour des yeux, les particularités de Falco Babyloniens ou de F. Feldeggii, sur la tête celles de Faleo peregririus, communes également au hobereau et à Falco peregrinalor.

Cette constatation autorise à penser que, peut-être, l'oiseau de Horus a été représenté d'après le souvenir des diverses variétés de faucons pèlerins qui se rencontrent dans la vallée du Nil.

Si les égyptologues ont des raisons de croire que l'oiseau d'Horus a été peint d'après nature, d'après le faucon sacré lui-même, on doit admettre que ce sont, non pas les Falco peregrinus ou Falco Feldeggii qui ont fourni le modèle, mais plutôt des individus delà xariété Falco Babyloniens. Chez Faleo Feldeggii le dessus de la tête est généralement roux, ainsi que chez Falco Babyloniens , mais, dans ce dernier, les sujets adultes ont souvent, comme on le voit sur la ligure publiée par Gurney [Ibis, pi. VII, 18G1), la tête d'une couleur gris cendré qui a pu leur valoir d'être représentés avec la tête bleue. En outre, Faleo Babyloniens a le dos et les couvertures des ailes bien plus nettement bleus que Falco peregrinus.

Calai, du Musée, n° agSoi. 7

En résumé, qu'il ait été schématisé ou dessiné d'après nature, le faucon de Horus du tombeau de RamsèslX, paraît bien un faucon pèlerin, mais l'ensemble de ses caractères rappelle beaucoup mieux la forme Falco Babyloniens que la variété ou l'espèce européenne Falco peregrin us.

Il est évident que notre attribution du faucon de Horus à Falco Babylonicus s'applique uniquement à l'excellente figure coloriée de Bibân-el-Molouk et ne saurait s'étendre aux nombreuses figurations de localités et d'époques différentes de cet oiseau sacré.

Il sera intéressant de rechercher plus tard si toutes les représentations de l'oiseau d'Horus sont semblables à celle du tombeau de Ramsès IX, ou si elles paraissent inspirées de diverses espèces de faucons, comme tendraient à le faire croire les multiples identifications citées plus haut.

Falco Babylonicus, qui est étudié plus loin en détails est commun dans l'Inde, en Arabie , en Mésopotamie et dans toute l'Egypte. Cette forme du faucon pèlerin est, avec Falco Feldeg^i et la crécerelle, celle qui se trouve momifiée le plus fréquemment en Egypte.

Technique : Le spécimen n° 296/17 du Musée du Caire, était momifié isolément comme tous les rapaces provenant de Hagi-Qandil.'Le corps, complètement recouvert de bitume, avait été entouré de nombreuses bandes de toile imbibées de substances résineuses.

Conservation : Bonne. Le péroné droit est brisé vers le milieu de sa longueur.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i46.

29548. Falco Babylonicus, Gurney. — Squelette. — Hauteur totale o m. 26c., long, o m. ik cent.

Description : Ce faucon est très bien représenté parmi les animaux anciens de l'Egypte. Sur cinq cents rapaces examinés, quinze individus de celte forme ont été reconnus dont six à Hagi-Qandil et six à Kôm-Ombo.

Falco Babylonicus a le bec court, épais, à arête peu arrondie. Ses tarses sont trapus, emplumés sur les deux cinquièmes de leur longueur environ, réticulés devant et derrière. Le doigt médian, bien plus long que les latéraux, est égal ou un peu inférieur au tarse. Chez ce faucon la tête et la nuque ont une couleur rousse, ou gris roussâtre plus ou moins foncé; les faces supérieures du corps et des ailes sont gris bleu, les inférieures de teinte très claire sont ponctuées de lignes verticales brunes, seulement au-dessous de la gorge. La cire et les tarses sont jaunes.

Longueur du tarse : 0 m. o5i millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. 0/19 mill.

Falco Babylonicus est un faucon delà taille, à peu près, de Falco Feldeggii. Il se distingue de celui-ci par son plumage bleu sur ie dos dans les deux sexes, sa poitrine peu ponctuée et surtout par son doigt médian plus long relativement que celui de Falco Fehleggii.

Son squelette ne présente aucune particularité importante. Les os des ailes et des pattes

ont la même structure que cliez Fnlro Fcldcjjjjii. Le sternum est très élargi du côté postérieur; les articulations costales occupent un espace peu étendu. En ce (lui concerne le tarse on remarque le développement plus fort de la trochlée du doigt externe. Les doigts interne et externe sont plus grands, par rapport au tarse, que dans Falco Feldeggii, mais ils sont plus faibles que chez Falcn pcrcgrinus; par son squelette Falco Dnhylonicus semble intermédiaire à ces deux espèces. Ce rapace du groupe des faucons pèlerins, habile d'après Sharpe, le nord-est de l'Afrique, la Mésopotamie, l'Asie centrale et le Turkestan. 11 est assez commun en Egypte et Nubie; on le rencontre dans les plantations de palmiers, autour des pyramides, des temples en ruines et dans les montagnes (Suelley, Birds of Egyvl, p., 89).

Conservation : Passable. La dernière vertèbre caudale fait défaut. BiBL. : La Faune momifiée, p. i5o.

29549. Falco barbarus, Linné. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 2 3 cent., long. 0 m. 1 2 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Un seul individu de cette espèce a été trouvé momifié.

Falco barbarus a le bec très crochu, avec une dent latérale aiguë et forte. Ses tarses, plus courts que le doigt médian sans ongle, sont emplumés en avant sur le tiers de leur longueur et réticulés sur les autres parties. Le doigt externe est notablement plus long que le doigt interne. Chez l'individu adulte la partie supérieure du corps est gris bleu avec de légères bandes transversales noirâtres, la face inférieure est de couleur blanc crème moucheté de petites taches triangulaires brun foncé sur l'abdomen et les flancs. Cire et pieds jaunes. Bec brun bleuâtre.

Longueur du tarse : 0 m. ohi millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. oàà mill.

Le squelette de Falco barbarus est semblable à celui des grands faucons tels que Falco jperegnnus ou Falco Babylonicus : le crâne, le sternum et les membres postérieurs ont dans ces diverses espèces la même structure et environ le même développement relatif. L'aile seule a des dimensions différentes. Chez Falco barbarus elle est plus courte proportionnellement.

Comparé au squelette d'un Falco barbarus moderne, le squelette ancien de cette espèce ne présente aucune différence.

Le faucon de Barbarie habite tout le nord de l'Afrique, du Sénégal à la côte orientale. On le rencontre encore dans le nord-ouest de l'Inde et jusque dans l'Himalaya. Suivant Shelley, Falco barbarus est, de nos jours, aussi rare en Egypte qu'en Nubie.

Au Caire, nous en avons vu un très beau spécimen, dans la collection particulière de M. le docteur W. Innés bey.

Conservation : Passable. Les vertèbres coccygiennes manquent en totalité. BiBL. : La Faune momifiée, p. i5i.

29550. Falco subbuteo, Linné. — Squelette. — Hauteur totale o m. 19 cent.,

long, o m . 1 2 cent.

Description : De même que Falco barbants, ie hobereau est peu commun parmi les oiseaux de proie de l'ancienne Egypte : trois spécimens seulement ont été trouvés momifiés.

Chez Falco subbuteo l'arête médiane du bec est bien marquée. Le tarse court, est emplumé sur les deux cinquièmes environ de sa longueur. Les doigts sont longs, peu épais; le médian est environ égal au tarse, le doigt externe bien plus long que l'interne. Les parties supérieures du corps sont, chez l'adulte, d'un gris ardoisé, avec deux taches blanchâtres ou roussâtres sur la nuque. Les faces inférieures sont blanchâtres ou légèrement rousses tachées de brun.

Longueur du tarse : 0 m. o36 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : cm. o35 mill.

Falco subbuteo se distingue nettement des divers faucons de petite taille, entre autres de la crécerelle (Cerchneis tinnunculus^ , par plusieurs pièces de son squelette. Outre les proportions des doigts et du tarse, dont les différences ont servi à établir le genre Cerchneis, on trouve, chez le hobereau, le sternum et les os de l'aile notablement plus forts. Le sternum de ce rapace mesure 0 m. olih mill. de longueur d'avant en arrière, tandis que celui de la crécerelle n'atteint que 0 m. o38 mill. Le cuhitus et l'humérus sont également plus développés que chez la crécerelle. Ces différences sont importantes si l'on tient compte des dimensions des membres postérieurs qui se trouvent au contraire moins élevées chez le hobereau que chez le faucon crécerelle pris pour terme de comparaison.

Le hobereau habite l'Europe entière, on le trouve aussi dans l'Inde et jusqu'en Chine. L'hiver il fait des incursions en Afrique. Heuglin et Shelley ont constaté sa présence en Egypte au mois d'avril, mais il y est toujours rare.

Comme nous l'avons indiqué plus haut, G. Wilkinson cite Falco subbuteo au nombre des animaux sacrés des anciens Egyptiens (^Tke Ancient Egijptians , vol. III, p. 261, London, 1878). Ce savant croit que le hobereau était le faucon sacré de Râ, Falco Aroêris, adoré à Héliopolis et dans diverses localités. Nous ne savons sur quel document il s'appuie pour justifier cette opinion.

Conservation : Passable. Plusieurs côtes sont brisées, mais les membres et le crâne sont en bon état.

BiBL. : La Faune momifiée, p. iSa.

29551. Hierofalco saker, Brisson. — Squelette. — Hauteur totale cm. 26 c,

long. 0 m. 16 cent. (pi. XXIV).

Description : Selon Tristram et Shelley ce faucon est connu des Arabes actuels de

l'Egypte et de la Palestine sous le nom de Saker-el-hor ou Sakkr-el-hor . Deux individus seulement de cette espèce ont été trouvés momifiés.

Hierofalco saker se reconnaît à son bec court, très recourbé, arrondi dessus et sur les côtés. Ses tarses, eniphimés en avant sur la moitié de leur lonjjueur, sont finement réticulés devant, sur la moitié inférieure, derrière sur toute la longueur. Les doigts sont épais, peu allongés; le médian sans ongle est bien plus court que le tarse; les doigts externe et interne sont à peu près égaux. Le plumage du dos et des couvertures des ailes est de couleur brun cendré; les faces inférieures sont blancbes ou un peu jaunâtres avec des taches brunes allongées verticalement.

Longueur du tarse : o m. oSa millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. ohli mill.

Le squelette de Hierofalco sakcr ne se différencie par aucun caractère important du squelette de Falco percgrinus. Le crâne et les rayons des ailes ont la même structure dans les deux espèces. Le sternum est seul un peu plus élargi en arrière que celui du faucon pèlerin, son bord postérieur, au lieu d'être droit, est fortement ondulé. Il se rapproche par cette particularité de Falco Biihylomvus et de Falco Feldegfrii.

Le saker diffère des faucons du type Falco peregrinus , surtout par les proportions relatives de ses tarses et de ses doigts.

Hierofalco saker habite le sud-est de l'Europe et le nord-est de l'Afrique. Il est commun dans l'Asie centrale jusqu'en Chine; c'est une espèce plutôt asiatique.

Ce grand faucon est assez rare en Egypte. Shelley l'a décrit d'après deux spécimens capturés l'un à Kôm-Onibo, l'autre aux environs d'Assiout (^Birds of Egypl, p. 190).

Hierofalco saker, le «faucon de Honi des Arabes est encore actuellement dressé pour la chasse de la gazelle. Le docteur L. Arbel en a vu plusieurs spécimens, au cours d'une visite qu'il fit en 1902 , près du Caire, à l'équipage de fauconnerie du prince Hussein pacha Kamel-ed-din [Bulletin du Muséum de Paris, 1902, p. 161). et Le prince chasse presque exclusivement la gazelle et il se sert pour cette chasse de faucons sacres , pris de passage au mois de novembre. Ces sacres m'ont paru de plus petite taille que ceux des Indes, mais les autres caractères spécifiques sont identiques dans les deux pays.

