‹ La femme, le mari et l'amant (volume 4)Chapitre 10 sur 14 · LB MAHI ET L*A«A1IT · texte numérisé non relu

LB MAHI ET L*A«A1IT

Nous TOici dans la rue , -eiifinl mais il y a une maudite charrette stationnée derant la porte de ma maison. Mon eocher veut la feire reculer, je suis trop pressé d'être chez moi , pour attendre la fin d'une querdle entre lui et le charretier ; je lui dis de m'attendre , et je descends a dix pas de chez moi.

Je marche très-vite , et les yeut baissés. . . je désire éviter les regards de mes Toisins... mais au moment de rentrer chez moi , je me jette contre deux dames que je n'avais pas vues. . . je lève la tète. Ah !.mon IXeu ! . . . c'est Augusline avec Juliette...

Je deviens rouge comme un coq ; Augus^ tiné me regarde avec surprise en disant r « — Comment , c'est vous ! » et Juliette part d'un éclat de rire , en s'écriant : « — Ah !

« qu'il est drôle comme ça... ah! M. Deli- * Çoy , où avez-vous été chercher cette » vieille redingote sans collet?.. . est-ce pour » en faire venir la mode?... »

Je ne sais comment me tirer de là. Je balbutie s « — Madame. •. c*est que je suis

146 lA nm,

4W^«MMAAnWVMA/VV\<VVUMA«VVVM'VVIA^AAA^AA/«AMlVVM/%A/y%A

OHAPITHB VI.

Lêl maison de l'allée des Veuves.

Tout éh roulant vers Tallée des Tannes , je pense à la sio^Iière 6g;are que faisait Auguatîne, .lorque je Tai quittée; elle ne semblait pas ajouter foi à ce que je lui disais. Au fait ^ je devais avoir Fair si gauche,. si embarrassé. Je Fai laissée bien brusquement. J'irai m'excuser, je lui a|>-> prendrai que mou père est à Paris. Mais il y avait dans son mécontentement , dans son incrédulité, quelque chose qui me faisait plaisir.

Nous voici à Fallée des Yeuves. Le cocher me demande le numéro. « Ma foi , je n*en » sais rien.... Mais c'est une espèce d'hôtel

Kl HIRI n L^AHAIIT. 147

» garni* •« 7- Ahl je sais , mon bourgeois ; » c'est où loge un fameux jnédecin étraa- » ger « qui guérit toutes les maladies a?ec » des fines lierbes,.. Oh ! j'ai déjà conduit ». du monde là.... — Je ne sais pas si c'est » bien là.*. Mais nous demanderons. » .

Mon cocher m'arrête devant une b(çlle maison que précède une cour garnie d'arbustes, Xlaperçois Dubois qui se promène sous le vestibule: qui donne dans ta cour.

« C'est bien là , dis^je à mon cocher* » -^ Eh bien I <not' maître, je ne me tronv- » pais pas , c'e$t4à où loge le médtçcin >k étranger. ».

Je paie mon cpcher, et j'entre dans b cour de la maison» Dubois vient au-derant de moii en se frottant les mains : d'un air satii&it*

« Eh bien t Paul , comment trouves-tu n icette maîsoai? — C'est fort bien, et si

)x l'intérieur répond à ce que jp vois — ^

» Oh! c'est bicA mieux encore t..» Tu seras » eni^nté { ••»• — Il y a donp un médecin n fiuneu^ dans cet hûtel l — C'est-à-dire

148 ta FKMHB , .

> qully Ibgèait^ mais qu*il dst é Ta canoh- » piagne pour quinze jours , fbrt heurcuse-

V meut pour nous j c'est son logement qu*on » t*a donné. -^ Bah!..;* — Au pretûîér, un y» appartement magnifique..,. Ton père est )i daïisllyresse. Je lui ai dit que la maison

V était â' toi; -^ Ce n'était pas là peihe. -r- » Pourquoi? puisque ça le rend heureux...

» il a l'air d'un bon Iwmme, toupère. — >» Où est- il',' maintenant? — ! Chez toi... M

V se repose en' admirant tes appartemens.

> ,^'H me semble qiié je 'he ferai pas^mal » d'aller aussi faire connaissance arec mou » logement. — Un instant, inon aàii, il 1» ftut d'abord âMer saluer- tttû hôteése...

