‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 10 sur 59 · PAULIN, PHILIPPE · texte numérisé non relu

PAULIN, PHILIPPE

PHILIPPE , gai ment.

« N'oid^lie pas que le capitaine Brice est le meillenr de « tes amis. » C'est ça, c'est bien ça... Je l'aime, moi, ce capitaine ; je lui trouve là un je ne sais quoi qui me fait plaisir... C'est qu'il t'a serré la main... comme je te la serrerais moi-même , si je n'étais pas en colère contre toi.

PAULIN

Toi , Philippe ?

PHILIPPE

Oni , moi. Je suis fort mécontent de te voir sans cesse avec ce mauvais sujet de M. Edouard.

PADLIN.

Philippe !

PHILIPPE

Je sais ce que je dis, mon cousin. T'as plus d'esprit que moi, c'est clair; mais je sais plu? vieu.x que toi de «.lis ans Ld fausse Clef. 2

t^ost connu , par ainsi j^ù plus d'expérience; je vois rjne ton M. Eflouard, ii'e^t qu^ni hypocrite qui tromj)e son père, et qui te tromperait de méine , si je n'étais pas lit pour l'en avertir.

PAULIN, à part.

Saurail-i] ? ( haut ) Tu es dans l'erreur , mon ami -, Edouard est un jeiuie homme rangé....

l'IllLlPPE.

Ah ! ]jcn oui, langé !... c'est à moi qi^^il faut faire ces contes-là !... tiens, aujourd hui encore , je cfage que c'est lui qui est cause... je connais sa conduite , sans qu il s'en doute ; souv(;nt je le renconîre de grand matin, tandis que M. Dubreuil le croit enfermé dans sa cliandire. lieu sait d'où il vient !... ca m'est hen égal , aussi je n'en dis rien , ça ne me regarde pas; mais ventie-bleu, si tu te dérangeais pour ce mauvais gainenient , vois-tu ben, Paulin, sans balancer, je dirais tout à son père.

PAULIK.

Philippe , songe aux chagrins que tu causerais a ]M. Dubreuil !... ah ! garde-toi jamais...

PHILIPPE

Garde-toi donc de lui, car tout ça iinira mal, je te le prédis.

PAULIN^ h part.

Malheureux Edouard !

PHILIPPE

Eu conscience , lii , toi qui es si sage , si bon , peux-tu écouter ce jeune homme !... j.a mauvaise compagnie fait faire quelquefois ben des mauvaises choses.

PAULIN , souriant.

Sois tranquille.

PHILIPPE

Mille pipes ! fais donc ce que je te dis ; sois toujours l'exemple des commis de Marseille ; conserve ces jjrincipes d^hoiineur et de sagesse qui font... qui font.... qu'on est sage, qu'on esthonnète.

PAULIN

Tu es un exeellent moraliste , mon pauvre Philippe.

PHILIPPE

C'est que , vois-tu ben , on se fie sur ses principes; sans s'en douter, on s'ouLlie, et en s'oubliant... ma fine... écoute donc... on ne se souvient plus... je m'embrouille dans tout ça, moi , mais c'est égal , tu sais ce que je veux dire. D'ailleurs^ je vois ton M. Edouard, et je m'en vas. ( // sorl vivement ).

SCÈINE IX.

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