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La fausseté du protestantisme demontrée

D’une part l’Eglise catholique qui y fut longtemps un objet de mépris et d’aversion, y exerce maintenant sur les esprits un prestige qui a déjà amené beaucoup de conversions.

D’autre part les sociétés bibliques et les sociétés des missions qui se sont formées parmi les protestants depuis le commencement de ce siècle, au lieu de travailler à la consolidation des communions dont elles sont sorties et qu’elles représentent, ou de procurer activement la conversion des païens, s’adressent à peu près exclusivement aux populations catholiques pour les détacher du sein de l’Eglise leur Mère, et pour en former, de leur autorité privée, des églises protes-

l'UÉFACE.

tantes nouvelles, isolées dans le monde, privées de toute liaison avec le passé, de toute perspective d’avenir. Sans autre moyen de persuasion que des Bibles et de l’argent, sans autre secours que celui des prêtres apostats qui secondent leur œuvre, les agents des sociétés bibliques provoquent les défections des catholiques, troublent les consciences et exercent au milieu de nous un apostolat inouï dans les annales de l’Eglise.

Ces deux mouvements contraires au sein du protestantisme, méritent une attention égale de notre part.

Dieu veut sans doute que nous autres catholiques et ministres du Seigneur, nous secondions le premier mouvement qui vient de lui; et que nous arrêtions, autant qu’il est en nous, le second qui lui est évidemment hostile.

Il est impossible à un cœur sincèrement catholique de n’être point pénétré d’estime pour ces protestants pieux, plus protestants par héritage et par éducation que par animosité contre l’Eglise ou par corruption d’esprit : le nombre en est

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grand aujourd’hui en Europe; pour ma part je professe à leur égard un respect très sincère et je serais heureux de pouvoir en toute circonstance les éclairer et les consoler.

Je suis convaincu que loin d’approuver les démarches anti-chrétiennes et inouïes des agents des sociétés bibliques, ces protestants éclairés blâment ouver* tement le trafic des âmes qui se fait sous nos yeux; et qu’ils ne voudraient ni y prendre part, ni en porter la moindre responsabilité.

Si dans les pages qui suivent nous exprimons un blâme sevère et quelques regrets, ce n’est pas aux protestants de bonne foi qu’ils s’adressent, mais à ces agents des sociétés bibliques qui foulent aux pieds l’Evangile dont ils se glorifient à tort de propager les doctrines; mais à ces apostats qui, pour couvrir leurs vices et étouffer leurs remords, se font sciemment des apôtres d’erreur; mais à ces loups couverts de la peau des brebis, à qui nous tâchons d’arracher leur masque. Ce sont ces malheureux que nous

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voudrions faire rentrer en eux-mémes par le sentiment d’une honte salutaire.

Comme les tentatives de séduction vont croissant, et que des artifices indignes sont mis enjeu, il est temps déplacer au grand jour les doctrines que les agents des sociétés bibliques entendent substituer à l’antique foi catholique. Il est nécessaire de montrer que le protestantisme, dans son origine, dans ses principes, dans ses conséquences, n’est qu’erreur et fausseté.

Avant d’imposer aux catholiques leurs opinions nouvelles, ces ministres protestants devraient nous prouver qu’ils n’enseignent pas des doctrines humaines ; que la Bible dans leurs mains n’est pas un livre profane ; qu’ils sont capables de proposer la vérité avec certitude, et de la discerner infailliblement de l’erreur; que les fondateurs du protestantisme ont basé leur église sur la révélation divine et non pas sur les rêves de leur esprit; que le protestantisme existe aujourd’hui à l’état de religion positive , d’institution divine; qu'il est en état

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d’exercer un culte digne de Dieu, conforme à la Sainte Ecriture et adapté aux besoins du cœur humain ; qu’il est marqué au caractère de la véritable Eglise île Dieu; qu’il possède un moyen certain d’expiation, et qu’il est en état de donner la paix aux consciences et la sécurité aux esprits ; qu’il est plein de vigueur et de vie; enfin qu’il fleurira, selon toute apparence, jusqu’à la fin des siècles.

Voilà ce que les agents des sociétés bibliques devraient nous prouver, à nous catholiques instruits, à nous pasteurs légitimes de l’Eglise de Jésus-Christ, avant d’offrir aux simples et aux ignorants de l’argent et des Bibles.

