CHOEUR DES SERVITEURS
Plus de souffrance.
Le mal a fui.
Faisons silence Autour de lui.
DANIEL, & part.
Lorsqu’aujourd’hui je me marie,
Faut-il ici perdre mon temps?
Ma Gisette, je le parie.
Loin de moi compte les moments.
REPRISE DU CHOEUR
Plus de souffrance, etc.
(Let ærvileurs et Daniel s’éloignent lentement sur la pointe du pied.)
LA FÉE CARAB0S8E.
ALBERT, sc lovant en sursaut. ,
Pourquoi me laisser seul? J’en ressens mieux ma peine.
Non, non, du bruit, des chants joyeux!
De vin du Rhin la cave est pleine.
Buvez et chantez, je le veux!
LA COMTESSE, avec empressement.
Obéissez...
ALBERT, se retournant à sa voix et allant A elle.
Ma mère!
LA COMTESSE
Ah! je tremble pour toi.
ALBERT
Calmez ce trouble et cet effroi.
Si du mal la coupe est amère,
On souffre moins dans les bras de sa mère :
Restez, restez auprès de moi.
DANIEL, aux serviteurs qui apportent du vin et des verres.
Versez, mes amis, versez vite;
Craignons la fièvre qui l’agite.
ALBERT, à sa mère.
Calmez ce trouble et cet effroi, etc.
(Albert est retombé rêveur dans un fauteuil. La comtesse est assise près de lui. Les serviteurs ont rempli leurs verres. Daniel s’avance avec eux.) DANIEL, après avoir salué la comtesse, se versant à boire.
COUPLETS
Vieux vin Du Rhin,
Remplis mon verre.
Rien ne te vaut, nectar divin.
Ton feu pénètre, il régénère :
Coule à pleins bords, vieux vin du Rhin.
A nous tes transports, tes ardentes fièvres!
Tu rends l’âme forte et le cœur joyeux.
Tu mets en passant le sourire aux lèvres.
Et tu fais jaillir l'éclaii' de nos- yeax.
Fi des vins d’Espagne et de l’Italie !
Vins des langoureux, vous nous laissez froids.
Le nôtre fait naître ardeur et folie :
C’est le roi des vins, c’est le vin des rois!
REPRISE DU CH (EU R
Vieux vin, etc.
ALBERT, se levant brusquement et saisissant une coupe.
J’aime ton flot d’or, ta bouillante sève.
Dans l’àpre caillou tu puises tes feux.
Tu nous fais rêver la lutte et le glaive.
Tu nous fais chanter des airs belliqueux.
Ton éclat vermeil est uu doux mirage.
Qui rend l’espérance au cœur affaibli,