‹ La fausse mere, ou, Une faute de l'amourChapitre 7 sur 33 · S C E N E VII · texte numérisé non relu

S C E N E VII

M A U B R A Y , S O li A N G E S.

Il est agité ^ la douleur se peint sur sa figure. Il prend la main

de So langes sans rien dire ^ et le regarde les larmes aux

y^eiKv ^ et dit :

Solanges , ne ,ni’en voulez pas.

Quelle annonce! quel ton ! votre air! ah! malheureux î,. mODt hymen est rompu ?.

JM A U B R A Y.

Oui.

SOLANGE»

Mon pere s’y est opposé.

Kon , c’est moi.

5 O L A N G E Si

DRAM E.

M A U B II A r .

Connoîssez mes raisons ! Sophie n’est f[ne ma belle-fille.

, Mme. de Piérome sa mère, à cfui j’eus le bonheur de sauver la vie , fit ma fortune en m’épousant. La délicatesse et la reconnoissance m’empêchent de disposer de sa fille en lui taisant la ? vérité. Votre - respectable jiBrc m’a conté son imprudençp et les suites funestes qiPelle eot.

SOL ANGES

M. Juliers n’en est pas moins M. de Solanges. (St. u4ndré montre la tête et témoigne sa joie scélérate. Il sort.') Nous mépriseriez-vous ? '

Le ciel m’en préserve ! une chose c[ue vous ignorez vousmême et que votre père vous a tue par un motif bien Jouable, c’est que l’attentat d’Adolphe a précédé i’hvmen de votra mère. Ce mariage n’eut point lieu.

SOLANGE s.

Ciel!

^ Les conventions sociales sont i mpérieuses , voilà ce qui m’arrête relativement à mon épouse. Si Sophie écoit ma fille, .elle seroit déjà dans vos bras... par les lois vous n’êtes pas fils de M. de Soianges. ^

Je la suis par la nature.

Je VOUS reconnois à de pareils sentimens.

Comment est-il possible que jusqu’à ce moment l’aie ek wn état dans le monde ? ^

Un jeune homme et une jeune fille honnêles, mais peu riches, se marièrent sous le nom de vos parens. M. Juliers leur avoit remis les tiîres des deii^ maisons qu’ils lui rendirent, en recevant une somme considérable , qui fit leur bonheur. ^ i * :> ±

Pere sensible et malheureux! cette prévoyance est encore nii de tes bienfaits.

M. Juliers espéroit tôt ou tard retrouver Caroline , et vous rendre légalement votre état.

Ma mère n’étoit plus. Elle perdit la vie en me la donimuL'

vous etes dans l’erreur.

Co£ameA.t ?

*4 I-APAUSSEMÈRB,

xale est au pouvoir d’Adolr^iie.)

Elle ! ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ frappé d* étonnement.

Tl 1 £• 1 A U B R A Y.

'f fit enlever quelques jours après son attentat. Vous vous ep château fort qui lui servoit de prison et d"où

vous ne lûtes tire, que par une sorte de miracle.

Ma mere vivroit! Ah! je dois tout tenter pour la délivrer, pour mourir avec elle... monsieur, je perds Sophie, je conçois i-timotil de vos relus, '

Ah! croyez que s’il ne dépendoit que de moi.

Eaignez m’accorder quelques délais pour trouver Caroline, pour 1 airacher a son 'indigne ravisseur. Je reviendrai avec elle. Je rendrai une épouse à mon père, j’aurai une mère, fil‘ I celeste Sophie sera la récompense de l’amour

J’y consens, et j’y ferai consentir madame de Piérome.

Généreux ami !... Mais pourquoi mon père ne m’a-t-il pas appris lui même ? ^

» Sa douleur l’en auroit empêché... il craint que vous né le haïssiez.

Moi, le haïr ! eh ! ne lui dois-je pas la vie ? c’est Adolphe que je hais ! Allons trouver mon père , c[ue mes em.brasse— mens et mes larmes lui prouvent îa sincérité de mon cœur. .Volons.

