SCÈNE III
la délicatesse de vos mœurs, il faut, si nous voulons dîner, que j’achève de mettre ce couvert moi-même. . {Elle va au buffet)
Le Comte.* — Mademoiselle, daignez au moins agréer mes services.
Mademoiselle de Kerdic, gaiement. — Volontiers. . . . Eh "bien, portez ça. {Elle lui donne des assiettes , des cristaux , etc. )
Le Comte, allant et venant du buffet à la table. Gaiement. — Mais, pour Dieu ! à quoi vous sert ce vieux domestique-là ?
Mademoiselle de Kerdic. — Vous voyez bien qu’il ne sert pas.
Le Comte, même jeu. — Sans doute. Mais alors pourquoi le gardez-vous ? Car enfin, il tient autant de place qu’un bon.
Mademoiselle de Kerdic. — Et même davantage, je vous assure. — Mais je le garde, Monsieur, d’abord parce que, s’il me sert mal, il a bien servi mon père, et ensuite, afin de tenir en haleine chez moi certaines vertus chrétiennes disposées à sommeiller, comme la patience et l’humilité !
Le Comte. — Oh! je n’ai plus rien à dire.
Mademoiselle de Kerdic. — Je le crois. {Elle examine le couvert.) Comment ! mais vous avez fait tout ça très bien. — Je vous remercie. {Le comte place des sièges des deux cotés de la table ; François rentre portant sur un plateau le potage et le pâté chauds.)
* Mademoiselle de Kerdic, le comte.