Invités par des personnes pieuses à leur fournir des armes propres à repousser les attaques anti-chrétiennes que les agents des sociétés bibliques dirigent aujourd’hui contre la foi catholique, en Belgique, j’ai cru ne pouvoir mieux faire que de retracer en quelques pages les caractères sensibles de la fausseté du protestantisme, afin de forcer les minis-

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très protestants à prouver la vérité de leur croyance, avant de contester la solidité de la nôtre.

Toute la controverse actuelle se trouve résumée dans l’ouvrage que j’ai publié, il y a dix ans, sur la Lecture de la Sainte Bible en langue vulgaire. Mais cet ouvrage est épuisé, et il m’est impossible d’en donner une nouvelle édition maintenant, au moment de commencer mes visites pastorales.

J’offre donc aux défenseurs de la foi ce petit abrégé de la controverse que je viens de composer en quelques jours, espérant qu il pourra leur être utile.

Je l'offre aussi aux protestants sincères et de bonne foi, comme un sujet de méditation bien sérieux. Si je m’adressais directement à eux seuls, j’aurais bien d’autres considérations encore à faire valoir: peut-être un jour en auraisje le temps; j’en ai certainement le désir. Je souhaite donc que cés réflexions dictées par le seul amour de la vérité, leur profitent et leur soient agréables.

Si je les oppose aux agents des socié-

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VU

tésbibliques, qui ont de grands torts aux yeux de l’Eglise, ce n’est point dans le but de les blesser ou de les humilier, mais c’est pour confondre leurs erreurs, et repousser leurs attaques. Je bénirais sincèrement le Seigneur, si les traits que je leur lance dans cette discussion, pouvaient se transformer, par un effet de la grâce, en traits de lumière céleste et en brandons d’amour divin. La plupart ont sans doute du zèle, et cette bonne foi qui est toujours le premier effet d’une éducation soignée. La grâce a donc une certaine prise sur leurs âmes. Il y a des moments où Dieu parle à leur cœur. Le spectacle de l’Eglise catholique, si vivante et si belle malgré les luttes incessantés dont elle est assaillie, est bien propre à faire impression sur les esprits sincères. Qu’ils ne méprisent jamais leurs doutes; qu’ils les pèsent au poids du sanctuaire ; qu’ils méditent et qu’ils prient.

Tout en combattant ici par devoir leurs doctrines et leurs efforts, je forme des vœux sincères pour le bonheur de

vin

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leurs personnes, et je supplie très-humblement le Seigneur, de leur prodiguer ses lumières en retour des ténèbres qu’ils nous apportent. Puisse la grâce les toucher, et les ramener au bercail à l’heure même où ils s’efforcent d’en arracher les brebis du bon Pasteur.

J’atteindrais le comble de mes vœux, si ces lignes leur profitaient comme elles profiteront, j’espère, aux autres protestants qui cherchent de bonne foi l’Eglise de Dieu, et aux catholiques qui ne peuvent jamais sous aucun prétexte, ni la trahir ni la quitter.

Bruges, le 1 er mai 1857.

f J.-B. Evêque de Bruges.

La religion chrétienne a deux éléments principaux : l’enseignement de la vérité, source de la foi, et les institutions divines, sources de la sanctification des hommes. Elle les doit tous les deux à Jésus-Christ, son divin fondateur, qui commença sa carrière, comme l’Esprit saint nous l’apprend, par enseigner et par faire (Act. 1. 1).

Le divin Maître a élé envoyé en ce monde à cette fin. Il est venu pour rendre témoignage à la vérité (Joan. xvm. 57), et pour se faire con-

naître lui-même; car la vie éternelle, c’est-àdire le moyen assuré de l’obtenir, consiste à connaître Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ (Joan. xvni. 5). Connaître Jésus-Christ et ses œuvres, marcher sur ses traces, profiter de ses conseils, c’est connaître et pratiquer la vérité, puisqu’il a dit de lui-même : Je suis la vérité, ta voie et la vie (Joan. xiv. G).

