SOPHIE
Sans doute, j’ai quelques regrets de quitter Yerseuil; mais j’obéis sans muimure. Vous ne m’ordonnez pas de l’oublier, et notre séparation n’est que momentanée ?
Oh ! oui , oui ; une fois réunis , nous le serons pour jamais.
( IL baise la main de Sophie. M. Juliers fait signe à St.-Félia:
de se retirer , celui-ci accompagne Mauhraj'- et Sophie. St.—
André a du sortir auparavani. )
JULIliRS, SOLANGE S.
JULIERS i après un moment de silence ^ et après avoir observé si on ne les écoute pas.
Mon fils, mon cher Solarjges !
soLANGEs, dans les bras de son père.
Mon père, mon tendre père, pourquoi ne puis-je vous donner qu’en particulier un nom qu’il me seroit si doux de proclamer à la face de l’univers ?
Je suis dans ton cœur.... n’est-ce pas assez pour moi de la prudence... il y' va de nos jours , tu le sais trop, mon cher Soianges. .. ; mais réponds, mon fils , mon bon fils, m’ajmes-r tu toujours? V
Kn pouvez-vous clouter : cpi’ai-je doue fait pour m’attirer cette demande ?
Pardonne à la tendresse d\uipère ? Tu pourrois m’en vouloir d’avoir rompu un entretien c[iii avoit itiille chai mes pour toi. .
Ce contre-tems m’a affligé ; mais j’ai présumé c[’.ie mon père, mon ami, avoit des raisons puissantes pour eu agir ainsi.
Oui , j’en avois ; au moment de te laisser seul avec .’int;;ressante Sophie, j’ai craint pour toi, la voix impeneuse de l’amour, et le tumulte des sens J’ai»votilu vous sauver, a tpus deqx , une épreuve cruelle cpii couvre un danger, d’autant plus grand, cjue l’innocence est toujours loin de leprévoii. s O L A N G E s.
Que dites-vous, mon père ? moi, offenser ce cjue j aime .
J U L t EUS, douloureusement.
Qui peut répondre de soi?
s O L A ÎT G E s.
L’honnête hoîpm.e. Quel est le cœur assez vil?
Il en est.
Nommez-les ?
Moi....
E U s , se caeliant le front
s Q L A lî G E s.
Que dites-vous ?
J ir L I E a s.
La vérité. Apprends, sensible jeune homme , l’origine de^ mes malheurs et des tiens.... Elev'é eu France, à ton âge, cloné d’un naturel heureux, l'ortiffé pard’excellens principes, pourvu d’une éducation brillante, et le cœur encore plus culîiv é que ^l’esprit , j’airnois, j’idoiâtruis l’infortunée Caroline, comme tu idolâtres Sophie; notre liyme-n fut résolu.... Un jour de plus,
' Caroline étoit mon épouse. La veille de cet instant fortuné , Caroline et moi, nous nous trouvâmes seuls, nos cœurs éroient sans méfiance. Nous parlâmes de notre amour , de notre bonheur commun .. Des caresses légères confirmoientle serment que nous faisions de nous aimer toujours, .ce serment lut vingt/ fois répété , ainsi que le gage qui l’assuroit ... Un nuage couvrit tout-à-coup nos yeux et notre raison.... Qg6 vous dirai-je, mon fils? Amans vrais de la vertu , nous cesscunes d’être dignes .d’elle. Caroline versa des larmes amères , ie la consolai; màis je connus le remords, üeureux si cette faute
* fausse mère,
Un SOTverarn^étra que le ciel et nos cœurs,
Adolphe qui comma?X^4:rr!î'lnrd:^
:vorp5r «ou:^ totet
sii i
par l^ra^rii r"'’ ® uvec indignation. EmpOrlé
m^auirent niir ; les Cids de mon épouse
au n-énrisahle A sffi'out, j’olFre un cartel
beauté^ rnm qui venoit d’outrager la
eaute , comme le dernier des humains, se ressouvient qu’il est pnnce pour conserver sa vie; il joint l’ironie àTlnsS e Je
"m'iî'raTvh''^ subir mîaronttan!
le suV, nbl s«,pluindre; ,1 invoque l’autorité, et
épm,4 nonr fuir , d’abandonner mon
dLsle’fond d’un4âcho^r'^‘’ 1°“^*
-n-l w^ SOLANGE s.
iJieu ! quel événement!
,vf4T'®- "e\n-e4" sf Cruellement punis Tous
aviez toiqours cru |nsqu’.ci qu’une simple affaire d’honneur telle que celle qm vous a forcé de changer de nom nCàvo.t fait perdre mon rang. Je vous- avo^ épargné d’es détails, que vous ne pouviez sentir qu’en connoissant l’amour.
■vr . . SOLANGE S.
Vous aviez raison. ,
Eli bien ! fugez^ mon fils si Phomrne vertueux ne doit na? se cra.ndre lui meme ? et s’il est un moment plus danverCux pour un amant sensible, que celui où l’hymen l’attend pour )ustifiei ses transports et ses égaremens. ^
ruuuqué sans le vouloir au f H ^ • sûrement , si vous ayez
flIZC dC.4T homme sur la terre ne peut
le om elt n’e t ‘l tendre mère à qui je ^ois
l’un et ’i’aitre 'l t bm-cCaïf f
it4er“ï4ut""- ¥’--/®^-4icqrj’at:ûti
f®* malheurs , cette main m’en aurait vinvt fo» puni; mais une faute ne se répare pas par un cri4e L homme assez heureux pour être père, doit^tout immdeê
drame. it
a son enfant; tout, jusqii^au désir qu’il auroit de s’arraclicr la vie.
Mon amour , ma piété filiale , vous accompagneront fusqu a mon dernier soupir. Que n’aurois-je pas donné, et que ne donnerois-je pas encore pour vous avoir évité le momare de vos nombreux chagrins ? ‘
O mon nis ’ ils ne sont pas tous finis ; il en reste un qui doit y mettre le comble. ^
Vous mon père, vous auriez encore des malheurs à redouter r
Non pour moi, j^ai épuisé le courroux du ciel: c’est nour vous que je crains. ^
Ah ! qu il prenne ma vie, et que vous soyez heureux, m
bénirai mon partage. ^
Puis-je l’être sans tor?' Je vais joindre Maubray, notre sort est aans ses mains. ’
SOLANGE s. ^
- Dans ses mains ?
Oui, d un moment d’entretien avec lui, va dépendre la
bonheur de tous deux. utpencire le
(// embrasse son füs , il le serre dans ses bras , le regarde
"‘T' SL-,indré