‹ La femme, le mari et l'amant (volume 2)Chapitre 10 sur 27 · UL FEMME · texte numérisé non relu

UL FEMME

» Terrez un bon bourgeois Campagnard « n bien franc, bien rond, bien single dans » ses manières et ses goûts. — Il doit être t» fier d'avoir un fiis que Ton recherche dans » le monde, que l'on cite pour Télégance de M sa tournure, pour son esprit, ses talens ^> agréables. — Mon cher Jenneville, je Tient » de TOUS dire que mon père tenait fort peu » k l'élégance des manières, et je ne sais pas » trop s'il a Heu d'être fier de son fils qui » possédait, il 7 a six ans, dix mille livres de » rentes , et qui en est déjà réduit au tiers ;> de cette somme. — Ma foi , mon cher De- » ligny , est-ce notre faute si^les plaisirs » coûtent si cher !...» Je suis comme vous, n je trouve que ce diable d'argent va d'un M train... Cependant depuis quelque temf^ n je mets de l'économie dans mes dépenses.»

» Je fais moins de folies; autrefois, dès » qu'une petite brinette me plaisait , je la » mettais dans sa câambre, je la meublais » élégamùiênt... Ces petites filles sont si n contentes d'être chez elles. . .mais f out cela y* coûte.. J Oh! j'y regarde maintenant! et

LE MARI BT L'itfl&ANT. fOS

* loNquej'ai encore quelque oapncedâns

» ce genr^là, ma foi Je ne me ruine plu^en

» meublet d'acajou ; du nOyer , mon cher ,

» c'eitbieii assez bon pour une petite pas»

» sionde quinze jours. C'est pourtant désa*

» gréaMe d'être obligé de calculer,... « de

> lésmer, ... et de voir que malgré cela notre

» fortunediminue. .X*est si doux d'être assez

» ridiepour ne rien se refuser. ..Il faudrait,

1* mon cher Deligny, que nous trouvassions

» quelque moyen de tripler les fonds qui

» nous restent. — J'ai déjà essayé des spécu-

>• lation^» cela ne m'a pas réussi. ^^ C'est

1» que TOUS êtes comme moi , que voué tous

» eâtendezpeu aux affaires; mais ens'asso«

» ciant à quelqu'un d'intelligent^ de riche. . .

» Tenez, tous aTCz tIi aTcc moi Blagnàrd ,

» ce gaiilard-1^ prétend qu'il n'y a rien de

» plus fadle que de faire fortune ; il y a deux

» anf il n'avait paé le sOi^ aigourd'hui il a

» cabriolet, il doime derdiners superbes, il

n mène un train de prinqe.*. B m'a àéjà

» oflTertdememetlre dans une de. ses edtre^

>* prises, et si tous le vouleae, il tous mettra

106 LA rtMMSf

n ûûùBm au$8i.^N<ni6 Terrons.. Il O^udràit » d'ai>prd 8*a6nirer«*. Cedgans cpii loat for' }> tutiesi vite^esC^ce bienijolidé?... r-Oh!

)» na^ oh^r, il n'y a pas le OMMndredai^r; » Ga l^pBàine qui dépenef éoarméiiioiitf H » faut bien avoir de l*ia^ent p6ùr eri dépM"^ * 6er«. é — Quelquefois on dépense celui desf n autres* Au reste ,. nous Terrons*., Votre » M. Blagnard ne me plait pas beaucoup ; il » a l'air doucereux, un tcm patelku.^Tout » cela ressemble à de lafausseté; mais jesais n qu'il ne faut pas jyger sur les apparences. )< Notre entretien est interrompu par rarri-^ rée d'un autre de inesamis^ nommé Joliyet^ celui-là a été mon camarade de penstoo^dans lemonde noIis^TOaS continué de nous Tolr, quoiqu'il y ait peu de rapports entre nos canaetères. Jolivtet liasse pourun «age^dil moins n'aime^i-il à «'omuserque lorsquee^la ne lui coûte rien. 11 esC fort éeonome, peut» être même pousée-t^l cette' Tet*tUthH> iotn*) il y a des gens qui assui^ent qu*il tA iîidre et tilain ; je me aiis bien aperçu que lors*" qu'on fait atéo kri un piquei^qoe , il laisse