«Dans un de mes précédents voyages en Algérie, j'avais eu l'honneur d'être reçu chez le grand fauconnier arabe de Biscra, Ben Gana, Aga des Zibans. Dans la conversation il m'avait signalé, comme étant très apprécié par les fauconniers, un faucon qui vient en Algérie au moment du passage des étourneaux et que, pour cette raison, les Arabes appellent le faucon des étourneaux. La marque distinctive de cet oiseau consiste en quatre points blancs ovalaires visibles sur les plumes du dos, lorsque l'oiseau se tient en repos, les ailes fermées. Cette conversation avec Ben Gana m'est revenue à la mémoire en examinant attentivement les sacres du prince Kamel-ed-din. L'un de ces oiseaux était un oiseau sors (un an), l'autre avait trois mues (trois ans). Sur celui des trois mues existaient deux taches ovalaires très nettes sur les plumes rémiges tertiaires et en écartant légèrement les plumes voisines, on voyait deux autres taches Semblables qui formaient avec les deux premières un carré parfait. Le vieux fauconnier du prince me dit que c'était là uniquement une question d'âge, et que l'an prochain, lorsque l'oiseau aurait quatre ans, les quatre taches seraient entièrement apparentes, v

De ce récit il résulte que le Sakkr-el-lwr, choisi par les fauconniers arabes pour la chasse delà gazelle en Algérie, en Egypte, ainsi qu'aux Indes, est Hierofalco saker. Mais, suivant le docteur Arhel, plusieurs autres oiseaux de proie sont aussi, dans l'Hindoustan, employés à la chasse, notamment Falco peregrinus, Falco peregrinator, l'autour et l'épervier nisus.

Il serait intéressant de rechercher, sur les monuments anciens de l'Egypte, si quelques figures du faucon d'Horus ne paraissent pas inspirées de Hierofalco saker plutôt que de l'une des formes du faucon pèlerin.

Conservation : Très bonne.

BiBL. : La Faune momifiée , p. i54.

29552. Cerchneis tinnunculus , Linné. — Squelette. — Hauteur totale o m. 2 o c. , long. 0 m. 1 1 cent. — Kôm-Ombo.

Description : La crécerelle est connue des Egyptiens du Caire sous le nom de Saggâouy

(Savigny, Description de l'Fgypte, t. XXIII, p. 278). Ce rapace est le plus commun des oiseaux momifiés. Dans une série de cinq cents spécimens, nous avons trouvé quatre-vingt-onze individus de cette espèce : vingt et un provenant de Zaouiet-el-Aryan, vingt-deux de Rôdah et quarante-huit de Kôm-Ombo.

Le bec du faucon crécerelle est épais à la base, à arête peu arrondie, avec une dent latérale modérément aiguë. Les tarses, emplumés devant sur le tiers environ de leur longueur, sont réticulés sur les autres parties, avec trois ou quatre larges écailles vers l'extrémité inférieure en avant. Doigts courts; latéraux à peu près égaux; médian sans ongle bien plus court que le tarse. Le dos et le dessus des ailes sont roux tachés de noir ou de brun. Les parties inférieures ont une couleur roussâtre, également coupée de taches brunes ou noires.

Longueur du tarse : o m. 0/10 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle: o m. o3o mill.

Le squelette des crécerelles momifiées offre d'assez grandes variations individuelles; toutefois, elles ne dépassent pas les limites indiquées par les mensurations des individus modernes de même espèce.

Cerchneis tintiunciilus habite l'Europe entière , une partie de l'Asie et le nord-est de l'Afrique. En hiver, elle émigré dans la péninsule Indienne et jusque dans le sud de l'Afrique.

La crécerelle est le faucon le plus abondant de l'Egypte actuelle. Shelley dit qu'il en aperçut «un cent pour le moins dans une seule plantation de palmiers, oii ces oiseaux étaient attirés par un vol abondant de sauterelles".

Il est possible, ajoute Shelley, que ce soit à la destruction de cet insecte par la crécerelle, que les faucons doivent d'avoir été honorés par les Egyptiens. Quoi qu'il en soit, le faucon crécerelle a été représenté souvent par les artistes anciens; les archéologues et les historiens le citent parfois sous le nom d'«Epervier doré^i.

Conservation : Très bonne. Les os sont colorés en brun par le bitume.

BiBL. : La Faune momifiée , p. i56.

29553. Cerchneistinnunculus, Linné. — Squelette. — Hauteur totale o m. i8c.,

long. 0 m. OC) cent. — Kôm-Ombo.

Description : Ce spécimen est de taille moyenne, c'est-à-dire un peu moindre que l'individu décrit sous le n° 296 5 q. Dans ces deux squelettes, le crâne elles membres ont la même structure et les mêmes proportions.

Cerclmcis tinnunculus se distingue toujours des divers faucons par ses tarses incomplètement réticulés, ainsi que par son doigt externe court, environ égal au doigt interne.

Longueur du tarse : 0 m. o38 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. 028 mill.

Conservation : Bonne.

29554. Épervier ordinaire. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 22 cent.,

long. 0 m. i3 cent. — Kôm-Ombo (pi. XXV).

Description : Les Egyptiens d'Alexandrie et du Caire connaissent l'épervier commun, Accipiler msus, Linné, sous le nom de Deydaq. Ce rapace a été trouvé momifié presque aussi communément que le faucon crécerelle. Dans la collection étudiée à Lyon cinquante-deux éperviers ont été reconnus : vingt-deux étaient de Kôm-Ombo, quinze de Ghizeh et quinze de Rôdah, Haute-Egyple.

Accipiler nisus, Linné, a le bec court, très crochu. Ses tarses longs et minces, sont emplumés en avant sur le quart de leur longueur, couverts de larges écailles transversales devant et derrière, réticulés sur les côtés. Les doigts sont longs et grêles, le médian beaucoup plus que les latéraux. Le dos et les couvertures des ailes ont une teinte gris brun plus ou moins foncé. Les faces inférieures sont blanches coupées de bandes transversales brunes.

Le squelette n" 2965/1 appartient à un individu femelle. Son tarse mesure 0 m. 06 1 mill. de longueur, son doigt médian 0 m. o/ii mill., sans ongle.

Les divers rayons osseux des membres sont conformes chez l'épervier ancien à ce qu'on les trouve chez les individus de notre époque.

Accipiler nistis habite actuellement l'Europe entière et une partie de l'Asie. On le rencontre aussi en Algérie, dans le nord-est de l'Afrique, la péninsule Indienne et jusqu'en Chine. Il est très commun dans toute l'Egypte et la Nubie.

Conservation : Passable. Le doigt externe et le péroné de la jambe gauche sont brisés. Tous les os sont colorés en brun par l'imprégnation du bitume.

BiBL. : La Faune momifiée , p. i58.

29555. Épervier ordinaire. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 18 cent.,

long. 0 m. 10 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Il se rapporte à un individu mâle de la même espèce que le précédent Accipiler tiisus, Linné.

Le bec est court, le tarse et les doigts sont grêles comme chez la femelle, mais de dimensions beaucoup plus faibles. Le tarse atteint seulement o m. o53 mill. de longueur, le doigt médian sans ongle o m. o35 mill.

Extérieurement le mâle se distingue encore de la femelle par la couleur de son plumage. Les couvertures des ailes et du dos sont gris ardoisé. La poitrine et le ventre ont une teinte blanchâtre ou légèrement roussâtre, coupée de petites barres brunes.

Plusieurs rapaces du même genre vivent en Afrique mais la plupart sont plus petits que le nisus; ils ne sauraient être confondus avec lui.

Conservation : Passable. Le crâne est brisé.

29556. Épervier gabar. — Squelette. — Hauteur totale o m. 20 cent., long, o m. 1 1 cent. — Kôm-Ombo (pi. XXVI).

Description : Melierax gahar, Daudin , est beaucoup plus rare que le nisus. Cinq spécimens seulement ont été trouvés momifiés : un à Ghizeh, quatre à Kôm-Ombo.

Chez le gabar le bec, crochu et court, a des bords latéraux ondulés. Les tarses moyennement longs et mioces, sont emplumés en avant sur le tiers de leur longueur, écailleux devant et derrière, réticulés latéralement. Doigts externe et médian allongés. Le dos, les ailes et la nuque sont gris brun ardoisé; la poitrine et l'abdomen de couleur blanchâtre coupée de taches transversales brunes. Cire, tarses et pieds rouges.

Longueur du tarse : 0 m. o48 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o3o mill.

Melierax gabar rappelle beaucoup par son squelette l'épervier commun, Acciptter msus. Chez ces deux rapaces la tête osseuse a la même structure : proéminente vers l'occiput, aplatie par dessus dans la région frontale, avec une légère convexité sus-nasale. La tête du gabar est proportionnellement un peu plus forte que celle du nisus.

Les ailes et le sternum ont la même forme dans les deux espèces. L'apophyse épisternale du gabar est, comme celle du nisus, très développée. Seuls les membres postérieurs sont un peu différents. Le tarse est plus court, les doigts externe et médian sont moins longs, mais les trochlées digitales offrent les mêmes particularités. D'après son squelette, Melierax gabar paraît intermédiaire entre l'épervier commun elles rapaces du genre Circus.

Les naturalistes ne sont point d'accord sur la fréquence de cette espèce dans la vallée du Nil. D'après Shelley, Melierax gabar est aussi rare en Egypte qu'en Nubie; suivant Schlegel il serait commun aux environs de Suez. D'après le nombre des individus qui ont été reconnus parmi les oiseaux anciens, on peut croire que l'épervier gabar était rare également autrefois dans la Haute-Egypte, mais un peu moins que dans la région du Delta.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 160.

29557. Busard harpaye. — Squelette. — Hauteur totale o m. 3i cent., long.

G m. 18 cent. — Kôm-Ombo (pi. XXVII).

Description : Le busard harpaye ou des marais, Circus œruginosus , Linné, est connu des Egyptiens du Delta sous le nom de Hidm, à Mataryeli ils le nomment Gerràh (Savigny, Description (h l'Egijpte. vol. XXIII, p. 268).

Ce busard est assez fréquent parmi les oiseaux momifiés, notamment parmi ceux de la Basse-Egypte. Dix spécimens proviennent de Ghizeh, trois de Kôm-Ombo, deux seulement de Rôdah , Haute-Egypte.

Cit:cus œruginosus a le bec crochu , incliné dès la base , avec des bords légèrement ondulés. Le tarse, long, peu épais, emplumé en avant sur le tiers environ de sa longueur, est écailleux devant et derrière, réticulé sur les côtés latéraux. Les doigts et les ongles sont robustes.

Le dessus de la tête, roux avec des taches brunes longitudinales chez le mâle, est entièrement jaunâtre chez la femelle. Le dos et le dessus des ailes ont une couleur brun noirâtre. Les faces inférieures du corps et des ailes sont brunes chez la femelle et les jeunes, blanchâtres avec taches verticales brunes chez le mâle.

Longueur du tarse : 0 m. 090 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : cm. o/i5 mill.

Le squelette du busard harpaye de l'ancienne Egypte, est semblable à celui des individus modernes de même espèce.

Circus (eruginosus habite une partie de l'Asie et l'Europe entière, sauf les régions septentrionales. En hiver on le trouve dans l'Inde et le nord-est de l'Afrique.

En Egypte, il se rencontre dans tout le pays, mais c'est dans le Delta et le Fayoum que Circus œruginosus est le plus abondant. 11 fréquente les lieux humides, les bords des lacs, des étangs couverts de roseaux. Au début de l'hiver, dit Brehm, on en voit arriver des masses en Egypte. Le busard des marais est alors l'oiseau de proie le plus commun de ces régions.

Conservation : Très bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 161.

29558. Busard Saint-Martin. — Squelette. — Hauteur totale cm. 28 cent.,

long. 0 m. 16 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Circus cynneus, Linné, est YAbou Haouâm des Egvptiens d'Alexandrie et du Caire, ]e Sakkr-el-fyràn des habitants de Mataryeh (Savigny, lac. cit., p. 266).

Dans la collection des animaux anciens, nous avons compté six individus de cette espèce : dont trois proviennent de kôm-Ombo et deux de Hagi-Qandil.

Le busard Saint-Martin a le bec crochu, recourbé dès la base, avec des bords latéraux ondulés. Ses tarses, longs et grêles, eniplumés sur le tiers de leur longueur en avant, réticulés sur les côtés latéraux, portent sept à huit écailles transversales sur la face postérieure. Les doigts sont courts. Chez le mâle adulte, le dos, la nuque et la tête

Cntnl.dn Musée, n° agSoi. 8

ont une couleur cendrée bleuâtre; la poitrine et la gorge sont gris cendré clair; le ventre est blanchâtre taché de roux. Chez la femelle le dessus du corps est brun; la poitrine et le ventre sont roux avec des taches brunes longitudinales.

Longueur du tarse : o m. 070 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o33 mill.

L'habitat de Circus cyaneus est très étendu ; il comprend toute l'Europe, une grande partie de l'Asie et les régions de l'Afrique bordant la Méditerranée. En Egypte cette espèce est peu commune , Shelley l'a observée dans la vallée surtout durant les mois d'hiver.

Conservation : Bonne. Le squelette est fortement coloré en brun par le bitume.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 161.

29559. Balbuzard fluviatile. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 33 cent., long. 0 m. 19 cent.

Descbiption : Aux environs du lac Menzaleh , les Égyptiens connaissent le balbuzard sous le nom de Nâcoury. Deux individus de cette espèce ont été reconnus au nombre des oiseaux momifiés.

