‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 23 sur 59 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Mat]. ROBERT , PHILIPPE.

mad. kobekt, occupée à démonter une broderie.

'lu dis que le capitaine Brice eonsent à se charger de nos commissions?

PHILIPPE

Opi, ma tante; il viendra lui-même les prendre.

MAD. ROBERT

Je suis fâchée qii^il se dérange ; tu aurais pu les lui porter.

PHILIPPE

Pardi, c'est ben ce que je lui ai dit; mais il jn'a répondu comme ça : je veux revoir ta tante et causer avec elle ; ce doit être une femme hen respectable, car elle a le meilleur des fils. Oh! c'est qu'il est galant, le capitaine Biice, sans que ça paraisse... Et puis il auneamitiépourmoncou»in!... il vous lui serre la main avec un cœur !...

MAD. ROBERT

J'ai tout préparé. Paulin aura sans doute écrit a son pauvre père.

PHILIPPE

\ ous pouvez être ben sûre que mon cousin ne manquera pas une occasion comme celle-là, et qu'il lui en écrira quatre pages plutôt qu^me... avec de l)elles phrases si ben tournées que les larmes nous eu viennent aux yeux, quand il nous en fait la lecture... G est-il heureux d'a5 oir comme ça la plume en main ! Si j'avais appris quand j'allais à l'école, je pourrais aussi envoyer à mon oncle de

Lelles écritures; je pourrais lui Wire par lettre , combien que je le plains, combien que je l'aime !

MAD. nOBERT.

Nous lui parlons toujours de toi , mon amî.

Oh ! ça , je le crois ben ; mais c'est- il la même chose comme si je lui disais moi-même : Piiilippe pense souvent à vous; chaque fois qu'il a un verre de rhum, ou une pipe de bon tabac, il a le cœur gros de ne pouvoir les partager avec vous. Ça le consolerait, des choses comme ça , et il prendrait son mal eu patience.

Page 1