I» Cést une femme qui tient aux politesses... » qui aime les petiti soins.;. Pour fo^r n ton père ici, il a fallu que je fiàse'bien » des choses. Madame Ledour m'adore M dépuis long-temps/ mais si elle té plaît, *Tie te gêne. pas, au contraire, tu n/o^

V bligeras. » —' • ^ '> ■ > • •

> En disant eélèr , Dubois m^inltédùit'dans We pièce du rez-dé-^^aussée oit uéùëirdu^

lE MARI ET L*AKART. 149

▼ôtis une grosse maman de quarante-quatre jfi^uarante-hÙTt'ans, qui s'occupe à glacer déà pétîtipots de crème. Elle nous accueille avec un sourire fort graciéui;

'«' Màâamé £»edoux , dit Dubois , je tous » préisente mon ami, Paul Deligny, qui n brûlait du désir de tous voir,* et de roufe » remercier de ce que vous voulez bien n'feirè poui* lui*. —Je suis charmée de ppu- » voir être agréable à monsieur, » ditmad'âme ledoux cii isie souriaiit*, et en lorgnant toujours* Dubois du coin de rœil.

4t Je sais d'ailleurs qu'il fatit excuser uti » peu lés jeunes gens; — Vous êtes trop » bonne , madame; j'ai . comme vous a dît »' Dubois, des raisons pour faire croire à » mon père que j'habite depuis long-temps » cette maison. Quant au prix de l'appar- » tement, j'espère bien... — Ah! ne parlons » pas de cela , monsieur ; l'appartement I» m'est payé , il est loué par un médecin • espagnol ou italien; un charlatan, à c« >» que je crois , mais qui dépense beaucoup n d'argent. On est venu le chercher pour m. i3.

180 KAnvvi^

» guérir un Anglais... Les Anglais Yienoeol » beaucoup le consulter , mais on l'a en^> » mené fort loin , dans an château d'où il » ne peut être. revenu ayant, quinze jours « au plus tôt. — £t moi , je si^s q^e mon f père n'en passera pas h^it k.,ffLipia^ — » Alors, monsieur, soye^ sans îoqoi^tude* o — Je Tais rejoindre mon pèf e^

Je salue mcm liôtesse et Bubpis va me suivre, lorsque madame Le4oux4ui dit en minaudant : «c Monsieur Dubois.^ Je vou-

» dmis bien vous consulter sur le prix

i> des denrées colomales.., »

Dubois fait une légère grimace en me disant à l'oreille : « Mon ami, je crois que » c'est moi qui paierai le loyer c|u loge- » ment... Tâche que ton père reparte bien » vite. »

Je laisse Dubois en tète â tète avec madame Ledo^x, et je mopte.à ipon nouvel appartement.

J'entre dans une belle antichambre , j'y trouve un domestique fort poli q^ii me dit qu'il sera à mon service tant que le «gnor

KE »A«I ET L*AVA1fT« IBI

Delzmt$eT9fahsGXit.:Ce gar(pijC;est attaphê 41a maisoo, et je Tois q^ui^ notre hôtesse ra,flé|à mis au fait de Ofa situation» Yr^i* mepf » macUane Ledoux est une fenunp chanx^nle , il est impo^iblo d'être p|us o}>lûreaxLte* . ^ •

^, Je remercie Lapie^re , c'est le nom du ifiJet que l'oa me prête , et après arjcûr. troc rersé plusieurs pièces fort élégamment q^eublées , je troure mon père a^sis sur un spf^ dans mon salon. Il vient à moi et m'embrassç d'un air radieux, en s'écriant :

«Mon ami, je te fais compliment. ^.^ — » Se qu(H donc^ mon père? -*^ Eh ! par- » }>leu! de la manière dont ^tu as géré tea «affaires. Sais-tu que c^est superbe, chez » toi?... -rOhl mon père, A Paris, tous » $^v^z qu'il e^ facile d'ayoir tout ce qu'on » veut. — Je sais qu'à Paris, pojur avoir ua » si hteau logement , des meubles , des dor » mestiques^ il faut de l'ordre et de TépO:^ » nomie. — ^ Ce n'est pas toujours une » preuve , mon père. — Allons , ne vas-tq » pas &ire le pauvre, à préseat ?.... Mais

1^2 ' Là FÈSMrj

rt ton ami t'^ trahi... Je sais aussi que cette ïi 'maison esta ti6îw'..^-^A moi... Pas enliète- M-'ûièiit... — Eufiii, quétu fais des affaires ï"inagnifiqiies;*que'tti as trijplê' tes iiâpi- » taux... — Ahf moh père , par exemple...

