‹ La femme, le mari et l'amant (volume 2)Chapitre 27 sur 27 · ITS LA. FEMME · texte numérisé non relu

ITS LA. FEMME

M gne beaucoup d'amitié. — Alors , mou M petit , je te dirai , moi , que tu tombes » dans les infirmer... Pas plus avan<5é depuis M deux mois. • • Et tu vas souvent chez elle?... » — Âh! si tu étais amoureux comme r* moi!... — Si çat*amuse, c*est di£Pérent»

N — Ohl non... je brûle pour elle... Mais )> elle est si sévère ! ... — Prrrr I ce sont des » mots ! Mon cber ami , si à la seconde vi* » site tu lui avais pincé la fesse catégorique* » ment , lu saurais maintenant à quoi t'en n tenir. — Oui, elle m'aurait mis à la porte » sur-le-champ. — Que nonl... Les femmes M aiment les téméraires... D'ailleurs on s'ex- » cuse après.— Tu juges toutes les femmes » sur tes brunisseuses. — Mon petit, ne t'y » trompe pas , j*ai trouvé souvent plus de M résistance sous le bavolet que sous le cha- }> peau à bloode... — Laissons cela, Dubois; j» que fais-tu aujourd'hui? — Ma foi, rien... » Ah! si, cependant; j'avais envie d'aller » après le dîner à Auteuil, on ouvre le bal, » il y aura des beautés champêtres et de la » poussière ; c'est amusant, on danse, et on « fait ses frais. Veux-tu y venir? >»

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Je pense qu'Augusline voulait qiie j'acceptasse FinTitation de JennevîUe ; en y allant, je ferai donc ce qu'elle désirait; Cette idée me détermine , et j'accepte la pro^K)sltion de Dubois. Nous nous décidons à diner à Paris , quoiqu'on dine parfaitement bien chez Forrier, à la porte d'Auteuil.

Mais un jour de fête il y a tant de monde que nous pourrions ne pas trouver de place.

Après le diner nous prenons un cabriolet , . et nous arrivons sur les six heures et demie à Auteuil.

Nous nous dirigeons du côté du bal. Il y a déjà beaucoup de monde; de jolies femmes , des élégantes de Paris , et quelques paysannes. J'ai dit à Dubois que Jenneville devait s'y trouver avec sa maîtresse , mais nous ne les avons pas encore aperçus.

Dubois veut déjà suivre cinq paysannes qui ée donnent toutes le bras et se promènent du côté de la mare. Je ne me soucie pas de suivre cette ribambelle de bonnets ronds, sous lesquels je ne vois rien de joli.

u Laisse donc aller ces paysannes, » lui

cUê-je; u est-ce que tu veux faire la cour » aux cinq ? — Mon cher , il y a du choix. . . » Yois-tu , elles se retournent et nous ren gardent en riant. — Parbleu! tu leur » tires la langue depuis une heure, — Je » t'assure qu*il y a quelque chose à faire » avec ces yillageoises.... Nous leur offri- » rons des Anes , et nous les prendrions en » croupe. — Je ne me. soucie pas de me n promener à âne avec une de ces demoi- » selles en croupe. — Tu ne connais pas le N bonheur ! Quand on a une petite femme » en croupe , on fait trotter sa béte un peu » vite , et alors votre particulière vous serre » dans ses bras comme si elle voulait vous » étouffer. — Ça peut être très-agréaWe , » mais si tu veux absolument suivre ces « paysannes , je vais retourner du côté de >♦ la danse, tu m'y retrouveras, n

J'allais quitter le bras de Dubois , lorsqu'une voix me dit i u Bonjour, M. PauL n

Je me retourne et je reconnais Ninîe , qui donne le bras à une jeune fiUe de son âge.

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« C'est tous, Nînie...:. — Oui, monsieur; » je suis venue à Âuteuil avec ma tanle et i> des dames de ses anàies ; ma tante est » assise là-bas, et nous nous promenons un n peu, nous deux, Louise...*. — C'est très- » bien... — Tous ne* dansez donc pas , » M. Paul ? — Noû ,. vous savez que j'aimé n peu la danse..... Adieu, Ninie, amusez- )> vous bien... »

Je m'éloigne avec Dubois, parce que je ne me soucie pas de faire société avec ces demoiselles dans un endroit ôû je puis rencontrer des connaissances de Paris. Minie me regarde aller en me souriant , et Dubois, qui ne perd pas de vue ses cinq paysannes , m'entraîne de leur coté, en me disant : u C'est la jeune amie de Charlotte. .. i> — Oui, mais ce n'est pas un mauvais su-

» jet comme Charlotte. — Ah! parce

» qu'elle fait peut-être ses coups à la $our- » dîne, tandis qye Charlotte développe tous » ses moyens de séduction... Mais pressons » le pas un peu... voilà mes cinq bergères » qui s'enfoncent dans le bois. — Est-ce

» que lu yeux absolument être leur ber- » ger? — Mon ami, il me faut du cham- >» pêlre, j'en veux tàter, je n'ai pas passé la » barrière pour faire ma cour à une femme n delà rue Saint-Denis.... Tiens.... tiens, » lés voilà qui nous regardent.... bon , les )i voilà qui se lâchent.... Elles sont venues

» dans le bois pour quelque chose elles

» vont jouer aux quatres coins.... Déli-

» cieux ! je vais être leur pot-de-chambre. . . M — Piysqu'elles sont cinq , elles n'ont pas n besoin de toi. — C'est égal, nous ferons )> deux coins de plus, viens donc. »

Dubois s'approche des paysannes et leur .dit en souriant: u Voulez-vous, charmanteé )> bergerettes , nous permettre de nous î> mêler à vos jeux? »

Les bergerettes nous regardent d'un air moqueur et ne répondent que par de gros rires. Enfin l'une d'elles nous dit : u Tiens, » jouez si vous voulez, queuque ça nous » fait à nous ?

