‹ La femme chretienneChapitre 2 sur 3 · II. Odemn, V. G · texte numérisé non relu

II. Odemn, V. G

Il a e/e tiré de cet ouvrage treize exemplaires sur papier impérial du Japon, numérales en chiffres romains, qui n'ont p:is .•/ • //uv en vente.

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PREFACE

DU

T. R. P. Raymond LOUIS

IML I.'0R1»HE IiES lUl-RES PnÈCIIErUS

« Le.v Domini immaculata, convertens animas; testimonium Domini fidèle, sapienliam pra'stans parvulis. »

« La loi du Seigneur est sans tache, elle restaure les âmes; le témoignage du Seigneur est fidèle, il donne la sagesse aux petits. » (Ps. XVIII, s.)

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C est sans conteste à la religion chrétienne que la, femme doit la place qu'elle tient dans notre civilisation et l'on a remarqué fort justement le rôle considérable que des femmes illustres jouèrent sur la scène sociale et politique , à V époque la plus florissante de la chrétienté. Il serait fort intéressant de mettre, en outre, en meilleure lumière tout ce que VEglise a fait pour V éducation des femmes.

On montrerait que si la pensée du bonhomme (Ihrysale est bien française, — ce dont d'ailleurs on peut

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douter, — elle ne rend point un son catholique ; on rappellerait les encouragements à r élude donnés par tant de directeurs drames et de mères de famille depuis l'époque des Pères Jusqu'à nos j'ouj's : on dresserait le catalogue des traités didactiques sur l'éducation des filles et la liste des couvents de moniales qui s'adonnaient à cette œuvre. Mais ce n'est point ici le lieu de composer, ni même d'esquisser ce travail ; qu'il nous suffise de marquer que ce petit traité de la vie chrétienne de la femme est bien dans la tradition, et qu'il porte la marque du sens chrétien, dans lequel s'allient, avec une si parfaite mesure^ la prudence et la générosité.

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U nu leur ouvre tout gnnid à su fille cl\idoplion le chfimp intellectuel et sociul : mnis c'est à des devoirs qu'elle l'appelle. Elle lu veut snvnnte , nfin qu'elle puisse mieux vivre de su foi et venir /ni secours de ceux qu'elle fréquente, croyants ou incroyants, comme elle la veut pieuse et non pas endormie dans la routine des pratiques; elle la persuade de s'occuper d' œuvres y mais la met en garde contre ce défaut — si répandu, hélas! — de n'accepter que le hien fait à sa manière à soi. (l'est à une femme de notre temps qu'elle s adresse et les conseils qu'elle lui donne sont Judicieusement appropriés au milieu où elle doit vivre; mais les principes sur

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lesquels elle les ''appuie sont si profonds et si solides qu'ils valent pour tous les temps et tous les milieux.

La chrétienne est (( un être comme les autres », qui na pas à s échapper de la destinée que Dieu lui a préparée et qui doit la remplir tout entière. Elle Il a point à rêver je ne sais quelle mission qui ne conviendrait pas à son sexe, mais ne nécfligera aucun moyen de faire du bien autour d'elle et de rayonner partout où son influence pourra discrètement pénétrer; si la faim dont on souffre autour d'elle est une faim spirituelle , elle devra se rendre capable de V apaiser, comme elle doit aller au secours des pauvres dont la misère apitoie son aeur. A l'éf/ard

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de ces derniers, elle ne se contenter ri pus de leur fnire Vuiiniône; elle acceptent , s'il en est besoin, a d'être socialiste avec saint Thomas d'Aquin ou révolutionnaire avec les Pères de TEglise ». L'auteur met enfin sa disciple en face de la nécessité de souffrir pour soi et pour les autres , V assurant contre la douleur et même la mort, « retour de Tenfant vers son Père. »

Elisabeth Leseur avait demandé à Dieu la grâce que ce petit traité fit un peu de bien à l'enfant à qui il était adressé à V occasion de sa Première (Communion. Dieu exauce sa prière au centuple, car nombreuses , nous en avons l'assurance , seront les âmes à qui ces conseils si parfaits découvri-

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rnnt de lumineux horizons et dont ils orienteront Ifi vie vers les hauteurs où elle // vécu et où elle voulait entraîner ceux qu'elle chérissait.

R. P. Raymond Louis,

De lOrdre des Frères Prêcheurs.

" Kl nunc commendo vos Deo, et rerbo grati.i' ipsiiift, qui i>otens est ;rdificare, et dare liercditatem in sancti/icaiis omnibus, n

•< Et niiiintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, à celui qui jDeul achever l'édifice et vous donner riiéritage avec tous les sanctifiés. »

(Actes des Apùtres. xx, 32.)