LE tl4]|I ET L*JLMAHT. lOT

Iwgotn^ \eé autres payer toa écot ; que li on raocompâgne tm spectacle ^ f t tous prie de preii^pe ioii bil)ei et ne Bbngejamaisi tous en rendre le montant; qu'il agit de même lersqu'OB le suit au calé otp que Von prend avec lui des voitures ; i*ai attribué cela à de Féloufderie, on assure que c'est un calcul de aa pkrit et queJolîTetdierche à boirey à maniperetà s'amuser siiins rien dépenser; e^penldâiit JOlh^t est à son aise» il doit ^re fort rtcbei un jour, et il m lâche quelquefois pour des niitères ; mais \e m'aperçois que p'est4aii$ les petites cbosea que nous faisons comoiaître te fond de notre iparaôt^e ; un bommeaamraaeoowKhrterootUTeniMenient d»is une aflSsire importsînte; B% agissait lèâl 9 il séit qifon le remarquerait ; mais il matHpiera quelcfoefois de déUoatêase d^ns deicboaes:)^èrea, parce qu'il pense qu'on m ^en âpereeyrapas* Cestdone sur les actions lès plus futiles en apparence qu'on peut te mieu9 juger le omw des bommes.

Maigri oea petitadéff^its, Jolivet est assez boa enfiuat; ni beau , ni laid , ni grande m

108 LA. FEMHB » '

petit; la gourmandise est la seule chose par laquelle il se fasse r^narquer. On le voit avec plaisir, quoiqu'il n*ait point d'esprit et peu de gaîté; mais il fait tout ce qu'on veut, et dans le monde on aime à rencontFer de ces gens-là.

(( Bonjour , messieurs ^ » dit Joliret en se frottant les mains et encourant se c]]rattffer< K-tAhl ir fait firoid ce matin... le t>oi8 ra n augmenter. .Bst-ee que tu as déjà défeuné, »>■ Paul7 — Oui. Pourquoi?... — Oh!.-, pour » rien. — Est'Cequ)b tu venais dëjeuneraTec n moi ? — Non... cependant s! tu n'avais pas )t' déjeuné... j'aurais peut-être pu...—- Vcux- » tu que je te fasse apporter quelque chose t » *— Ma foi , au fait, je le veux bien , parce » que je réfléchis que je suis très pressé ; ^ f ai encore cinq coursesà faire, et jen'aun rai pas le temps de rentrer déjeuner <^es -tf 'moi ;. . . mais presque rien j la moindre des » choses , ûtie omelette; . . n * y appelle ma bonne, on met sur une tablé tin restant de pâté j une idie de volaille d\i froïtilige I la crème, des confitures et du

LB MAU mv l'aIULNT. IM

vîn. Mi^eî ie mot à iMe ea 4iiMt : « En

1» voilà dafois trop.*. Jftn'ai pas très faim

» ce flMlîn... DoiM atons ai bian dfoé hter

» au Gadranhtteuf-. Sttef donc, monsieur

M JemieTîUe» yom Tapp«l^;-T.o«t les- ttela

» santés aux tmffi^?... — Ah ! tu était éa

» dfaiw du GadrtfiHBleu, toi , loliTti? ~

» Gèrtaiiiement , mônaîeiir Jenneville m'a.

w fait Vamitié de m'inriter.. . Duiioia en était

» aussi. ^- Je le sais , je l'ai vu le soir k la

» Qt&lé* ^^ Ah i Tcms étiestà la Giâté , mes^

> irïeiira; qu'est-ee qu'on donnait? -««« Un

» mélodrame nouveau.^ — C*est donc ç^, qfiie

» Je n^ai pas pu trouver de contre-nnarcpie

» à acheter.

» — Je comptais d'abord aocompigiier » Duè(Hs à la G«lté, dit Jenneville, mais » un petit billet que j'ai reçu a ^langé met » dispositions. — Un billet doux je pa|iel » s'écrie MUffA en faisant disparaitre raile » de volaille. -^ Ma M^ oui , messieurs^ et » dfune femme dMne!.... 6hl oelle4à mé^ » Htebien ^'or lui lasse éesaaorificeaf...

