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Les Coulisses de i.a Forts St-Martih
(Pendant la Biche au Bois. 1865.)
Directeurs, ils eurent un faible pour leurs pièces, et ils inclinaient à penser qu'on n'esl jamais mieux servi que par soi-même. La féerie leur devait déjà la Fille de VAir — un vieux thème gracieux qu'ils avaient traité avec liberté (1) — et les Trois Quenouilles. Leur
Dramatiques, août 1837. Azurine, la fille de l'Air, doit subir but la terre une année d'épreuves, si elle aime, elle perd son immortalité. C'est une légende répandue partout. Elle délicieuse poétique sous la plume d'un Andersen.
Les Coulisses de la Porte St-Martin (Pendant la Biche :m Bois. Î865.)
Schariar. — Voyons si vous aurez le talent de chasser la qui m'agite... mais, je vous en préviens, votre dernier conte n'était pas heureux... Voyons, commencez.
Silence de Scherazade.
vriar. — Eh bien, j'attends.
Scherazade, à part. — Rien... je ne trouve rien.
plus rien à craindre. Mais renonce-t-on aisément à une habitude de mille e1 une nuits? Le soir venu, elle recommence à conter. Ce qu'elle dit, cette rois, ce sont dans un Langage imagé, toutes les merveilles futures de La science \h non: s'écrie Schariar,
voici assez de sornettes. Il n'y a décidément qu'un moyen de l'empêcher de parler encore ! » Ht il Lu] fait couper la V
rir.
it soin
M"" Daùbrun
qui
alla eu
passail dans le Soleil n'avait pas enflammé l'imagination des auteurs, moins audacieux que Cyrano de Bergerac.
Le prince, qui trouvait un peu trop brûlants les regards de la belle Incandescente, une élégante du pays du Soleil, avait soif.
Pour se désaltérer, il cueillait une pomme sur un arbre : c'était — effet de la température du lieu — une pomme cuite.
— Sire, disait le prince quand paraissait Phcebus, empereur du Soleil, je craint d'être indiscret.
Phœbls. — Je t'autorise à commettre une indiscrétion.
Le prince. — Sire, quel espoir vous faites luire à mes yeux.
Phœbus. — Je luis pour tout le monde, c'est mon habitude.
I.i Prince. — Eh bien, grand roi, sachez donc que tout mon bonheur est attaché à la possession de trois rayons de votre couronne céleste... vous en répandez tant sur le monde, que trois rayons de plus ou de moins...
Phœbi s. — Doucement, mon gaillard, il ne faut pas croire que je jette mes rayons par les fenêtres... ils appartiennent à Tunivers tout entier^..
Cependant, pour tu récomde ton ascension, je veux bien raccorder ce que tu mandes... Tu auras tes trois rayons.:, mais, pour ne pas appi
Nulle aux œufs d'or.)
genre gai, qui avait él dien — médiocre, dit-
on — et qui fut un intarissable vaudevilliste, avec Clairville qu'ils confectionnèrent les uibelots
Sm-ï ChATI ai x DD DlAl
Satan, M. Serrer Sattramil, M"" H. Gautier
du Diable (1 , r»ù il y avait une idée de début assez ingénieuse pour être repris.' par d'autres'. Au demeurant, peut-être, lavaient-ils eux-mêmes trouvée déjà
je ne sais où.
Acteurs ■ Ambrota h sagne, Armand Chabrier, Mmea Scriwaneck, Judith Fei Alphonsine, Duto ; Iquita \ Irginie
' 'i'.ni/i etc Musique nouvelle de m. Camille Schubert.
pinpin, ce pays dont les habitants passaient en un instant de la jeunesse fringante à la caducité, tandis que leurs maisons, d'abord toutes neuves, s'effritaient et tombaient en ruines (1). Avec Clairville, c'est la plaisanterie a u gros sel, le calembour effronté, le coq-à-1'âne débordé, le comique de parade. Il était fatal que dans Cend vlllon, le page du roi Hurluberlu s'appelât Oculi et que dans la vieille Peau (VAne, remise à neuf par
lui, Cocambo, mi- A |,I-NNMV
nistre du roi Croquignolet, enlevé dans un char aérien par une Fée, eût le mal de mer. L'énorme et vulgaire galté est plus fréquente que la fantaisie. On peut goûter, cependant ce début de Turlutulu, Chapeau point (2). Le Diable (en combien de féeries ne joue-t-il pas un rôle ?) est
(i) C'était l'occasion iiun rondeau assez agréablement tourné où un Ephémère raillait à son tour, les humains :
Nous n'existons qu'un seul jour, mais je trouve
Que plus une vous aoua vivons ici-bas,
Vous vieillissez mais vous ne vivez pas.
