M. DUBREUIL ET ROBERT
Parlez, Monsieur !
BRICE
I/officier qui commando le vaisseau sur lequel ^I, Robert vient de faire son passage, a reçu pour cette rançon une somme de huit mille livres qui lui a été confiée par la maison liurtado, eégociant à Cadix.
DUBREuiL , r>iveiuent.
Hurtado de Cadix !... une somme de huit mille livres! jiu président) C'est précisément... {Le président JaÏL an gesteet empêche Diiltrenil de poursuivre]. PAULIN , qui a remarqué le mouvement du président. Quel trait de lumière !... («w présidenty-^vX mon cœur
ne m'avjiit point trompé!... achevez, monsieur... détruisez une présomption, la seule de toutes celles qui s'élèvent contre moi, qu'il était hors de mon pouvoir d'expliquer... daignez apprendre a M. Dubreuil comment ce Paulin qu'on traite avec tant de cruauté, allait dans ses monaens de loisir guider ime nacelle pour amasser la somme qui devait racheter son père.
ROBERT
Qu^entends-je ?
PAULIN', ai>ec chaleur et attendrissement.
Dites-lui qu'un inconnu , après m'avoir arraché le secret de m.es infortunes, me laissa en me quittant une bourse pleine d'or... dites-lui que ce mortel compatissant a seul pavé la rançon de mon père... dites-lui... dites que c'est vous.
TOUS , à Montesquieu»
\ ous !
Paulin !
LE PRÉSIDENT, emburrassé.
PAULIN
Ce matin, j'ai dii respecter votre secret; la reconnaissance m'enfesait un devoir!... mais à présent, cour})é sous le poids d'une horrible accusation, voudriez-vous"?... Ah ! pardon!... pardon!... je n'ai pu... je vous dois la liberté de mon père !
ROBERT ET MAD. T,.ORE?^T , presfjuaux genoux chi
président.
Ah ! mon bienfaiteur !
LE PRÉSIDENT
Eh! bien, vous l'emportez!., oui, c'est moi, qui, intéressé par les vertus de votre lils, ai voulu briser vos fers... con^ naissez ce secret que je voulais vous cacher toute la vie!... j^avais pris des informations sur lui, j'a\ais su que loin de m'en imposer, il ne m'avait pas dit tout ce qui pouvait riionorer à mes yeux, et je résolus de lui rendre son père,
ERIGE.
Homme respectable !
MAD. ROBERT
Je renais à la vie !
ROBERT
Se ponrrait-il?...
LE PRÉSIDENT
Jugez si je devais défendre ce jeune Iiomnie ! un événement dont il est inutile que je vous instruise, m'avait fait craindre un moment... j'aime h croire que je me suis .trompé.
DUBREUIL
Je ne reviens pas de ma surprise!
LE PRÉSIDENT
Mon aveu n'explique point sans doute les circonstances, qui semblent l'inculper encore ; mais tremblez maintenant d'ajouter trop de foi à d'autres indices qui ne vous donnaient pas une conviction plus forte de sa culpabilité. Promettez-moi tous de ne prendre aucun parti a\ ant la (in de cette journée ; d^ici là, j'espère que je pourrai parvenir à percer le mystère dont Paulin s'environne , et dont je soupçonne la cause.
PAULIN
Que dit-il ?
MAD. ROBERT
Quoi, monsieur, vous savez?
LE PRÉSIDENT
Rien encore ; mais je crois pouvoir bientôt rassurer votre cœur.
ROBERT
Ah ! monsieur , combien vous ajouteriez à votre bienfait !
LE PRÉSIDENT
\ consentez-vous Dubreuil !
DUBREtJIL.
Je vous en conjure j moi-même!... INÏ. le président.
^ LE PRÉSIDENT
Paulin , accompagnez vos parens.
ERIGE , au président.
Je suis tranquille maintenant, puisqu'on s'en rapporte
n votre jnsfico. Je cours à mon bord; je suspends mon dé' p.trt. (à lUiidiii) J}ii courage , mon brave ! Tu as de bons ainis, et morbleu ! rien ne leur coûtera pour te rendre au bonheur. ( Dahveuil rentre dansla maison avec Brice. Robert sort par la gauche en levant les mains au ciel ; sa femme le suit en s' appuyant sur le bras de Paulin , qui paraît s'inquiéter des desseins du président).