‹ La femme, le mari et l'amant (volume 4)Chapitre 9 sur 14 · III · texte numérisé non relu

III

ÏH LA rnife ,

ii*a f ien obte&Q dô'^ daide de Talléedes TèÙTes , et il fiiut bien que mon père sache toole la vérité. Ce qtf il y a de certain c'est «que je ne puis pas le laisser attendre inutî<* leffient dans la cour des diligenees. Mon^ père est bon , il m'aime , mais quand il se croit offensé , il ^ fâche bien fort ; et quand on ne voit son père qu'une ou deux fois par an , il faut tâchw de ne point le faire mettre en colère.

Me ¥Oïlà descendu... comment avoir un fiacre?... Si j'envoie la portière elle ne reviendra pas d'une heure/ et le. temps me presse.^. Aller en chercher un moi-même m'éponvante !••« Malgré mes épingles, il me semble que toutes les personnes qui passent près de moi doivent deviner que je n'ai pas de culotte.

Je me place un moment sur le seuil de ma porte, j'implore mentalement la providence pour qu'elle fasse passer dans la rue un fiacre vide,... et la providence ne fait passer que des charrettes. Enfin j'aperçois un cabriolet, je fais signe au cocher, il

£B Kèlf BT t*A«AIfT. ISS

TÎeot è OKH je monte aTac autHQt de pré* eautioa que Charlotte lQr$qu*elle passait du TÎQ soua ses jôpqns. Me roîU dans ta tcù-* tiùre , je respire plus à l'aise t u Vite coèher, » aux diligences. «• »

Nous brûlons le pavé... J'espère arriver i temps;... mais quand je sooge i mon eostume.M que pensera mon père?... Maudit Dubois » si je le tenais !... Et il faudra mener mon père rue Chariot!... il faudra qa'il connaisse ma situation;... il va vouloir me fiiine quitter Paria!... Quant è cela Je siiia trèssléâidé à b'w rien ftîre.

Nous sommes arrivés. Notre eabi?iolet entfe dans une des cours. Je fais descendre le cocher, et lui dis d'jGiUer s'informer si la voiture de Chartres est arrivée» Moi je réside cloué en place,,., et j*ai soin detienli^ le cejbriolet feràié^ Mon cocher r(^ient« La voiture n^est pas encore arrivée « msis elle entre par nne autre couir, dan^ laquelle, les Yoiturea de Paris ne peuvent pas péoiétifer.

, Diable , il faudra diHio que je desoend^*.. Je ne puis pas envoyer le cocher chercher

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mon père , il ne le cennâtt pas ! Et puis mon jpère trouverait singulier que' je n*aie pas jpris la peine d'être là moi*méme... Quand on habite la' province, on est susceptible pour tout ce qui tient aux égards , etmon père l*a toujours habitée.

' Je me déeide à descendre ; je le fais avec tant de précaution , que le cocher me dit r « Vous avez mal aux jambes, monsie?ûp?-^ H Oui, j^arla goutle^... Attendez-moi là*. »

' Je passe dans la cour qu'on m'a indiquée^ «t pour attendre Tarpivèe de la voiture, je vais m'asseoir dans un eoin sur un banc de pierre. Là; j'enfonce iâon chapeau sur mes ■yeux , car je treittWè que quelque personne ne me reconnaisse; je dois être si drôle avec ma vieille hûupélande.

Cest un lieu où rôti voit des scènes fort plaisantes, que celui où arrivent les diligences^ mais dans ce moment je ïi'ai nulle «nviê de m'amaserà observer les autres;* j^aibien assez de veiller sur moi-même.

