‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 4 sur 59 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

EMILIE, BRICE, PHILIPPE, au fond ; DUBRELIL, EDOUARD, Commissionnaires, Matelots.

i^Dubreiulj debout pri^s du grand bureau fait enregistrer à Edouard les marchandises que les matelots emportent; le capitaine les examine; Philippe aide à charger les ballots. Ê nulle, assise près de la table, est occupée à un ouvrage de broderie. )

DUBREUiL, à son fis, Etlouard, as-tu inscrit ces vingt-cinq ballots?

EDOUARD

Pas encore, mon père.

DUBREUIL

Dépèclie-toi donc ; tu n'en finis pas aujourd'hui.

(0 Les indications de droite et de gaiiclie sont prises relativement aux spectateurs. Les acteur» sont placés eu télé d« (iliaque scène , comme ils doivent l'éVre au théâtre.

VHïLivvE y aux matelots.

Allons vile, où ce sera bientôt notre tour.

t?.IILlE.

Vous ne vous asseyez pas, monsieur le capitaine?

Br.ICE.

]N e faites pas attention , mademoiselle. dueFlELil, à EdoiLUid, en lui indiquant u?ie page du registre.

" Ici, maintenant... Pliilippe, combien de soieries. pour le capitaine Brice?

PHILIPPE

DLk balles.

BRICE

C'est l)ien peu, ?d. Dnbreuil.

DUBREUIL

Je puis vous en fournir davantage; mais il faudrait que mon premier commis fut ici... (regardant à sa jfiontre) quatre heures!... c'est une chose inconcevable que Paulin n'ait pas encore paru !

PHILIPPE, à part.

C'est ben la centième fois qu'il le demande depuis ce matin.

' ÉDOUAUD.

Il ne peut tarder^ mon pore.

EllICE.

ie quitte Marseille après-demain.

DUBREUIL

Et c'est dans un pareil moment qu'il se ])ermet de s'ab senter! oh! morbleu ! je lui parlerai de manière... EMILIE., se le\'ant (i).

Calmez-vous, mon père; vous savez combitnM. Paulin est exact, laborieux... jamais il ne quitte votre maison ; il faut qu'il lui soit arrive quelque chose.

(i) Brice ^ Philij)j)c j au fond., Emilie , Duhreuil , Edouard.

DUBREUIL

En effet, cette absence...

EMILIE

Je suis sure qu'il n'y a pas de sa faute... je l'ai remarqué bien souvent : l'idée seule de vous déplaire suffit pour le rendre mallieurcux !... il a un si bon cœur; et puis, il a pour vous tant d'attachement, tant de respect!...

uniCE.

Je le félicite, mademoiselle; il ne pouvait avoir un meilleur avocat.

DUBREUIL

Ma fille a raison : jusqu'ici, je n'ai eu qu'à me louer du zèle et de l'activité de Paulin.

BUICE.

Ce jeune homme vous est donc bien nécessaire?

EMILIE j vivement.

Indispensable, M. le capitaine.

BRiCE, souriant.

Indispensable !

EMILIE, avec embarras.

Je ne fais que répéter ce que j'ai souvent entendu dire à mon père.

DUBREUIL

Sans cloute; c'est lui qui conduit ma maison.

BRICE

Diable! je suis fâché de ce que vous me dites-lh. Je lai pris en amitié j et j'avais envie de lui faille faire une course avec moi.

EMILIE, 'vivement.

Ak! gardez-vous-en bien, M. le capitaine!

EDOUARD

Nous enlever Paulin !

DUBREUIL

N'allez pas vous aviser de cela.

BRICE

Pourquoi? ce serait un moveu d'avancex' sa fortune.

EMILIE

Je VOUS en prie, monsieur, ne lui parlez pas de ce voyage! sa mère en serait an désespoir!

BRICE

Sa mère!... je pensais au contraire...

EMILIE

Vons étiez dans l'erreur... cette pauvre madame Bobert! file a éprouvé de si grandes peines ! ei son fils est son unique consolation. D'ailleurs, monsieur, vous venez d'entendre mon père; il ne peut se passer de M. Paulin.

DUBKEUIL.

- Oh ! ce n'est pas que je craigne!.... je connais Paulin ; il est incapable de me quitter !

BRicE, à part.

Incapable! si je l'en croyais pourtant!... {haut) Allons , allons, n'en pailons plus. Terminons notre dernier compte. ( // tire plusieurs billets de son porle^Jeuille ) Je pense que nous sommes d'accord.

OUBREUIL.

Un, deux, quatre, huit, onze mille cinq cents... c'est juste; je vais déposer ces billets!... {ouvrant la porte de sa caisse ) Ah! ce Paulin! ce Paulin! je suis d'iuie colère!- ( // entre dans la caisse. Philippe charge les matelots qui emportcnl le reste des ballots).

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