‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 11 sur 59 · PAULIN, EDOUARD · texte numérisé non relu

PAULIN, EDOUARD

EDOUARD

. Ail! Paulin! que d'inquiétudes tu m'as causées!... Que l'a dit mon père?

PAULIN

Il ma traité avec la plus grande indulgence j il n'a pas le moindre soupçon.

EDOUARD

Tu me i-assures.

PAULIIV.

Pour cette fois encore, vous échappez à ses reproches; ( avec sensihiliiê) M. Edouard, ne vous y exposez plus. Tôt ou tard, votre père sera instruit de votre conduite, et alors que de chagrins pour lui!... pour vous, quel avenir!... vous connaissez son caractère violent, emporté !... Voulez- A'ous qu'il vous prive de sa tendresse? moi-même^ voulezvous qu'il m'ôte sa confiance ?... Ah ! si les dangers que vouscouriez, sll'espoir devons ôlre utile ontpum'engager à De point vous quitter cette nuit et une partie de la journée, désormais, ne comptez plus sur moi. Je n'ai poixr tout bien que ma réputation , que l'amitié de votre père, et je m'exposerais à tout perdre si l'on pouvait me croire le complice de vos egaremens.

EDOUARD

Ah ! jamais un pareil soupçon ne peut t'atteindre !... non , jamais !... fallut-il m'accuser moi-même , fallùt-il avouer ma honte , mon déshonneur!...

PAULIN

Quelles expressions, 31. Edouard ! \ous êtes aussi trop

sévère. Cne p.^siion fiiiuisfe , dos coiiiiiii^s;in'"Ps <l.iiic;<'reuses ont [)u vous écarter de vos devoirs; vous avez bien des fautes ii vous feproclicr, mais tout peut se lépartr encore.

ÉDOUAIID.

Impossible.

PAVLIIV.

51 vous aviez un peu plus de confiance en ^î. votre père !...

ÉDOUAIID.

Je ne le puis; je connais trop 1 austérité de ses principe,^. La crainte qii il m inspire in'ohlit^e d»? recourir sans ce. se à des moyens qui aijgravent encore ma .siiuation !.. s'il connaissait la vérité , il me repousserait, il me maudirait peut-être !

Que dites-vous ! M. Duhreuil ne résisterait pas à votre repentjr; maisjl faudi'ait que votre rcîtuur iïit sincère ; il faudrait surtout renoncer à la société il(; ce \ olniy....

ÉDOUAIID.

Oui , c'est lui qui ma inspiré la passion du jeu , et qui m'a procuré les coupables moyens de la satisfaire. INIais comment rompre avec lui? Je lui dois une somme considérable; il en exige le paiement, v\ me menace, en cas (\v. refus, de tout dévoiler à mon père.

PAULIN

Le misérable î...

ÉDOUAUD.

Voila ce qui m'a conduit Ui(M' encore danscette maison, où tu as eu la générosité de venir me joindrez! J'avais fait le serment de n'y jamais reparaître ; mais les craintes que ce Volmy m'inspire , l'cispoir de trouver enfin la fortune plus favorable, le désir de m'acquitier....

PAULIN

Pouviez-A ons l'espérer ? I^es gens contre lesquels vous avez joué étaient tous (f intelligence avec ce malheureux.

EDOUARD

C'est cette découverte qui a excité ma colère... et peutêtre aurais-je perdu la vie dans cet exécrable lieu , si Lu

n'avais eu assez <le sang-froid et de coiu\nge ponr m'en arraclicr.

()nelle imprudence ! vous compromettre avec de pareils liommes ! cNcilei- du tumulte , attirer la garrle <le la ville, et vous exposer au courroux de votre père en fesaiit ïij) éclat diiugeieiix.

EDOUARD

Et tu t'es ]aiss(' arrêter poiu" me sauver de ce péril !... PanJin, je ne l'oublierai jamais.

PAULIN

Nous ne sommes pas encore h Yuhr'x de toute crainte. A 1 instant où l'on se <lisj)o.-iiit h me conduire aux prisons de la ville, la voiture de JM. de Montescpiien entrait dans Marseille; counai.ssant l'amitié qu'il a ])Our votre père ,. j'ai osé me récriimer de hù et quelques iustans après j'ai é'té mis en lil)erié. Il est proiiijble tpie M. le président en iiistiuira M- DuJ)ieui].

TtDOUARO.^

Tu me fats trembler !

PAULIN

Bassurez-vous, je serai seul accusé.

ÉDOUAKD.

Cher Paulin , c'est toi qui me sauveras de la honte ?... Mais cet odieux Volmy voudra se venger sans doute^ et si je ne puis le satisfaire bientôt...

PAULIN

Y a-t-il long-temps qu'il ne vous a vien prêté ?

ÉSOITARD.

11 y a plus d'un mois.

PAULIN

Plus d\m moisT... mais l'argent que vous avez encore perdu cette nuit!... où vous Tétiez-vous donc procuré?.., vous détournez la vue !.... vous ne répondez pas !.... M.Edouard!...

EDOUARD

Ah î voilà ce que je n'aurai jamais la force de t' avouer ne m'interroge pas... laisse-moi !

PAULIZV.

Dieu! qu'ai-je entrevu!... Edouard!... on vicntf

EDOUARD

Cest mon père et le président!

PAULIN

Je ne puis vous parler en ee moment!... mais ce soir, chez ma mère, je vous attendrai.

EDOUARD

Qu'exiges-tu?

PAU Lia".

Je veux tout savoir j aujourd'hui, M. Edouard, enten- Jez-vous? aujourd'hui!

EDOUARD , cViim voix élouff'ée.

Je m'y rendrai.

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