‹ La féerieChapitre 7 sur 22 · I.a Tombe de M ui i unvillk · texte numérisé non relu

I.a Tombe de M ui i unvillk

(au Cimetière de Xeuillij.)

Certes, il se réveille de temps en temps, il retrouve

iopos assez vifs pour déclarer « qu'il faut Lutter contre l'espril de son temps ». Mais il a, avec le libé-

mstitutionnel, des polémiques qui sont plus mordantes que fielleuses. La politique n'absorbe pas, d'ailleurs, les quatre pages. La partie littéraire y est soi-

el variée. Nodier y donne des notices sur les ouvrages nouveaux ; Sévelinges, ancien émigré qui a pais l'émigration à profit pour apprendre plusieurs langues, renseigne le lecteur sur les publications étrangères. Il y a un courrier de Paris, commentant les

nts mondains. Les faits-divers eux-mêmes ont

imblanl de développement, les jours où les débats

Chambre des Députés ou de la Chambre des Pairs

n'envahissent pas toutes les colonnes. Martainville

:e la critique dramatique.

LeDrapeau blanc, sous cette forme presque courtoise,

à présent, périclite, cependant. Il traîne, agonise. C'est

i liment pour Martainville, lui qui a tant aimé le bruit, de ne plus attirer l'attention. Le Drapeau blanc,

js. interrompt sa publication, faute de souscrip-

II ne reparaîtra qu'avec le ministère du prince

de Polignac, qui, dans ce dernier effort de réaction de

la Restauration, fait appel au journaliste « fort en

le », en lui laissant libre carrière contre l'opposition. Mais cette opposition a singulièrement relevé la

La monarchie légitime est perdue ; le Drapeau blanc meurt avec elle.

El Martainville non plus ne lui survivra guère. 11

ne laissera pas d'être curieux que ce serviteur de la

des Lourbons — indépendant, turbulent, inquié-

lanl même parfois, mais dévoué, en somme — suc-

combe peu de temps après cette cause elle-même, bien

la vieillesse.

Depuis 1828, Martainville avail quitté l'appartement

îu'il occupai! avec sa femme, au n" 5 de la rue des

Petits-Augustins, pour se retirer a Sablonville (dans la

ombre ne dut pas être très étonnée que, au jugement sévère des vainqueurs de Juillet — il mourait, assurément, dans le moment le plus défavorable, à l'heure des représailles contre les champions des Bourbons — quelque calomnie se mêlât aussi. Elle regretta sans doute de n'être plus qu'une ombre pour ne pouvoir riposter à la narquoise épitaphe qu'imagina pour lui Nestor Roqueplan :

Ci-gît un journaliste, écrivain sans talents,

Qui ne dut son nom qu'à l'intrigue, Qui de peur du mouchard, cria, selon le temps, Vive le Roi ! Vive la Ligue !

mme folliculaire, il ne fit rien dé bon, Il gagna pour mentir un modique salaire. Auteur de mélodrame, il fit très maigre chère Et vécut vingt-cinq ans sur un Pied de mouton.

Il l'un» bien reconnaître qu'il avait mérité qu'on fût injuste envers lui, lui qui l'avait tant été envers les autres. Les haines politiques firent exagérer le mépris où fut tenue sa mémoire; elles firent oublier qu'il avait eu de l'esprit, quand il avait voulu en avoir, et de la bravoure. Certes, nous ne sommes pas suspects de partiàlité en faveur des idées que défendit Martainville ; mais après quatre-vingts ans, il est permis de tendre vers un peu d'équité et de trouver au moins une excuse en ce qu'il y eut de vraiment passionné en lui.

J'aime assez ce jugement que portait sur lui un vieux vaudevilliste, nommé Gentil, bien des années après la mort du rédacteur du Drapeau blanc. Il a peutêtre sa philosophie.

— Martainville, disait Gentil... c'étail un maître au ji'u de dominos... Il y a eu une partie où il s'est immorlu Usé en mettant blanc partout...

Mil

a. s.--» roMt i

qui le jouait, avec une perruque blanche et des lunettes sur le nez.

Mais il faut arriver à 1819 pour retrouver un engouement comparable à celui qu'avait déterminé le Pied de mouton.

Les auteurs, Désaugiers el Gentil, n'avaient, avec les Petites Danaldes, prétendu qu'à u tif parodie de l'opéra des Danaïdes de Salieri. Le directeur Lefeuve trouva la pièce si amusante qu'il lui

donna un grand déploiement de mise en scène, fit peindre les décors par Ciceri, la transforma en féerie, recruta une troupe de jolies filles comme on n'avail pas encore vu un tel ensemble de grâces. La Porte Saint-Mari in sentait la chair fraîche. Ces petites Danaïdes n'étaient pas moins de cinquante : on n'avait pas demandé à toutes, d'ailleurs, d'avoir du talent, et 1»' rôle de l,i plupart d'entre elles était modeste. < >n ne les connaissait, dans le théâtre, que par le numéro qu'elles portaient suspendu à un ruban. « La portière «in théâtre, «lit Jouslin de la Salle, alors régisseur-administrateur de la Porte Saint-Martin, n'était occupée, pendant les entr'actes, qu'à appeler les numéros les nus après les aulres : c'était an bouquet, une lettre. <l>* bonbons qu'on leur adressait toute la soirée. Les

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