» ITaaienfs, je n'ai pas encore- tout obtenu

11^ * LA PEmiB,

)*: d'elle , el tous sentei (p£'û ne faut r|ea » négliger pour réussir. — C'est ^st^e ^ dit )i JolîTet; il n'y a que lorsqu'elles ont tout )r fait pour nous qu^il Ji'est plus besoin de » nous gêner... — Et quel genre de- femme )if est-ce ? — Bu-meilleur genre ! •• • ^noii aeu- )r leînent elle est charmante défigure, maia tt encore une taille délicieuse, des.foiwea » raTÎssanteS; de la grâce dans les moindres yt mouYemens , et de Tesprit Jusqu'au bout » 'des doigts !... — Oui , dit JollTet» 0e:que )» nous autres négocians nous appelons de » l'esprit a/t^dn/coi7ip/an/.. » Ma foi\ pendant » que je suis en train» |e vais gçi^tçr le » pAté. n

' Le portrait que toUiet ille yiwt de faire m'a rappelé cette dame en capoie peos^ ;.

\e né puis m'empècher, de pOubser un léger éoupîr* ,

tt Est-ce que vous êtes amoureux aussi ^ 4 Deligny? médit Jenneville en souriant.

» --NOn.i. mais j'ai bien manq«|éle devenir^ }> Hier» au ^spedacle, j'éti^s -auF^ès d'pne f dame bien jolie ;*elle avait aussi une tour-

LB HAAI^BT L^AMAIIT. .111

^ niirie asêes dfaUnguée^ . . • J'wvais ^vfHilu

n faire sa coiinaissanee. — llyaTailminiari,

1» tm amatit ? -* )ïon^, elle était seule* — Elle

» était secile et toim n'ayez pas pu lui parler.

.» Ah I mon cber, je ne tous reconnais plus!

» Qui diable tous gênait donc ?— Celte dame

« n'a répondu que par monosyllabes à ce

o» quejeiui ai dit..* j'ai bien vu qu'elle ne

)> Je souciait pas de causer. -r-Bathl.». ruse

t> que tout cela ; c'est pour mieux attraper

» son monde ; une femme qui va seule au

» speclacle, c'est toujours pour se faire re-

» conduire. — Gertain^aciént^ dit Jolivet en

i> se coupant du pftlé , c'est pour se faire

» reconduire. — Et moi, je crois qu'on l'at-

» tendait à laporte, et je m'en serais assuré

» sans ce maudît Dubois, qui m'a retenu et

» m'a fait perdre de Tue ma jolie dame. —

»^ Allons, consolez*Yous^ mon cher, vous en

V» trouvetefe beaucoup comme cela. Mais si

^ YOUfrpouTieziKoir ma nonyelle passion, je

« gage qiÉeTOUs en deviendriez amoureux. • .

« Aussi, je ne TOUS la ferai pas connaître...

> de quelque temps, du moins f d'ailleurs ,

ne u. nvim,

• ce n'est point de c^ Ce&ime# qp^ l'on » mène aT60 8^6 anâi... •*- Oh! disiblf^! — s» Il j a même beaucoup de mëni^çmeas i » garder l.M. la tcutç d'un général !.«. qui » reçoit chez elle la meilleure soQlé^ de » Paris t«.«

» C'eft une fonme riche ? dU JoMve^ en » attaquant de nouveau le p&lé. — Jicbe, I» sansdoute. . i elledevrait rétre davantage, » maia eHe a essuyé des pertes : dans ce » moment elle soutient un procès coiisidé- '• rable pour une terre de Normandie. — Il M faut toujours tàdto*d'aToir pour maîtresse h une femme riche ^ dit JoUvet , c'est plus » agréable., on dîne cbe% elle.. Il est bon le » pâté 9 il est très bon ! . . • — C'est une femme » qui reçoit des gens en crédit, des gens en )• place. .Oh\ si elle youlait| si elle était Intri- > gante, elle n'aurailf qu'un mot à dire pour » faire obtenir des emplois k ceux qu'elle » protégerait. eUem'ad^laisséentreToir j> ledésir qu'elle auraîtdem'ètreagréaUe...

)i mais, moi , fe ne veux pas de place ^ ça » me générait, ça m'ennuierait 1... — Dites

IiS BIARI BT LIMANT. 115

» donc, Jennevillè,f enreuxblenune, moi, » dit Jolrvet.; je faÎ8 le commerce /Tes- ' »'cd&ipte ; maû si je troutais une bonne » place,bien payée,çkm'lràilimrfaitement.»

lennvetlle ine' répond pasà Joliret, qu*il n'a pas eu Tair d'écouter. Dans ce moment j'enterida chanter dans mon antichambre; ou ouvre brusquement la porte du salon , et Dubois parait au milieu de nous.

