La fédération nationale des Canadiens-français [microforme]
Lorsque, à la fin du siècle lernier, l'Angleterre s’empara du Canada, elle croyait fermement que les 63 000 Français restés sur le territoire de notre ancienne colonie seraient promptement dénationalisés.
Leur indomptable énergie, leur ardent patriotisme, l’inébranlable fermeté de leurs convictions religieuses, réservaient à la Grande-Bretagne une cruelle déception.
Groupés autour âe leurs curés dont ils avaient fait leurs chefs politiques, leurs défenseurs contre la tyrannie, ces braves gens résistèrent désespérément à toute tentative d’assimilation.
Dix ans après la conquête, ie peuple canadien, en dépit des persécutions et des dragonnades, défendait avec la même opiniàtreté qu'au premier jour sa foi, sa langue, ses usages, et prenait, à l'égard de son impitoyable vainqueur, une attitude de plus en plus menaçante.
Les Anglais finirent par s'effrayer des conséquences que pouvait entrainer unc révolte au Canada alors que leurs autres possessions du nouveau monde manifestaient déjà des tendances séparatistes, et, désespérant de triompher par la force de la résistance des Français d'Amérique, ils leur accordèrent, en 1774, divers droits politiques, puis, un peu plus tard, une certaine autonomie.
Malheureusement, ces concessions étaient plus apparentes que réelles, et, pendant de longues années encore, les Canadiens ne devaient pas jouir des bienfaits de la liberté.
Effectivement, l'Angleterre ne respecta pas les nouveaux droits constitutionnels de ses sujets français, et, au mépris de tous ses engagements, elle continua la guerre à outrance qu’elle avait tout d'abord entreprise contre leur nationalité.
SUR LE FEMINISME 715
secret que, pour plus d’une, nul ne l’a jamais soupçonné. »
A côté de ces dévouements individuels qui sont d'un si grand prix et témoignent de l'existence en France du vrai féminisme à l’Américaine, il ne faut pas oublier qu'il existe aussi à Paris un assez grand nombre d'associations également inconnues. Elles se dissimulent. comme les individualités du grand monde, d’abord parce qu’un instinct puissant de modestie les invite à pratiquer en corps la vertu d’humilité, — la chose est assez rare pour qu'on la loue en passant, — et puis parce que ces associations d'apparence purement philanthropique et humanitaire veulent apporter dans les établissement, qu’elles visitent, avec le secours matériel, l’assistance morale, et qu’elles perdraient le droit d'entrer dans un hôpital ou dans une prison si elles avouaient qu’elles parleront de Lieu au détenu dans sa cellule de pénitence ou au mourant qui expire sur le lit abandonné de la salle commune.
Nous soulèverons dans une prochaine étude le voile qui recouvre ces mystères consolants en traitant du féminisme en France, et surtout d’un féminisme encore trop ignoré, œuvre de chrétiennes profondément attachées au bien, à la foi, à la justice, à l'Eglise, femmes modestes, ennemies du bruit, qui exercent un véritable apostolat avec désintéressement, sous le regard de Dieu et loin de la curiosité publique.
Nous les indiquons ici pour montrer que la femme française ne se laissera pas surpasser en générosité par la femme américaine.
Vicomtesse D'ADRÉaAR.
Ce rager tenir group dimin
Pér expos, M. Lu
jamais
politiq
Veil lique € des C:
ciales, par l’a la mis;
Ent la cha mervei réunit-
L'in la Soci avec q par ses
Les tique i leur pa
Enc dans Î:
qu'il ve et jeta
On longter et, en € de rigu
Ce fut sur le terrain de la légalité que, sans se laisser décourager par tant de mauvaise foi, les Canadiens se placèrent pour tenir tête à l'ennemi, mais ils combattaient trop souvent par groupes isolés, sans combiner suffisamment leurs efforts, ce qui diminuait sensiblement leur force de résistance.
Pénétré des dangers auxquels ce défaut d’entente et de cohésion exposait ses compatriotes, un homme d’un grand sens pratique, M. Ludger Duvernay, résolut de les réunir en un seul corps d'armée bien discipliné.
On était alors en 1834, à l’époque où lord Aylmer, l’un des gouverneurs les plus tyranniques que notre ancienne colonie ait connu, multipliait les persécutions contre ses administrés, et jamais le besoin d’une concentration de toutes les forces de la nationalité française ne s'était fait autant sentir qu'à ce moment.