Le balbuzard, Pandion haliaetus, Linné, a le bec peu élevé, large, arrondi sur les faces latérales. Ses tarses épais et courts , emplumés en avant sur le tiers de leur longueur, sont couverts de petites écailles imbriquées sur les autres parties. Les doigts sont longs et forts, finement écailleux , avec trois ou quatre écussons en arrière de l'ongle; leur face inférieure est épineuse. Le doigt externe est réversible.

La tête et le dos sont brun noirâtre, avec plumes bordées de gris ou de blanc; le dessous du corps est blanchâtre avec des taches brunes vers le haut de la poitrine.

Longueur du tarse : o m. o53 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : o m. 0A8 mill.

Par son squelette Pandion haliaelus présente plusieurs caractères qui le distinguent nettement des oiseaux de proie diurnes et le rapprochent des nocturnes. Les membres postérieurs surtout, ressemblent beaucoup à ceux de Buho maximus. Le fémur, le tibia, le tarse et les doigts ont environ les mêmes dimensions relatives. La section des phalanges unguéales est régulièrement ovalaire, au lieu d'être anguleuse à la face inférieure, comme chez la plupart des rapaces diurnes. Les tubérosilés où s'insèrent les muscles extenseurs des doigts sont très saillantes, notamment sur l'interne et le médian. Le fémur est faiblement recourbé.; il n'a pas d'orifice pneumatique vers son extrémité proximale. Toutes ces particularités sont communes à Pandion haliaelus et aux rapaces nocturnes.

Le balbuzard rappelle les milans et la bondrée par son crâne resserré dans la région occipitale , mais il diffère de tous les oiseaux de proie , aussi bien diurnes que nocturnes , par la conformation tout à fait particulière du bassin. Celui-ci est très développé en arrière des cavités cotyloïdes, sa largeur en ce point est aussi forte que la totalité de sa longueur, alors que chez les rapaces et presque tous les oiseaux, elle est toujours beaucoup plus faible. Le bassin présente en outre, sur sa face dorsale, dans la région

iliaque, deux'caiTaûx parallèles à l'axe vertébral. Ces canaux s'ouvrent sous les crêtes iliaques supérieures et débouchent, en avant, à droite et à gauche des apophyses épineuses dorsales. La même disposition existe aussi chez Dubo maxitnus et quelques autres nocturnes.

Pandion Italiaelus habile presque toutes les parties du monde : l'Europe entière, l'Afrique , le nord de l'Asie, l'Inde, la Chine, l'Amérique du Nord et les parties septentrionales de l'Amérique du Sud.

Cet oiseau de proie est commun en Egypte durant l'hiver. Dans le Fayoum il est extrêmement abondant. Il ne se nourrit que de poissons, aussi le trouve-t-on toujours auprès des étangs et des cours d'eau.

Conservation : Mauvaise. Les côtes manquent en partie ainsi que l'extrémité de l'aile gauche.

BiBL. : La Faune moinifêe, p. 16/1.

29560. Hibou brachyote. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 2/1 cent.,

long. 0 m. 1 1 cent.

Description : Aucun rapace nocturne n'a été trouvé momifié isolément, mais nous avons rencontré, associés à des séries de rapaces diurnes, divers restes se rapportant à des oiseaux du groupe des chouettes ou des hiboux. Tous ces restes étaient en mauvais état de conservation, déchirés ou décapités, sauf un seul individu, un hibou des marais, Asio brachyotus , Gmélin, dont le squelette a pu être préparé. Ce squelette unique est conservé au Musée du Caire sous le n° agSôo.

Asio brachyotus se reconnaît à ses disques faciaux complets, à ses aigrettes frontales courtes. Ses tarses sont un peu plus grands que le doigt médian sans ongle. Les doigts, emplumés sur presque toute leur longueur, portent deux larges écailles en arrière des ongles. Le plumage du hibou des marais est roux jaunâtre avec de larges taches brunes sur les faces supérieures; la gorge, la poitrine et le ventre ont une teinte plus claire parsemée de fines taches brunes allongées verticalement.

Longueur du tarse : 0 m. o45 millimètres, longueur du doigt médian sans ongle : 0 m. o3o mill.

Le hibou brachyote se rencontre sur toute la surface de la terre excepté en Australie. Jerdon rapporte qu'on le voit arriver aux Indes tous les hivers. Dans l'Egypte actuelle on le rencontre également en hiver. Brehm dit l'avoir vu en grand nombre dans les régions du Haut-Nil.

Conservation : Ce squelette, noirci par le bitume, est en très mauvais état. Les côtes sont brisées ainsi que la partie postérieure du sternum.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 169.

29561. Ibis sacré. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 87 c, long. 0 m. 22 c.

— Touneh.

Description : Les ibis se trouvent en nombre excessivement grand dans quelques hypogées

de l'ancienne Egypte, mais ils y sont presque toujours en très mauvais état de conservation. La momie tombe en poussière au plus léger contact; on ne reconnaît l'ibis que d'après quelques fragments osseux de la tête ou des parties les plus résistantes du squelette. Nous avons pu examiner plusieurs centaines de ces momies qui ont fourni de nombreux crânes, humérus, tarses et ossements divers de l'ibis sacré, mais ce n'est pas sans de grandes difficultés qu'on est parvenu à préserver quelques squelettes complets de cet oiseau.

Les spécimens du Musée du Caire proviennent de Touneh el-Gebel, Haute-Egypte. Ils datent, de l'avis de M. Maspero, de la XX° dynastie à l'époque grecque.

Les principaux caractères spécifiques de l'ibis sacré. Ibis ,'Ethiopica, Lath. , sont les suivants : bec long et recourbé; rainure nasale se prolongeant jusqu'au bout du bec. Tarse plus long que le doigt médian, couvert de nombreuses écailles hexagonales. Doigts écailleux, ongles recourbés. Chez le mâle et la femelle adultes le plumage est blanc, les extrémités des rémiges et scapulaires sont noir bleuâtre. La tête et le cou sont nus à peau noir velouté. Chez les jeunes le cou et la tête sont couverts de plumes noires bordées de blanc , qui tombent pendant la troisième année.

La longueur du tarse des ibis anciens varie de o m. 096 miil. à 0 m. lai mill., celle du doigt médian avec ongle de 0 m. 088 mili. à 0 m. ogG mill.

L'ibis momifié a une taille notablement plus forte que l'ibis (jui vit de nos jours dans le sud de la Nubie et sur les bords du Haut-Nil, au-dessus de Kbartoum. Pour celui-ci la longueur du tarse varie suivant Slielley, Sharpe et nos propres observations, de 0 m. 080 mill. à o m. 1 o5 mill., alors qu'elle atteint jusqu'à 0 m. 1 2/1 mill. chez le premier. Il ne s'agit point pourtant d'espèces différentes, car nous avons pu recueillir, dans plusieurs momies, des rémiges blanches terminées par la tache noire caractéristique de l'ibis éthiopien actuel. C'est donc toujours la même forme, mais, dans la suite des siècles, elle a probablement subi des modifications anatomiques notables. Cette diminution des membres postérieurs, chez un animal dont la domestication n'est pas certaine, est chose importante à signaler. 11 est à désirer qu'elle soit confirmée par d'autres observations.

Le squelette de l'ibis sacré correspond parfaitement dans son ensemble à celui de l'ibis moderne. Toutes les particularités morphologiques de l'un se retrouvent chez l'autre. On ne remarque dans les e.xemplaires momifiés que l'aspect plus fort de certaines pièces de la charpente osseuse, notamment du sternum et des membres postérieurs; mais nous n'avons pu comparer à ces documents anciens, qu'un seul squelette d'ibis actuel provenant du Nil Blanc. On doit donc attendre que d'autres observations aient été faites sur ce dernier pour connaître la signification des différences signalées.

Suivant Savigny, l'ibis vivait encore, au commencement du siècle dernier, jusque dans la Basse-Egypte oiî les habitants lui faisaient la chasse au moyen de filets. Quelques années plus tard Cailliaud ne trouvait plus Ibis /Elhiopica que sur le Haut-Nil. De nos jours cet oiseau ne se voit plus en Egypte. En Afrique on le rencontre depuis Khartoum jusqu'au Transvaal et dans l'Extrême-Sud africain.

Technique : Les ibis que nous avons examinés provenaient de Sakkarah , Touneh et Kôm- Ombo. Tantôt ils étaient protégés simplement de bandes d'étoffes disposées d'une

LA FAUNE MOMIFllÎE DE L'ANTIQUE ÉUYPTE. 61

manière plus ou moins ornementale (pi. XLV et XLVl), tantôt ils étaient placés, toujours entourés de linges, dans des vases grossiers en terre cuite rouge.

A Sakkarah, les ibis et les animaux de petites dimensions, tels (|ue les musaraignes, étaient conservés chacun dans un pot ou vase particulier. Ces pots, bouchés par un couvercle de terre cuite scellé avec du plâtre (Loutet et Gaillaud, Ln Faune momifiée, p. 118, fig. 66, Lyon, 1908), ont la forme d'un cylindre allongé pouvant contenir exactement un ibis. Dans les puits , ils sont couchés horizontalement et entassés les uns au-dessus des autres, le premier lit présentant antérieurement son ouverture, le deuxième son fond et ainsi de suite jusipi'au faîte de la galerie.

Les ibis de TouneKont été aussi placés dans des pots en terre cuite rouge, mais au lieu d'être mis un à un dans un vase spécial, ils étaient réunis par quatre ou cinq exemplaires, chacun étant protégé séparément de ses linges, dans des pots de plus grandes dimensions. Ces derniers, de formes diverses, sont fermés par une simple garniture de plâtre coulée sur l'orifice ( Lortet et Gaillard , loc. cit. , p. 121, fig. 7 9 et 7 3 ).

Lorsque ces oiseaux n'étaient pas conservés dans des vases; on les entourait de nombreuses bandes d'étoffes disposées de différentes manières. Dans ce mode de momification la tète de l'ibis, au lieu d'être maintenue dans sa position naturelle, comme c'est le cas pour les oiseaux de proie, est ramenée sur le sternum dans l'axe du corps. On voit le long bec se prolonger sous les bandelettes jusque près des pattes. L'oiseau a été d'abord arrosé de bitume, puis, le cou étant replié en avant, la tête sur le sternum (pi. XXX) on a enveloppé le corps de plusieurs pièces de toile imbibées de natron. Le squelette n" 29661 a été extrait de l'une de ces momies.

Conservation : Passable. La partie antérieure de la mandibule et des maxillaires est

brisée.

BiBL. : La Faune momijiée , p. 171.

29562. Ibis sacré. — Squelette. — Hauteur totale 0 m. 38 c, long. 0 m. 2 1 cent. — Touneh el-Gebel (pi. XXVIII).

Description : Ce spécimen appartient à Ibis /Elhiopica, Lath., comme le précédent. Dans ces deux squelettes les caractères morphologiques sont identiques; les rayons des membres ont entre eux les mêmes rapports. Chez ce dernier le tarse droit a gardé une partie de son revêtement d'écaillés hexagonales, qui sert à distinguer facilement l'ibis sacré de l'ibis noir, Plcgadis falcinellus , chez lequel les écailles de forme rectangulaire, sont allongées transversalement. L'ibis falcinelle a aussi été momifié à Sakkarah et Kôm-Ombo, mais les spécimens reconnus étant incomplets ou brisés, il n'a pas été possible d'en reconstituer le squelette.

La momie qui a fourni le squelette n" 29662 était entourée de plusieurs pièces d'étoffes hadigeonnées de bitume; elle était ornée, de plus, de nombreuses bandelettes entrecroisées, dessinant plusieurs rangées de rectangles sur sa face supérieure (pi. XXX). Suivant le procédé en usage à Kôm-Ombo et Touneh, l'oiseau avait les ailes serrées contre les flancs, la tête ramenée sur le sternum dans l'axe du corps.

Conservation : Bonne.

29563. Buse du désert. — Momie hors de son enveloppe. — Long, o m. 3 1 cent. ,

diam. o m. 12 cent. (pi. Xy\IX).

DEScniPTioN : Bien que cet oiseau de proie soil décapité, il est facile de reconnaître à la forme et aux proportions des membres, au tarse et aux doigts surtout, l'espèce Buteo desertorum , Daudin, dont les caractères morphologiques ont été indiqués plus haut.