E hs PRÉCÉDÉES, St,.-E É L I X , s OP HI E ,

^HAPtPEXTlEIl., St. — ANEEE qui entre un

peu plutôt.

St. -FELIX, agité , à Solanges et appercesmnt St.~Andrê.

Ah î mon ami , mon cher Verseuil , rappelle ton courage, ton plus tendre ami , M. de Juliers a disparu.

St. — ANDRÉ, à part.

Il est à moi. #

Ciell

Comment ? ’ -

iS

r»..* ' !»• . s O P II ï K,

Oui , a 1 instanî: meme iJ vient de fuir.

De fuir ! ^ ^ ^ ^ , à pari, éloruté.

.quel scélérat. "“°'PWe , dout étoit diarge , ,e ne sa.i

I est impossible que Ja haine d’AdoJphe...,

isèr ,ï -

( . elix empêche S o langes . par un ^chp

^ JL hu geste ^ de commuer,

XL LUI Obéit d un air étonné. ) >

homme qui m’a paru'*^^vm> de m*^*^' ^»tour des châteaux un sa rencontre dans ^ «lïsseins. Jg yole à

de mon amitié. sentirez tout le pris

Tza . ®^^"ANGES.

Je vous remercie, ( St.-André sort. )

A1I„ • • , ^T-ta JJ b r i

Plions rejoindre mes affidés.

J a part.

I etccepté St.IANDR^

! St. - pélix

Ce St. André m’est singulièrement suspect.

petir*°" J a!on”g-tems que Je fe

C’est l’ami de Solan^el

connoissez tous mermaffieirrl"*Te ?ois°^* ^ Sophie. ) Vous Je perds en vous la fcoitié de moi-mém?””'’- : penserez quelquefois à moi ? ’

! trahit notre commun

I vous. Allez , souveneLvo^îrJu’au rl^r V retrouverez la fideJle Sophie^ Votr^ Maubray , v’ous

2 fPJ-nt) , doit dans crmim?endroh '

ï6. LA FAUSSE MÈRE,

prince farouche. Partez , songez quelqueibis à la lemlre Sophie ; mais songez sur-tout qpe l’amour vous ordoime ae

venger la nature. ^ ,

MAUBRAYj applaudissant du geste a sa JiLt^e.

( J S O langes. ) ,

Pvecevez ses adieux sous les yeux a un pere.

Adieu, fille divine, adieu, la plus fidèle des Amantes.

(Sovhie donne son portrait àSolanges, qui se met a ses genoux et lui baise la main, Mauhraj sépare les deux amans et em- . Et nous, partons, St-Péhx, allons au' sein meme de son palais , faire trembler un tyran.

^ S T. - F E L il X. '

pv consens; mais daigne écouter quelquefois les conseï s d’un ami. Réprime ton courage , et fie-toi a ma prudence,

\je te le promets; ,

C H A R P E N T I E R a St -reUx.

^ ivion bon maître, je ne vous quitte pas.

SOL ANGES, ai'ec interet.

Eli ! si tu périssois ? ^

• charpentier.

Je monrrois pour vous, ^ ,

Bon vieiliard; {il met l’épée à la main ). Je jure de venger la

nature la piété filiale en fait le serinent. ^

natme, £ i, i x , croisant l’épée de Solanges.

Ti’amitié le confirme. . , ,

charpentier, croisant aussi son epée.

Et la franchise en répond. Horaces 1 Tableau

C Ils font la situation du serment des lior

^ de David) et sortent entrelacés.

ylN DU PREMIER ACTE.

ACTÊ

lever du rideau, les Inde'pendaus sont campés dans la plaine-, sur les montagnes , une sen~ tinelle annonce du haut du rocher , par un coup de pistolet , l’arrivée de Phlisberg, chef des indépendcms.Tous se rangent autour de lui dans la plaine. . ,

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