‹ La femme de feuChapitre 6 sur 8 · UL WEWKK BB FEU · texte numérisé non relu

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eUe avait osé pks largement de cette liberté pendant les deux premières années de son maeriage qu'elle n'en usait nudntenani. EUe étak alors heureuse , et y. dénuée de tout sens morak, dte trouvait naturel de faire des heureux.

Quant aux remords que aon iniidélité auorait pu éyeiUer, eUe s'empressait de les étouffer en 80 disant que c'était pour assurer le bonheur •t le repos de Lucien qu'elle le trompait . Si site avait pu l'épousa*^ n'était-ce pas grâce a l'eiqièce de concours tacite autrefois prêté par .Lamî ei aux concessions qui en avaieni été la râoempense?

Pourquoi ne pas l'avouer, du reste, puisque nous nous sommes donné mission d'analyse tous les égarements d'un esprit maladif, d'une aine gangrenée, l'imagination ardente de Diane trouvait une satisfaction dans la trahison à laquelle eUe 86 livrait. Pour cette femme chez qui l'amour était l'unique but, l'unique mobile de la vie, il y avait une saveur particulière dans le partage qu'elle feusait ainsi de sa personne. Les deux privilégiés avaient des wtures si différentes, offrant de

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tels contrastes 1 Toirtes les satis&fcctions qiii manquaient chez Luden, Diane les rmcontrait auprès de Lami ; il compl^mt, en quelcfue sorte, son mari. Si la retenue, k réserve du preDder Tavaient éneryée omtre mesure, elle se consolait A la pensée de trouver un apaisement aoiiprès iu second et lorsque après mne journée passée à la Sauvinière, elle revenait calme et recueillie, assise sur le pont du bateau à vapeur qui remontait la Loire, elle se surprenait a sourire voluptueusanent à Tidée des nouvelles excitations, des nouveimx stimulants qui l'attendaient au retour.

Plus d'une année s'éooula de cette façon et Lami eût été mal inspiré de se plaindre* Devenu le v^îtable propriétaire de la Sauvinière, il y trancfaaiit en maître et avec un manque de tact,, trèsnaturel chez ce parvenu, il ne craignait pas d'occupé TancieiQ appartement de M. de Séry et d'y recevoir les fermiers et les fournisseurs. Son lunour avait en même temps toutes les satisfactions désirables : deux ou trois fois par mois, quelquefois davantage durant l'été, une femma

jolie et élégante descendait à la porte du château, montait le perron, et, sous le prétexte d examiner des comptes, de signer des baux, de régler des i[uestions d'intérêt, elle s'enfermait plusieurs heures avec son intendant. Celui-ci cependant ne s'estimait pas encore assez heureux : il lui arri* vait de trouver les visites de Diane trop rares et de la quereller au sujet de son mari. Elle promettait alors de venir plus souvent et faisait l'éternel serment de toutes les femmes mariées à leurs amants : « Je n'ai aucun rapport avec mon mari, nous demeurons dans des appartements séparés, etc. » Le beau Lami daignait alors s'apaiser et continuait à filer des jours heureux. Mais lorsque Tamour de Lucien faiblit, lorsque Diane s'aperçut de ce refroidissement, elle diminua le nombre de ses voyages à la Sauvinière. Bientôt même elle les fit, à son corps défendant, par crainte de Lami. Suivant certaines personnes te contraire aurait dû arriver. Nous pensons autrement: Diane devait prendre plaisir à infliger à son amant les souffrances qu'elle éprouvait et ressentir un secret contentement à se faire

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adresser par lui les reproches qu*elle adressait à Lucien. Puis, si Tintendant pouvait apaiser ses sens irrités , il ne parvenait pas à calmei son cœur souffrant et blessé* Elle s'irritait de trouver tant d'ardeur chez l'homme qu'elle n'aimait pas et d'en trouver si peu chez celui qu'elle aimait. Les qualités de l'un semblaient exister seulement pour accentuer davantage les défauts de l'autre et les souligner aux yeux de la principale intéressée. Enfin, Lami en était arrivé à lui produire l'effet qu'elle produisait elle-même sur Lucien; elle le connaissait trop, elle le lisait à livre ouvert.

A l'époque où notre récit est arrivé, elle allait donc à la Sauvinière, deux ou trois fois par mois, à peine. L'hiver, elle prenait le train de neuf heures trente-cinq minutes du matin qui la mettait à Donges vers onze heures, elle tra* versait la Loire sur un petit bateau à vapeur surnommé la Noyade par les gens du pays et arrivait à Paimbœuf vers midi, pour se rendre aussitôt chez elle, dans un cabriolet de louage» ou dans one voiture que Lami lui envoyait lors-^

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qu'A était prévenu. Après avoir déjeuné avec lui et examiné ses comptes à loisir, elle reprenait d'ordinaire vers quatre heures la route parcourue le matin et rentrait à Nantes pour dîner avœ Lucien. L'été, elle préférait se lever plins tôt et monter à ^ept heures dans le bateau à vapeur qui descend la Loire et oondmt directemeœut â Paimbœuf. Elle se dispensait même parfois d*aILer jusqu'à cette ville; Lami, à qui elle avait écfii la veille, venait l'attendre dans une barque^ à. rheure où le bateau passait devant la Saavinière. Le vapetir stoppait, Diane desceadait dans la barque et se trouvait rendue dans sa propriété vers les dix heures si la marée avait été favorable, à onze heures s'il avait felk lutter contre le flot.