Ce rapace faisait partie d'une des offrandes collectives dans lesquelles on trouve réunis vingt à trente et même quarante oiseaux de proie d'espèces diverses. Nous avons dit qu'on rencontre assez souvent mêlé à ces nombreux rapaces , un autre oiseau : ptéroclès , coucou, rollier ou quelques hirondelles, ou bien encore une musaraigne, un rongeur de petite taille, avec une ou plusieurs dents de crocodile.

Le spécimen n° 2 9 5 63 offre précisément un cas de ces curieux mélanges. On remarque en effet, retenus dans le bitume qui couvre en partie le corps du rapace, deux dents de crocodile, une petite musaraigne de l'espèce Crocidura religiosa, Geoffroy, et un crâne de rongeur de la taille ^Acomys cahirmus.

Conservation : Passable. L'oiseau est incomplet, il lui manque la tête et le cou.

29564. Rollier, — Momie hors de son enveloppe. — Long. 0 m. 22 cent.,

larg. 0 m. 06 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Cet oiseau n'était pas momifié isolément; il faisait partie d'une masse d'oiseaax de proie provenant de Kôm-Ombo.

La conservation des plumes est tellement parfaite que l'espèce Coracias garrula, L., se reconnaît au premier examen. Le plumage a gardé ses couleurs presque intactes.

Coracias garrula , L. , a le bec robuste, crochu vers l'extrémité. Son tarse épais, plus court que le doigt médian , est à peu près égal au doigt externe sans ongle. La couleur dominante du plumage est vert brillant ; les rémiges sont d'un bleu indigo sur leur face supérieure , bleu azuré à la face inférieure.

Le rollier se rencontre actuellement dans la plupart des régions de l'Europe; jusqu'au sud de la Scandinavie, mais il n'est commun que dans l'Europe méridionale et orientale, ainsi que dans le nord de l'Afrique et l'Asie antérieure.

Suivant Sheiley (^Birds of Egijpt, p. 168), Coracias garrula est de passage en Egypte et en Nubie vers la fin d'avril.

Conservation : Bonne.

29565. Offrande alimentaire. — Long, o m. 22 cent., larg. 0 m. 08 cent. —

Tombe d'AménôthèslI àThèbes.

Description : Celle offrande qui provient du tombeau d'Aménôthès II , est un fémur

gauche de veau, entouré de sa masse musculaire. Ce bloc de chair salée et desséchée faisait partie , ainsi que les spécimens numérotés

de 29666 à agB^y, d'une importante série d'offrandes alimentaires comprenant plus

de deux cents pièces et composite entièrement de ([tinrtiers de l)œaf, de veau et de quelques portions d'os et de cliair d'oiseaux.

Les restes d'oiseaux, ossements et muscles plus ou moins brisés, appartiennent à une oie de la taille d'Anserallnfrons, Scop., l'espèce sauvage la plus commune de l'Egypte actuelle, celle qui est représentée, avec Aiiser cinercus, Anser sylveslris el Branta rH^fo//is, peinte sur stuc dans le panneau dit des «Oies de Meidoûmn du Musée du Caire. Parmi ces restes d'oiseaux on trouve des ossements de toutes les régions du corps, à l'exception de la tête, du cou et des extrémités des pattes et des ailes.

La majeure partie des offrandes du tombeau d'Aménôthès II a été fournie par le bœuf et surtout le veau.

Presque tous les os examinés se rapportent soit à de très jeunes animaux, soit à des individus de deux ou trois ans. La plupart présentent des épipbyses incomplètement soudées.

Ces offrandes ont été empruntées, ainsi que le montre l'énumération suivante, à diverses parties du corps.

Celles qu'on trouve le plus communément représentées sont des rayons de membres antérieurs et postérieurs entourés de leurs muscles. On peut citer, par ordre de fréquence : vingt et un tibias, vingt fémurs, dix -huit humérus, dix -huit cubitus et radius , enfin quatorze omoplates.

Un certain nombre de muscles ou fragments de muscles , cinquante environ , ont été détachés des os avant d'être préparés et mis en conserve. Ce sont des quartiers de chair, de dix à quinze centimètres de longueur, portant le plus souvent la trace du lien qui a servi à les suspendre pendant la dessiccation.

On trouve aussi des membres entiers, moins les extrémités, canons et phalanges : ce sont des membres antérieurs (huit spécimens) de veaux ou déjeunes bœufs.

Le thorax, divisé en un certain nombre de blocs a fourni aussi sa contribution. Nous avons reconnu onze sternums avec leurs cartilages costaux; cin({ quartiers composés chacun de quatre à huit eûtes réunies par les muscles intercostaux ; neuf portions de la colonne vertébrale comprenant de cinq à huit vertèbres dorsales avec leurs longues apophyses épineuses; enfin un seul bloc de six vertèbres lombaires en connexion.

Les régions qui n'étaient pas représentées, par leurs os tout au moins, sont : la tête, le cou, la queue, le bassin et les extrémités des membres, métacarpiens, métatarsiens et phalanges.

Nous avons reconnu des fragments de muscles divers, des quartiers de rate et de foie, mais aucune trace du poumon ni du cœur n'a été remarquée.

Les muscles conservés séparés des os ont probablement été détachés de la face externe du bassin, de l'iliaque et de l'ischion en particulier.

Tous ces quartiers de boucherie proviennent d'un bovidé de petite taille. Les membres des individus adultes sont, en effet, notablement plus courts que ceux de Bos Africmms, momifié à Sakkarah et Abousir. La généralité des ossements appartient à une petite race, de la taille environ de celle de Syrie, Bos brachyceros , dont les historiens ont signalé l'importation en Egypte depuis une époque assez reculée.

On peut se demander si toute cette chair de bœuf, toutes ces conserves pharaoniques,

étaient préparées spécialement en vue des oITrandes à faire aux défunts, ou bien si elles constiluaienl des provisions de familles, sur lesquelles les Egyptiens prélevaient, à certaines époques de l'année, la part de leurs morts? Conservation : Passable. Les muscles qui entourent l'os sont effrités en plusieurs points.

29566. Offrande alimentaire. — Longueur totale o m. 87 cent., larg.

0 m. i5 cent. — Tombe crAménôthès II à Thèbes.

Description : Ce spécimen est un sternum entier de bœuf, avec tous les cartilages costaux et les muscles. 11 porte sur la face externe une profonde incision longitudinale destinée sans doute à faciliter la dessiccation de la chair.

Conservation : Bonne.

29567. Offrande alimentaire. — Longueur totale 0 m. 27 cent., larg.

0 m. 10 cent. — Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Il s'agit ici de l'hmérus gauche d'un jeune bovin. L'os est entouré d'une masse musculaire rassemblée vers le milieu de sa longueur, ses articulations proximale et distale sont intactes.

. Conservation : Bonne.

29568. Offrande alimentaire. — Longueur totale 0 m. 09 cent., larg.

0 m. 06 cent. — Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Dans ce bloc de chair de couleur noirâtre, à structure compacte, on reconnaît facilement un morceau détaché d'un lobe du foie. La face antérieure ou diaphragmatique se remarque à sa surface convexe, parfaitement lisse.

Conservation : Bonne.

29569. Offrande alimentaire. — Longueur totale 0 m. 09 cent., larg.

0 m. o5 cent. — Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Deux fragments de muscles détachés probablement de la face externe du bassin. Ils portent tous les deux la trace profonde du lien qui a servi à les suspendre, après l'immersion dans le licjuide conservateur.

Conservation : Bonne.

29570. Offrande alimentaire. — Longueur totale 0 m. 10 cent., larg.

0 m. 09 cent. — Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Cette offrande est de même nature que celle inscrite plus haut sous le

n° 29668. C'est un fragment détaché d'un foie de bœuf ou de veau. Le foie est toujours reconnaissal)ie à sa structure très compacte et à sa surface lisse. Conservation : Bonne.

29571. Offrande alimentaire. — Long. 0 m. 09 cent., larg. 0 m. olx cent.

— Tombe d'Aménôlhès II à Thèbes.

Description : L'offrande se compose de deux muscles présentant, ainsi que les fragments conservés sous le n° 29669, la trace de la corde à laquelle ils ont été suspendus à l'état frais.

Conservation : Passable.

29572. Offrande alimentaire. — Long-. 0 m. 10 cent., larg. o m. o5 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Cet échantillon est encore un muscle, détaché sans doute de la région lombaire ou de la face externe du bassin. Comme sur les précédents on aperçoit, vers le milieu de la masse musculaire, l'étranglement produit par le lien qui a servi à la suspendre.

Conservation : Bonne.

29573. Offrande alimentaire. — Long. 0 m. 36 cent., larg. cm. i3 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Ici l'offrande consiste en un quartier de quatre côtes antérieures droites réunies les unes aux autres par leurs muscles. Les dimensions de ces côtes se rapportent à un individu adulte de la taille du boeuf.

Conservation : Passable. Les côtes sont brisées près de leur articulation vertébrale.

29574. Offrande alimentaire. — Long. 0 m. 5o cent., larg. 0 m. 16 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Omoplate et humérus droits en connexion, avec les muscles qui s'insèrent sur ces deux rayons. De même que l'offrande précédente, celle-ci provient d'un ruminant de la taille du bœuf.

(loNSERVATiON : Mauvaise. Les muscles sont fragmentés près de l'articulation inférieure de l'humérus.

29575. Offrande alimentaire. — Long. 0 m. 22 cent., larg. 0 m. i5 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Thèbes.

Description : Elle se compose de six vertèbres dorsales entourées de muscles. Ces

Catal. du Musée, n° agSoi. 9

vertèbres sont pourvues de très longues apophyses épineuses indiquant qu'elles proviennent de la région thoracique antérieure. Conservation : Passable.

29576. Offrande alimentaire. — Long, o m. 3o cent., larg. o m. 1 1 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Tlièbes (pi. XXXI).

Description : Cette pièce est un fémur gauche entier entouré de ses muscles. Les dimensions et la forme de l'os se rapportent à un ruminant de la taille de Bos braclujceros.

Conservation : Bonne.

29577. Offrande alimentaire. — Long, o m. 97 cent., larg. cm. 11 cent.

— Tombe d'Aménôthès II à Thèbes (pi. XXXI).

Description : Humérus gauche entier de jeune bœuf, semblable à celui qui est catalogué sous le n° anSG^. Les muscles rassemblés vers le milieu de la longueur, laissent voir les épiphyses bien conservées mais incomplètement soudées.

Conservation : Passable.

29578. Tête de crocodile. — Momie hors de son enveloppe. — Long.

cm. 61 cent., larg. 0 m. 28 cent. — Kôm-Ombo (pi. XXXII).

Description : Cette tête, séparée du corps au niveau des premières vertèbres cervicales, appartient à un individu de grande taille. Elle est recouverte de ses téguments et présente les diverses plaques osseuses dermiques particulières à l'espèce Crocodilus Niloticus, Laur.

Les crocodiles momifiés de Kôm-Ombo, l'ancienne Ombos, datent de l'époque grécoromaine; ils ont été trouvés dans la plaine sableuse à l'est de la ville, dans une nécropole de la dernière période ptolémaïque et romaine.

Les caractères spécifiques du crocodile africain peuvent être ainsi résumés : museau variable de largeur et de longueur, plus étroit chez la femelle que chez le mâle, court et large chez les individus très jeunes. Surface supérieure de la tête plus ou moins rugueuse. Deux à six plaques nuquales antérieures disposées, symétriquement ou non, en deux séries d'une à trois plaques, à droite et à gauche de la ligne médiane.

Crocodilus Niloticus porte généralement six plaques nuquales postérieures : quatre en avant, deux en arrière. Six rangées de plaques dermiques sur le dos, quatre rangées seulement dans la région pelvienne. Les plaques de la région dorsale sont ordinairement au nombre de quinze à seize rangées transverses, suivies de dix-sept à dix-huit

rangées d'écussons pairs sur la base de la queue, laquelle se termine par une série de dix-huit à vingt écussons impairs.

Les dents sont au nombre de dix-huit à dix-neuf de chaque côté de la mâchoire supérieure, douze à ([uinze à la mâchoire inférieure.

La couleur générale du corps est vcrdâtre ou vert bronzé, parsemé de petites taches noires. La surface inférieure est jaune verdâtre.

Technique : Plusieurs procédés ont été employés pour la momification des crocodiles.

Les petits individus, de vingt-cinq à trente centimètres de longueur environ, étaient fixés entre deux baguettes de palmier, au moyen d'un fil réunissant d'abord les mâchoires et entourant ensuite à la fois les baguettes et le corps du jeune reptile, jusqu'à l'extrémité de la queue. Ainsi préparés, ces petits crocodiles étaient plongés entièrement dans le bitume liquide.

