‹ La féminisme françaiseChapitre 27 sur 67 · I. — Lb « FÉMINISMC MilTSaKEL ». — PHILOSOPHIE CHAéTIENNB · texte numérisé non relu

I. — Lb « FÉMINISMC MilTSaKEL ». — PHILOSOPHIE CHAéTIENNB

Division des taches et séparation des pouvoirs.

II. — Quelles sont les intentions et les iNDicAnoNS de la nature ? — Dissemblances physiques entre le père et la mère. — Différenciation DBS SEXES.

III. — Dissemblances psychiques entre l*homme et la febuib. — Heureuses conséquences de ces différences pour les parents et

POUR les enfants. — La paternité et la MATERNITE SONT INDÉLÉBILES.

IV. — Égalité de conscience entre le père et la mère, suivant LA religion. — équivalence des apports de l'homme et de la

FEMME dans LA TRANSMISSION DE LA VIE, SELON LA SCIENCE. -^ N'OUBUONS PAS l'enfant I

Le « féminisme maternel » soulève une série de questions qui, étroitement liées à celles qu'agite le « féminisme conjugal », intéressent au premier chef l'avenir de Thumanité. Convient-il d'émanciper la mère, comme on veut émanciper l'épouse? Quels sont ses droits vis-à-vis du père? De quelle autorité doit-elle être investie sur la personne et sur les biens de ses

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enfants ? Quels pouvoirs lut appartiennent ? Quels devoirs lui incombent? Tous ces points mettent naturellement aux prises le féminisme chrétien et le féminisme révolutionnaire. Pour éclaircir le débat, il n*est que d'exposer les doctrines traditionnelles du premier et les hardiesses novatrices du second; et après avoir confronté, chemin faisant, leurs solutions resi>ectives, il nous sera plus facile de conclure.

D*après la philosophie chrétienne, Fhomme et la femme, appelés aux mêmes fins dernières, participant aux fruits de la même rédemption, sont 'égaux devant Dieu. Séparez-les pourtant : en Tun ou en Tautre, rhumanité n'est pas complète. C'est le couple qui la constitue. Et même lorsque Tunion est conclue par les époux et bénie par le prêtre, tout n'est pas fini. L'œuvre matrimoniale commence.

Dans la pure doctrine catholique, la solution naturelle et le fruit parfait du mariage, c'est l'enfant. Et cette doctrine remonte aux premières traditions bibliques. Dieu, ayant tiré la femme de l'homme, les unit l'un à l'autre et leur dit : « Croissez et multipliez. » Pour un chrétien, prendre femme ne va point sans le dessein très ferme de fonder une famille. Saint Jean Ghrysostome a donné aux fidèles de son temps l'explication de cette haute conception du mariage : « Comprenez-vous le mystère? D'un seul être, Dieu en a fait deux; puis de ces deux moitiés réunies, il en a tiré un troisième ! »

L'enfant est le lien de chair qui, unissant définitivement le père et la mère, fait de la famille une indissoluble trinité. Et en lui donnant la vie, les parents continuent et complètent la création primitive; si bien qu'on

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peut dire qulls collaborent à Tœuvre divine. Et puisque Eve est sortie d*Adam, et que Thomme a été promu le chef de la femme, la puissance du père devra primer logiquement celle de la mère. Ou mieux, par une sorte de séparation des pouvoirs, Tautorité respective des parents devra s'exercer, pour le bien des enfants, sans empiétement ni conflit, dans le domaine propre que la Providence leur a spécialement assigné. De là un partage d'attributions, une spécialisation des tâches, qui, loin d'affaiblir le foyer, met chacun des époux à la place qu'il faut, pour le plus grand profit de la famille. Cette théorie ne saurait déplaire, ni aux économistes qui regardent la division du travail comme une loi générale de l'humanité, ni aux hommes publics, pour qui l'art de balancer et de modérer les pouvoirs, les uns par les autres, est le dernier mot de la sagesse politique. Ce qui achèvera peut-être de les satisfaire tout à fait, c'est que l'organisation théologique des pouvoirs de la famille, telle que nous venons de l'exposer succinctement, est, de l'aveu même des savants les moins suspects de partialité cléricale, en parfaite conformité avec les vues et les indications de la nature*