<c l!ht les Toîlà , ces chers amis!.... Réu- » nlcrn charmante ; il ne manquait que » moi. .. J'étais sûr que je trouverais Jolivet » mangeant. Bonjour, Xenneville. Eh bien ^ » moh petit Deligny... comment ça s'est-ii » passéarec la petite... conte-moi donc ça?

» Comment ! il est question d'une petite , » et Deligny tie nous en a rien dit , s'écrie » xenneville. Âh ! c'est fort mal !...

» C'est trësmal, reprend Jolivet en aohei> vant te p&té. — ^Messieurs , dis-je, si je ne » vous ai rien conté, c'est que vraiment cela 1» n'en valait pas la peine. Deux grisettes » que nous trouvons au spectacle, que Du- » bois veut absotument reconduire; il m'en

114 LA FfiUBlk,

)» met une sur les bras et s'éloigne avec u l'autre. Moi , je mène cette demoifte41e » jusqu'à «a porte , où je lui souhaite le » bonsoir; YOilà toute l'histoire.

» Bath ! vraiment ! dit Dubois , ça a'est n terminé comme ca!.... Oh i..* moi c'est » différent. Diable \,*,j'e suis venu,J*m v^u, yf j'ai vaincu 9 comme Pompée i.r. Est-ce y> Pompée ou César qui adit cela ?Ciest égal, )> n'importe lequel !..• encore une fleur à i> ajouter à ma couronne!— Situ appeUes » cela une fleur, tu n'es pas difficile.-^Mon » cher, je t'assure qu'elle est'beaucoup » mieux que tu ne crois... On a dea beaultés x cachées aux profanes !,..£! ell^ est d'une » gaité!... Ah! Dieu!... avons^nous ri !• ..

n — Et la petite que vous avez ramenée » chez jelle , n'était donc pas jolie? me dit » Jenneville. — Pardonnez-onoi, elle était )» gentille.. . mais je n'en suis pas amoureux, » "et ma foi...

» — Tu as eu raison , » dit ïolivet .en passant au fromage à la créfne; « avec toutes » ces petites grlsettes , c'est sans cesse de » l'argent à dépenser.

LB MARI BI Ii'àMANT. il^

i»-^Ofa i Yoitit bieniiBon ladtet s'écrie Du- » bei»; je suis sûr que lorsque ce gaillard-là » yadt>oer^j9sletraiteurieiTeo8ainaiti:esse, N il lui fait payer la. moitié .de la carte ; » bien heuretise encore M elle ne paie pas » pour laiUw.. ^-^bl DuboisM^'-^Ohltu i> es un crasseux, c'est connu.., Mesf^cp^s^ » jetais ¥ous compier un trait.de JoUy^t :

» Dei^ni^enient il retenait* avec ui^dayie, » du faubourg St-Ântoine^ila pluie survient, » cette dame neyeiit pas. se faire moyUiei:.

» lolivet la fait monter dans ytjfk Omnièus ; » mais, au lieu d'y mopt^r ave^^ elle , 4i ^ V prédpite d^ns» une Damê^Blçinche , afin n de ne pas être. obligé de payer les cinq » sous ponr elle I — Me^sieurf I le fait n'est » pas exact, je. suis monté dans une autre y^ voiture parce qu'il n'y avait plus de place » dana celle od j'avais fait monter la per- )» sonne qui était avec moi. — Il y ^n avait » encore,s'éorieDuboisgele8ai»deladame » elle-même, qui me l'a coixté^en ajoutant » qu'elle se promettait bien de ne plus aller » promener avec toi; — Eh bien,tantHHeux !

lift LA rSHME,

» qu'elle n*y vienne plua f Je ne la regretter ai )> pat; elle avait tmifours soif, èètte femme- » ]&.. .il fallait toujoursla mener au ioafé!... » le ne connais rien <|uf ait plus mauvais ^> genre que cela.

