ELLE DORT DROITE ET RIGIDE
.1 la Salpêtrière 123
la... » commande le professeur. L'interne, debout derrière la longue et mince créature, liu^ appuie les mains un instant sur les yeux... Un soupir, c'est fait. Elle dort, droite et rigide. Le triste corps prend toutes
. les positions qu'on lui donne: le bras qu'on allonge demeure allonge, chaque muscle effleuré fait remuer l'un après l'autre tous les
>doigts de la main qui, elle, reste ouverte. immobile. C'est le mannequin de l'atelier, plus docile encore et plus souple. « Et pas moyen de nous tromper, affirme Charcot, il faudrait qu'elle connût l'anatomie aussi bien que nous. »
Sinistre, l'automate debout dans le cercle de nos chaises, docile à tout commandement qui amène sur son visage l'expression correspondante au geste qu'on lui impose. Les doigts en bouquet sur la bouche simulant un baiser, aussitôt les lèvres sourient, la face s'éclaire; on lui ferme le poing dans une crispation de menace, et le front se plisse, la narine se gonfle d'une colère frémissante. « Nous pouvons même faire ceci... » et h pro'es^eur lui lève le poing