• Il n'y a qu'un mombnt que je suis assis , lorsque la voiture que fMtend^ enti^ dan»

» MÀtt ET L*AM\NT. ÎSÏ

lacônr. Le eœur me bat... je vais, yoïi* mon père... Attenâon» que tes Toyageiirs des- 4^bdent. ^ »

> I^ndant que j'ai, les yeux fixés aor- la '^iture, on rit aux éclata à c6té de m6i« Je me retourne,... c'est Dubois... BdboisaTec boipn pantalon !... et qui rit aux larmes en jne regardant;. . Ah ( si je ne me retenais,'. . . si- je . ne craignais • d^attirer ratteflti(m' sur moi , je lui sauterais aux yeux.

. . :'M '^^ Te Toilà ,. misérable ! .,: ~ Ahl- «^ ! '»')a&!..* J^ai ^reconnu de loin la vieille hou* tt pelande de mon bnclef < . . Afa ! mon ami. . ; » ;EHe te va supérieurement... — Tu ris » nmintenant !... Mais je. te forcerai bien à 9 Imé rendre raison de ta conduite...-^- Ah!

M Paul, laisse moi rire un peu... Si tu pou^^ M vais te voir... Tu es impayable avec toutes » tés épingles. •• Ah! ah!... Je parie cent » francs que tu ne fais pas une pirouette ]» au milieu de la cour. — Il faut que j'aille » vers mon père:., mais je te retrouverai.. • » — Allons, calme toi... Tout va le mieux » du monde!.... J'ai un appartement sum. 12.

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4> perbe*^.. de$ dom^sliqué^v». tciut rbôlâ n $i tû TOUX à ta dispQ^Uîoii.;». £t uiie » hôtesse d*une amabilité.... Quedîàhle, Y aussi ^ oa n'arrangé paà tout qela en deux « minutes... £st-ce que tu omis que je n'^ » pas fait autant de mauTais sang que toi 7. •. i> Et ma scélérate de couturière que j-ei A trouvée faisant essayer mes culottes à un n. Pompier» •« Je té conterai tout cela./.-^ n Voilà mon père, «.^«t-yîensrembraissér..^ v> puis prétexté un rendez- yous d'affaire. •• 3» et laissèrmoi le mener à notre hôtel de p Tallée des Yeuyeë, tu iras t'habiUer et tu j» viendras. nous rejoindre.. .-r- Ha çà, B»^ H bois, puis-je oette fois être sûr de toi?--r 1» Tiens donc... Et ne serre pas tant lea » jambes en. marcbant , on croirait que tu )» es noué. •

Je çae laisse. emmener ; ce qu'il vient de me dire m'a rendu ma gatté. Mon père est descendu de la voiture... je l6 vms... je vai» & liii.« . il m'aperçoit , me tend les bras. Noua nous embrassons, et Dubois se jette aussi sur le sein de mon père et l'emlMrasse comme

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du pain, quoique ce soit la première fois qu'il le voie. Mon père ne parvient qu'avec peine à se débarrasser des bras de Dubois , il me regarde d'un air qui signifie : u .*- Quel » est donc ce monsieur que je ne connak t» p«s , et qui semble m*aîmer si fort? » Je me hâte de lui dire : « ** Mon père, je to vous présente un de mes bons amis, » Dubois»», courtier en marchandises., • il 1» désirait beaucoup vous connaître.

» — Connaître le père de mon ami !...âb!

1» monsieur!... j'en suis d'une joie... Que je n VOUS embrasse enicore... nous vous atten- * dions avec bien de l'impatience !...

.„ — Vous êtes trop boD, n^onsieur ; je » me sois dit , moi , puisque mon fils ne 1» vient pas*... il faut aller le trouver.... — 3» Abl que c'est bien raisonné^ monsieur; » c'est comme Mahomet a dit à la mon- 1» tagne!...— Embrasse-moi donc encore, M mon cher Paul!... — Embrasse donc ton » père, mon ami... tu restes-là... Monsieur, li c'est qu'il est si satisfait de vous voir, que » ça lui casse bras et jambes... »