Quelques-uns, momifiés avec plus de soins, ont été d'abord enveloppés de larges bandes de toile, puis on a disposé sur cette première enveloppe, dans le sens de la longueur, de minces baguettes de palmier recouvertes d'une seconde série de bandelettes. Dans ce mode de momification on ne remarque pas trace de bitume. Le corps a sans doute séjourné dans un bain de natron avant d'être protégé de bandes de toile imbibées de substances résineuses. Ces momies renferment, avec le même aspect extérieur, tantôt un seul reptile de taille moyenne, tantôt de nombreux crocodiles récemment éclos, comme l'ont montré les deux spécimens (jui font partie de la collection du Muséum de Lyon (La Faune momifiée, fig. yy et 78, Lyon, 1908).

Les crocodiles de grande taille ont été, après macération dans un bain de natron, simplement badigeonnés de bitume et entourés d'une enveloppe de toile grossière. On voit encore, sur la tète de crocodile du Musée du Caire, plusieurs débris d'étoffe adhérant par places au bitume.

Dans l'ancienne Egypte le crocodile était vénéré sous le nom de Sobkou. On célébrait des fêtes en son honneur à Coptos et à Ombos. Il était sacré particulièrement à Arsinoé ou Crocodilopolis, la capitale du Fayoum.

Dans d'autres régions de l'Egypte ancienne, les habitants le tuaient et lui faisaient la chasse avec acharnement. La religion y enseignait que Typhon, le génie du mal, incarné dans le crocodile, était sans cesse occupé à la poursuite d'Osiris.

Le crocodile est représenté en bas -relief ou en peinture sur de nombreux monuments.

En Egypte le crocodile a disparu presque complètement, mais il est encore fréquent au Soudan. Pendant les temps pharaonicjues il était répandu dans le Nil tout entier jusqu'au Delta. On l'a trouvé momifié depuis le Fayoum jusque dans la Haute-Egypte à Maabdéh, Ombos, Thèbes, etc.

Actuellement Crocodilus Niloticus vit dans la plupart des cours d'eau des régions chaudes de l'Afrique. Il habite le Gabon, la Sénégambie et le Niger. Il est commun dans le Haut-Nil et ses affluents, ainsi que dans les grands lacs de l'Afrique centrale.

Conservation : Bonne. Deux dents manquent au côté gauche de la mâchoire inférieure.

29579. Œuf de crocodile. — Long, o m. 08 cent., diam. o m. o5 cent. —

Kôni-Ombo.

Description : L'œuf de crocodile ressemble par sa forme et ses dimensions à l'œuf de l'oie domestique. Sa coque est uniformément blanche et un peu rugueuse, à la surface on aperçoit quelques traces du bitume qui a été employé au moment de la momification.

Conservation : Bonne.

29580. Œuf de crocodile. — Long. 0 tn. 07 cent., diam. 0 m. o5 cent. —

Kôm-Ombo.

Description : La coque est entière, elle contient encore une petite quantité de débris

pulvérulents, provenant de la décomposition de l'œuf ou de l'embryon. Conservation : Bonne.

29581. Œuf de crocodile. — Long. 0 m. 08 cent., diam. o m. o5 cent. —

Kôm-Ombo.

Description : Ce spécimen est semblable à ceux qui précèdent; il a exactement les

dimensions indiquées par les naturalistes pour l'œuf du crocodile africain.

29582. Œuf de crocodile. — Long, o m. 08 cent., diam. o m. o5 cent. —

Kôm-Ombo.

Conservation : Bonne.

29583. Œuf de crocodile. — Long. 0 m. 08 cent., diam. 0 m. o5 cent. —

Kôm-Ombo.

Conservation : Bonne.

29584. Œufs de crocodile. — Long. 0 m. 12 cent., larg. o m. 08 cent. —

Kôm-Ombo.

Description : Cette pièce se compose de deux œufs de crocodile réunis l'un à l'autre par une masse de bitume à laquelle adhèrent, en outre, des fragments d'os et une dent de bœuf.

Conservation : Bonne.

29585. Œufs de crocodile. — Long, o m. lo cent., larg. o m. 08 cent. —

Kôm-Onibo.

Description : Là encore deux œufs de crocodile sont retenus par le bilunie au milieu de divers débris.

Conservation : Passable. Un de ces œufs est brisé.

29586. Tortue du Nil. — Disque dorsal. — Long, o m. I12 cent., larg.

o m. 38 cent. — Eléphantino (pL XXXIII).

Description : La carapace, tolalement dépourvue de ses téguments, appartient à un individu de taille moyenne de l'espèce Trionyx tnungids, Forskal. Ce bouclier osseux, dont la surface externe est couverte de rugosités sinueuses, ne porte aucune trace de bitume, ni de bandelettes.

Trwnyx triunguis se reconnaît aux particularités suivantes : carapace peu convexe, plus ou moins déprimée suivant la ligne médiane, chez les jeunes. Huit paires de plaques costales. Les deux parties de la huitième paire sont en contact sur toute la longueur de la ligne médiane; celles de la septième paire arrivent en contact sur la moitié environ de leur longueur. Une seule plaque neurale sépare les côtes de la première paire. Plaques dorsales toutes couvertes extérieurement de rugosités vermiculaires; chez les jeunes sujets la peau de la face supérieure est manjuée de petits tubercules disposés en rangées longitudinales. Tête très petite. La longueur du museau, mesurée sur le crâne, est plus grande que le diamètre de l'orbite. Chez les individus adultes l'espace inter-orbitaire est plus faible que le diamètre des fosses nasales. Sur la face dorsale, la couleur du corps est olivâtre, fortement pointilléeet tachetée de blanc chez le jeune ; la gorge et la surface inférieure sont couvertes de points blancs arrondis séparés par un réseau verdâtre plus ou moins sombre. L'adulte est de couleur plus uniforme. Le disque dorsal des plus grands individus atteint o m. 80 cent, de longueur.

Celte Trionyx est connue des Arabes sous le nom de Tyrsé. Elle habite actuellement le Nil, le Congo, le Sénégal et leurs affluents; on la trouve aussi dans quelques rivières de Syrie. Suivant Anderson (^Zoology ofEgypt, vol. I, p. 33, London, 1898), elle serait encore assez commune dans le Nil de la Basse et de la Haute-Egypte.

Conservation : Bonne.

29587. Tortue du Nil. — Disque dorsal. — Long. 0 m. 3^ cent., larg.

cm. 39 cent.

Description : Ce spécimen se rapporte aussi à Trwnyx Iriungnis. Comme sur le précédent , on ne voit ici aucune trace d'étofTe, de bitume ou de toute autre substance ayant pu servir à la conservation.

Les Trionychidées vivent surtout dans les fleuves de l'Inde et de l'Indo-Chine où l'on connaît plus de dix espèces difTérentes.

Sachant que, dans les pays où les Trionijx sont communes, sur les bords du Gange par exemple, ces tortues sont recherchées par les habitants pour la délicatesse de leur chair, on peut se demander si les deux carapaces du Musée du Caire proviennent d'aYiimaux momifiés, ou si ce sont des restes d'animaux mangés par les anciens riverains du Nil.

Nous devons remarquer, à ce propos, que l'absence de bitume à la surface des ossements ne peut autoriser à conclure qu'ds ne proviennent pas d'animaux momifiés. Nous avons, en effet, rencontré déjà, dans les vases de Touneh el-Gebel, près de Rôdah, de grandes quantités d'os d'ibis complètement débarrassés de bitume et de toutes substances organiques. La disparition de ces matières est due, soit à la plus grande ancienneté des ossements, soit à des conditions différentes de gisement.

On ne sait si la Trionyx du Nil était un animal sacré. Nous nous bornerons à citer diverses représentations de tortues parmi les inscriptions égyptiennes, celle notamment qui se voit dans l'inscription explicative d'une scène allégorique du grand temple d'Edfou (RosELLiNi, Monumenli deU'Egitto e délia Nubia, vol. III, M d. G, fig. 2, pi. XXXIX, Pisa, i844). Mais ces figures ne peuvent être attribuées à la Trionyx, elles correspondent plutôt à des tortues terrestres : dans l'inscription d'Edfou, la tortue a le cou très court et le corps en forme d'ellipse allongée, au lieu que les Trionychidées ont le cou long et le corps discoïde.

Les tortues sont, en outre, représentées en Egypte par des figurines trouvées dans les nécropoles préhistoriques d'El-Amrah, Abydos et Toukh; elles ont été taillées dans un schiste verdâtre dont les gisements se rencontrent, d'après M. de Morgan, dans la chaîne Arabique. Il semblerait à cet auteur r. que ces sculptures eussent été autrefois considérées comme fétiches ou divinités ii. [Recherches sur les origines de l'Egypte, p. 1^9, fig. 358, Paris, 1896.)

Nous voyons encore une tortue dessinée, avec plusieurs autres animaux, à l'intérieur d'un vase en terre rouge provenant de Gébeleine (J. de Morgan, Recherches, pi. II, fig. 5, 1896). Ces figurations sont, comme les sculptures, trop grossièrement exécutées pour autoriser une identification , on peut reconnaître , toutefois , que celles-ci ressemblent au contraire, plus à des tortues d'eaux qu'aux tortues terrestres.

Quoi qu'il en soit, si les documents décrits plus haut ne prouvent pas que Trionyx triunguis a été momifiée par les anciens Egyptiens, ils établissent du moins que cette espèce vit dans le Nil depuis une époque très ancienne. Quelques fragments de carapaces ont d'ailleurs été signalés déjà, par M. Lortet (J. de Morgan, Recherches, p. 99, Paris, 1897), dans les dépôts néolithiques de Toukh, près Négadeh.

Conservation : Bonne.

29588. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long. 1 m. 65 cent., larg. 0 m. /i6 cent. — Esneh (pi. XXXIV).

Description : Ce poisson a été entièrement dégagé de son enveloppe et nettoyé de la vase salée dans laquelle il avait été plongé au moment de la momification. C'est un

LA FAUiNE MOMIFIEE DE L'ANTIQUE EGYPTE. 71

individu de 1res grande taille de l'espèce Lates Niloticus, Cuvier, qui fait partie de la famille des Serraiiidés.

La forme de cette espèce est assez variable. La hauteur du corps est comprise a 3/4 à Il fois dans la longueur totale; la longueur de la tète est conteime de 3 à 3 fois i/a dans la longueur totale du corps. Le profil supérieur de la tète est plus ou moins concave. Le diamètre de l'œil est égal ou un peu inférieur à la longueur du museau. La mâchoire inférieure est projetée en avant; les maxillaires se prolongent jusqu'au bord inféro-poslérieur de l'orbite. Les pré-orbitaire et sous-orbitaire sont finement dentelés; la joue et l'opercule portent de larges écailles. Le pré-operculaire forme un angle droit en arrière, il est finement strié sur sa brandie verticale et présente trois ou quatre fortes épines sur son bord inférieur avec une robuste épine à son angle. Le premier et le second rayons épineux de la nageoire dorsale sont courts, le troisième très fort est le plus grand, aussi long ou un peu plus long que les rayons mous. Les épines anales sont courtes, la seconde et la troisième d'égale longueur; la nageoire caudale est arrondie. La ligne latérale arrive jusqu'à la base de la caudale. Les dents sont veloutées mais la langue en est dépourvue, elle est lisse comme chez la perche. Les écailles présentent une certaine rudesse sur leurs bords. On en compte environ soixante sur la ligne longitudinale, vingt-deux seulement sur la ligne verticale dans la partie du corps la plus haute. La ligne longitudinale est à peu près -parallèle au dos dont elle est distante du tiers de la hauteur du corps près de la tête. Cette ligne s'aperçoit facilement à cause d'une tubulure longue et grêle qui se trouve dans l'axe de chaque écaille.

La couleur du Lates Niloticus est uniformément brune ou olivâtre, argentée en dessous.

Les jeunes sont quelquefois marbrés de brun. Ce poisson se trouve actuellement dans le Nil, le lac du Fayoum, le Bahr Yousef, le Niger et le Sénégal. Il atteint souvent des dimensions énormes. Quelques-uns mesurent jusqu'à i m. 8o cent, et même a mètres de longueur. Sonnini le premier, a reconnu que le poisson Lates est le même (jue celui appelé anciennement Latos par les Grecs. (^Voyage dans la Haute et la Basse-Egypte, Paris, an VII, vol. II, p. 292.) Ce poisson était considéré comme un animal sacré dans le nome de Latopolis on l'on s'abstenait scrupuleusement d'en manger, mais il est très probable que les Egyptiens devaient en faire une grande consommation dans les autres provinces, car sa chair, très ferme, est excellente et très nutritive. Lates Niloticus est appelé Keschr par les fellahs. Ce mot keschr ou kcsclieri signifie écaille de poisson. A-t-on donné ce nom à l'animal parce qu'il est couvert d'un grand nombre d'écaillés? ou bien, y a-t-il quelque rapport entre ce nom et les sphères remplies d'écaillés dont nous parlerons plus loin (n" ag'yag) et qu'on a trouvées dans le sable de la nécropole d'Esneh, au milieu des momies de Lates? Il est extraordinaire que, pendant l'expédition d'Egypte de Bonaparte, les naturalistes attachés à l'armée n'aient pas eu connaissance de la momification de cette espèce, si nombreuse pourtant dans certaines nécropoles.

