PREMIÈRE PARTIE
« Toutes les femmes, » s’écrie Indràni, » sont » charmées du courage et de la gloire de l’époux » qui les aime. Une belle épouse est heureuse, * quand elle rend un hommage public à son bien- » aimé (I). »
Partout éclate dans les hymnes du Véda le sympathique respect de l’Arya pour la femme.
« Il (Agni) est dans le foyer, semblable a une » épouse fidèle dans sa maison : il embellit tout (2). » L’Arva veut-il peindre aux dieux l’ardeur de sa prière , sa confiance dans leur bonté ; veut-il attirer sur ses vœux leur bénédiction , veut-il leur rappeler leur amour pour lui? ce sont les rapports mutuels de l’homme et de sa compagne qui lui fournissent ses comparaisons favorites :
« Je l’invoque, » dit-il d’Indra , « avec la tendresse
» de l’époux pour son épouse (3) ». «
« Il (Atri) (4) vous invoqua et vous pria avec la
» foi «pi'une épouse a dans son époux (5) »
« Accepte nos offrandes , écoute nos prières ;
» sois pour nous comme l’époux pour sa jeune » épouse (6).... »
(1) Ritf - Véda , section VII, lecture VII, liyrnnc tx.
(2) Section I , lecture V, hymne v.
(3) Section III, lecture VI, hvmne it.
(h) Atri, «âge.
(5) Section IV, lecture IV, hvmne xvt. (Le poète s'adrCMC aux Axwiti*.)
(6) Section III, lecture III, hymne XIII.
« Aime noire prière, connue l’époux uirne son » épouse ( 1 ) . . . . »
« Aime nos voix, comme l’époux aime la voix » d’une épouse bien-aiméc (2). »
« Tu nous aimes, comme une épouse aime son » inari (3). »
L’Arya attribuait à la femme unè influence douce et bienfaisante ; il croyait que, dans l'intimité d’une vertueuse union, l’homme pouvait se purifier de ses fautes et embrasser une existence nouvelle. L’hymne au dieu du jeu (4) chante dignement cet ascendant de l’épouse.
Un homme qui possède dans son ménage tous les éléments de bonheur est en proie h la funeste passion du jeu , si profondément entée chez les Hindous. Il se sent coupable, il se repent, et cependant ne peut se vaincre.
Sa femme souffre en silence, et. ne cesse de prodiguer au coupable les soins d’une affectueuse sollicitude. A la vue de cette muette douleur , de cette inaltérable patience, de cette miséricordieuse bonté, il exprime ses remords avec émotion :
b J’ai une épouse qui n’a contre moi ni colère ni
(1) .Section III, lecture IV, hymne vu. (Le poète s’adresse à l’ouchan, l’une des formes d’Agni.)
(2) Section III, lecture VI, hymne XIV. (Le jH>ëte s’adresse à Indra.)
(3) Section VII, lecture III, hymne vu.
(4) Section Vil, lecture VIII, hymne il.