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I. — ■ MÉSOLOGIE POLITIQUE DE l'EsPAGNE

« Par l'examen du sol hispanique, baigné au sud par la Méditerranée et à l'ouest par l'Atlantique, on voit que les premiers peuples qui ont occupé cette région, ont dû hériter du nuxle de culture égyptienne, phénicienne, ionique et romaine; ils ont franchi l'Océan portant jusqu'en Amérique le flambeau de la civilisation et lui ont môme fait faire le tour du monde. La frontière maritime de la Méditerranée facilitait les transactions commerciales avec les Phéniciens qui ont donné leur nom aux localités de l'Espagne; l'établissement des Jiinius nous a révélé les associations fédératives des villes; et de la discipline des. Romains, dont nous avons reçu la langue, nous est venue l'unité nationale. C'est du côté de l'Atlantique (ju'est sortie la poussée des grands navigateurs de la fin du xv** siècle : Colombo, Vasco da Gama, Alvares Cabrai, Fernando Magalhàes et d'autres encore dont les découvertes ont fait avancer considérablement la civilisation moderne.

« La péninsule hispanique est séparée de la France au nord-est pai- la chaîne des Pyrénées; de cette chaîne rayonnent différentes montagnes et divers reliefs qui ont agi sur l'indépendance des populations, et, comme conséquence logique, sur la constitution et l'autonomie des Etats politiques. Si les frontières maritimes, en langage sociologique, expliquent le caractère de la civilisation péninsulaire, les reliefs des Pyrénées sont les facteurs qui agissent sur la vie intérieure des peuples ibériques ou plutôt sur l'organisation de leur politique.

« La politique et la civilisation ne sont pas toujours d'accord : en Grèce, la civilisation était supérieure à la politique, qui n'est jamais arrivée à l'unité nationale; à Rome, la politique a atteint la conception sociocratique, sa civilisation était un vague reflet de l'école d'Alexandrie maintenu par la contribution des talents de la province. Les nationalités péninsulaires comme l'Espagne et le Portugal, ont dépensé leur activité dans les luttes intérieures d'absorption et de division, tandis que ces deux pays étaient solidaires en matière d'exploitation maritime, coloniale et commerciale. Le problème fondamental pour ces nationalités est exclusivement politique; sa solution est impliquée dans ses reliefs orographiques. Nous avons écrit dans notre étude sur la Nationalité portugaise : « La chaîne des Pyrénées présente deux systèmes orographiques, l'un qui va se dressant dans le sens nord-ouest ou pyrénéen et l'autre dans le sens nord-sud ou celtibérique. Dans le premier, il y a la chaîne des Pyrénées isthmiques qui limitent la Catalogne, l'Aragon et la Navarre, et les chaînes cantabriques, asturiennes et gallaïques qui limitent la Vasconie, les Asturies et la Gallice. Le système orographique celtibérique se divise en partie orientale ou méditerranéenne et partie occidentale ou atlantique; à la première appartiennent les anciens Etats autonomes qui sont représentés aujourd'hui par les provinces administratives de Navarre, Aragon, Catalogne, en y ajoutant Valence, Murcie, Grenade. A la partie occidentale appartiennent la Vieille-Castille, Léon, la Nouvelle-Castille, l'Estremadure, les Andalousies (Grenade, Cordoue et Séville) et les deux provinces portugaises de Beira, Estremadure et Alemtejo.

« Les différents Etats péninsulaires ont eu leur origine dans les populations cantonnées dans les vallées, établies

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près des fleuves, et la constitution de la société hispanique conserve encore l'individualisme local qui s'est développé dans ces agrégations cantonales. Ces petits États libres réagissent encore, à l'heure actuelle, contre l'unification castillane, réalisée par la violence brutale des intérêts dynastiques. Les provinces de l'Espagne moderne sont, par leur forme administrative, comme les anciens États libres péninsulaires, dont les conditions territoriales garantissaient l'indépendance.

« Buckle, écrivain anglais, a aussi étudié le sol de l'Espagne sous son double aspect de la géologie et de la civilisation péninsulaire. Selon l'éminent auteur de VHlstoire de la Cwilisation en Angleterre, les richesses minérales de la péninsule ont toujours été le stimulant des difl"érentes races qui y ont pénétré et qui ensuite se sont fusionnées, en s'excluant les unes les autres.

« La nature des exploitations métallurgiques nous mène à expliquer le caractère ethnique de l'Ibère, qui s'est étendu aussi en Bretagne où il a précédé les races indoeuropéennes.

« L'organisation administrative provinciale et l'organisation ecclésiastique ont conservé, après l'unification des Etats hispaniques, les divisions naturelles des territoires qui ont cessé d'être des États indépendants. Voici leur classification :

!• — Chaîne des Pyrénées : N.-O.

a). Pyrénées isthmiquos S Catalogne.

\ Aragon.

b). — cantabriques N

avarre.

c). — asturiennes ( Asturies.

d). — gallaïques ou galliciennes. . . . i ''"''^'^•.

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