SCÈNE Y
ton âge, ce ne serait pas prudent. . . . ( Elle réfléchit.) J’y enverrais bien la vieille .Marthe, mais elle est trop bête. . . Je vais y aller, moi, tout bonnement. . . .Vous voudrez bien m’excuser, monsieur de Comminges, n’est-ce pas? {Elle prend dans un tiroir de sa chiffonnière une fiole et un papier.)
Le Comte. — Mais, Mademoiselle, ne puis-je vous rendre ce petit service ?
Mademoiselle de Kerdic. — Vous! oh! grand Dieu! {François sort par la porte latérale de droite.)
Le Comte. — Je vous jure que vous m’en rendrez un véritable à moi-même, en me fournissant une occasion de vous être agréable. . . .car je succombe sous le poids de ma reconnaissance . . . Voyons, est-il donc si difficile d’administrer cette potion ?
Mademoiselle de Kerdic. — Vous y tenez, séiieusement?
Le Comte. — Je vous l’atteste.
Mademoiselle de Kerdic, après un peu d'hésitation. — Eh bien ! soit. Rien n’est plus facile. Voici la potion {Elle lui donne la fiole et le papier.) et voici la manière de s’en servir. Malheureusement aucun de ces pauvres gens ne sait lire. Vous leur expliquerez ce qu’il y a à faire. Erançois va vous conduire jusqu’à la petite porte de mon jardin ; {On entend le tonnerre.) vous trouverez là un sentier qui vous mènera directement à la chaumière du malade: c’est un bûcheron nommé Kado; il n’y a pas de fée sans bûcheron, vous savez ! . . . . François .... Eh bien ! où est-il ?
François, rentrant avec une <anterne allumée et un grand manteau . — Tenez, Monsieur. . . .prenez ça, — ou jamais vous ne vous en tirerez vivant ...
Le Comte.* — Merci bien, mon bonhomme. {Il prend la lanterne et se couvre du grand manteau. — A part , se voyant dans la glace.) Me voilà bien équipé. . . .je ressemble à Diogène ... Allons, partons !
Mademoiselle de Kerdic. — Vous reviendrez?
François.** — Parbleu! ne faut-il pas qu’il rapporte notre manteau et notre lanterne ?
Le Comte. — Oui, certainement. .. .je reviendrai vous faire mes adieux. {Il sort avec François par la petite porte de droite.)