‹ La Femme et le FonctionnarismeChapitre 18 sur 35 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

La Crise

Ayant un tempérament spécial, ayant un corps et une âme développés d’une façon particulière, la femme a été naturellement portée à se choisir une tâche en rapport avec ses forces et ses facultés. Associée à l’homme, unie à lui pour conduire sa vie, elle a trouvé là un moyen de choisir, dans la besogne commune, les occupations convenant le mieux à ses moyens. À toutes les époques, on a constaté le caractère spécial de ses travaux. En Egypte, dit M. M.-G. Bénédite, la femme paraît avoir toujours été « plus spécialement réservée pour les travaux de l'intérieur (1) ». À Rome, il en est de même ; « l'homme au Forum, la femme

d) G. Benenire, La Femme en Egypte, grande encyclopédie, EE XNVIE, p.149.

nor

au foyer », dit un préceple alors en usage. Chez les sauvages eux-mêmes, on trouve une distinetion de ce genre ; l'homme chasse, se bat ; la femme prépare le départ ou apprête le produit de la chasse. « Chez les Comanches, les hommes tuent le gibier, les femmes emportent la chair. Chez les Esquimaux, quand un homme a amené sa prise à terre, il ne s'en inquiète plus. Sa réputation serait ternie S'il Uirait seulement un phoque hors de l'eau (1). »

Dans nos régions, dès le Moyen-Age, les moralistes disent : « Femme doit garder l'hôtel, le feu et les enfants (2) ». À l'heure actuelle, 1l en est encore ainsi. Même dans l'agriculture, les hommes vont aux champs labourent, sèment, plantent, elc...: les femmes, au contraire, préparent les repas, soignent les animaux de la ferme. Dans le commerce, Ia femme tient le magasin : l'homme voyage, va acheter ou placer ses marchandises. Dans la bourgeoisie, la femme tient le ménage el le salon pendant que le mari dirige l'usine, spécule, etc...

Parloul, nous trouvons la femme se livrant à des occupalions différentes de celles de Fhomme. Partout, nous lui trouvons un domaine spécial, l'intérieur de

la famille, le soin du foyer, l'éducation des enfants.

(1) Herbert SPENCER, Principes de Sociologie, t. II, p. 366, (2) P. Give, Etude sur la condition privée de lu femme, 2 édition, 1889, p. 42.

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