X PRÉFACE
pas un ne s'en doute, avaient tour à tour posé pour le camte Fosco, comme, au reste, pour les autres personnages du livre »; personne ne m'en voulut croire. Les « scélérats maigres » (on me donnait ce renseignement) sont sans doute assez comm.uns; mais un « scélérat gras » était, dans le roman pris en général, une si frappante exception aux règles delà poétique établie, que je n'avais absolument pas pu rencontrer, dans la vie réelle, plus d'un type de cette espèce. Libre à moi sans doute, de nier le fait; mais le comte avait été reconnu, bien vivant et bien portant, par des témoins dignes de foi, soit à Londres, soit à Paris, et il était inutile de pousser le' débat plus loin. ^
En supposant réellement qu'il existe , je le prie d'accepter toutes mes excuses , avec la formelle assurance que si je l'ai fait ressemblant, c'est bien par hasard.
Vint un moment où le bruit courut que je m'étais perdu moi-même dans le labyrinthe de mon roman; que je ne savais comment l'achever; et que j'avais offert une récompense honnête è quiconque, pour ceci, voudrait me prêter assistance. L'achèvement du récit (dans le journal) fut le coup de grâce de ces agréables rumeurs. Sa seconde publication, sous forme de livre, lui procura, tant en Angleterre qu'en Amérique, un nouveau public, peut-être plus nombreux encore que le premier. Édition sur édition se suivirent rapidement. Une traduction allemande, imprimée à Leipzig, fut parfaitement accueillie des lecteurs d'Outre-Rhin. Et maintenant (grâce à la précieuse assistance de mon ami, M. Forgues>la « Woman in white » va reparaître sous une forme nouvelle. Elle va se faire écouter à Paris avec l'excellente recommandation de S. A. le duc d'Aumalc, venue si à propos et donnée avec tant de hbéralité (1).
(1) Ceci est une allusion au discours prononcti par le duc d'Auinale au diuer annuel du « Lilorary Fund ■> à Londres, en mai I8G1. hn y renvoya'lit dirocleiuont le lecteur français, M. WiIJvie Coilins, dans là uole à laiiudle
V II E FA G iî XI
Telle est, simplemenl esquissée, l'histoire de ce romnn. ;e l'ai contée sans aucune réserve, par pure reconnais-, sance pour le généreux accueil déjà fait à mon livre, cl aussi parce que, tout naturellement, je désire prouver aux lecteurs français que je ne me présente pas témérairemenl à eux, auteur étranger d'un livre étranger, sans épreuve préalable pour le livre et pour l'auteur. J'ai écrit en toute franchise ce bout de préface ; et maintenant qu'elle es' à peu près terminée, je ne veux pas dissimuler que jo vais suivre d'un œil inquiet l'impression que la a Wornaii in White » pourra produire sur les compatriotes de Balzac, de Victor Hugo, de George Sand, de Soulié, d'Eugène Sue et de Dumas. Si on estimait que ce récit peut le moins du monde acquitter la dette que j'a contractée, soit comme lecteur, soit comme écrivain, envers les 'romanciers français, il aurait rempli à mes yeux la plus récente, mais non la moindre des espérances que j'avais naguère fondées sur lui.
Hailey-Stiect, London, juin, 1861.
WILKIS COLLINS.
nous substituons celle-ci, oubliait que la presse fifliiçaise, — n'en déplais aux ministres sans f ortcfouille, n'a pas vn la iiho. té <if re|)ro({uiie le dis* cours eu question. Il a paru seuîcincnl daub « l'Inde^ ciKiauce beige. •»
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