Parmi les manuscrits d'Elisabeth Leseiir que j'ai réunis et publiés sous le titre La Vu: Spirituelle^ il en est deux qui ont une importance de tout premier ordre. Ils sont, en effet, très particuliers dans son apostolat parce qu'ils présentent un caractère didactique très prononcé. Mais quel enseignement ils proposent, à la fois si plein, si élevé et si approprié aux heures que nous vivons î Je les ai intitulés : La Femme Giihétienne et Le Chrétien. Ils sont adressés, le premier à sa nièce Marie, et le second à son neveu André, la fille et le fils de sa

sœur Amélie, el ils démontrent la vérité profonde de la belle maxime d'Elisabeth : « Xous ne savons pas (( tout le Lien que nous faisons quand (( nous faisons du Lien. »

Aussi méritent-ils d'être imprimés à part, ainsi que je Tai annoncé ailleurs\ en petits volumes séparés, comme la Retraite Spirituelle de chaque mois, extraite , elle aussi , de la Vie Spirituelle.

Je me suis servi pour la présente édition du manuscrit original de la Femme Chrétienne. Elisabeth le recopia par la suite dans une sorte de livre de raison, relié avec soin, pour Foiïrir à sa nièce Marie, à laquelle cet

^ Se reporter à La Vie Spirituelle . Introductiun , pages 72 et suivantes.

ouvrage, je viens de le dire, était destiné. C'est, en effet, un petit traité de la vie chrétienne de la femme, composé par Elisabeth pour sa petite nièce à l'occasion de la Première Communion de cette enfant, qui eut lieu le 25 mai 1905. Elisabeth s'était fait une joie de préparer Marie à ce grand acte de son existence religieuse, elle y pensait depuis plusieurs années; mais la maladie et la mort de sa sœur Juliette (qui précéda de cinq semaines, 1'^ avril 1905, l'événement tant désiré qui eût été, dans d'autres conditions, une si heureuse fêle de famille) l'empêchèrent de réaliser entièrement son projet. Elle tint cependant à s'adresser à l'âme de l'enfant qu'elle chérissait et à résumer pour elle les conseils et les

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enseignements qu'elle aurait voulu lui prodiguer. Elle écrivit donc ce traité entre la triste journée du 13 avril 190o et le 25 mai de la même année, et mit en tête cette touchante dédicace : « .1 (( niR nièce unique et chérie, à ma (( filleule par un héritage précieux et « sacré, à ma petite fille d'adoption, a y offre ce témoignage d'une profonde (( et chrétienne tendresse. » Marie était la filleule de Juliette. Cette dernière, avant de mourir, demanda à Elisabeth de la remplacer auprès de l'enfant, léguant en quelque sorle à sa sœur le soin de remplir à sa place les devoirs de maternité spirituelle qu'elle avait contractés le jour du Baptême. Marie peut dire avec quel zèle affectueux Elisabeth a rempli auprès d'elle les

obligations de ce pieux héritage; elle était considérée comme une véritable fille par sa tante, qui n'a cessé, pendant sa trop courte vie , de lui témoigner un dévouement inlassable, le trésor de son expérience et de ses avertissements éclairés.

Ce qu'elle fît pour Marie, Elisabeth le fit un peu plus tard pour André, le frère de Marie, dont elle put s'occuper davantage, et ce sera le Chrétien, formant lui aussi un opuscule spécial.

Le lecteur sera frappé, je n'en doute pas, de la valeur exceptionnelle de ces deux traités, de leur portée particulière dans l'œuvre d'Elisabeth Leseur. Il est impossible, en effet, de mieux trader ce que doit être la vie intérieure et extérieure du chrétien et de la

chrétienne, Nettement, sans littérature, sans développement artificiel ou inutile, dans une langue sobre et magnifique, avec une composition solide . une connaissance approfondie du sujet, une tendresse sans mièvrerie.

Elisabeth va résolument au fond des choses et dégage l'enseignement vrai et profitable. La Femme Chrétienne offre, enfin, cet intérêt passionnant, qu'inconsciemment Elisabeth a dessiné son propre portrait en écrivant cet opuscule. Pour bien connaître son être moral, il faudra l'avoir lu : elle a, en effet, réalisé point pour point le modèle qu'elle propose à sa nièce, et toule femme ou jeune fille de notre temps peut d'autant mieux le prendre pour but de ses efforts qu'il est imitable

puisqu'il a été vécu. Et je demaude à la divine Providence de répandre ces pages el de leur faire porter tous leurs fruits dans les âmes de celles qui les liront. Plus que jamais, dans les temps angoissants que nous traversons, il faut des chrétiennes du type d'Elisabeth Leseur : elles sont nécessaires à l'Eglise et à la Erance.

Que Dieu veuille les susciter et les multiplier î

LA

PETIT TRAITE DE La vie chrétienne de la femme

rOMI'OSK PAR ELISABETH LESEUR POUR SA NIÈCE MARIE A l'occasion de SA PREMIÈRE COMMINION

« Xonpotest arbor bona. maloft fructus facere, nec arbor mala honos fructus facere. Omnis arbor qua' non facit fructum bonuni cxcidetur, et in ignem miltetur. »

>'- Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits ni un mauvais arbre produire de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. »

(S. Matthieu, vu. I>^ et l'J.)

A MA NIECE UNIQUE ET CHEniF.

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