En effet, les dissemblances physiques, intellectuelles et morales des deux unités du couple humain éclatent à tous les âges de leur existence ; et les différences d'aptitude et de vocation, qui en découlent, procèdent si bien de l'instinct, — plutôt que de l'éducation, — qu'elles se marquent, dès la plus tendre enfance, dans les goûts, dans les attitudes, dans les jeux, le petit homme recherchant le grand air, le bruit, le mouvement poussé jusqu'à l'exaltation de la vie physique, tandis

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que sa petite sœur s'applique doucement, dans un coin, avec de menus gestes et de patientes précautions, à parer, instruire ou gronder sa poupée. G*est ainsi que nos garçons se préparent, sans le savoir, aux luttes et aux labeurs qui attendent le futur chef de famille, et que nos ûlles s*exercent inconsciemment à Tactivité soigneuse et douce des tâ^es maternelles.

Vienne Page, et ces dissemblances physiques vont s'accuser avec un relief de plus en plus saisissant. D*un cété, la rondeur délicate des formes, la souplesse du corps et la grâce de Taliure, la finesse de la peau, la caresse du regiurd, la douceur de la voix, Tadresse des mains, — tout prédispose la femme à la vie calme du foyer, aux soins de Tenfance, aux délicates besognes de la maternité. Sa faiblesse est faite pour attirer, bercer, consoler toutes les faiblesses. D*autre part, une taille élevée, une structure puissante, une démarche plus ferme, \me force musculaire plus résistante, plus de gravité dans la parole, plus de sûreté dans le regard, — et aussi, très généralement, plus de barbe au menton, — prédestinent Fhomme aux rudes travaux, aux longs efforts et aux grandes entreprises. Au lieu que tout ce qui constitue la femme, en bien ou en mal, procède de Textrème sensibilité de son système nerveux et, conséquemment, de la vivacité des impressions qu*elle reçoit, on remarque chez Thomme plus de vigueur et plus de calme, plus d'assurance et plus de solidité.

Les intentions de la nature sont évidentes : elle n*a point fait Thomme et la femme pour les mêmes rôles. Il suffirait presque de comparer le squelette de Tun avec le squelette de l'autre, pour réfuter le paradoxe de régalité absolue des aptitudes et des fonctions entre les sexes. Tandis que Fhomme est taillé pour la lutte, pour les démarches extérieures, pour l'action robuste et violente, la femme est faite pour les douces et pa-

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tientes occupations du foyer. A lui, les œuvres de force ; à elle, les œuvres de tendresse et de bonté. Et ce que la nature a voulu, Thomme et la femme ne peuvent le contredire sans dommage et sans souffrance ; car, de même que l'homme déchoit par limitation de la femme, il n*e8t pas possible que la femme ne se nuise gravement, en s'ingéniant à rivaliser avec Thomme dans tous les domaines de Tesprit et de la vie.

Nul moyen, d'ailleurs, que cette différenciation des sexes, aperçue et constatée par les meilleurs esprits de rantiquité, tels que Platon, Xénophon, Aristote, Gicéron, Golumelle, soit le simple résultat d*\me habitude, d'un artifice d'éducation, puisque, du petit au grand, nous la retrouvons chez les animaux , courbés plus matériellement que nous sous le joug des lois naturelles. Et plus on s*éléve dans Téchelle des êtres, plus le contraste s'accentue entre le mâle et la femelle, plus le sexe de chacun s'accuse par des dissemblances de forme et de fonction. Là, au contraire, où la femme est assujettie, contre nature, au labeur écrasant des hommes, cette confusion des tâches engendre la misère et la barbarie. Point de progrès dans l'espèce humaine sans la division du travail.

Joignez que les dissemblances physiques sont le signe extérieur des dissemblances psychiques, qui distinguent et individualisent les deux moitiés de l'humanité.

La femme aperçoit mieux les détails que les ensembles ; elle se laisse diriger par des affections particulières, par les mouvements secrets du cœur, plutôt qu'elle ne se dirige elle-même d'après un raisonnement II so

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suivi et des maximes générales. Son jugement décèle plus de subtilité que de profondeur, plus de finesse, plus de vivacité, plus de précipitation même que de froide et lente raison.

