Février 1797, M me do La Fayette à Pillet
Test davantage encore, peut-être. Le rôle qu'il a rempli entre l'Assemblée et Louis XVI, c'est-à-dire entre la nation et le roi, a probablement diminué dans son esprit la considération pour le pouvoir exécutif, car le voici avec la conception, presque de notre moment actuel, que peu importe le prince, le dépositaire de ce pouvoir, qu'au contraire la liberté active des citoyens est tout.
Si la plénitude de l'esprit de la Révolulion est encore chez quelqu'un, c'est chez lui. Cet esprit s'exprime dans les lettres retrouvées dernièrement, dans celles qui ont suivi en 1797, 98. 99, dans les morceaux tels que les Souvenirs en sortant de prison. Carnot etSieyès n'avaient pensé l'attirer à eux que parce qu'ils savaient trouver en lui le supérieur exemplaire des senti-
ments qui étaient et resteraient l'âme de la France. Durant ses cinq années de geôle, tout ce qu'il a pu apprendre des campagnes militaires soutenues ou engagées lui est allé au cœur, et maintenant les faits qui se produisent, « les bonnes nouvelles arrivées de « l'armée par douzaines 1 » le transportent.
Brune, qui s'est fait son ennemi et qui a été secrétaire du club des Cordeliers, protégé de Robespierre, vient de battre et de chasser de Hollande les Anglo-Russes; La Fayette mande à Romeuf : « 11 n'y a plus qu'à se « réjouir des triomphes et je le fais de tout « mon cœur; rien de plus juste que les « fêtes dont Brune est l'objet ; s'il passait « ici j'applaudirais avec empressement; si « j'avais à voter, ce serait de la manière