SCÈNE X
ROBERT, PAULIN, Mad. ROBERT, BRIGE, LE PRÉ- SIDENT, DUBREUIL.
BRicE, dans la maison.
Où est-il? où est-il ?
DUBREUIL
C'est le capitaine !
Tsr.icE, en entrant, a Paulin.
On ose te soupçon i>er, toi ?
MAD. ROBERT
Hélas 1 monsieur , si vous saviez ?...
BUIC.E.
Je ne veux rien entendre ; rien ,«a\ oir. ( à Paulin ) Viens, mon brave, viens que je t'embrasse ! malheur à ceux qui t accusent! Jamais les bras du capiaine Brx'e ne se sont ouverts pour un maliionnête homme !
PAULIN, se jetant dans les bras du capitaine . lime reste encore un ami(i) ! ( Onvoit Edouard dans le plus grand désordre j passer derrière la grille, et disparaître par la droite).
BRicE, à Paulin.
Je suis accouru t'ofirir mes services. Dispose de ma fortune , de moi ; je ne te refuserai rien. J'ai lu dans ton cœur, je connais ta délicatesse; je n'ai pas besoin d'autres preuves.
PAULIN, attendri.
Ah ! je n'attendais pas moins de votre généreuse bonté !
LE PRÉSIDENT, à demi-bas.
Dubreuil , quel exemple !
BRICE, à Paulin.
Tu m'as bien jugé. Mais n'est-il que moi qui prenne ici ton parti? Tout le monde t'abandonne-t-il? PAULIN, 5e découvrant.
Non, capitaine, et M. le président...
BRICE
Cela ne m'étonne pas... Le grand homme qui consacre ses veill: s à éclairer l'humanité , ne craint pas de la défendre; et de tout temps en France, le génie fut l'appuidu malheur !... Mais qui donc t'accnseici? Kst-cc M. Dubreuil, qui doit à ton zèle, h tes soins mnhiplié.s, le rétablissement de sa fortune ? Serait-ce ton pèie, que lu voulais racheter aux dépens de ta piopre liberté ?
(i) Robert ^ Mad. Robert , Paulin , Brice ^ le Prd-^ sident. Dubreuil.
DUBUEUIt..
C'fst là le prétexte dont il s'est servi pour vons enp;n,i,'er Il seronrier sa ftiite; mais pouvait-il ignorer qne la rançon de M. Robert avait été payée, puisque lui seul !...
LK PHÉsiDENT, r>ù'ement , il a fini sa lecture, ,
Que dites-vous, DuLreuil ?...
ROBERT
Ah ! voilà cette horrible pensée sur laquelle je n'osais in'M'rêter !... Jl est donc vrai ?... C'est pour moi !... Malheureux ! tu me rends le complice de ton crime !... Ah ! queue me laissais-tn tous les lourmens de l'esclavage ; ils n'approchaient pas de ce que je souffre en ce niomenl !
LE PRÉSIDEAT.
Vous êtes dans l'erreur, M. Robert. L'homme qui aurait pu conuiKittre une infamie, n'aurait rien fait pour délivrer son père. On ne cherche point à se rapprocher de ses parens quand on les a déshonorés; et jamais une bonne action ne peut être le motif d'un crime.
BRICE
C'est cela, M. le président... mais voilà comme ils jugent tous... Eh bien! moi, je n'ajouter.à qu'un mot; et il suffira sans doute, pour vous faire connaître par qui cetîe rançon a été payée.
PAULIN , avec joie.
Ah ! capitaine !