Vous respirez soixante ans d'ordinaire,
Mais, vous couchant ainsi que le soleil
Pendant trente ans, vous dormez sur la terri
Trente ans déjà qu'emporte le sommeil (2) Gatté, î ■'• Janvier 1888, en collaboration arec Mbert Mon nnr et Ed. Martin. Acteurs Volet Lebel Williams, Dupuis Boileau Noël Mm* Joséphine Vsannaz (qui Jouait les du
voir le nain qui
avec d'Ennery, la Poule aux œufs d'or (1), pièce fameuse pour diverses raisons et notamment par le tableau de l'Ile de l'Harmonie, où défile une armée composée de clarinettes et d'instruments de musique, tableau permettant une orgie de facéties qui ne sont pas extrêmement spirituelles. « — Dans l'île de l'Harmonie, dit Babolein, il doit être facile de prendre des notes sur chaque instrument — avant... Mais si je profitais de mon séjour dans ce pays pour tirer de mon gosier quelque sons harmonieux... Voyons... Ah, quel sol... quel sol-fais-jr... comme le ré-glisse... Cette note me choque au la ! etc. » Clairville, vingt-quatre ans après, éprouva le besoin de se parodier même, et, renforcé de Grange et Koning, il perpétra aux Menus-Plaisirs, en 1872, avec Blanche d'Antigny et la grosse Mme Thierret comme interprètes principales, une certaine Cocotte aux œufs d'or. Bien avant Chantcclcr. la scène se passait dans un poulailler, entre coqs et poules, mais, par l'effet d'un talisman, les poules devenaient femmes et faisaient se battre pour elles les coqs devenus hommes. Plus tard, au Château-d'Eau, c'était la Patte à Coco. L'âge n'avait pas diminué le goûl du bon Clairville pour les plaisan-
blache qui faisait sa toilette, et qui vient, en robe de chambre, ouvrir lui-même sa porte.
— Le général Tom-Pouce?
— C'est moi, répond froidement Lablache.
stupéfaction profonde des étrangers, qui regardent leur Interlocuteur d'un air effaré.
— Je comprends ce qui vous étonne dll . mais c'est que, quand Je a 'attends personne je me i
D'api- ortraits Tom-Pouce était assez laid avec sa
grosse tête ses cheveux rares bob nez â peine formé, n s'appe lait véritablement Charles Stratton. Au moment où il paraissait sur la scène du VaudeviUe, il avait vraisemblablement treise ans.
(1) Cirque national. Trois actes un prologue et vingt»quatre tableaux. Musique de m. Fessy airs nouveaux de m Paul u»"n rion. Acteurs Francisque Jeun* Willl Kozler,
Fosse. Neuville, Anceline, Mmes Mêlante Léontiué. Cheza, Bet zel, etc.
LkS Skpt Châteaux dd Diahlk
(Gmté, 188*.)
(Le Jardin du Sérail.)
Quels noms survivent, .>i peu que ce soit, parmi ceux des acteurs, créateurs de ce répertoire ? Il faut être un vieux Parisien pour qu'ils aient encore une petite signification, et les générations nouvelles ignorent Williams et Lesueur, rois de féerie, ayant Lebel, dont j'ai parlé, comme collègue. Lesueur était un peu sceptique, bien qu'extrêmement plaisant ; il n'avait pas l'air de croire « que c'était arrivé ». Williams, au contraire, avec sa voix qui avait l'air d'être fêlée, avec les interjections dont, par un tic, il semait le dialogue, se prêtait avec conviction à ses métamorphoses el paraissait trouver tout simple d'être changé en théière, dans le royaume de la Porcelaine, ou de voir son lit se hausser jusqu'à la hauteur du plafond. Williams était beau dans la Chatte hlanche en roi pauvre, menant an train si modeste, qu'il raccommodail lui-même
son [
Période contemporaine.
UN peu d'esprit, de véritable esprit et de véritable fantaisie, pour se reposer d'un voyage qui risque d'être monotone, dans ces royaumes imaginaires, où l'extraordinaire même est devenu traditionnel. C'est une féerie, en apparence comme les autres : seulement, elle est amusante pour d'autres >ns que ses décors et ses trucs ; elle l'est par son dialogue.