)> — -C'est bien.... Je ne le demande rien:

i^'pbîsquetuireux faire ïe di'i^cret;;. Mais tu V dé m'empêcheras pas d'être coûtent de li' tbi , d'être fier de la confiaricé que je faî fi accordée. ... G'esl cjiie ,* vois-tu -, dans ma >» petite TÎlle, on me'raiUart quelquefoiis , » on me disait : Ah! tous croyez que Tofcre n^l^est sage à Paris, qu'il ne mange pas » sou bient vous verrez!..... et je t'avoue H que ce sont 'ces discours qui m'ont un peu » décidé à vekiir à Paris..... Gomme je vàid » confondre tous ces gens-là , à mon retour?

» Ah? ah! — r Tenez, mon père, laissons ce » sujet... Vous devez avoir faim... Moi-même, iv je n'ai pas dtné... Je vais m'înformer.... 1» Holà! Lapierre... »

Mon valet arrive et Dubois en même temps. Je -demande à mon valet si l'on a songé à nous faire à diner , il me répond

LE VABI ET L'kHàNT. î^

qoe Ton n'attend que mes ordres , et Dubois s^écrie : « Oh f j'aî pensé* à tout. Toi , » tu étais si ivresse d'alier àu-d^vant de ton H père, que tii n'avais pas donné' d'ordres » à ton mahre d'hôtel!...

» — Comment ! tu as un maître d'hôtel? » s'écrie liiOÉf^père. — Et un des premiers » ouisibieirs de France, dit Dubois, auquel T^ ir dorme nihilte écus de gages. . . *

» — Mille écus à un cuisinier ? n dit ttioù père -, *i pour le coup , mon cher Paul , tu « m'aTOueras qu'il faut faire de bien belles » spéculations pour payer si. cher un cuisi- ♦ nier.'... Iffaiè un pareil luxe... — Dubois

I» pkiisante, mon père — Un instant,

«s'éérîe Dubois, expliquons -nous. Votfe » fil* lui donne mille écus , mais le (iuisinier » fournit tout. — Oh! alors!... c'est diffé- » rent , ce n'est plus trop cher ! ... »

Nous allons nous mettre à table ; on nous sert nn ïFort joli repas ; Dubois boit et mange eomnié quatre , en me disant à Foréille qu'il a' bieii gagné îedtner. Mon père fait aussi hdnneur au repas ; il boil sec , et j^^

vois qu'il griserait Duboift sans rien-perdre de sa raison,. Je crains qoé .IXabois ne dise quelque bêtise; déjà plusieurs £oi$ je lui ai marché 'sur l^s pieds pQurJe faire jtaîre, lorsqu'il parle de ma fortune , des mes gçns et de mes chevaux ; heureusement mon père est bien loin d*aYoir le moîpdne soupçon. Ce bon père me regarde avec joÎ0 . puii^ s'écrie : « Â la bonne hei^re U,.%\jk esl^ien )) mieux habillé ainsi que quand je t'ai ren- 3» contré dans la cour des diligences ..«• •— » Vous trouvez, mon père? r— JFrajiiohe- M ment , ta-capote avec tes épingles ne me » plaisait pas du tout. — £h bien, moi, » monsieur Deligny , je ne suis pas de votre » avis f » dit Dubois en trinquant avec moa père; « je vous assure que son costume » de ce matin avait son bon.cÀté:.. d'abord » il était très- galant. — Il ne m'a pas fait » cet efiet4il... Ha çà, mes enfans» jene » puis pas rester long- temps à Paris**... Il ^ faudra bien employer le peu de jours que » je vous donnerai. ••• il faut me fiiire voir » ce qu'il y a de plus curieux.», je ne aérai»

LB HâBI R L*AKAlfT« 155

» pas Ciché non plus d*allèr au spectacle., • >• — Je vous y mènerai , mon père, — Soyez » tranquille, papa Deligny , nous vous » amuserons.*.. Si nous pouvions vous faire » tout voir. en un jour, nous le ferions, • pour vous amuser pïus vite! — ^ Mais il' « me semble que ce quartier est un peu » éloigné dû centre de Paris. — Éloigné!...

» non, monsieur, il en est le cœur, au con- » traire!... vous êtes entre la cité Beaujon » et la ville de François Premier ; vous avez » tout sous la main ici... l'arc de triomphe... » le jeu de boule.... les maisons de santé, » le chemin du bois dis Boulogne !... Il est » impossible d'être dans un quartier plus » commode!... — Mais le Palais- Royal....

n Cest que n(}us autres provinciaux nous >» ne connaissons gue cela dans Paris. — » Eh bien , le Palâîs-Ï^oyal est ici à côté... à » deux pas , en marchant un peu vite. — » Voyons, mes enfans ; ce soir que me feîi rez-vous voir*:, est-il encore temps d'aller » au spectacle? — Certainei$ent.;. où vou- » lez ^ vous aller? —Au meilleur. — Au

» meilleur... ça dépend du goût; ètes-vous n romantique ou classique? — Qu'est-ce M que c'est que ça, mon fils? — Mon père, » ce sont deux genres difFérens... — Ha çà!

