‹ La femme de Jephte vaudeville en trois actesChapitre 4 sur 85 · INIGO, ALVAR · texte numérisé non relu

INIGO, ALVAR

(Alvar, en tenue de riche colon, entre avec précaution par le fon«l k

gauche.)

ALVAR, écartant les branches de l’arbre de gauche.

Personne... (Enjambant les branchages.) Avançons... (il arrive sur Ia pointe du pied jusqu'au milieu du théâtre.) Il faut que je Saclie

à quoi m’en tenir!... mon rivai aurait-il, comme on moTvi assuré, profité de mon absence?... ce mariage serait-il vraiment célébré?... Oh t si cela était, malheur à lui... (Apercevant inigo.) Quelqu’un... quelque nègre de la case... interrogeons-le... (Poussant du pied Inigo.) Holà, paresseux... debout!...

INIGO, se levant et se frottant les yeux.

Qu’est-ce?... qu’y a-t-il?... pourquoi me réveiller?... (Regardant fliement Alvar.) Eh I Caramba ! COmmeOt, C'CSt tOi, Jacques Muller ?...

ALVAR, poussant un cri de surprise.

Jocquelet !

INIGO

Comment vas-tu, ma vieille ?... Ah ! par le diable, notre patron, voilà ce que j’appelle un fameux hasard...

•ALVAR

Jocquelet ici I

INItX).

Mais oui, Jocquelet ici... Jocquelet que tu as trompé... que tu as abandonné sans argent... Jocquelet qui en est réduit à chercher une âme charitable qui lui prête quelques piastres, et qui espère bien que tu vas lui rendre ce service...

ALVAR

Me prends-tu pour une mine d’or?...

INIGO

Je te prends pour ce que tu es... pour un homme bien habillé et dont les poches doivent être convenablement habitées...

ALVAR

Tu te trompes... je suis fort gêné...

IMGO, cMcvanl la voix.

Voyons, ne plaisantons pas .. Je te dis que j’ai besoin d’argent... entends-tu, Jacques?...

ALV.AR, effrayé.

Tais-toi.. ne prononce pas si haut mon nom... Tiens, voilà dix piastres... et va-t’en au diable...

INIGO

* J’en arrive... Mais dix piastres, mon vieux, c’est trop ou pas assez... trop pour un mendiant... pas assez pour un complice...

ALVAR, impatienté.

Eh !... n’as-tu pas eu ta part?

INIGO

Ma part... tu appelles cela ma part... je te trouve charmant... Voyons, mon vieux, récapitulons un peu : nous étions tous les deux employés chez MM Barmann et Comp'% banquiers à Paris, loi comme caissier, moi comme garçon de bureau... Un beau jour, tu me Ils entrevoir les jouissances de la vie opulente, tu me grisas avec des idées de luxe et de richesse, et le lendemain...

ALVAR

Le lendemain nous filions ensemble avec deux cent mille francs... Après?

INIGO

Après? Comme un seul abus de confiance ne le paraissait pas suffisant, tu m’en as fait commettre un second.

ALVAR

Comment cela?

INIGO

Tu n’as guère de mémoire... Sur le navire qui nous transportait en Amérique n’y avait-il pas deux Portugais qui

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