PREMIÈRE PARTIE. 8:j
ont inspiré aux poètes épiques leurs plus vivantes créations ( 1 ) !
Quelles mœurs , quelles lois développèrent ces tvpes admirables, et préparèrent les dévouements dont le Ràmâyana , le Mahâbhârata nous dévoileront les sublimes délicatesses?
Les droits religieux de la femme chez les Aryas témoignent du rang élevé qu’elle occupait dans la
(1) Laissons parler ici M. Ic? baron Guerrier de Dumas! . Dans les notes qui accompagnent ses Fleurs de l'Inde , dont il a fait un si ravissant bouquet, l’auteur, après une allusion A .Si là et à Dnmayanli, ajoute : « L’existence des deux princesses que nous citons n'est pas
* certaine, dira-t-on peut-être.
» Il ne s’agit que de s'entendre. Leur existence individuelle à un
n moment donné, précisément selon la légende ? El», mon Dieu,
» soit ! Chacun là-dessus peut disputer à l'aise. Mais leur existence
* générale....? la révoquer en doute est impossible. Or c’est là ce *» qu’il faut.
»• Non dessinés, — non rêves même par les Grecs ou par les Ilo- « mains, lesquels n’avaient jamais fait Ascension jusqu'à des régions «pareilles; non soupçonnés, disons-nous, par Homère et iiiètnc « par Virgile ; — des types féminins d’une telle élévation , d’une « telle délicatesse, d’um; telle pureté de sentiments, n’auraient pas » pu davantage être conçus par les grands épiques sanscrits, si ces » derniers n 'eussent l'encontre aux bords du Gange ce qui n'existait « aux rives ni du Mêles ni du Tibre ; s’ils n’eussent trouvé dan» la » société hindoue de leur époque les linéaments et les couleurs né-#
* cessai r es pour composer et peindre de semblables figures. Croire » le contraire, c’est stupidement publier que l'homme lie possède n point les pouvoirs de l’Auteur suprême, et qu’il ne saurait, comme » le Créateur, tirer quelque chose de rien.
• De tels inventeurs, pourrions-nous dire, seraient plus étonnants *» que leurs héroïnes. »
famille védique. Nous l’avons vue participer aux cérémonies du culte domestique et diriger l’enseignement religieux de ses enfants. Ailleurs, dans l’étude consacrée à la jeune fille et au mariage, l'hymne des noces de Soùryâ nous a montré la femme reine dans son intérieur. Les titres de chef, pati; de maître de maison, grihapati, attribués à l’époux, expriment, non la tyrannie , mais la protection ; et la femme , nommée, elle aussi, patni , .grihapatni , partage avec son mari les privilèges d’une autorité dont il ne lui épargne que les dangers.
Son rôle, en effet, ne l'appelle pas sur ces champs de bataille où la civilisation se heurte contre la barbarie, où l’Arya prélude à la conquête de l’Inde; mais c’est elle qui, avant la mêlée, offre au guerrier l’ambroisie dont s’abreuvent les dieux et les héros.,
«Si le belliqueux Aryn prévoit l’approche de son » ennemi, » chante le Yéda, « si le moment du com- •> bat est arrivé, que son épouse, accompagnée de » ceux qui versent le somn, donne des ordres pour » que cette généreuse liqueur soit préparée (1). »
• Dans ces temps antiques , la femme apparaît comme la digne compagne du héros, et l’Arva s’excite aux valeureuses actions par la pensée de celle qui, après la victoire, s’appuiera avec fierté sur un bras vaillant.
(1) Rig-Véda 9 section III, lecture VI, hymne vi.