‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 35 sur 59 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Mad. ROBERT, EMILIE , DUBREUIL, PAULIN, ROLERT, PHILIPPE.

MAD. ROBERT, attirée par les cris de Dubreuil. Oa'avez-vous, monsieur?

DUBREUIL, cherchant à se contraindre. Eniilie, suivez-moi.

MAD. ROBERT

Ab! pardon, si nous avons pris la liberté de vous interrompre.,, j'ai craint...

ROBERT

Vous semblez irrité contre mon fils!

DUPREuiL, avec force.

^ otre fils!

MAD. ROBERT

O ciel! qua-t-il donc fait?

DUBREUIL

Rien... rien... ce n'est rien, {à part) Epargnons du moins ses maUieureux parens! (haut) Je lui demandais une explication, et ce malheu... je vous laisse... il pourra vous instruire, s^il le juge à propos. Venez , ma fille.

MAD. ROBERT

Ah! monsieur, de grâce... les regards que vous lancez sur lui... la colère...

DUBREUIL, ap'ec une impatience bien marquée.

Ce n'est rien, vous dis-je... où voyez-vous que je sois en colère?

MAD. ROBERT

Vous me rassurez... il serait trop cruel que par une faute, n|ême la plus légère^ Paulin troublât le jour où je retrouve mon époux.

DUBREUIL, à part.

Pauvre mère!... et je pourrais!... Non, non! PAULIN, à part.

Il craint d'affligermes parens!... ali! souffrons tout plutôt que de lui nommer Edouard ! ( Duhreuil fait un mouvement pour sortir j Emilie l'arrête ).

EMILIE

Je devine ce qui a pu vous fâcher, mon père; c'est le départ de M. Paulin.

DUBREUIL

Son départ! eh! bien, sans doute; n'avais-je pas le droit de lui reprocher son ingratitude?

ROBERT ET MAD. ROBERT

Son ingratitude ! . . .

ROBERT

Quoi! vousleblâmezpour la plusbelle action de sa vie!

MAD. ROBERT

Eh! monsieur! ignorez-vous quel noble motif lui fesait quitter Marseille?il voulait aller prendre les fersdesonpère.

DUBREUIL

Prendre les fers de son père , lui !

ROBERT

Oui, c'était pour moi....

MAD. ROBERT

Vousen doutez, monsieur? ali ! si c'est là le sujet de votre [courroux, il nous est bien facile de vous convaincre, de vous appaiser. JMon Paulin est le meilleur des lîls!... il m'a\ait écrit pour me prévenir de son départ, cette lettre que nous conserverons toujours; celte lettre est là dedans. PAULIN, à sa mère , voulant l'arrêter.

O ciel ! que faites-vous?

M AD. ROBERT, oiivrant le secrétaire.

La voilà , monsieur , la voilà.

DUBREUiL, s'as^ançant (i).

Que vois-je? ma cassette!... une fausse clef!... ali ! malheureux !

TOUS

Grand Dieu!

Tout est peidu!

PAULIN

DUBREUIL, à Paulin.

Misérable! les voilà donc les preuves de ton infâme scélératesse !

ROBERT ET MAD. ROBERT

Quel lan gage î

EMILIE

PHILIPPE

PAULIN

Mon père!

Par exemple!

Affreuse situation !

DUBREUIL-

Cette cassette est bien à moi!... cette clef!...

Qu'osez-vous dire, monsieur?

DUBREUIL, reprenant le milieu de la scène.

Je voulais vous épargner le malheur de connaître son crime... mais je suis bravé, trahi dans ma confiance; uu vol considérable m'a été fait...

{i)Dubreuilj Mad. Robert, Emilie, Paulin y Robert, Philippe.

MAD. nOBEUT.

Un vol!

ROEEUT.

Esi-il possible?

PHILIPPE

Et A'ons accusez mon cousin? ( // va s appuyer contre la croisée).

r.OEERT.

Mon fils! juslific-loi, Paulin.

PAULIIV.

Mon père!...

PtOEERT.

Je te l'ordonne.

MAD. KOCERT.

DUBKEUIL.

Oses-tu bien garder le silence?

PAULIN

Monsieur^ je puis beaucoup souffrir de vous, mais...

DLEREUIL.

Et sais-lu tout ce que tu me fais souffrir toi-même ? tu me rends à jamais soupçonnetix, méfiant, injuste peut-être envers les hommes... chaque fols que je verrai la candeur, la verUi empreinte sur le visage de (pielquim, je me souviendrai de toi, et ce sera pour détester ta mémoire.

PAULIN

Ali ! c'est trop ajouter à mon supplice!... il est au-dessus de mes forces!... eh! bien, tremblez!... c'est...

TOUS

C'est?...

PHILIPPE, a la croisée^ appelant.

M. Edouard!... M. Edouard.

PAULIN

Dieu !

PHILIPPE

Venez, venez défendre mou cousin!

EMILIE

Vous vouliez parler, M. Paulin?

vk.vt.ifi y remontant la scène.

Non, non, je ne dirai plus rien.

ROP.EUT, V arrêtant.

Ainsi donc, tu laisses peser sur toi cette épouvant.ljlc accusation!... et tu n'oses la repousser!... ne peux-tu prouver ton innocence?... ne dois-je conserver aucun cloute? avoue ton forfait; parle : si tu n'a.s pas craint de déshonorer ton vieux père, aclièx e de lui <lonuer la mort! 'y^ll louiha a<'cahl('> sur un s/rge ).

scÈ^E xvr.

Ma.I. ROBERT, PAULLV, EDOUARD, DUBREUIL, ROBERT, EMILIE, PHILIPPE.

nuBUEuiL, s'approchant de Robert.

M. Robert, je sens toute l'horreur de votre sittiatioii ! se voir déshonoré par l'enfant qu'on chérissait!... ÉDOÙAKD, qui entre amené par Philippe.

Que dit-il?

DUBREUIL

Ail! de tous les malheurs c'est le plris affreux!... Si i.rmais mon Edouard devenait aussi coupable, je n'y sur\ivrais pas !

rvur.i]v, cherchant à retenir Edouard.

\ous l'entendez !

DTJBREUiL, apercevant Edouard.

C'est toi, mon fils, viens, et rougis d'avoir été l'ami de ce misérable !

ÉtouABD , vivement.

jVIon père, vous vous abusez!

DUBUEUIL.

Que pourrais-tu dire pour sa justification? son crime est avéré.

i';nouARD.

Ecoutez-moi, mon père!

DUEREUIL.

Je ne veux rien entendre!... qu'il s'éloigne ! qu'il fuie, s'il ne veut recevoir la juste punition de son forfait!... ( a Paulin ) N'attends aucune grâce de moi ; que la justice divine s'appesantisse sur ta tète coupable ! va je te mauclià !

{Duhrciiiï , élevant les bras , s' aisance pour maudire Paulin. Edouard se j elle entre eux , et l anaLhéuie (jue prononce Duhreuil semble retomber sur sonjils).

EDOUARD

Mon père ! mon père ! ah ! sa malédiction relomLe sur inoi! (i).

TvS DU SECOND ACTE.

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