INTRODUCTION
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Les sociétés ne sont pas de simples juxtapositions d'individus agissant en dehors de tout concert et livrés aux mouvements d’une liberté anarchique. Elles vivent et se développent avec une certaine régularité. Comme le mécanisme céleste, comme le monde des corps physiques, elles sont soumises à des lois.
Mais le fonctionnement de ces lois est loin de s'effectuer d’une façon parfaitement harmonieuse. [Il y a des chocs, des mouvements brusques et, chaque fois, il en résulte, pour les individus, un malaise plus ou moins grave. Ces crises peuvent être courtes et porter en elles-mêmes leur propre remède. Mais celles peuvent aussi être de très longue
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durée et nécessiter, pour disparaître, l'intervention voulue et consciente des individus.
Dans toute société, il y a des malaises de ce genre. Dans les nations les plus prospères et, en apparence, les plus heureuses, il y a toujours quelques taches sombres. Notre pays de France en a, pour son compte, un certain nombre; tous les jours, on lui en découvre de nouvelles.
Parmi les crises que tout le monde est d'accord pour lui reconnaître, nous en retiendrons deux : le fonctionnarisme et le féminisme. Ces deux termes sont devenus d’un emploi courant. Les économistes ont tous, plus ou moins, écrit ou parlé sur ces deux sujets. Les journalistes, les vaudevillistes, les chansonniers eux-mêmes ont vulgarisé à l’infini les données et les commentaires de ces deux problèmes. Chacun s’en estoccupé, peu ou prou, sérieusement ou plaisamment, eritiquant, donnant son avis, offrant son remède ou son bon mot. C'est dire qu'en cette matière, 1l serait bien malaisé de pousser l’analyse plus loin et de découvrir un point de vue nouveau. ;
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Aussi n'en avons-nous pas l’intention. Il nous a semblé seulement que chacune de ces crises avait été étudiée trop séparément et que tous les travaux effectués sur ce sujet, quelque profonds qu'ilsaient été, s'étaient tracé à eux-mêmes une limite trop nette. Nous voudrions essayer de voir si aucun rapport n'est possible à établir entre ces deux crises et si aucun point commun n'existe entre elles, soit quant à leurs causes, soit quant à leurs effets. C’est la raison pour laquelle nous avons réuni dans Ia même étude deux cerises que l’on pourrait juger, tout d'abord, tout-à-fait étrangères l'une à l’autre et peu faites pour figurer côte à côte dans un seul ouvrage. Nous nous efforcerons de démontrer que ce rapprochement est justifié. Nous essaierons d'établir que les liens qui unissent le fonctionnarisme au féminisme sont très-étroits. Pour y parvenir, nous commencerons par exposer successivement en quoi consistent les deux maux signalés. Dans une troisième partie, nous les comparerons
l’un à l’autre.