. Duboiâ me pousse de uouVea«i sur mot% père, et mon pëi!^. pousse . un cri, ea fUsaat :.« — Aye... (|ui cytahlem'a piqoé?-*» > Je rougis. C'est une âermes épingles. qui .vient id'eDirer dans le inolLet de mon père. •DnboÎB se ptnce les lèvres, et moQ'père 'examinant alors- mon cdstulne , me dit :

«c>r-Ha çà; mais ,• lïion ami , il me semble Il que tu.es singulièrement Têtu,,. »

Je balbutie: «Mon père*... Q*est que % j*étais pressé... » Doboîs se b&tede dire : «I — Ce3t sOn oostubie d'ét^..« au couple . d'œil vous croiriez qu'il doit avoir trèsr «i> chaud avec cette : longue . redingote , eb » bien , je vou& assure que là-dessoùs il est ». très à son aise. — ^Mais pourquoi douô ces » épingles, au, lieu de boutons? — Ahl 1»^ toujours, monsieur. —^ Gomment , tQUr » jours? — Oui , monsieur, nous avons ,31 toujours porté des épingles & Paris ...< — » Des épingles àla chemise, mais auxhabits 1 » -—Aux babils, monsieur, c*est le derxiier » genre.— rCependant , il mp semble qu'au- » trefois les femmes seules se garnissaient,

Il ainsi ^'êpiflglës , et que fes hommes n'a- 3» raient que des boutons. ^ — Avant la rén'Toluiiôn', c*èst possible, monsieur: mais » depuis les'progrès des lumières-, tes hom- » mes se sont déboutonnés , et ils portent »' des épingles , parce que c'est pluis décent » et à cause du proverbe : qui s'y frotte » s'y piqué. •» ■ • •

Je marche sur lés pieds de Dubois pour le faire taîre , et je ïn'émpresse de .changer la conversa tion-,- 'en m'écriaiit r « — Noiis » parlerons^^plns' tard de toffètte , mon père » doit être fatigué... il a besoiii de repos... » — Tu as raison, mon ami, eôndui5^môi » vite cher toi*.

n — Oui, niiinsieur , nous alTons vous y » conduire , » dit Dubois erï prenant le bras de mou père; »• e'est-à-dire... c'est moi » qui vais tous' y Conduire, si vous voulez • bien le permettre... J'ai là bas une voîtùi'e >• qui nou^ y mènera en deux temps... --^ » €ommèn't! estsce que tu né viens pîas avec »' faous , Paùl?J-^Mon père, je vous diemande » mille pardotis... mais une afPaire trèsr

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» pressée. •• — ^Oui^ monsieur/ it 'Uf^ sVigit )v rien moins que de gagner un ufittier

* d'écus... Oh! votre fils. es)t ua g^l^rd » qui s'entend joliment aux afiairejs^.^, Si » vous connaissiez senlen^ent sa situation n dans ce moment-ci. r» Il n'y a pas deux » hommes & la bourse qui soient ^ussi i

* leur aise que votre fils.... — .Vraiment , ce » cher Paul... Vous me faites biçn plaisir, j» monsieur. «• — Mon père, je roi^s r^oitis » avant une demi-heure... Duboia^ tu ne » quitteras pas mou père. ---^ Moi! i|uitter » ton père!..... faimerais mieuifi recevoir » cent coups de bâton , que de le quitter » une minute. . . Yenez , monsieur Deligivy... 9 iivez-voiîs votre sac de nuit ? — Oui ^ mon- » sieur.. .^^ Vous n'avez paa d*autaea effets? » — Non, monsieur.;.. .^-7 En ce cas en » route..» Je vous mène dans un hôtel qui » appartient à monsieur votre, fila*** Etvf u» A.m'en diiex des nouvelleatfr »

Dubois entraîne mon pèrç , je suis libre ; je retourne à mon cabriolet, jç monte et je me &i8 conduire ne Chariot. ,Ah t qu'il me tarde de changer de costume !...

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