ACTE I, SCÈNE IV
C’est la perfection.
DANIEL
Eh bien! je vous donne le futur pour un modèle.
En vérité 1 il est si bête que vous dites?
DANIEL
Pour le moins. Ça paraît vous faire plaisir?
Beaucoup.
DANIEL
Pourquoi ?
CARABOSSE, finement.
Oh ! que sais-je ? Peut-être parce qu’en ma qualité de femme j’ai un faible pour les imbéciles... ils sont plus faciles à attraper.
DANIEL
Eh bien ! envisagé à ce point de vue,'celui-ci ne donnera de peine à personne.
Vous croyez ?
DANIEL
J’en réponds ! . >
Que le ciel vous entende!
DANIEL, avec uu sérieux comique.
Merci de l’intérêt que vous lui portez.
Et, dites-moi... ce garçon qui m'inspire de si belles espérances... ce jeune homme naïf, qu’on attrapera, selon vous, en un tour de main, se marie sans doute par amour ?
DANIEL
Lui?., allons donc!
Par calcul?
Cela va sans dire.
De mieux en mieux ! La fiancée est donc riche?
DANIEL
Non ! mais sa marraine l’étant, il est naturel de penser que la petite aura... Ah çà! dites donc, la vieille, pour quelqu’un que les mariages n’intéressent pas, vous me paraissez pas mal curieuse ?
Vous trouvez?
DANIEL, à part, an riant.
Je veux qu’on m’étrangle si elle ne ressemble pas, trait pour trait, à la fée de la légende.
Ah ! il est bète?
DANIEL
Tournez-vous doncl
CARABOSSE, lui présentant toujours la ligure.
Pourquoi Taire?
DANIEL, tournant autour d’elle pendant qu’elle tourna sur elle-même.
Tournez-vous donc !
CARABOSSE, se sauvant à reculons.
Mais pourquoi faire? c’est inutile. Au revoir! merci!... Ah!
il est bétel... (Elle disparaît dans la coulisse.)