Le Lates de l'ancienne Egypte est absolument le même que celui qui vit de nos jours dans les eaux du Nil.

Les anciens Egyptiens prenaient le Lates avec de grandes seines manœuvrées par plusieurs embarcations. Quelquefois on le capturait avec une ligne armée d'un hameçon ou avec des fouennes pourvues de deux harpons.

Dans certaines régions de l'ancienne Egypte, les habitants avaient une grande vénération pour le Lates. Plusieurs villes, Esneh entre autres, vouaient un culte spécial à cette espèce; aussi celte cité célèbre dans l'antiquité avait-elle reçu, depuis l'occupation gréco-romaine, le nom de Latopolis. Non seulement les habitants honoraient le poisson vivant, mais encore, par d'ingénieux procédés de momification, ils s'efforçaient de le préserver de toute destruction.

Ces momies ont été ensevelies en quantités prodigieuses à une petite profondeur, dans la plaine sablonneuse qui s'étend à l'ouest de la ville, jusqu'aux premiers contreforts de la chaîne Libyque. Les poissons se trouvent aussi en grand nombre dans la nécropole humaine de la dernière époque ptolémaïque et de l'époque romaine.

Technique : Ces animaux sont entourés soigneusement de bandelettes de lin, teintes en jaune clair par le liquide conservateur. Ils présentent toutes les tailles depuis quelques centimètres jusqu'à un mètre et demi de longueur.

Les procédés de momification varient peu, comme on le verra par la description des spécimens qui portent les numéros suivants.

Conservation : Bonne. Quelques rayons osseux de la nageoire dorsale sont brisés, ainsi que des parties de la nageoire caudale.

BiDL. : La Faune momifée, p. 188, llg. 8a.

29589. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long, o m. 28 cent., larg.

G m. 08 cent. — Esneh (pi. XXXIV).

Description : Ce spécimen est dépouillé de son enveloppe d'étoffe. Les linges de teinte jaune clair étaient fixés par de nombreuses lanières détachées du rachis de feuilles de palmier. Ces lanières avaient été enroulées autour du corps , dans le sens transversal , puis reliées les unes aux autres au moyen d'un lien longitudinal. Lorsque les linges furent enlevés on reconnut un exemplaire bien conservé de l'espèce Lates Niloticus. Les individus de dimensions un peu considérables montrent quelquefois sur un de leurs lianes, une incision longitudinale destinée à laisser pénétrer dans la chair et à l'intérieur de la cavité abdominale, la saumure dans laquelle on devait les plonger.

BiBL. : La Faune momifiée, p. i85, fig. 79.

29590. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long. 0 m. 3/i cent., larg.

0 m. 1 1 cent. — Esneh (pi. XXXIV).

Description : Le mode d'enveloppe de cet exemplaire différait un peu de celui qui vient d'être décrit. Les bandes d'étoffe, au lieu d'être fixées par des fibres de palmier, étaient maintenues par des tiges de papyrus enroulées et nouées les unes aux autres.

Le poisson, en excellent état de conservation, offre toutes les particularités morphologi([ues du Lates niiotique. On voit bien, entre autres, sous les téguments desséchés, les quatre épines du bord inféiieur du pré-operculaire, qui caractérisent l'espèce.

CoNSEnvATioN : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 186, fîg. 80.

29591. Lates Niloticus. — Poisson nioniifié. — Lon^j. 0 m. 29 cent., larg. o m. 08 cent. — Esneh.

Description : Ici encore les caractères spécifiques sont des plus évidents, l'identification ne peut laisser aucun doute.

Ces poissons ne portent pas de trace du bitume qui a été employé le plus souvent dans la momification , ils paraissent imprégnés d'un liquide conservateur d'une nature différente. Il était intéressant de connaître la composition chimique de ce liquide si habilement utilisé pour préserver de toute altération des corps aussi facilement putrescibles. Les analyses de MM. Lortetet Hugounenq, professeurs à l'Université de Lyon, ont appris que ces poissons subissaient simplement une macération plus ou moins prolongée dans les eaux fortement saumâtres provenant des lacs de natron, situés dans diverses parties de l'Egypte; puis qu'ils étaient ensuite entourés d'une couche de vase chargée de substances salines, maintenue par un bandage habilement appliqué. Grâce à la sécheresse de l'air et à l'action protectrice d'un sable absolument sec, chaud et presque toujours fortement salé, ces momies se sont si bien conservées, pendant vingt- cinq siècles au moins, que quelques-unes d'entre elles paraissent contenir encore presque autant de matières animales que certaines morues qui sont consommées en Europe.

Composition chimique des Lates momifiés (Lortet et Hugounenq, Comptes -rendus de l'Institut, Paris, 1909) : Ces poissons secs, pulvérisés et tamisés, fournissent une poudre jaune, d'odear sui generis , qui, reprise par l'eau bouillante, abandonne à ce dissolvant une certaine quantité d'acide urique.

Si l'on épuise la matière par de la soude caustique , on obtient une liqueur alcaline noire, qui, traitée par un excès d'acide chlorhydrique, abandonne aussitôt une résine brune et laisse ensuite déposer de l'acide urique.

Un dosage d'azote total par la méthode de Kjehldal a donné le résultat suivant :

Azote 8.47 pour 100

ce qui correspond à

Matières albuminoïdes 5i2 . 98 pour loo

en admettant que l'azote total doive être exclusivement rapporté aux matières protéiques, ce qui n'est pas tout à fait exact. Catal. du Musée, n° agSoi. •<>

Lorsqu'on incinère la substance au four à moufle, il reste 3/1.77 pour 100 de cendres grises, oii l'on aperçoit de nombreux grains de peroxyde de fer. Ces cendres sont partiellement solubles dans l'eau (un tiers environ); la partie soluble a pu être attaquée par l'acide chlorhydrique dilué, à l'ébullition. Une portion importante constitue un résidu gris, formé de silice et de silicates divers.

Voici, d'après M. Hugounenq, l'analyse globale des cendres :

Chlorure de potassium 9.o3 pour 1 00

Chlorure de sodium a3.6a

Sulfate de soude 8.67

Phosphate de chaux et de magaësie 5. 81

Peroxyde de fer 1 . 3 1

Argile et silicates divers 57.98

Non dose , pertes , etc 0.78

Total 100.00

La composition des cendres , en même temps que la teneur élevée des poissons en sels minéraux (3/1.77 V^^^ 100), indiquent manifestement que, pour assurer la conservation de ces animaux, les Egyptiens les enroulaient dans un mélange d'argile et de sable imprégnés d'une forte proportion de sels alcalins et particulièrement de chlorure de sodium. Cette terre, naturellement salée, provenait sans doute des lacs de natron qui, desséchés sur leurs bords, produisent ce sable argileux chargé de sels. Ce sont ces derniers qui, ajoutés à l'action d'un climat sec, ont assuré pendant une longue période, la conservation si remarquable de ces, poissons.

Conservation : Bonne.

29592. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long. 0 m. 35 cent., larg.

0 m. 10 cent. — Esneh.

Description : Ce poisson ofl're tous les caractères distinctifs de l'espèce. Les rayons épineux de la première nageoire dorsale sont intacts, de même que les rayons de ia nageoire molle postérieure.

Conservation : Bonne.

29593. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long, o m. ko cent., larg.

0 m. 1 1 cent. — Esneh.

Description : Comme chez la plupart des exemplaires précédents l'espèce se reconnaît à ia forme très particulière du pré-operculaire , armé de trois ou quatre épines sur son bord horizontal.

Conservation : Bonne.

29594. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long, o m. 17 cent., larg.

0 m. 06 cent. — Esneh.

Description : Ce Lates de petite taille est en assez mauvais état de conservation. Sa nageoire caudale manque en partie, néanmoins l'identification a été facile, grâce aux particularités de la tête et de la nageoire dorsale.

Conservation : Mauvaise.

29595. Lates Niloticus. — Poisson momifié. — Long. 0 m. ly cent., larg.

0 m. 06 cent. — Esneh.

Description : Ce spécimen, de même grandeur que le précédent, est aussi en mauvais état, ses nageoires caudale et dorsale sont brisées presque en totalité. Toutefois, les caractères morphologiques de la tête ont, là encore, rendu facile la détermination spécifique.

Conservation : Mauvaise.

29596. Pterocera lambis. — Coquille. — Long. 0 m. 2 4 cent. , larg. 0 m. 1 /t cent.

— Karnak (pi. XXXV).

Description : Les coquilles mentionnées dans le présent Catalogue ont été étudiées à Lyon par M. Locard. Elles proviennent presque toutes des fouilles exécutées à Karnak par M. Legrain, inspecteur du Service des antiquités de l'Egypte. La plupart de ces coquilles gisaient à une grande profondeur. Leur âge ne peut être fixé avec certitude, cependant on pense qu'elles remontent surtout à l'époque ptolémaïque.

La description zoologique de ces mollusques est empruntée en partie à l'étude de M. Locard qui a été publiée dans l'ouvrage de MM. Lortet et Gaillard sur La Faune momifiée de l'ancienne Egypte.

Le spécimen n° agBgG se rapporte à Pterocera lambis, Linné, qui appartient à la section des Heptadactylus de Klein. C'est un échantillon de très grande taille, en assez bon état de conservation. Son test est lourd et épais , les saillies épineuses sont presque toutes intactes. En outre, les nodosités qui décorent le haut des deux derniers tours, se poursuivent également dans la partie supérieure de la spire et sont très nettement accusées; ce caractère ne se trouve pas aussi prononcé chez les sujets de taille moindre. L'intérieur de l'ouverture est encore nacré; l'ensemble est d'un roux jaunâtre, mais toute trace de coloration ornementale a disparu.

On a observé cette espèce dans la mer Rouge à Souakin, où elle est commune, dans le golfe d'Akaba et aux environs de Massaoua. En dehors de ces régions, son extension géographique est considérable, elle a été signalée à Amboine, aux îles Banda et Frederick, Batavia, Giava, Madagascar, aux îles de la mer du Sud, à Zanzibar, Mozambique, Maskari, dans l'archipel Indien, l'île Bourbon, à Madras, Ceylan, Tongatabou, Vanicoro où elle est très commune, Nouvelle-Zélande, Philippines, etc.

Les divers mollusques trouvés à Karnak et dont la description détaillée est donnée

plus loin, comprennent en tolalité dix-sept espèces : dix gastropodes marins, deux des eaux douces et cinq lamellibranches également marins. Toutes ces coquilles, de taille grande ou moyenne, sont dans un état de demi-fossilisation; elles ont perdu leur riche coloration normale pour revêtir un faciès uniforme d'un jaune roux terne.

Ces espèces ont une origine sensiblement locale. Elles proviennent soit des eaux du Nil et des cours d'eau qui en dérivent, soit de la mer Rouge et de l'océan Indien. Si nous prenons le catalogue de la mer Rouge du docteur A. Issel nous voyons que, sauf Murex hrandaris, Cassis glauca, Trulacna gigas et Ostrea plicata, toutes vivent actuellement dans la mer Rouge et le Nil ; Murex hrandaris seul fait partie de la faune méditerranéenne, les trois autres appartiennent à la faune malacologique de l'océan Indien.

Pour quels motifs ces coquillages ont-ils été ainsi réunis par les anciens Egyptiens? Quelle signification ces animaux avaient- ils autrefois? Nous l'ignorons.

M. Locard pense que les coquilles jouaient peut-être en Egypte le même rôle que les autres animaux dont les restes momifiés sont conservés au Musée du Caire. Ce savant cite dans les religions de l'Inde ancienne plusieurs divinités qui portent la conque sacrée, entre autres Vishnou, Krishna, Durga, Ganeça, Devi, Sourga, Nemi et bien d'autres; les Brahmanes également adorent la conque. f^Or, de l'Inde à l'Egypte le pas n'est pas très grand, étant donné surtout le nombre d'espèces malacologiques communes à ces deux régions baignées par les mêmes eaux de l'océan Indien, n

M. Locard croit qu'il convient de rechercher dans cet ordre d'idées, l'explication de semblable réunion de coquilles aussi différentes.