M. Duvernay commença par fonder à Montréal une société qu'il plaça sous la protection tutélaire de saint Jean-Baptiste, patron du Canada, et qui présentait tout à la fois un caractère religieux, politique et humanitaire.
Veiller à la défense des intérêts généraux de la religion catholique et de la nationalité française, promouvoir les intérêts privés des Canadiens en favorisant l'essor de leurs entreprises commerciales, industrielles ou agricoles, secourir ceux d’entre eux frappés par l’adversité, telle était la tâche que la nouvelle Société recevait la mission d'accomplir.
Entourée de la triple auréole de la religion, du patriotisme et de la charité, l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal répondait merveilleusement aux aspirations de la population française, aussi réunit-elle rapidement des milliers d’adhérents.
L'imposante manifestation qui eut lieu le 24 mai 1834, lorsque la Société célébra pour la première fois sa fête patronale, prouva avec quel enthousiasme l'œuvre de M. Duvernay était accuvillie par ses concitoyens.
Les Français d'Amérique n'ont pas oublié que le chant patriotique intitulé : © Canada, mes amours, qui est si populaire dans leur pays, fut composé à l’occasion de cette fête à jamais mémorable.
Encouragé par ce premier succès, M. Duvernay fonda alors, dans la province de Québec, d’autres sociétés semblables à celle qu'il venait de créer, les mit en rapport les unes avec les autres, et jeta de la sorte les bases d’une alliance nationale.
On pouvait aisément prévoir que les Anglais ne soufriraient pas longtemps l'existence d’une ligue aussi contraire à leurs intérêts, et, en effet, ils ne tardèrent pas à prendre contre elle des mesures de rigueur.
Lord Aylmer ft jeter en prison M. Duvernay, accabla de persé- #H quil cutions les membres des Sociétés Saint-Jean-Baptiste, et finit par 0 prod déclarer ces associations dissoutes. Le seul résultat qu'il obtint 4 Pa fut de surexciter le sentiment national des Canadiens-Français et H dlese de préparer les esprits aux résolutions extrèmes. e resté.
On ne saurait le nier, ces actes de violence contribuèrent puis- 4 dès | samment à faire éclater le mouvement insurrectionnel de 1837, Ÿ De que le gouvernement britannique eut beaucoup de peine à maîtriser # sesd et qu'il réprima sans pitié. Ù iovin
Des centaines de patriotes montèrent sur l’échafaud, et la pro- ù britu vince de Québec, dépouillée de toute influence politique, cessa de 4 L'4 former une unité administrative pour être rattachée à la partie HZ desc septentrionale du Canada colonisée par les Anglais. 4 . Réduits à l'impuissance dans les assemblées parlementaires, victimes des manœuvres les plus perfides de la part des irréconciliables ennemis de leur race, les Canadiens, issus de notre sang, auraient peut-être fini par se dénationaliser, s'ils n’avaient puisé dans leur fédération ultérieuremeut reconstituée, des forces suffisantes pour conserver leur unité.
Effectivement, dès que l’amnistie de 1842 lui eut permis de revenir dans son pays après cinq ans d’exil, M. Duvernay ne perdit ) catho pas un instant pour reprendre l’œuvre féconde qu'il avait dû ment laisser inachevée. 1 En
Précisément, à ce moment, le gouvernement britannique, per- … procé
suadé qu’il avait porté à la nationalité française un coup dont elle Hu <etde
Nos
ne pourrait jamais se relever, se montrait moins intraitable que par ï de Qu
le passé à l'égard d’adversaires qu’il ne redoutait plus.
Dans ces conditions, M. Duvernay parvint à faire tolérer son velle, œuvre, en ayant soin d’en dissimuler le caractère politique sous actuel des apparences purement humanitaires. pratiq
Il commença par reconstituer la Société Saint-Jean-Baptiste de Get Montréal, autour de laquelle il groupa qnelques autres associations vemer similaires, puis il augmenta progressivement le nombre de ces plus l dernières. En
Au bout de quelques années, il avait réussi à établir sans bruit, plus c dans toat le pays, une vaste fédération qui puiseit une force incom- Sy on parable dans le merveilleux accroissement de la population cana- Nou dienne-française. sont 6
Cette fédération était établie sur des bases indestructibles, CSI quand M. Duvernay mourut en 1852, pleuré par tous ses compa- Ain «riotes et laissant un nom impérissable dans l’histoire de son pays. large :
Depuis cette époque, l'influence de l'Alliance Saint-Jean-Baptiste autres n’a cessé de grandir, grâce au dévouement des éminents citoyens sans