» papa Deligny , vous êtes un pea en ar- )i.rière... est-ce que vous ne lisez pas les 1» journaux, dans votre petite ville? — Oui, n le journal des Agriculteurs, et il ne m'a » jamais parlé de ces genres-là. — Alors, »'il faut mener ton père à l'Qpéra..*.. on » donne la Muette de Portict, vous serez n content, papa Deligny, c'est le seul opéra » qui ne m'ait pas fait bâiller... Et puis des

» danses délicieuses des danseuses qui

n font des pirouettes sans poser les jambes... n et des poses , ah!... Avez -vous une bonne «lorgnette..... à l'Opéra, nous avons des n habitués qui ont presque des télescopes » pour mieux apprécier les objets... — Du- > bois, cesse donc tes folies... il faudrait » nous avoir une voiture... — Parbleu, je ?» vais demander la tienne...

» — La sienne! s'écrie mon père; com- » ment, mon garçon, tu as voiture I... —

LK HAHI ET L*ÀHA1VT. 137

N Mais non , inon père. . • c'est une plaisan- » terie... — Quand je dis sa voiture, papa » Deligny , je veux dire celle dont il se » sert habituellement. ... ce qui revient au » même. »

En disant cela , Dubois ordonne tout bas à Lapierre de nous avoir une citadine. Je vois bien que ce soir il me sera impossible de quitter mon père , et par conséquent d'aller chez madame Luceval. Il faut me résigner; demain je trouverai bien un moment pour aller la voir d'ailleurs mon

absence aujourd'hui me servira peut-être -mieux que ma continuelle assiduité.... Les femmes sont si singulières , ce n'est pas toujours en leur montrant le plus d'amour que l'on parvient à les charmer.

Nous attendons plus de vingt minutes avant d'avoir une voiture, parce qu'elles ne sont pas tout près de l'allée des Veuves.

Heureusement nous sommes restés à table et Dubois fait causer mon père, qui cependant s'écrie plusieurs fois : « Ta voiture » d'habitude n'était donc pas près d'ici? »

158 LAFBMMS,

Enfin, Lapîerre revient; il me dit à Toreille qu'il n'a point trouvé de citadine, inai» il nous amène un fiaore , nous nous en contenterons.

Nous descendons , madame Ledoux était dans labour, elle nous fait de belles révérences ; mon père me demande quelle est cette dame y et Dubois répond que c^est ma femme de confiance>r Mon père veut aller lui feire complitoent de la manière dout elle tient ma maison ; mais je renlraine vers la voiture en lui disant que le spectacle sera commencé.

Nous sommes tombés sur le fiacre le plus sale , et les rosses les plus maigres de Paris : mon père trouve que ma vçiture d'habitude va bien doucement. Dubois lui répond :

« C'est par prudence , monsieur ^ il y a tant n de monde par ici.,... il ne faut éoraser » . personne. )>

Mon père met la tète à la portière , nous sommes dans les Champs-Elysées et il ne passe personne : je crie au cocher de se presser, il fouette en vain ses chevaux.

LE VARI KT L*AttAriT. 189*^

Mais mon pëi^e ne s'entiuie pas avec moi qu'il n'a pas tu depuis long^temps, et au bout de trois quans d*heure nous amyons eo&a à l'Opéra.

Ifous nous plaçons à Torcliestre. Mon père est tout au spectacle , Dubois ne cesse de Lavarder; il fait ses réflections si liaut qu'il incommode tous ses voisins , et lorsqu'on murmure, il regarde chacun d^un air insolent comme s'il défiait le public en ma»e« Je né suis occupé qu'à le faire taire , je ne serais pas content qu'il nous fit avoir quelque scène.

Je lui dis à Tomille de se rappeler que mon père est avec nous , et il me répond tout haut : « Il n'y a pas de mal que ton «» père voie que tes amis sont des lurons à » qui Ton ne fait pas peur, i»

Après le second acte, je parviens à faire sortir Dubois avec moi ; je le mène promener dans les couloirs des quatrièmes, j'ai mon projet; en effet, nous rencontrons parlà deuz minois chiffonnés que ^Dubois pré-»

tend avoir vus quelque part. Il remarque

160 LAFBKXS,

que ces dames entrent à Famphithéâtre des quatrièmes et qu'il. y a de la place derrière elles. Aussitôt il me quitté le bras en me disant : u Mon ami, je t*ai consacré » toute ma journée , ton père est en sûreté » à l'orchestre , permets-moi de donner le » reste de la soirée aux amours. Voilà deux » petites mères qui m'ont l'air de savoir » que les enfans ne se fant pas par l'oreille; n je vais me placer près d'elles. ••• ça ne te « fâche pas? — Non, vraiment. «... adieu, » à demain. »

Je m'éloigne, enchanté d'avoir laissé Dubois aux quatrièmes. Avant de rétourner près de mou père, j'entre un moment aa foyer. J'y ai fait à peine deux pas que je me trouve en face de Jenneville et de madame de Rémonde.