Par contre, ce qui domine surtout au cœur de Thomme, c'est Taunour-propre, Tardeur, Taudace, un désir de protection, un besoin de commandement, un appétit de supériorité qui le porte au courage, à Tambition, à VB.Cn tion ouverte et soutenue, à Torgueil, à la domination.

Ces disparités de caractère et de tempérament sont si constantes et si manifestes, que la grande voix de rhumanité les proclame depuis le commencement des temps. G*est ainsi que l'art 8*est toujours plu à personnifier le travail par un homme, et à représenter la douce paix sous les traits d*une vierge. Un mâle visage est devenu dans la statuaire le symbole du mouvement, de Teffort, de la lutte. C'est ainsi encore que, dans toutes les langues, les grands fleuves, le Nil, le Rhin, le Danube, le Rhône, sont du genre masculin, tandis que, par une allégorie pleine de sens, le langage désigne les villes, les cités, réunions des familles et des foyers, par des vocables féminins.

Et le mariage de la force virile avec la grâce féminine engendre Tharmonie conjugale, pour le progrès de l'espèce et le charme des sociétés humaines. Par Tascendant qu'elle sait prendre sur le cœur de Tépoux, réponse calme en lui Tardeur de Faction, la fièvre et rinquiétude du succès. Elle lui assure la paix au logis et lui procure la douceur du foyer, sans quoi il n*est pour rhomme ni repos, ni bonheur, ni moralité. En revanche, par le prestige qu'il exerce sur l'esprit de l'épouse, répoux saura la prémunir contre la légèreté et la mollesse, qui sont les fruits ordinaires de la tendresse et de la nervosité.

Sans appui masculin, la femme s'abandonnerait souvent à l'exaltation, à la frivolité; car il est d'évidence

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que la vivacité de ses impressions la porte au changement et à Texagération. Voyez la mode : excentrique et instable du côté des femmes, elle est plus simple et plus fixe chez les hommes. Inversement, c^est le propre de Taction des femmes de polir notre grossièreté, de modérer nos emportements, de colorer d'un vernis de douceur notre enveloppe dure et sèche. Gomme deux compagnons de route qui s*appuient Fun sur Tautre, les deux sexes échangent, par un contact journalier, la délicatesse de Tun contre la fermeté de l'autre, grâce à quoi ils se tempèrent, s'équilibrent et s'améliorent réciproquement. De même que la tète ne peut vivre sans le cœur, ni le cœur sans la tète, et qu'intervertir leurs fonctions ou interrompre leurs relations serai t une œuvre de mort et la pensée d'un fou, ainsi, dans l'organisation du genre humain, l'homme et la femme ne peuvent vivre l'un sans l'autre, — sans qu'ils aient besoin d'empiéter l'un sur l'autre. Ce sont deux êtres complémentaires qui doivent s'associer pour leur mutuelle perfection. Et comme la grâce de la femme modère et adoucit l'exa* gération de force si naturelle au caractère masculin, de même l'énergie virile soutient et relève l'excès de modestie et de timidité ordinairement propre au caractère féminin.

Et les enfants, bien entendu, sont les premiers à recueillir les fruits de cette fusion harmonieuse. Pour les petits, « papa » aurait la main trop rude ; pour les grands^ « maman » aurait la main trop faible. L'enfant a-Wil de bons instincts : la direction paternelle risquerait d'être trop raide. L'enfant a-t-il de mauvais penchants : la loi de la mère serait trop douce. Mariez ces deux natures, ces deux tempéraments, et aussitôt le gouvernement domestique se pondère et se complète.

Mais, pour que les enfants tirent de cette précieuse combinaison tous les bienfaits qu'elle recèle, encore faut-il qu'elle soit durable et inviolée. Au risque de

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noud répéter, nous maintenons que Tunion conjugale n*e8t point i*union physique d*un moment. A la différence des animaux, que rapproche accidentellement le hasard d*un cai^rice ou Tentraînement de Tinstinct, les humains, qui se marient, ont des vues plus complexes et de plus longs desseins. Ils s'associent pour la vie. Us fondent une famille. La protection et Téducation des enfants ne peuvent se comprendre sans Tunité et la stahilité du foyer. La constance et Tindissolubilité du mariage, voilà donc Tidéal pour les parents et leur descendance. Les fautes ou les infortunes individuelles ne prouvent rien contre Texcellence de cette Iw générale. Bien plus, en devenant père, en devenant mère, rhomme et la femme revêtent un caractère indélébile. Confirmé et soutenu par Tenfant, le lien matrimonial ne peut être dénoué ou rompu que par fiction, La famille ne se compose point d'êtres indépendants les uns des autres. Confondus dans le mystère de la génération, père, mère, enfant, sont les fractions inséparables de cette première unité sociale.