Siraudin et Delacour se plurent, un beau jour de l'année 1856, à donner cette petite leçon aux spécialistes du genre. Et ce fut la Queue de la poêle, représentée au Palais-Royal, et qui est une délicieuse parodie des formules coutumières.
Les éléments indispensables se trouvent réunis : un
talisman, un prince qui aime une princesse et qui doil
passer par un certain nombre d'épreuves avant de la
conquérir, un roi burlesque, un écuyer timoré, et le
diable et son enfer. Mais « il y a la manière ». Cette
manière, c'est je ne sais quoi de distingué dans lu
plaisanterie, pour si loin qu'elle soit poussée, c'est de
l'imprévu dans la forme, c'est une habitude de glisser
ement, au lieu d'appuyer. Cette Queue de la
poêle est une folie qui garde de L'élégance.
Un aimable génie, victime des méchants tours d'un
de mauvaise humeur, mais plus puissant qu«
lui, a dû subir ce sort singulier d'être plongé (ta
sommeil tant qu'une vieille poêle à frire ne serait pus
r lui. 11 :
c'est la main de la princesse Gnangnan. Le roi réfléchit longuement, puis s'écrie, en regardant sa fille :
J'ai fini par comprendre :
Il aspire, entre nous, A devenir mon gendre En devenant ton époux
à Bec de Miel.
Ton humeur me séduit... Mon garçon, tu me vas. Ce mariage-là me semblerait possible
Si, par malheur, il n*était pas
Radicalement impossible !
Une Fée, présidant à la naissance de la princesse, a, en effet, décidé que celai qui se présenterait pour l'épouser devrait auparavant accomplir trois choses fort extraordinaires.
— Elles sont accomplies ! s'écrie le bouillant Becde-Miel.
— Attendez au moins qu'on vous les dise.
La première de ces trois choses est de donner un cœur à la princesse Gnangnan, car, dit le roi, « entre nous, il y a du déchet dans son moral. » Quant à la sensibilité, »'lle en manque totalement.
Enlin, il faut animer ma Gnangnan... lui trouver... Enfin, donnez-lui de ça... vous savi se frappe sur la
poitrine en disant : elle n'a pas de ça!... Eh bien, donnezlui-en !
La seconde, c'est de rajeunir la reine.
— Convenu, dit Bec-de-Miel, je vous rendrai votre petit minois chiffonné. El la troisième ?
— Ah, la troisième !...
lions son emportement, le roi a si souvent envoyé ses dignitaires et ses ministres au diable, que celui-ci l"a pris au mot, et a emporté, en effet, ceux qui lui étaient ainsi voués. Or, la cour se dépeuple : il d'aller chercher aux Enfers trois de ses plus utiles conseillers.
LA
clef... Faut aller vous y installer ! » C'est de cette façon originale, en ayant l'air de proposer un cambriolage, qu'il recrute un nouveau personnel. Peut-être est-il superflu de conter comment l'écuyer Tutu conçoit le perfide dessein de se substituer è son maître, en arrivant avant lui à la cour et comment le talisman auquel il n'a pas de droits lui joue de mauvais tours, ne reprenant sa puissance qu'entre les mains de son légitime possesseur. Ce sont tous les artifices de la e maniés avec une verve ironique, et, par là, rajeun
Siraudin, le plus chaîne des auteurs dramatiques, et dont l;i calvitie était l'objet de plaisanteries traditionnelles dans les petits journaux du second Empire, Siraudin, qui avait travaillé dans tous les genres, et, notamment, collaboré au Courrier de Lyon et au Misanthrope et V Auvergnat, avait bien de l'esprit. Ses mots étaient célèbres sur le boulevard. Un jour, il eut un procès. Il avait « diffame » une actrice susceptible bien que de mœurs plutôt faciles, qui l'avait traîné devant la justice. Il fut condamné à seize francs d'amende.
— Quatre francs de plus, s'écria-t-il, et elle aurait accepté mon bras !
La troupe du Palais-Royal, c'était, en ce temps-là, 30t, Gil-Perès — qui devait mourir fou, — Hyacinthe, I»' régisseur Kalekaire, plus oublié, Mlle Cico, Mmes Tliierret. Cécile A.zimont, qui faisait dire à Jacqu* o, devenu aveugl< : m Pristi ! que vous
heureux de La voir ! »
Royal fut jniirr une autre féerie, ta
Beauté du Diable, de Grange e1 T.ambert-Thiboust,
elle servait sur t oui à fournir à Brasseur !
le douze rôles à travestissements, en compagnon
itan, obligé à une fouie de métamorphoses. En un