Après avoir rendu lui-même témoignage à la vérité, dans la Judée, pendant les trois années de sa vie publique, le divin Sauveur chargea ses apôtres et ses disciples de l’annoncer à toute la terre : Allez, leur dit-il, enseignez toutes les nations (Matth. xxvm. 19). Parlez hardiment en mon nom ; car c’est moi qui vous envoie.

Celui qui vous écoule m'écoute; celui qui vous méprise me méprise (Luc, x. 16).

Le divin Sauveur est venu aussi sur la terre pour remplacer les institutions mosaïques par des institutions nouvelles, et substituer au culte matériel des Hébreux un culte spirituel et sublime, à l’aide duquel les fidèles du Nouveau Testament pussent adorer Dieu en esprit et en vérité. Les sacrifices sanglants de l’ancienne loi

ont cessé ; l’oblation pure du corps et du sang de Jésus-Christ en a pris la place; la hiérarchie mosaïque a été abrogée, et une hiérarchie nouvelle a été établie comme base de l’édifice nouveau.

Jésus-Christ a bâti son église sur le prince des apôtres et sur ses successeurs légitimes; il a choisi leur autorité souveraine comme la base fondamentale de cet édifice spirituel : il a promis que jamais l’enfer ni ses suppôts ne parviendront à en ébranler les fondements. Tu es Pierre, dit-il un jour au chef des apôtres, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle (Maftli. xvr. 18).

Le divin Sauveur communiqua aussi aux apôtres et à leurs successeurs les évêques, le pouvoir des clefs. Recevez , leur dit-il , les clefs du royaume des deux ... Ceux que vous aurez déliés sur la terre, seront déliés dans le ciel.,.. A ceux dont vous remetti ez les péchés , les péchés seront remis; à ceux dont vous les retiendrez, ils seront retenus (Matth. xvi. 19. Joan. xx. 23).

L’Église de Jésus-Christ a été investie aussi

LA FUSSETÉ DU FROTESTANTISHE

du pouvoir de commander, de promulguer des lois, de régler la discipline et de décider les questions qui concernent la pratique de la vie chrétienne et les choses du salut. Le Sauveur indique assez clairement ce pouvoir, lorsqu’il dit à ses apôtres et à leurs successeurs : Allez, enseignez toutes les nations,... et apprêtiez- leur à faire tout ce que je vous ai commandé (Matth. xxvm. 20).

La véritable Église est donc investie du droit et des moyens d’enseigner la vérité et de condamner l’erreur. Elle est entourée d’institutions divines qui réalisent dans son sein les propriétés essentielles à la vraie religion. Elle possède un rite pour l’oblation et une victime sainte pour le sacrifice; elle n’est point privée de moyens d’expiation agréés de Dieu; elle possède des sacrements, moyens habituels de sanctification; elle exerce une autorité spirituelle légitime sur les âmes; en un mot, comme son divin époux quelle remplace sur la terre, elle est pour tous les enfants de Dieu, la voie, la vérité et la vie.

De ces principes fondamentaux, que je me borne à indiquer, parce qu’ils sont aussi clairs

que la lnmière du soleil, on est forcé de conclure que toute société chrétienne, incapable d’enseigner la vérité avec certitude et de condamner l’erreur avec autorité, n’est pas l’Église de Jésus- Christ, mais une église humaine, mais une fausse église, qui trompe et qui égare. On est obligé d’en conclure aussi que toute société chrétienne qui, de son aveu, est privée de toute institution divine, de tout moyen positif d’expiation et de sanctification , est complètement étrangère à l’Eglise de Dieu, et ne peut procurer le salut à personne.

Or, le protestanisme, tel que nous le présentent aujourd’hui les agents des sociétés bibliques, et les ministres protestants que nous voyons parmi nous, se trouve dans l’impossibilité d’enseigner la vérité avec certitude et de condamner l’erreur avec autorité ; il est dépourvu de toute institution divine, de tout

moyen positif de sanctification ; il est donc évi-

demment étranger à l’Eglise de Jésus-Christ ; il peut aveugler, tromper, perdre les âmes; il ne saurait jamais les sauver.

Tous les caractères de la véritable Église de

Jésus-Christ manquent au protestantisme, tous les caractères de l’erreur se manifestent en lui. Il est faux et comme doctrine et comme institution. C’est ce que nous tâcherons d’établir par des faits notoires et par des raisonnements qui nous paraissent irréfutables.

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