Quoi qu'il en soit, il est bon de rappeler à ce propos que Pétrie, dans ses recherches sur les origines des rc Compagnons d'Horus^ a signalé à Coptos redes statues préhistoriques portant la représentation de coquilles et d'autres animaux qui ne peuvent provenir que de la mer Rouge et plus particulièrement du sud de cette mer n (i History ofEgifpt, t. I, p. 1 2-1 5 , 1896 ).

Ces statues de Coptos , de même que les coquilles de Karnak , prouvent donc d'une manière positive que les Egyptiens ont été à diverses époques en relations avec les habitants des côtes méridionales et occidentales de la mer Rouge. 11 appartient aux égyptologues de rechercher quelle a été la nature de ces relations.

Conservation : L'exemplaire n° 29696 est en bon état, c'est un des meilleurs de la collection.

29597. Pterocera lambis. — Coquille. — Long, o m. 21 cent., diam. cm. i3 cent. — Karnak.

Description : Cet échantillon, de même espèce que le précédent, a des dimensions un peu moindre. Le test est toujours épais et lourd, mais les nodosités extérieures des deux derniers tours sont moins accusées, les prolongements épineux sont en partie brisés.

Conservation : Passable.

29598. Pterocera lambis. — Gotjuilie. — Long, o m. 21 cent., diani.

o m. i/i cent. — Karnak.

Description : Ce ptérocère présente les mêmes caraclères que les deux premiers. Toutefois ses saillies épineuses manquent presque en totalité, par suite d'une assez grande cassure du dernier tour.

Conservation : Passable.

29599. Fasciolaria trapezium. — Coquille. — Long, o m. 16 cent., diani.

o m. 09 cent. — Karnak.

Description : Le n" 29699 est un échantillon bien typique et de belle taille de l'espèce Fasciolaria trapezium, Gmélin. D'après le docteur Kobelt (m Martini und Giiemnitz, Sysl. Conch, murex, 1 87 8 , p. 1 3 1 ) les plus grands individus ne dépassent pas 1 80 millimètres. Sur le dernier tour, il existe neuf tubercules saillants, arrondis, bien distants. Sur la columelle on observe dans le bas trois plis, le plus inférieur plus accusé que les deux autres, tous les trois très immergés. Le test est solide, épais, d'un roux un peu rougeâlre.

Lamarck signale cette espèce dans l'océan des Grandes Indes. Le docteur Kobelt l'indique à Suez, au Natal, au sud du Japon et en Nouvelle Calédonie. M. Issel la cite dans la mer Rouge.

Gonservation : Bonne.

29600. Murex anguliferus. — Coquille. — Long. 0 m. 10 cent., diam.

o m. 08 cent. — Karnak.

Description : Dans cette espèce, le test est épais et lourd. Les petites côtes décurrentes qui ornent le test sur tout le dernier tour, sont peu visibles. La teinte est d'un roux uniforme.

Murex anguliferus, Lamarck, vit dans la mer Rouge. Savigny en a figuré un jeune exemplaire (Description de l'Egypte, Goq. , pi. IV, fig. 28). Gette forme est commune à Suez sur les bancs de Madrépores, mais moins fréquente dans le golfe d'Akaba. Le type de Lamarck provient des côtes d'Afrique, dans l'océan Atlantique. Paetel l'indique dans l'océan Indien.

Conservation : Mauvaise. L'extrémité de la spire est brisée.

29601. Murex anguliferus. — Coquille. — Long. 0 m. i3 cent., diam.

o m. 1 o cent. — Karnak.

Description : Get échantillon est incomplet également, il est brisé vers l'extrémité de la spire, mais les diverses particularités spécifiques sont assez nettes.

Conservation : Passable.

29602. Murex anguliferus. — Coquille — Long. cm. lo cent., diam. G m. 08 cent. — Karnak (pi. XXXV).

Description : Ici la conservation est excellente. On distingue parfaitement les petites costulations transversales du dernier tour. L'ensemble de la coquille est de teinte roussâtre clair.

Conservation : Très bonne.

29603. Murex anguliferus. — Coquille. — Long, o m. i3 cent., diam. G m. 09 cent. — Karnak.

Description : Cet exemplaire, un peu plus grand que le précédent, est comme celui-ci

en très bon état. Le test est particulièrement solide, épais et lourd. Conservation : Très bonne.

29604. Murex brandaris. — Coquille. — Long, g m. o5 cent., diam. o m. o/i cent. — Karnak.

Description : Murex brandaris, Linné, est représenté par un seul échantillon bien adulte, quoique de taille petite, à épines courtes mais non mutiques, avec le test fortement strié transversalement.

Cette espèce n'est connue que dans les mers d'Europe , principalement dans la Méditerranée où elle est très répandue sur toutes les côtes, dans l'Adriatique et la mer Egée. Elle passe dans l'Atlantique et s'étend depuis la péninsule Ibérique jusqu'aux Canaries. Ledocteur Issel cite avec un point de doute Murex trunculus (^Malacologia del mar Rosso , 1869, p. i36), dans la mer Rouge, sans faire mention de Murex brandaris.

Conservation : Bonne.

29605. Cypraea panlherina. — Coquille. — Long, g m. g8 cent., diam. G m. G 5 cent. — Karnak.

Description : Un seul échantillon incomplet. L'ouverture est entière et parfaitement caractérisée, mais sans trace de coloration. Plusieurs auteurs ont considéré cette forme comme une simple variété du Cyprœa tigris, Linné. Elle paraît assez distincte à M. Locard pour être maintenue au rang d'espèce.

Cyprœa panlherina, Solander, se trouve actuellement dans la mer Rouge; elle est abondante dans le golfe d'Akaba; on l'a signalée dans les stations suivantes : Ras Mohammed, Souakin, Massaoua, côtes sud de l'Arabie et golfe Persique.

Conservation : Mauvaise.

2%06. Cypraea histrio. — Coquille. — Long, o m. 06 cent., diam. cm. oU cent. — Karnak.

Description : Un spécimen incomplet, l'ouverture seule est en bon état et bien caractérisée.

La plupart des auteurs ont signalé celte forme dans l'océan Indien; elle existerait également sur la côte orientale d'Afrique. Cijprœa hislrio , Gmélin , vit aussi dans la mer Rouge, à Souakin et Massaoua, à Zanzibar, au Mozambique et dans les îles Mascareignes.

Conservation : Mauvaise.

29607. Cypraea caput-serpentis. — Coquille. — Long, o m. o3i mill.,

diam. o m. 021 mill. — Karnak.

Description : Cet échantillon bien conservé est, comme on le voit par ses dimensions, une forme relativement peu élevée, mais son galbe et l'allure des caractères aperturaux permettent d'assurer la détermination. Le test d'un roux clair, a conservé sur le dos une teinte acajou très pâle.

L'extension géographique de Cyprœa capul-serpenhs , Linné, est très vaste, on en relève la présence dans les stations suivantes : mer Rouge, Suez, Massaoua, Seychelles, Zanzibar, Mozambique, Réunion, océan Indien, Chine, Japon, Nouvelle Guinée, etc.

Conservation : Passable. Le dernier tour est percé d'un trou de quatre à cinq millimètres.

29608. Cypraea melanostoma. — Coquille. — Long. 0 m. 061 milL, diam.

o m. 061 mill. — Karnak.

Description : Un seul échantillon en assez bon état, mais de taille un peu faible. Son galbe ressemble plutôt aux figurations de kiener [Iconog. coq. viv. Porcelaines, p. i3, pi. XXIX, i835) qu'à celles de Weinkauf (Martini und Cuemnitz, Syst. conch. cab. Cyprœa, 1881, p. 35, pi. X, fig. 6 et 7).

Toute la coquille accuse une teinte roux clair avec des traces de roux un peu ferrugineux sur le dos.

Cyprœa melanostoma, Leates, a été signalée dans la mer Rouge et dans l'océan Indien, ainsi que dans le golfe de Suez, à Massaoua et aux îles Chagos.

Conservation : Passable. Le dernier tour est percé d'un trou de quinze millimètres.

29609. Cypraea sp (?). — Coquille. — Long, o m. o43 mill., diam.

o m. 020 mill. — Karnak.

Description : Cette coquille est trop incomplète pour pouvoir être déterminée spécifiquement. Elle a une teinte noirâtre qui paraît provenir de l'action du feu. Conservation : Mauvaise.

29640. Strombus tricornis. — Coquille. — Long, o m. iio mill., diam. G m. o5o mill. — Karnak (pi. XXXV).

Description : Strombus tricornis, Lamarck, est représenté au Musée du Caire par deux échantillons. Le plus grand, qui porte le n° 29610, est incomplet; toute l'ouverture, à partir de la première grande saillie dorsale , fait défaut ; la spire mesure 0 m. o 4 0 mill. de hauteur; l'intérieur affecte un aspect et une coloration vieil ivoire; l'extérieur est d'un jaune roussâtre clair.

MM. Issel et Tapparone-Canefri donnent comme habitat à cette espèce, les localités suivantes : mer Rouge, baie d'Annesly, Kosséir, golfe de Suez, baie d'Assab, Ras Domeirah, Akaba, Antilles, Martinique, Seycheiles, Rourbon, Philippines.

Conservation : Passable.

29611. Strombus tricornis. — Coquille. — Long, o m. 070 mill., diam.

o m. o/i5 mill. — Karnak.

Description : Le petit échantillon est brisé à son sommet , les pointes sont écourtées , mais on distingue néanmoins très nettement le mode d'ornementation dorsale si parfaitement caractéristique. C'est très vraisemblablement la variété 'J^ de MM. Issel et Tapparone- Canefri, Viaggio nelmar Rosso, in Ann. Mus. Cw. di Genova, t. VIII, p. 3/ii, 1876.

D'après la taille et le galbe des deux échantillons décrits sous les n°' 296 1 o et 296 1 1 , M. Locard pense qu'ils proviennent probablement de deux stations différentes.

Conservation : Passable.

29612. Cassis glauca. — Coquille. — Long, o m. o55 mill., diam. cm. o35 mill.

— Karnak.

Description : Un seul spécimen en assez mauvais état, probablement encore un peu jeune, le test est mince et comme quadrillé, ainsi qu'on l'observe chez les individus non adultes de cette espèce, alors que les adultes ont, au contraire le test lisse. «Les jeunes individus, dit Kiener (^Iconogr. coq. viv. Porcelaines, p. i3, pi. XXIX), diffèrent essentiellement des adultes par des plis transverses qui couvrent toute la superficie du dernier tour et se mêlent à des plis longitudinaux, n II existe chez noire sujet un assez fort bourrelet au voisinage de l'ouverture; sa base est en partie masquée par le développement du bord columellaire; celui-ci, fortement plissé dans le bas, devient lisse à sa partie supérieure.

Cassis glauca, Linné, vit dans la mer des Indes, aux Philippines et aux Moluques; on ne l'a pas signalé dans la mer Rouge.

Conservation : Mauvaise.

29613. Meladomus boltenianus. — Coquilles. — Long. 0 m. 028 mill., haut.

cm. 020 mill. — Karnak.

Description : Deux échantillons, le plus grand atteignant o m. 028 mill. de diamètre.

Ils ont conservé une teinte jaune clair, et, malgré la faible épaisseur de leur test, ils sont encore en assez bon état et presque complets.

Meladomux Bolteiiimitis , Chemnitz , est, au dire de Bourguignat {^Mollustptes de l'Afrique éqnatovude, p. 179, 1881)), des plus abondants dans le Nil et dans tous les cours d'eau cl marais de la Basse-Egypte; il a été également trouvé, depuis le lac Nyanza, dans le Kordofan, le Sennaar, i'Abyssinie et la Nubie; plus récemment U a été rapporté par M. G. Revoil de Guélidi. Il est très commun dans le Nil Bleu , ainsi que dans le lac Dembea.

Conservation : Passable.

29614. Vivipara unicolor. — Coquille. — Long, o m. 028 mill., haut.

o m. 01 5 mill. — Karnak.

Description : Un seul individu de taille normale et bien adulte; les tours sont arrondis, ce ([ui différencie celte espèce du Paludina biaiigulata de Kûsler (^Gati. Palud., p. 26, pi. V, fig. 11, 19, 1862), qui souvent vit avec Vivipara unicolor et peut être considérée au moins comme en étant une variété bien définie.

Vivipara unicolor, Olivier, comme l'a montré Bourguignat, est une forme du Centre Africain qui, parle grand cours du Nil, s'est acclimatée dans toute l'Egypte. Il l'indique, en effet, dans les eaux du canal d'eau douce de Suez, du Nil près Boulaq, de Zagazig, du canal Mahmoudieb près Alexandrie, des déblais du canal maritime à hauteur du Sérapéum, à t 5 kdomèlres au nord des lacs Amers, de Médinet au Fayoum, enfin elle s'étend jusqu'en Abyssinie au lac Dembea ou Tzana.