Je ne puis passer sans leur dire boujsoir.

Les yeux de la belle Herminie me feraient peur, si nous étions en tète à tète. . . S'ils pou • vaient lancer la foudre, à coup sûr je seraia ,déjà réduit en poussière. Ja feioa de ne point voir leur courroux, mais je remarque

LE HABI ST l'aHANT. ISt

qoe JenneiriUe me regarde d*uii air iroai-r qae; ce nest plas de*ramitié que .je ¥ois dans, son accueil, C'est un tout autre seiir timent. :i , <

«. Gominfent 1. . . tous êtes à l'Opéra I ». me dil fJenneville d'itn ton persifleur, « par n qu^l hasard?.... vous quf*ab>ne Toit plos » dMUks le monde,... qui:£ii^e^ les.pUmrsi p ' Jbruyans pour Vous consiacrer entière- Mènent à la dame de yqs. pensées. — Abt n ilpairatt <|ue la dame qui occupe imoor 1^ sieur lui a permis d'aller ce soâr du spe<^ » taele, » dit Hèrminiè en riant avéolôfforfo » Jje tjtehe de prendre un.airJmpassibl^îen répondaftt;t ¥ Stje ne yàis pas plus souvent » ds^Qs le monde, c'est . qu^àpparemment i> oelane me convient pas^ .1 Si je m'opcupe » de quelque daine, il:n!iè semble que: oéla »»,ne rqgçi,r.d^ personne ^ etique je suis wal- \ tçe de fiiipe ce qui m^i^plaît. . .

»:Apssi, mon cher amii,. n'a-t-on Biul-»

» lement envie de vous délourner de.rpb-r

» j.etde yosaflfections!.:. — ^Monsieur place

» trop bien son amour, pour qu'on ait

163 LA riavx ,

» jamais la pensée de le troubler !•••*— fe » crois , madame , qiu'îl serait heureux pour »^ beaucoup de persomies de le placer aum » bien. »

'Madame dé Rémônde se mord les lèvres et rougit; Jeune ville «rit, et reprend z éiChi mon cher, c'est que votre passion » firit plus de bruit que vous ne croyez* »

' Je me trouble malgré mot , car je vois bien que tout cek ne. m'est pas H&t sins motif; mais on a commencé te troisième acte, Herminie «stratne Jepiieville, qui ea s'éloignant me dit ; • Jlrai vous faire * mes complideos et mes remerctœens» »

S0urait-il qee c'est chez sa femme que je vais tous jours... qui donc a pu le lui dire?... lui, qui s'occupe si peu de ce que fait sa femme* Ah! s'il en est instruit, c*esC par madame de Rémoade..;.. Cette femme-là me déteste , maintenant elle ferti tout ce qu'elle pourra pour me tounnen- 'ter.*.. Cependant, elle-même, comment a-t-^e su cela? mais à Paris , avec de l'ar^ gent, ne sait-on pas tout ce qu^on veutf...

Ll MARI ET l'amant. 16%

Je retourne près d^rnon père; pendant ^'il g'oceope ûa spectacle, je ne songe ^u'i la convei^êatioii que je TÎeâs d^aroir avec Jenaeville et sa maîtresse, mais je me ptôtùeMê bien dé ti^en pmnt parler à Aognsttoe^ Gela me sera facile; maintenant die a(^ mie questionne plus au sujet de son mari, V

Yers le milieu an dernier acte, des cris, ^ partent de l'amphithéâtre des quatriè-^ mes y interrompent le spectacle. On se çaerelle/ on feit un tapage que les pais^ Ue» habitués de FOpéra ne sont pas accontomes à entendre. J'ai bien dans l'idée que Dubois n'est pas étranger à ce bruit. Je crois même le reconnaître en haut , gesti-* cuknt et menaçant tout le monde. Enfin le ^ectade finit. J'enfralne vitement mon père , et une Toiture nous ramène à l'allée des Veuves^.

Mon père veut absolnment que je cou^ ehe près de lui; il a chez lui sa petite ser* v^nte'à ses ordres^ et à Paris il se trouve tout désorienté. Je vois Inen qu'il n'y a pas

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