‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 5 sur 59 · PHILIPPE, EMILIE, EDOUARD, BPJCE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, EMILIE, EDOUARD, BPJCE

ÉMIUE.

O mon frère ! comme il sera grondé !

EDOUARD, (t part, prenant son chapeau.

Et c'^stpour moi! je n'y puis plus tenir... il faut a^so- Jument...

EMILIE

Où vas-tu , mon frère ?

£douaro.

Chercher Paulin.

ÉMILir.

Tu sais bien qne madame Robert est sortie pour tâcher de connaître la cause de cette longue absence.

PHILIPPE

Pardi! sans ça, est-ce que je n'aurais pas déjà couru après lui?

EDOUARD

Peut-être serai-je plus heureux.

PHILIPPE, à part.

Je me doute qu il y a de bonnes raisons pour ça.

BUICE.

Bien, M. Edouard; cet empressement fait l'éloge de votre cœur.

EDOUARD

Ah ! capitaine ! si vous connaissiez Paulin comme moi !.., Si vous saviez!... jamais on ne vit un ami plus sinc?ère et plus généraux!

EMILIE

Ton absence peut encore irriter mon père.

EDOUARD

Je reviens à l'instant.

PHILIPPE, à part.

Vaut qu'il soit ben sur de le rencontrer.

EMILIE

Voici mon père, je me sauve; Philippe, tu lui diras..

PHILIPPE

Rien du tout, mamselle. Je trouve ben plus prudent de me sauver aussi. {Ils sorùent de différens cotés V

SCÈlNE III.

ERIGE, DUBREUIL.

WBT^EviLyJennant sa caisse.

Eh! bien, on voi»s a laissé seul, capitaine? à quoi pensent-ils donc.

BDICE.

Ils onth'ien fait, IVF. Diibreuil, j'aime qu'on agisse avec moi sans cérémonie.

DtCRECIL.

ÎV'imporle... je lem' appiendiai...

LKICE.

Tout doux, moi'bleu! vous êtes (l'une sévérité!...

DUEREUIL.

C'est ainsi qu'il fout être. J'ai été élevé durement, ans^i j'ai fait mon chemin ! et je dois à l'éducation que j'ai reçue ma répulaiion et ma foi tune. Je suis hon père, et je crois urouver ma tendresse à mes enfans en fesant pour eux ce qu'on a fait j^our moi.

BKICE.

Rien de plus ju'^te.

DLBRETJIL.

Trop d'indulgence perd les jeunes gens... ^.Tais voyez si ce Paulin rentrera !

Br.ICE.

Il aura fait sans doute quelque jiartie de plaisir.

DUBKEUIL.

Luiî... On! je suis sur du contraire; depuis un an qu'il est auprès de moi, il ne m a jamais donné le plus léger sujet de mécontentement; et chaque jour, je me félicite de l'avoir choi-i pour remplacer un certain \ oliny, mauvais sujet que je nie suis vu forcé de chasser «h; ma maison. Paulin n'a pour unique société que mon llls, et l'on peut compter sur mon fils.

BRICE

Je le crois; M. Edouard paraît aimahle, stge...

DUBRFUIL.

C^estque je n'ai rien négligé pour son éduc.ition; peutêtre même ai-je été trop loin; car enfin, dans le commerce, les sciences sont assez inutiles : de l'honheur, de l'acti\ilé^ et un peu d'amour poui' noire état, cela suffît.

BRICE

Revenons à Paulin, à sa famille... je crois ces braves gens assez mal ;i leur aise , et saîis vous...

dubreuil; ]1 est \rai... lorsque je les connus, leur travail pouvait a peine leur procurer le necessiiire; Paulin entra clieznioi; 5a conduite envers 5a mère, les qualités que je décorivris Lientcit en ce jeune homme, lui gagnèrent mon aiTection ; je les logeai alors clans une maisonnette située au bout do mon jardin; et cliaque jour, je sens augmenter ratlacliement que j'ai pour eux.

BniTE, à par't.

Et tu veux quitter ce brave homme, Paulin !

DUBREUIL

Cettebonne madame Kobertest souvent auprès de ma fdle; elle lui donne des soins , des conseils... en un mot, je n ai qu'à me louer de la mère et du fils, et j'espère qu'un jour ils seront aussi conlens de moi que je le suis d'eux,

BRICE

Mais Paulin connaît-il vos bonnes intentions pour lui?

DUBREUIL

ïl doit me les supposer ; il en aurait déjà vu l'effet sans les pertes immenses que j'ai faites depuis quelque temps. Trompé par deux de mes correspondans , volé par mou commis, par ce Volmy , dans lequel j'avais jdacé une aveugle confiance, je me suis vu à la veille de manquer moi-même à mes cngagemens ! Capitaine , c'eut été le coup de la mort !... Enfin, grâce îi ma répuiation , et surtout au zèle de mon cher Paulin, j'ai conservé mon crédit , j'ai réparé une partie de mes perles -, encore quelcpies mois, il n'y paraîtra plus. Vous sentez qu'alors je m'occuperai de ce jeune lîomme. {conjîdeyjticllevient) j ai là, dans ma caisse, certaine cassette que j'ai mise en reserve pour lui. Chacfîle fois que par ses soins , je fais une bonne afi'aire , je dépose dans cette cassette une petite portion de mon bénéfice, et... quelque jour il trouvera tout cela.

ERIGE,

A merveille; vous l'établirez, vous le marierez?

DUBREUIL

Cela va sans dire.

BRICE, vù'ement.

Ainsi donc, vous avez le projet ?..,

lO

DUEjiEuiL, ap'ec gaîté.

Oh ! j'ai le projet !... capitaine , qu'il vous suffise de sovoir que je ne suis point ingrat , et que.., mais n'allez pas traliir mon secret au moins?... M. Paulin a manqué de confiance en moi. Croiriez-vous qu'il y a très-peu de temps que je connais la cause de ses chagrins? Oh! je m'en vengerai!... Ne lui dites rien, capitaine; j'exige votre parole.

BRICE

Je vous la donne.

DUBREUIL

A la bonne heure.

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