Conservation : Très bonne.

29615. Meleagrina margaritifera. — Coquille. — Long. 0 m. i5o mil!., larg.

o m. i3o mill. — Karnak.

Description : Une valve entière de forme normale bien caractérisée; l'intérieur est d'un beau nacré carnéolé , à l'extérieur on retrouve des traces de stries concentriques.

Meleagrina margaritifera , Linné, est la coquille perlière par exellence; elle vit surtout dans le golfe Persique , sur les côtes de Ceyian , dans les mers de la Nouvelle-Hollande , dans le golfe du Mexique. On l'a signalée également dans les golfes de Suez et d'Akaba.

Conservation : Bonne.

29616. Meleagrina margaritifera. — Coquille. — Long. 0 m. 070 mill., larg.

G m. oGo mill. — Karnak.

Description : Cet échantillon ne représente qu'un fragment de valve, toutefois les particularités morphologiques sont assez nettes pour permettre de le rattacher à Meleagrina margaritifera.

Conservation : Mauvaise.

Calai, du Musée, n° agâoi. n

29647. Ostrea plicata. — Coquilles. — Lon{|. o m. 070 mill., larg. o m. oboniill.

— Karnak.

Description : Une valve inférieure et une valve supérieure conformes au type figuré par Reeve (/co«. Coiich. ostrea, pi. XXVIl , fig. 68 , 1871), c'est-à-dire d'un galbe allongé, avec des bords bien crénelés, le sommet de la valve inférieure en forme de triangle isocèle allongé.

Ostrea plicata , Linné, est connue dans l'océan Indien et en Chine; Lamarck l'indique également dans les mers d'Ajnérique.

Conservation : Bonne.

29618. Ostrea plicata. — Coquilles. — Long. 0 m. o()omill.,larg-. 0 ni. o55 mill.

— Karnak.

Description : Trois valves inférieures de la variété elala, un peu plus large, plus

subtrigone et moins haute, également représentée par Reeve (Hg. 68, a). Conservation : Bonne.

29619. Ostrea plicata. — Coquilles. — Long. om. 080 mill., larg. 0 m. o/i5 mill.

— Karnak.

Description : Ce sont encore deux valves inférieures, mais celles-ci se rapportent à la variété allongée. Ainsi que les deux échantillons décrits sous le n° 296 1 7, ces valves ont leurs bords crénelés et leur sommet en forme de triangle isocèle allongé.

Conservation : Passable.

29620. Pectunculus pectinoïdes. — Coquille. — Long. 0 m. o48 mill., larg,

o m. 0/17 mill. — Karnak.

Description : Une seule valve déjà bien roulée lorsqu'elle a dû être recueillie; son galbe se rapporte assez à celui qui est figuré dans l'atlas de Savigny (^Description (le l'Egypte, Goc[., pi. X, fig. 2, 180/1). On distingue encore à la périphérie des traces, assez légères il est vrai, de l'ornementation si caractéristique de cette espèce.

Pectunculus pectinoïdes, Lamarck, est signalé par A. Issel dans la rade de Suez et le golfe d'Akaba. Lamarck attribue son type à l'Océan asiatique et américain. On aurait également trouvé cette espèce aux Philippines.

Conservation : Passable.

29621. Tridacna gigas. — Coquille. — Long. om. 100 mill., larg. o m. 060 mill.

— Karnak (pi. XXXV).

Description : Une valve assez bien conser\'ée. Les côtes rayonnantes sont arrondies, mais les squammules, toujours très nombreuses et très rapprochées, sont totalement arasées. Cet échantillon a la plus grande analogie avec la figure 1 C de la planche II de Y Iconographie de Reeve.

Tndacna glgas, Lamarck, n'esl connue que dans l'océan Indien, où elle atteint parfois, comme on le sait, des dimensions considérables. M. Issel n'en fait pas mention dans son Catalogue des mollusques de la mer Rouge.

29622. Tridacna gigas. — Coquille. — Long, o m. i ho mill. , larg. o m. 080 mill.

— Karnak.

DEScniPTiON : Cet échantillon ne diffère du précédent que par des dimensions un peu plus élevées.

Ainsi que le fait remarquer M. Locard, la détermination des Tridacnes est toujours chose assez délicate, surtout lorsque les spécimens ne sont pas parfaitement conservés, comme c'est le cas des coquilles trouvées à Karnak. Néanmoins ce naturaliste a cru pouvoir rattacher à Tridacna gigas, les échantillons du Musée du Caire qui présentent tous, nous l'avons dit, une ressemblance sullisante avec le type de l'espèce figuré par Reeve dans son Iconographie.

Conservation : Bonne.

29623. Tridacna gigas. — Coquille. — Long. 0 m. 1 5o mill.,larg. 0 m. 090 mill.

— Karnak.

Description : Une valve de même taille que la précédente, mais en mauvais état. Elle est brisée en plusieurs points sur ses bords, à l'extrémité périphérique des côtes rayonnantes.

Conservation : Mauvaise.

29624. Tridacna gigas. — Coquille. — Long. om. 120 mill., larg. cm. 076 mill.

— Karnak.

Description : Ce spécimen est fortement roulé, on n'aperçoit plus de trace des

squammules, le relief même des côtes rayonnantes est très atténué. Conservation : Mauvaise.

29625. Tridacna gigas. — Coquille. — Long. om. 160 mill., larg. 0 m. 090 mill.

— Karnak.

Description : Cette valve, l'une des plus grandes de la série, est relativement en bon

état. L'ornementation extérieure est effacée en partie, mais les bords sont intacts. Conservation : Passable.

29626. Tridacna elongata. — Coquille. — Long. 0 m. 200 mill., haut.

0 m. 100 mill. — Karnak.

Description : L'iini([ue échantillon rapporté à cette espèce est incomplet; il mesure

néanmoins o m. 080 miH. d'épaisseur el o ni. 100 niill. de hauteur pour une seule valve. 11 possède six à sept côtes très fortes et surtout très saillantes, bien espacées antérieurement, plus rapprochées dans la région postérieure, élargies à la base et étroitement arrondies au sommet. Le test est solide, épais, orné de nombreuses costulations rayonnantes, petites, rapprochées, arrondies, assez régulières et de squammules saillantes, un peu épaisses, distinctes, irrégulières, mais toujours moins rapprochées que chez l'espèce précédente. Enfin la charnière est épaissie et puissante. Par suite de l'allure particulière des côtes, tressaillantes el très étroitement arrondies dans le haut, M. Locard pense que cette forme constitue au moins une variété bien définie par rapport au type.

Tridacna eloiigala, Lamarck, vit dans l'océan Indien. Issel la signale dans la rade de Suez et dans le golfe d'Akaba ; on la trouverait également aux Philippines.

Conservation : Passable.

29627. Tridacna gigas. — Coquille. — Lonjj^. 0 m. i8omill.,liaut. o m. loomill.

— Karnak.

Description : Un dernier spécimen doit être rapporté à Tridacna (pgas, Lamarck. Comme dans les échantillons décrits plus haut, les squammules sont complètement arasées; en outre, la coquille est brisée sur près de la moitié de sa longueur.

Conservation : Mauvaise.

29628. Crocodile momifié. — Longueur totale 5 m. 20 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Cet exemplaire est un représentant de grande taille de l'unique espèce africaine, Crocodilus Niloticus, Laurenti,dontlescaractèreszoologiques ont été indiqués plus haut, à propos d'une tète momifiée d'Esneh, cataloguée au Musée du Caire sous le n" 29678.

CeolTroy-Saint-Hllaire (^Description de l'Egypte, t. XXIV, p. io 1 , Paris, 1 829), se basant sur certaines différences de proportions de la tète et du corps , sur le nombre variable des plaques osseuses dermitjues de la nutjue et sur (juelques caractères crâniens, avait cru pouvoir distinguer en Egypte cinq espèces de crocodiles : Crocoddus vulgaris, Crocodilus suchiis, viargtnatus , lacunosus et complanatus , ces deux dernières d'après des momies de Thèbes. Mais, depuis, en possession de nombreux éléments de comparaison, les naturalistes ont reconnu qu'il n'existe qu'une seule espèce de crocodile en Afrique. Toutefois, elle présente d'assez grandes variations Individuelles et sexuelles qui expliquent les distinctions de Geoffroy-Saint-Hllalre.

Nous avons dit qu'à l'époque pliaraonujue le crocodile était un animal sacré pour les habitants de certaines réglons de l'Egypte, notamment pour ceux d'Arsinoé ou Crocodllopolls, l'ancienne capitale du Fayoum. Là, rapporte Hérodote, on choisissait un crocodile de grande taille ([ue les Egyptiens nourrissaient après lui avoir appris à manger dans la main. Ils lui mettaient, ajoute l'historien, des anneaux d'or ou de terre émaillée aux oreilles et des bracelets aux pattes de devant.

Dans le Fayoum et à Unibos le crocodile était vénéré comme on sait, sous le nom de Sobkou. Par contre, les habitants d'autres régions de l'Egypte lui faisaient une chasse acharnée.

Technique : Pour la momification, les membres ont été étendus en arrière et serrés, à droite et à gauche, contre le tronc ou la base de la ([ueue. Après macération dans un bain de natron, le saurien a été abondamment badigeonné de bitume, puis enveloppé d'une ou plusieurs larges bandes de toile, dont on ne voit plus (|ue des fragments à la surface de la peau et des plaijues dermiques.

Conservation : Bonne.

29629. Crocodile momifié. — Longueur totale h m. 65 cent. — Kôm-Ombo.

Description : Ce spécimen est de taille un peu moindre que le précédent, mais il a été momifié de la même manière. Ses membres sont étendus en arrière et ramenés contre le corps. Par places on aperçoit des lambeaux de toile adhérant au bitume dont l'animal a été enduit au moment de la momification.

Conservation : Bonne.

29630. Crocodile momifié. — Longueur totale d m. ï^b cent. — Kôin-Ouibo.

Description : Il a le même aspect et environ les mêmes dimensions que le spécimen n° 29G2C). Les membres sont toujours disposés de la même façon le long du corps. Sur la tête et le tronc on voit aussi quelques taches de bitume et des fragments de toile, montrant que l'animal a, également, été badigeonné de goudron puis enveloppé de linges.

Conservation : Passable. La tète porte, vers la région orbitaire, une forte hlessure qui paraît avoir été faite , sinon avant la mort de l'animal , du moins avant sa momification , car le bitume tapisse l'intérieur même de la fracture.

29631. Crâne de cynocéphale. — Longueur totale, des incisives médianes à la

partie postérieure de l'occipital cm. i63 niill., diamètre hizvgoinatique maximum 0 m. 098 mill. — Tombeau de Thotuiès III à Bibân-el- Molouk.

Description : Ce crâne provient d'une tète de babouin trouvée dans le tomheau de Thotmès IIL II porte encore en plusieurs points, à la face inférieure notamment, la trace des substances bitumineuses utilisées pour la momification.

Les particularités de la capsule crânienne, de la face et de la dentition permettent de rattacher avec certitude, celte tète osseuse à l'espèce Papio Hamadnjas, Linné, <[ui se distingue des autres singes cynocéphales par les caractères morphologiques suivants :

Taille du chien caniche commun. Pelage gris argenté et gris olivâtre; poils annelés alternativement de gris et de jaune. Très longs sur les épaules et le cou, formant

une sorte de caniail chez les individus mâles adultes. Museau allongé, face et joues couleur de chair. Callosités postérieures larges et d'un rouge vil'. Queue longue, touffue à l'extrémité.

La femelle n'a pas de camail , elle est un peu plus petite que le mâle et de couleur générale gris olivâtre. Les jeunes ont un pelage court dans les deux sexes.

La tète de cynocéphale du tombeau de Tholmès III, appartient £i une femelle adulte. Sa dentition est en parfait état de conservation , sauf les quatre canines dont les pointes ont été limées, sans doute pour rendre moins dangereuses les morsures de l'animal.

Ci-dessous nous indiquons les principales dimensions de ce crâne, comparativement avec quelques-unes de celles relevées par Andersen et Winton [Zoolog-ij of Egypl, Mammalia, London, 1902) sur plusieurs têtes osseuses d'individus modernes, appartenant aux diverses formes de cynocéphales qui vivent dans la vallée du Nil ou les régions avoisinantes.

l'APIO HiMADRYAS

VIPIO AKVBIS

PAPIO

PAPIO

CTNOCEPHàLCS

PUCl/IOSOS

UOWlFIt. MODEltSE.

UODEn^E.

MOOER?(S.

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