Elle avait pris le bateau du uaAia, ua jour de mai 187... lorsque Lucien, en dépouillant son courrier, reconnut l'écriture de son beau-père qui se trouvait, en ce moment, à Paris, et sur la santé duquel Diane avait, la veille, manifesté des craintes.

c Elle regrettera, se dtt-!l, de 8*ëtre absentée,

elle attendait cette lettre avec tant d'impatience! Si je la lui faisais parvenir à la Sauvinière; ne m*a-t-elle pas assuré qu'en prenant le train de neuf heures et demie éL le bateau de Donges, on arri* vait souvent à Paimbœuf avant le vapeur parti de Nantes le matin ? »

Pendant qu'il se consultait ainsi, le soleil, caché jusque-là par les brouillards si fréquents sur la Loire, brilla tout à coup et l'inonda de ses rayons :

c Quelle belle journée se prépare ! se dit encore Lucien. Si j'en profitais pour aller porter moimôme cette lettre; j'ai bien le droit de prendre un cossigé, je n'en abuse pas. Justement je n'ai aucune affaire aujourd'hui, au Pakis. Si j'arrive trop tard à Paimbœuf pour y rencontrer Diane, pourquoi ne me rendrais-je pas à la Sauviniére? il serait temps de jeter un coup d'œil sur cette propriété, et les raisons qui m'ont empêché de la visiter jusqu'à présent n'existent plus. Allons! ajouta-t-il, en repoussant les dossiers étalés sur son bureau, c*estdéci€fê,je rejoins ma femme. Cet empressement A lui plaire me vaudra peut-^re

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on bon point; depuis longtemps je n*en ai pas méritô. »

U sonna son valet de chambre, s'habilla et put arriver à la gare de la Bourse pour le départ du train.

Cetle école buissonniére , cette superbe matinée de printemps, la vue du magnifique paysage qui se déroulait devant lui, l'avaient en quelque sorte rajeuni, ragaillardi. Seul dans son compartiment de première classe, il courait d'une portière à l'autre pour admirer tantôt la campagne, tantôt la Loire, couverte de navires. C'était une véritable joie d'enfant bien naturelle chez un homme qui pâlissait toute Tannée dans son cabinet ou au tribunal sur son siège.

A Savenay, le convoi s'arrêta quelques instants pour attendre le train qui vient de Redon et de Rennes , prendre les voyageurs à destination de Saint -Nazaire, et descendre ceux qui vont a Vannes, à Lorient et à Brest.

La tète à la portière, Lucien regardait .machi-* nalement ce qui se passait sur le quai de la gare, Vorsque tout à coup un groupe de trois personnes

attira son attention. Il se composait d'une jeuno femme en grand deuil, d'une bonne tenant dans ses bras un petit garçon, et d'un employé da chemin de fer portant un sac de nuit.

Ils s'approchaient à grands pas du compartiment occupé par Lucien d'Aubier, et celui-ci , sans qu'on pût encore le voir, les regardait avec étonnement.

— Tenez , Madame , dit l'employé , vous serai très-bien dans ce compartiment, il est vide.

— Mais non, il n'est pas vide. Il y a un monsieur, dit la bonne.

La dame en noir, sur cette observation, parut vouloir se diriger vers un autre wagon. Mais Lucien mit la tête à la portière, et dit d'une voix émue :

— Vous pouvez monter, Madame , je ne vous gênerai pas.

Au son de cette voix, en reconnaissant d'Aubier, la voyageuse poussa un cri et sembla prête à se trouver mal. L'employé vint apporter une heureuse diversion à cette scène.

— Allons , Madame , dit-il , le train va partîrj

BO LA ramn o« feu«

vtm ne piMiyei phis ehoisu* votre Taiture. Il fiMt menter dans celle-ci*

Ea même temps, il oirmdt ia portière. La dame dut obéir.

La perBOime dont Tarrivée venait de surpremlre si brusquement Lucien, et qui elle-même avait <5HDu\é uae émotion si vive, n'était autre que Marie de Rioux. En pénétrant dans le wagon, elle flvail recouvré un peu d'assurance, et elle s'était bravement assise en liace du procureur impérial pour ne point paraître le fuir, mais en même temps elle avait retiré son enfant des bras de la bomne et Tavait placé sur ses genoux afin de se donner une contenance.

Ils se regardaient en silence, à la dérc^ée, depuis un instant, lorsque Lucien, pour ne pas prolonger l'embarras de cette situation, prit la parole.

— Vous êtes en deuil? dît-il.

— Oui, de mon mari, fit-elle à voix basse.

— Ah! Je ne savais pas. Pardon.

EUe reprit vivement pour ne pas laisser tomber

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