DE LAISSER A MES NOIES LEUR ACCENT D 'AUTHENTICITÉ
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pides, prises pour moi seul et sans le moindre souci littéraire. J'ai sous les yeux un cahier de cette époque, et c'est en le feuilletant que Tidée m'est venue d'en détacher quelques pages. Je m'efforcerai de laisser à mes notes leur accent d'authenticité, bien que sur ces petites feuilles amincies, élimées par le temps, avec cette encre vieillie, fanée, les mots soient comme perdus dans un lointain de rêve, à ce point évanouis que souvent ma plume a dû repasser sur eux pour les rappeler à la vie.
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Lundi, 2\ décembre, veille de Xoel.
Sept heures. Le jour s*en va. Des trois hommes de service, Dinelli, le gardien chef, vient de monter dans la lanterne pour le premier quart, de sept à onze: Bertolo. qui doit prendre la relève jusqu'à trois heures du matin, est allé coucher sa longue et taciturne figure, ainsi que l'énorme pipe en terre rouge dont ses lèvres minces et rageuses mâchonnent le roseau, même en dormant:
enfin, le père Trophime, celui que nous appelons le Provençal, achève de desservir la table où nous avons dîné tous les quatre assez tristement, la porte fermée, la barre mise à cause de la tramontane que cettefin de décembre accroche obstinément au même coin du ciel... Les bottes de marine du vieux gardien talonnent sur les dalles, j'entends le camarade qui ronfle à côté, la chaîne du phare qui se dévide, Fégouttement de l'huile dans le grand réservoir de fer-blanc.
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Sous ces hautes voûtes claires et stuquées que L'ombre gagne, les moindres bruits retentissent, échos de solitude et d'ennui qui me tombent lourdement sur le cœur...
Pour échapper à cette angoisse, je sors sur la terrasse un moment. C'est un terreplein de quelques mètres carrés, qu'entoure un parapet en maçonnerie blanche. On dirait la plate-forme à décharger le grain d'un de nos vieux moulins de Provence... Un peu de jour y traîne encore, quelques rayons oubliés par le couchant sur cette cime où le phare est bâti. Le reste de l'île au-dessous de moi se perd dans des flocons de brume violette. On ne distingue plus rien, ni la tour génoise en ruine à la pointe extrême du rocher, ni les logettes aux portes disjointes et battantes du vieux lazaret abandonné dans les pâles verdures du rivage, pas même les lourds écheveaux d'écume blanche qui. depuis le premier jour de mon arrivée, s'enchevêtrent autour de l'île et la rendent inabordable...
Trois semaines!... seulement trois semaines que je suis ici!... Et il me semble qu'il