Et retenons bien que, devant la conscience et devant la nature, la paternité ne saurait remporter sur la maternité, ni en valeur ni en vertu. Il est donc impossible d'admettre que le père doive toujours commander et la mère toujours obéir. Du moment que la paternité ne se comprend point sans la collaboration de la femme, la loi religieuse et la loi naturelle sont fondées à nous faire un devoir d'admettre la mère à un certain partage de rautorité du père, la fermeté de celui-ci s'unissant à la tendresse de celle-là pour l'heureuse formation des enfants.

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Mais qui dit partage des pouvoirs, ne ^it pas opposition et contradiction des volontés. Au sein de la famille idéale, trois éléments concourent à l'éducation de Tenfance : l'autorité qui dirige, 4*amour qui persuade et la piété filiale qui ot>éit. Plus Tunion morale du père et de la mère est étroite, plus leur entente est parfaite, et plus ils ont chance de façonner la jeune âme, qu'ils ont mission d'élever, à leur image et à leur ressemblwcè.

A un autre point de vue, la science semble admettre, conformément aux enseignements de la religion, que la masculinité n'est point, par elle-même et par elle seule, une supériorité décisive. Nous n'ignorons pas que, parmi les partisans de la sélection sexuelle, les uns voient dans l'homme une femme qui a poursuivi et consommé son évolution, tandis que les autres regardent la femme comme un homme inachevé, dont les fonctions de maternité ont arrêté le développement normal. D'aucuns tiennent même les femelles pour des exemplaires dégénérés d'une masculinité primordiale. Mais, Dieu merci pour la femme I de nouvelles recherches ont mis en lumière l'équipollence physiologique des apports masculin et féminin dans la transmission du sang et la propagation de l'espèce. II y a, semble-t-il, dans les premiers capitaux de vie hérités du père et de la mère, une parfaite identité de puissance et une égale part de coopération. D'où il suit que, pour l'œuvre de reproduction , pour le soutien de la race, le féminin balance le masculin, et que, dans le mystère de la génération, le père et la mère se complètent et s'équivalent.

Ainsi donc, envisagée au point de vue supérieur des destinées de la famille humaine, et regardée comme la collaboratrice nécessaire de l'homme dans la transmission des qualités physiques et morales de Tespèce, la femme ne doit être placée ni au-dessous ni au-dessus

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de son compagnon. Il ne saurait plus être question, malgré les déclamations de quelques misogynes, de la rabaisser à la condition misérable qu*elle occupa aux premiers âges de rhumanité, de la traiter comme une sorte d'animal domestique soumis à la pleine {H^priété de l'homme.

U ne convient pas davantage de Tériger en personnalité indépendante, ayant son but en elle-même et travaillant, sur les conseils d'un individualisme exalté, à se hausser au-dessus de l'homme. D'où qu*il vienne, l'égoïsme est haïssable et destructeur des intérêts supérieurs de la race. Point d'oppression du cété de l'homme, point d'indépendance du côté de la femme. Les fonctions normales de l'un et de l'autre sont également nécessaires à la famille et à l'espèce. Ils ne sont point nés pour vivre séparés comme deux voisins jaloux, comme deux puissances rivales. Si les sexes ont été créés dissemblables, c'est apparemment pour se rapprocher, se parfaire et se peipétuer. Que chacun s'enferme dans son moi solitaire, sous prétexte de liberté, et le» fins suprêmes de la nature seront sacrifiées aux vues étroites et stériles de l'individu. L'union dans la solidarité de l'amour pour le renouvellement de la vie, tel est le vœu suprême de la nature. N'oublions pas l'enfant !

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