» — Elles acceptent !... nous sommes des » vôtres ; s'écrie Dubois, à quoi voulez-vous

» jouer? — Au chai. — ; Bon ! je suis le chat, » courez^ je vais vous attraper. »

Lies paysannes se mettent en mouvement en poussant de grands cris *, Tune des bergerettes, enroulant se garer du chat, a mis une fois sa main sur mon épaule y et m'a presque disloqué le bras ; j'en ai bien assez, je ne me soucie pas de courir avec ces dames , je laisse Dubois faire le chat tout à son aise et reviens du côté du bal.

Il y a beaucoup de monde à la danse.

J'aperçois bientôt Jenneville et madame de Rémonde ; je reconnais , près d'eux , trois jeunes gens que j'ai vus chez ia belle Hermtnie. Il serait ridicule de ne point aller leur parler, ce lieu n*élant pas assez grand pour qu'on ne s'y retrouve pas ; je m'approche de la société.

u — Comment I tu es ici, » me dit Jenneville, u et tu ne pouvais pas y venir, à ce )i que tu assurais hier?

n — C'est-à-dire que monsieur ne pou- M vait pas y venir avec nous, » ajoute madame de Rémonde d'un air ironique.

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« — Ce n*e$t pas cela , madame , hier je » croyais en effet ne pas être' libre ce soir » mais j*ai terminé plus tât que jenelepen- H sais mes alGaires à Paris ; alors je me suis M décidé à venir, n ,

Hermînie écoute à peine ce que je réponds , et regarde ailleurs d*un air dédai* gneux comme si ma Tue Tobsédait. Cette femme^là m'en veut toujours ^ ma foi, cela m'est fort indifférent. Pour lui épargner l'ennui de me roir^ après avoir causé quelques minutes avec Jenneville , qui est assis près d'elle, je m'éloigne sous prétexte d'aller faire un tour dans le bal.

Je n'ai pas fait trente pas que je me sens

saisi par le bras. C'est Ninie je vais la

gronder... mais elle est pâle, tremblante..»

son état me fait de la peine { u #«- Qu'avez- » vous donc ? » lui dis-je , pendant qu'elle m'entraîne vers un endroit où il n'y a pas de monde.

La pauvre petite est si tremblante, qu'elle peut à peine parler. Enfin , elle me dit : «11 est là!... — Qui donc? — Adolphe

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)? -^ Adolphe !••• Eh bien , e$t*ce que cela » doit TOUS faire trembler?... montrez-moi n donc ce monsieur. — Mais vous le con- » naissez , puisque tous venez de lui par- » 1er... — Je viens de lui parler ! moi ! — il Sans doute, c*est oe monsieur qui est as- » sis à côté de CQtte dame qui a un chapeau » blanc et rose... — Quoi... ce serait !... — » Oui,il est avec la dame avec qui je raidéjà » rencontre plusieurs fois... Mon Dieu !....

» il a dit que quand il me verrait, il me trai- » terait comme une fille.... de ma sorte... • » Je n*ose plus danser, à présent... Ah!

i> M. Paul , 8*il allait me faire une scène f » vous me défendriez , n*est*ce pas ? — )» Tranquillisez- vous , Ninie , je vous ré- » ponds qUe s'il vous voit , il n'aura nuile-^ » ment Tair de vous connaître et ne vous » empêchera pas de danser. Mais il ne faut )> pas non plus que vous ayez l'air de faire 3> attention à lui. — Oh ! je n'en ai pas en- » vie î allez. . . au contraire, car. . . ah ! mon » Dieu ! le v(»là qui vient à vous.. .•• est-ce » qu'ilm'a vue?... »

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Nînie pousse un cri et se sauve. Je vois en elTet Jenneville venir à moi ; mais il ne semble pas faire attention à la jeune fille qui s'éloigne.

Jenneville est agité , il me prend le braa et me dit en m'attirant vers une autre partie du bois : u — Mon ami , vous ne savez » pas qui je viens de rencontrer ici?... ma j» femme... — Votre femme î... — Oui, ma » femme. Oh ! parbleu , je l'ai fort bien re- » connue, quoiqu'elle ait un grand cha- » peau et semble vouloir se cacher... Je ne }> sais pas si c'est pour épier mes actions 1» qu'elle est venue à Auteuil... ou si elle y n cherche un tendre ami , c'est ce dont je » ne m'inquiète guère ; mais il faut que je » vous la fasse voir... si nous la retrou-

n VOUS toutefois elle donnait le bras

» à une de ses amies, queje connais aussi. •• )» elles étaient de ce côté,sous ces arbres. • • »

Je me laisse conduire par Jenneville ; je ne sais pourquoi mon cœur bat plus vite à l'idée de voir sa femme ; Jenneville s'arrête bientôt en me disant ; u — Tenez ,

» les Toilà. ... regardez là-bas à ma gàu-

» che ma femme est celle qui a le

» chapeau de paille Tenez vous

» pouvez dans ce moment voir très-bien n sa figure, n

Je n'ai que trop bien vu, et je reste immobile de surprise , en reconnaissant Augustine dans la femme de Jenneville.

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