‹ La femme de vingt-cinq ansChapitre 9 sur 52 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

LIS CHÂTEAU DE CHELLES (llJLOIlBmAN).

Il heures du soir. — Fin août.

Un corridor ï perte de vue. — ^Une femme de cï ambre avec des flambeaux. — Â gauche^ l'appartement de madame d'Auyilé. — Au baut du grand escalier, M. DE CHELLES, Madame DE CHELLES, Madame D'AU- TILÉ. — A gauche, M. DE SPARR.

M. DE CHEELEÔ, à sa femme, qui fait un petit salut à mèdâmé d*Àuvîté ei s^^oigne.

Aurélîe, bonsoir.

MADAME p£ CHBL^Eft^ COfK^e Uft écho.

Bonsoir. {M. dé Cbelles cmdmt madame d^Anvilé chez elle).

MADAMB d'âUVILÉ, f^OBStyOUL

Comment, Régis, voilà où vous en êtes, après quinze mois?

M. DE GHELLES.

Le mariage est la route royale de Cythère : en voyage, on compte les nuits.

MADAME d'AUVILÉ.

Ah çà, Régis, est-ce que vous seriez un grand seigneur de paravent ?

M. DE CHELLES

Oh ! Dieu I le style Louis XV en ménage ! — Plutôt que d'être soupçonnés d'avoir les mœurs de nos meubles, ma femme et moi ne ferions jamais qu'un lit. — Ma parole d'honneur, on ne peut plus avoir chacun son appartement ; on a toujours l'air de jouer un proverbe !

MADAME d'aUVILÉ.

Eh bien, alors?

M. DE CHELLES, s^osset/ant. ^

Madame Régis de Gbelles, née de la Guibourgère, me ferme ses portes au nez, tout bonnement. Il y a eu de cela trois mois avant-hier.

MADAME d'AUVILÉ.

Vous aurez mal conduit votre barque, mon cher monsieur de Ghelles.

M. DB CHËLLES.

Ma foi, ma chère madame d'Auvilé, il n'y avait plus d'eau.

MADAMB d'au VI LÉ, après un silence.

Ainsi, vous êtes amoureux de votre femme I

M. DE GHELLES.

Je crois bien ! — maintenant que je ne l'ai plus I — {Demi-soupir.) Elle est très-jolie, madame de Chelles I -r- {Se levant.) Elle est charmante I

MADAME d'AUVILB.

Et nécessairement vous n'avez rien à vous reprocher?

u. DE CHELLES, ovec un gest€ persuasif.

Elle m'appelle de sang-froid son meilleur ami. — Seulement elle occupe Taile sud et moi l'aile nord. — Entre nous ce corridor. — Un Sahara parqueté ! — Or, ma bonne madame d'Auvilé, — qu'est-ce que vous voulez que fasse l'amitié du meilleur ami — passé minuit ? — Ce serait un contre-sens d'insister. — Vous figurez-vous un honnête homme, sans appareil, un bougeoir à la main, comme me voilà, — criant à voix basse : « Aurélie I Aurélie I » — Rires étouffés de nos gens. — Le lendemain, bons mots de la femme de chambre et du cocher, et cœtera. — Ou bien faut-il que je pénètre chez ma femme par autorité de justice^

i» COMME ON FAIT &0N| LIT

MADAME D'aTJVILÉ.

VouB altez me prouver ijoe vous aveis raison d'avoir tort. — Qu'est-ce que vous faites de vos journées, Âd?

H. DE 'CinstLES.

Nous sôntoos tard^, noiû refQtnms iéL — Àforéïm feit de la musique; je chasse ; de Sparr vient de temps en temps ; tous les mercredis nous avons du monde.

MADAME d'aUVHÉ.

Quand vous êtes setite, v&eA vtDyez-wiis à 46Je«Aer?

JL DE CHEf.L£8.

Oi|b,.niais oûusàe nous rogardotos ^s.

MADAME d'AUVILÉ.

Enfin, qu'est-ce que vous vous dites?

' M. D£ CHËLLES.

Nous preiMKns chacun le premier ton^e d'un jcoman quelcon(iue,.et nous lisons à la fourcheiibe.

Madame D'AtJVrLÉ.

Et à dîner?

M. DE CHELLES

Nous passons au tome deux.

MiiDAMB d'àuvilé^ â mi^^mx, jWiVè à p^nt. — {(faut.) Dites-md 'dwic, ^m* bîéù de temps vous reste encore M. de Spàrrf

ON se COUCHE. M

M. DE CHELLES

Je ne sais pas ; deux ou trois jours.

MAB4ME D'AUVILÉ.

Par qui vous faites-vous donc chausser, Régis ?

'^. DE (iriÉLLfes.

M. Pannequin, de Vannes. — Pourquoi ?

MÂtoAMS D'ATJViLÉ.

Mon ami, dans huit jours nous aurons à causer trèssérieusement.

M. DE CHELLES

Vous comptez avoir d'ici là un secret à me confier ?

MADAME d'aUVILÉ.

Préciséinent. -*- Le vôtre ; vous se -savez pas v<rtl^

histoire.

M. DE CHELLES

Quelque chose de bien intéressant 1

MADAME d'au VILE.

Mon ami, l'histoire des maris est le roman des femmes. — {Elle le met à la porte.) Bonne nuit, hégis î {On entend le piano de madame de Chelles.)

IM GOMME ON t'Attisa» LIT

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