‹ La fausse clef, ou Les deux filsChapitre 49 sur 59 · M. DUBREUIL ET ROBERT · texte numérisé non relu

M. DUBREUIL ET ROBERT

Parlez, Monsieur !

BRICE

I/officier qui commando le vaisseau sur lequel ^I, Robert vient de faire son passage, a reçu pour cette rançon une somme de huit mille livres qui lui a été confiée par la maison liurtado, eégociant à Cadix.

DUBREuiL , r>iveiuent.

Hurtado de Cadix !... une somme de huit mille livres! jiu président) C'est précisément... {Le président JaÏL an gesteet empêche Diiltrenil de poursuivre]. PAULIN , qui a remarqué le mouvement du président. Quel trait de lumière !... («w présidenty-^vX mon cœur

ne m'avjiit point trompé!... achevez, monsieur... détruisez une présomption, la seule de toutes celles qui s'élèvent contre moi, qu'il était hors de mon pouvoir d'expliquer... daignez apprendre a M. Dubreuil comment ce Paulin qu'on traite avec tant de cruauté, allait dans ses monaens de loisir guider ime nacelle pour amasser la somme qui devait racheter son père.

ROBERT

Qu^entends-je ?

PAULIN', ai>ec chaleur et attendrissement.

Dites-lui qu'un inconnu , après m'avoir arraché le secret de m.es infortunes, me laissa en me quittant une bourse pleine d'or... dites-lui que ce mortel compatissant a seul pavé la rançon de mon père... dites-lui... dites que c'est vous.

TOUS , à Montesquieu»

\ ous !

Paulin !

LE PRÉSIDENT, emburrassé.

PAULIN

Ce matin, j'ai dii respecter votre secret; la reconnaissance m'enfesait un devoir!... mais à présent, cour})é sous le poids d'une horrible accusation, voudriez-vous"?... Ah ! pardon!... pardon!... je n'ai pu... je vous dois la liberté de mon père !

ROBERT ET MAD. T,.ORE?^T , presfjuaux genoux chi

président.

Ah ! mon bienfaiteur !

LE PRÉSIDENT

Eh! bien, vous l'emportez!., oui, c'est moi, qui, intéressé par les vertus de votre lils, ai voulu briser vos fers... con^ naissez ce secret que je voulais vous cacher toute la vie!... j^avais pris des informations sur lui, j'a\ais su que loin de m'en imposer, il ne m'avait pas dit tout ce qui pouvait riionorer à mes yeux, et je résolus de lui rendre son père,

ERIGE.

Homme respectable !

MAD. ROBERT

Je renais à la vie !

ROBERT

Se ponrrait-il?...

LE PRÉSIDENT

Jugez si je devais défendre ce jeune Iiomnie ! un événement dont il est inutile que je vous instruise, m'avait fait craindre un moment... j'aime h croire que je me suis .trompé.

DUBREUIL

Je ne reviens pas de ma surprise!

LE PRÉSIDENT

Mon aveu n'explique point sans doute les circonstances, qui semblent l'inculper encore ; mais tremblez maintenant d'ajouter trop de foi à d'autres indices qui ne vous donnaient pas une conviction plus forte de sa culpabilité. Promettez-moi tous de ne prendre aucun parti a\ ant la (in de cette journée ; d^ici là, j'espère que je pourrai parvenir à percer le mystère dont Paulin s'environne , et dont je soupçonne la cause.

PAULIN

Que dit-il ?

MAD. ROBERT

Quoi, monsieur, vous savez?

LE PRÉSIDENT

Rien encore ; mais je crois pouvoir bientôt rassurer votre cœur.

ROBERT

Ah ! monsieur , combien vous ajouteriez à votre bienfait !

LE PRÉSIDENT

\ consentez-vous Dubreuil !

DUBREtJIL.

Je vous en conjure j moi-même!... INÏ. le président.

^ LE PRÉSIDENT

Paulin , accompagnez vos parens.

ERIGE , au président.

Je suis tranquille maintenant, puisqu'on s'en rapporte

n votre jnsfico. Je cours à mon bord; je suspends mon dé' p.trt. (à lUiidiii) J}ii courage , mon brave ! Tu as de bons ainis, et morbleu ! rien ne leur coûtera pour te rendre au bonheur. ( Dahveuil rentre dansla maison avec Brice. Robert sort par la gauche en levant les mains au ciel ; sa femme le suit en s' appuyant sur le bras de Paulin , qui paraît s'inquiéter des desseins du président).

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