» •— ^ Ha ça, mes enfans, dit Dubois, comme M H né faut pas que les plaisirs fassent ou- » blier lesaffaireè. . . surtout quand les fond» » sont bas, je vais tlcber de placer une par* » Ue dé sucre et de café dhez qtietqueke/émr- • ^w« de la rue de la Verrerie... J'irai en- I* suite laver la t^te à un coquiti à qui j'ai » fait vendre trois livres de vanille dans la- » quelle il avait coulé de Thuile pour la » faire peser davantage../, mais àcinqheu- 1» res je suis libre, dinons-nous ensemble ?

„ w- Volontiers , dit Jennevflle , je n'a!

» affaire qu'à huit heures do soir. — Es-tu M lies nôtres ^ J^livet ? — Mais.*., je ne sais )i paflltropfcijepourrai... et puis, messieurs,' 7» quand on dine avec vous on fait toujours » desdépense^foUes.l .. . vous n'êtes paftraiy* sonnables. — Oh ! :hous aérons très sages ^ aujourd'hui'... cent sous par tète, ça ne

n {Misera paa cela;..^ — Peste ! o't^i. eniDOre » bien assez... c'est que j'ai peur de n'ayoïr » pas faim. — Il est certain que si tu conti- » nues de manger comme lu le fais depuis » deux heures...*

En effet, tout en disant qu'il ne yeut manger qu'ivi morceau ,JoHyet a fait disparaître Tolaille f pâté , crème , et dans ce ipoment il act^èTe le pot de conôtures.

u Ha foi , j'ai mangé... sans y penser ^ dit » Joliyet; votre société m'a donné de Tappé- » tit-, moîd'abQrd , je mange bien plus en n société.... chea moi je n'ai jamais faim... » Eh bienî à quelle heure dînerez-vous?. ..

» — A cinq heures et demie, le rendez-vous » au passage des Panoramas... nous dine- » ronschez Champéau.— C'est bien, j'irai. .- » Ces confitures me tiennent au gosier...

î» Delîgny, est-ce que tu n'aurais pas queli» que chose pour me faire couler ça ? — » Veux-lu un petit verre de kirsch? — Ah !

» cuil.... du kirsch?.... ça fait digérer...

» — (A ! le gourmand, s'écrie Dubois ; il lui H fautle petit verre.... Ik)nne m'en up aussi,

n Paul ; à la bonne heure moi, j'ai beBoin de » toniques ; il fau( à rhomme sensible et n Tolage des côtelettes de mouton études » petits-yerres; sansçsi^enfoncé!,,^. Adieu, » jeunes amis, je vais faire la cassonade et le M café martinique. A cinq heures et demie, y» au Panorama; |e vous montrerai, dans un » magasin démodes, deux vestiges dont j'ai >» éteint le feu sacré l »

Dubois sort, Jolivet se décide ^nfln à <]uitter la table ; il regarde sa montre et s'écrie: «(Ah! mon Dieu! midi passé... Mol ;> qui avais rendez-vous à onze heures...»

» M. Jenneville, il m'a semblé que j'avais vu » votre cabriolet en bas? — Oui , il m'at- » tend. — De quel côté allez-vous ? — Au »» faubourg St.-Germain. — Justement j'ai » affaire rue de Seine.. .Si vous pouviez me ^> mettre là?— Volontiers.. .Partons. Atan- ^» tôt , Deligny. — Oui , messieurs , à tan- >» tôt. »

Ils sont partis, et moi, après avoir écrit H mon père , je sors aussi , en pensant à ce M. Blagnard , dont Jenneville m'a p^rlé et

LE MA&t ET l'amant. 110

qui a fait fortune en deux ans « tandis que moi, en six Je me suis aux deux tiers ruiné.

Cependant ce Blagnard n'économise pas, il affièbeun grand luxe , il ne se- refuse rien. Il y a vraiment des gens adroits en affaires! mais il y a aussi bien des fripons qui mériteraient la Qorde , et qui font figure dans le monde. Je n'ëuTie pas cette adresse qui consiste à baser ses calculs sur la ruine d'autrui, à étaler un grand faste pour faire des dupes, à s'eari ckir aux dépens de vingt faroillea ctuè l'on loetdans lamisère^.. Cette manière de faire fortune est pourtant très commune^ Diable!.... je fais ce matin des réflexions bien aàrieusesl... Mtais quand on a déjà été dupe de? iairigans, on n'est pas content ; et quand on n'est pas content , on n'est pasloujoitf s phtlosopbe.

lâd LA FEKMl

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